Film Index
Une base de données du cinéma : 14 569 films et 396 304 personnalités, reliés par leurs castings, genres, pays, collections et récompenses. À parcourir par exploration.
Trouvons le film parfait
Genres, casting, réalisateur, plateformes de streaming, durée… combine tes critères et laisse Film Index te proposer une sélection sur mesure.
Ajouts récents
Devine le film, gagne sa carte
Un film est tiré au hasard et tu dois retrouver son titre à partir d'indices révélés un par un : les acteurs du casting, l'année de sortie, la durée et le réalisateur.
Chaque bonne réponse débloque la carte de collection du film. À toi de les réunir toutes ! Gratuit, sans compte : un simple code de sauvegarde suffit pour reprendre ta partie.
Joyeux anniversaire !
-
Betsy Aidem · 69 ansBetsy Aidem est une actrice et metteuse en scène américaine, née le 28 octobre 1957 à East Meadow, dans l’État de New York, aux États-Unis. Elle travaille principalement dans le théâtre américain, notamment dans les productions Off-Broadway et à Broadway, tout en interprétant des rôles au cinéma et à la télévision.Formation et premiers engagements théâtrauxÉlevée à Phoenix, dans l’Arizona, Betsy Aidem découvre le théâtre pendant ses études secondaires. Elle fait ses premiers pas sur scène en interprétant une fée dans Le Songe d’une nuit d’été, de William Shakespeare. Après un passage au Mills College, en Californie, elle poursuit sa formation à l’université de New York, où elle obtient un Bachelor of Fine Arts.Au début des années 1980, elle participe à plusieurs productions théâtrales new-yorkaises. Elle interprète notamment Kay dans Balm in Gilead, une pièce de Lanford Wilson montée en 1984 au Circle Repertory Theatre. Cette production collective lui vaut, avec ses partenaires, un Drama Desk Award en 1985, dans la catégorie de la meilleure distribution.En 1987, elle crée le personnage de Shelby dans la première production new-yorkaise de Steel Magnolias, pièce de Robert Harling. Ce rôle sera interprété par Julia Roberts dans l’adaptation cinématographique sortie en 1989. Betsy Aidem travaille également dans plusieurs théâtres régionaux américains, notamment au Williamstown Theatre Festival, dans le Massachusetts, où elle participe à trois saisons.Sa carrière à l’écran commence avec une petite apparition dans A Little Sex (1982). Elle joue ensuite dans des films comme Tu peux compter sur moi (2000), réalisé par Kenneth Lonergan, et Margaret (2011), du même réalisateur. À la télévision, elle interprète Irene Holloway dans la série The High Life (1996) et participe à The Americans, notamment dans deux épisodes de la première saison diffusée en 2013.Reconnaissance sur les scènes new-yorkaisesLe travail de Betsy Aidem dans les théâtres Off-Broadway est distingué en 2007 par un Obie Award, récompensant l’excellence de ses interprétations au cours de sa carrière. Elle a notamment joué dans des productions de The Butterfly Collection, mise en scène par Bartlett Sher, et de Mary Rose, dirigée par Tina Landau.En 2014, elle participe à la création à Broadway de All the Way, pièce de Robert Schenkkan consacrée à la présidence de Lyndon B. Johnson. Elle y interprète plusieurs personnalités historiques, dont Lady Bird Johnson, épouse du président, et Katharine Graham, dirigeante du Washington Post. La production, dans laquelle Bryan Cranston incarne Lyndon B. Johnson, remporte le Tony Award de la meilleure pièce.Elle retrouve Broadway en 2022 dans Leopoldstadt, œuvre de Tom Stoppard consacrée à plusieurs générations d’une famille juive de Vienne. Elle y joue le personnage d’Emilia. La pièce obtient le Tony Award de la meilleure pièce en 2023.L’interprétation de Marcelle Salomon Benhamou dans Prayer for the French Republic, de Joshua Harmon, lui apporte plusieurs distinctions. Elle reçoit notamment le Richard Seff Award en 2022, après la présentation de la pièce Off-Broadway. Elle reprend ce personnage lors de la production à Broadway en 2024 et obtient une nomination au Tony Award de la meilleure actrice dans une pièce. Elle est également nommée au Drama League Award pour cette interprétation.En 2025, Betsy Aidem joue Margie dans Liberation, une pièce de Bess Wohl mise en scène par Whitney