Takeshi Seyama
- Montage
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 17 films |
Biographie
Takeshi Seyama (瀬山 武司), né le 26 juillet 1944 à Tokyo (Japon), est un monteur japonais spécialisé dans l’animation, dont le nom est étroitement associé à certaines des œuvres les plus emblématiques du Studio Ghibli et à de nombreux classiques de l’anime japonais. Bien que peu connu du grand public, Takeshi Seyama est une figure essentielle de l’industrie, véritable artisan de l’ombre, dont le travail de découpage, de rythme et de continuité a contribué à la force narrative de films adulés dans le monde entier.
Si l’animation japonaise est souvent célébrée pour son style visuel et ses personnages attachants, le montage, chez Seyama, joue un rôle fondamental : il donne le tempo aux silences, valorise l’émotion, et façonne le regard du spectateur.
Un parcours centré sur l’animation de qualité
Takeshi Seyama commence sa carrière dans les années 1970, période de transformation pour l’animation japonaise. Très vite, il se spécialise dans le montage de films d’animation pour la télévision et le cinéma, un domaine où la narration repose beaucoup plus sur l’efficacité du rythme et le choix des temps morts que dans les productions en prises de vue réelles.
Dans ce contexte, Seyama devient le monteur attitré de plusieurs grands réalisateurs, en particulier Hayao Miyazaki et Isao Takahata, au sein du Studio Ghibli, mais aussi au service d’autres figures majeures du cinéma d’animation.
Une relation centrale avec le Studio Ghibli
Seyama est le monteur historique de presque tous les longs-métrages du Studio Ghibli, depuis Nausicaä de la Vallée du Vent (1984, produit avant la fondation officielle du studio) jusqu’aux films les plus récents. Sa collaboration étroite avec Hayao Miyazaki et Isao Takahata est un modèle de fidélité artistique.
Parmi les films montés par Takeshi Seyama figurent :
- Mon voisin Totoro (1988)
- Le Tombeau des lucioles (1988)
- Kiki la petite sorcière (1989)
- Porco Rosso (1992)
- Princesse Mononoké (1997)
- Le Voyage de Chihiro (2001)
- Le Château ambulant (2004)
- Le Conte de la princesse Kaguya (2013)
- Le Garçon et le Héron (2023)
Dans tous ces films, son montage se distingue par sa fluidité, son respect du rythme narratif et sa capacité à laisser le silence exister, un élément clé dans l’animation japonaise. Chez Ghibli, ce n’est pas l’action qui mène le montage, mais souvent l’émotion, la contemplation ou le non-dit. Et cette subtilité doit beaucoup à Seyama.
Un artisan du rythme et de la respiration
Le style de Takeshi Seyama n’est pas spectaculaire — il n’est jamais là pour voler la vedette au film — mais il est extrêmement précis. Il sait quand s’arrêter sur un plan, quand enchaîner rapidement, quand ralentir, et surtout quand laisser le spectateur respirer. Il comprend l’équilibre entre narration et atmosphère, ce qui est fondamental dans des œuvres où les paysages, le vent, le silence ou les regards en disent souvent plus que les dialogues.
Dans un film comme Le Voyage de Chihiro, par exemple, ce sont les ellipses subtiles, les temps de pause dans des scènes ordinaires, ou les enchaînements entre des mondes radicalement différents qui montrent toute la maîtrise du montage. Le film ne serait pas aussi puissant sans cette construction invisible mais omniprésente.
Des collaborations au-delà de Ghibli
Takeshi Seyama ne travaille pas uniquement avec Ghibli. Il a également monté plusieurs films d'autres réalisateurs emblématiques de l’animation japonaise, notamment :
- Perfect Blue (1997) de Satoshi Kon
- Paprika (2006), également de Satoshi Kon
- Sword of the Stranger (2007)
- Akira (1988), dont il supervise le montage sonore
Chacune de ces œuvres repose sur un traitement très particulier du rythme et du mouvement, et Seyama y adapte son approche : nerveuse chez Kon, plus épique dans Akira, lyrique chez Miyazaki. Ce sens de l’adaptation tout en gardant une signature discrète est l’une de ses grandes forces.
Une présence discrète mais capitale
Takeshi Seyama est aussi à la tête de Seyama Editing Room, une société de postproduction spécialisée dans le montage pour l’animation. Il a formé plusieurs monteurs et supervise encore aujourd’hui de nombreux projets liés à l’animation japonaise de qualité.
Son nom reste peu connu du grand public, en partie parce que le montage est rarement mis en avant dans le monde du cinéma d’animation. Pourtant, ceux qui travaillent avec lui s’accordent à dire qu’il est l’un des piliers silencieux de la narration animée contemporaine.
Takeshi Seyama : le souffle du temps dans l’animation japonaise
Aujourd’hui, Takeshi Seyama est reconnu dans l’industrie comme un maître du rythme narratif. Sans bruit, sans effets spectaculaires, il a su donner à l’animation japonaise sa respiration, son calme, son intensité émotionnelle. Son art, profondément intégré aux films qu’il monte, se situe entre la technique et la poésie, entre la précision d’un horloger et l’intuition d’un conteur.
Et si vous avez un jour ressenti ce moment de silence suspendu, ce battement de cœur face à un paysage immobile, ou cette tension qui monte sans que rien ne bouge à l’écran, il y a de grandes chances que Takeshi Seyama y soit pour quelque chose — sans jamais chercher à ce qu’on le remarque.