White. L’intrigue réunit un groupe de femmes dans l’Ohio des années 1970, autour des questions soulevées par le mouvement féministe. Présentée initialement Off-Broadway par la Roundabout Theatre Company, la pièce est ensuite montée à Broadway. Sa distribution reçoit le Drama Desk Award du meilleur ensemble ainsi que le prix de la meilleure interprétation collective décerné par le New York Drama Critics' Circle. Pour son rôle, Betsy Aidem obtient en 2026 une seconde nomination aux Tony Awards, cette fois dans la catégorie de la meilleure actrice dans un second rôle théâtral.Le travail de mise en scèneParallèlement à son activité de comédienne, Betsy Aidem exerce également la mise en scène. En 2018, elle dirige sa première production théâtrale professionnelle en tant que metteuse en scène avec A Doll’s House, Part 2, une pièce de Lucas Hnath présentée au George Street Playhouse, dans le New Jersey.L’œuvre de Hnath prolonge l’histoire d’Une maison de poupée, d’Henrik Ibsen, en imaginant le retour de Nora auprès de sa famille quinze ans après son départ. La production du George Street Playhouse constitue le premier engagement professionnel de Betsy Aidem à la direction d’une pièce, après plusieurs décennies d’activité comme interprète.
-
Jane Alexander · 87 ansJane Alexander, née le 28 octobre 1939 à Boston, dans le Massachusetts, est une actrice et écrivaine américaine. Récompensée par un Tony Award pour The Great White Hope (1968), elle mène une carrière théâtrale qui lui vaut huit nominations aux Tony Awards. Au cinéma, elle obtient quatre nominations aux Oscars, notamment pour Les Hommes du président (1976) et Kramer contre Kramer (1979). Elle reçoit également deux Emmy Awards. De 1993 à 1997, elle préside le National Endowment for the Arts, organisme fédéral américain chargé du soutien à la création artistique. Elle consacre par ailleurs une partie de ses activités à la protection de la faune sauvage.Une formation entre le Massachusetts et l’ÉcosseJane Alexander grandit à Brookline, près de Boston. Son père, Thomas B. Quigley, est chirurgien orthopédiste, tandis que sa mère, Ruth Elizabeth Pearson, exerce la profession d’infirmière. Elle fréquente la Beaver Country Day School, établissement privé situé à Chestnut Hill, où elle découvre le théâtre et participe notamment à une représentation de L’Île au trésor, d’après Robert Louis Stevenson.Après ses études secondaires, elle entre au Sarah Lawrence College, dans l’État de New York. Elle y étudie le théâtre, tout en suivant des cours de mathématiques. Elle passe également une année à l’université d’Édimbourg, en Écosse, où elle participe aux activités de l’Edinburgh University Dramatic Society.Sa formation terminée, elle travaille dans plusieurs compagnies théâtrales américaines, notamment au Charles Playhouse de Boston. Elle rejoint ensuite l’Arena Stage de Washington, théâtre régional fondé en 1950 et consacré à la présentation d’œuvres classiques et contemporaines.C’est au sein de cette compagnie qu’elle rencontre le metteur en scène Edwin Sherin, qui la dirige dans plusieurs productions. Leur collaboration se développe notamment autour d’une pièce du dramaturge Howard Sackler consacrée à l’histoire du boxeur américain Jack Johnson.The Great White Hope et la rencontre avec James Earl JonesEn 1967, Jane Alexander crée le rôle d’Eleanor Bachman dans The Great White Hope, pièce de Howard Sackler présentée à l’Arena Stage de Washington sous la direction d’Edwin Sherin. Elle donne la réplique à James Earl Jones, qui interprète Jack Jefferson, personnage inspiré du champion de boxe Jack Johnson, premier Afro-Américain à remporter le titre mondial des poids lourds en 1908.La pièce évoque les persécutions raciales subies par le boxeur, notamment en raison de sa relation avec une femme blanche. Eleanor Bachman, interprétée par Jane Alexander, est la compagne de Jefferson. Leur relation constitue un élément central d’un récit qui interroge les lois ségrégationnistes et les préjugés de la société américaine du début du XXᵉ siècle.La production est transférée à Broadway en octobre 1968, au théâtre Alvin. Elle y rencontre un important succès public et critique. La pièce reçoit le prix Pulitzer de l’œuvre théâtrale en 1969, tandis que Jane Alexander remporte le Tony Award de la meilleure actrice dans un second rôle dans une pièce. James Earl Jones reçoit pour sa part le Tony Award du meilleur acteur.En 1970, les deux comédiens reprennent leurs personnages dans l’adaptation cinématographique réalisée par Martin Ritt. Pour son premier grand rôle au cinéma, Jane Alexander obtient une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. James Earl Jones est également nommé dans la catégorie masculine correspondante.Leur collaboration se prolonge au théâtre. En 1978, ils se retrouvent dans First Monday in October, pièce de Jerome Weidman consacrée à la nomination fictive d’une femme à la Cour suprême des États-Unis. Jane Alexander y interprète la juge Ruth Loomis, rôle qui lui vaut une nouvelle nomination aux Tony Awards.Des personnages confrontés aux institutions et aux conflits familiauxLa carrière cinématographique de Jane Alexander comprend plusieurs personnages confrontés à des enjeux politiques ou sociaux. Dans Les Hommes du président (All the President’s Men, 1976), réalisé par Alan J. Pakula, elle interprète Judy Hoback, comptable du comité chargé de la réélection du président Richard Nixon.Le personnage est interrogé par les journalistes Bob Woodward et Carl Bernstein, incarnés par Robert Redford et Dustin Hoffman, dans le cadre de leur enquête sur le scandale du Watergate. Sa participation, limitée à quelques scènes, lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 1977.Elle retrouve Dustin Hoffman dans Kramer contre Kramer (Kramer vs. Kramer, 1979), réalisé par Robert Benton. Elle y interprète Margaret Phelps, voisine et amie de Ted Kramer, un père qui doit élever seul son jeune fils après le départ de son épouse. Margaret, elle-même séparée de son mari, intervient dans la vie familiale du personnage principal et témoigne lors de la procédure judiciaire concernant la garde de l’enfant.Cette prestation lui vaut une troisième nomination aux Oscars, de nouveau dans la catégorie de la meilleure actrice dans un second rôle. Le film remporte cinq Oscars, dont celui du meilleur film.En 1983, Jane Alexander tient le rôle principal de Testament, réalisé par Lynne Littman. Elle y incarne Carol Wetherly, mère de famille vivant dans une petite ville californienne après une attaque nucléaire contre les États-Unis. Le film s’intéresse aux conséquences de l’exposition aux radiations sur une communauté éloignée des principales zones de destruction. L’actrice obtient une quatrième nomination aux Oscars, cette fois dans la catégorie de la meilleure actrice.Eleanor Roosevelt et les grandes figures féminines de l’histoire américaineEn 1976, Jane Alexander interprète Eleanor Roosevelt dans Eleanor and Franklin, téléfilm réalisé par Daniel Petrie. Elle donne la réplique à Edward Herrmann, qui incarne Franklin Delano Roosevelt. Le récit retrace la jeunesse du couple, leur mariage et les difficultés personnelles qui accompagnent l’ascension politique du futur président américain.L’actrice reprend ce rôle en 1977 dans Eleanor and Franklin: The White House Years, également réalisé par Daniel Petrie. Cette seconde production s’intéresse aux années de présidence de Roosevelt, pendant lesquelles Eleanor développe ses propres engagements politiques et sociaux. Jane Alexander obtient une nomination aux Emmy Awards pour chacune des deux productions.Elle interprète également des femmes ayant réellement existé dans des circonstances historiques difficiles. Dans Playing for Time (1980), téléfilm réalisé par Daniel Mann et écrit par Arthur Miller, elle incarne Alma Rosé, violoniste autrichienne déportée à Auschwitz, qui dirige l’orchestre des prisonnières du camp. Vanessa Redgrave interprète Fania Fénelon, musicienne dont les souvenirs ont inspiré le scénario.Cette prestation vaut à Jane Alexander son premier Primetime Emmy Award en 1981, dans la catégorie de la meilleure actrice dans un second rôle dans une minisérie ou un téléfilm.Elle incarne de nouveau une personnalité historique dans Warm Springs (2005), réalisé par Joseph Sargent. Elle y joue Sara Delano Roosevelt, mère de Franklin Roosevelt, interprété par Kenneth Branagh. Le téléfilm raconte notamment le combat du futur président contre les conséquences de la poliomyélite, contractée en 1921. Jane Alexander reçoit pour ce rôle son deuxième Primetime Emmy Award, vingt-quatre ans après le premier.Une fidélité à Broadway et aux auteurs contemporainsL’activité théâtrale de Jane Alexander se poursuit auprès de plusieurs dramaturges contemporains. En 1990, elle interprète Joy Davidman, écrivaine américaine devenue l’épouse de C. S. Lewis, dans Shadowlands, pièce de William Nicholson présentée à Broadway. Nigel Hawthorne incarne Lewis, universitaire et auteur britannique connu notamment pour les Chroniques de Narnia.En 1992, elle joue Claire Zachanassian dans La Visite de la vieille dame (The Visit), de Friedrich Dürrenmatt, au Criterion Center Stage Right de New York. Elle incarne une femme fortunée qui retourne dans sa ville natale et propose une importante somme d’argent aux habitants en échange de l’assassinat d’un ancien amant.L’année suivante, elle crée à Broadway le personnage de Sara Goode dans The Sisters Rosensweig, pièce de Wendy Wasserstein mise en scène par Daniel Sullivan. Le récit réunit trois sœurs américaines d’origine juive, dont les parcours personnels ont pris des directions différentes. Sara, installée à Londres, est une responsable bancaire qui reçoit ses deux sœurs à l’occasion de son anniversaire.Cette interprétation vaut à Jane Alexander le Drama Desk Award de la meilleure actrice dans une pièce en 1993, ainsi qu’une nouvelle nomination aux Tony Awards. Elle entre en 1994 à l’American Theater Hall of Fame, institution consacrée aux personnalités du théâtre américain.Elle retrouve Broadway en 1998 dans Honour, pièce de la dramaturge australienne Joanna Murray-Smith, où elle interprète une écrivaine confrontée à l’infidélité de son mari. Elle reçoit une septième nomination aux Tony Awards.En 2020, elle joue Nancy dans Grand Horizons, comédie de Bess Wohl présentée au Helen Hayes Theater. Son personnage annonce à son mari, après cinquante années de mariage, qu’elle souhaite divorcer. Elle partage l’affiche avec James Cromwell et obtient une huitième nomination aux Tony Awards, dans la catégorie de la meilleure actrice dans un second rôle.La présidence du National Endowment for the ArtsLe 8 octobre 1993, Jane Alexander prend ses fonctions à la tête du National Endowment for the Arts (NEA), après avoir été nommée par le président Bill Clinton. Elle prête serment devant Sandra Day O’Connor, juge à la Cour suprême des États-Unis. Elle devient la sixième présidente de l’organisme et la première artiste professionnelle à occuper cette fonction.Créé en 1965, le NEA est une agence fédérale chargée de soutenir la création artistique par l’attribution de subventions aux institutions et aux artistes. Au moment de sa nomination, son financement fait l’objet de vives controverses au Congrès, notamment à propos de certaines œuvres jugées offensantes par des élus conservateurs.Durant son mandat, Jane Alexander se rend dans les cinquante États américains et à Porto Rico afin de rencontrer des artistes et des responsables d’institutions culturelles. Elle participe à la défense du financement public des arts et organise plusieurs initiatives consacrées à leur place dans la société.En 1994, le NEA accueille Art-21: Art Reaches into the Twenty-First Century, première conférence nationale sur les arts organisée avec le soutien du gouvernement fédéral. Plus de mille participants prennent part aux discussions sur les politiques culturelles américaines.Elle supervise également le programme American Canvas, consacré à l’examen des difficultés rencontrées par les organismes artistiques à but non lucratif. En 1995, son administration contribue à la création de l’Arts Education Partnership, destiné à favoriser l’enseignement artistique.Les réductions budgétaires imposées au NEA entraînent une importante réorganisation de l’agence pendant son mandat. Jane Alexander quitte ses fonctions en octobre 1997, après quatre années à sa direction.En 2000, elle publie Command Performance: An Actress in the Theatre of Politics, ouvrage dans lequel elle retrace son expérience au sein de l’administration Clinton et les débats politiques entourant le financement des arts.La défense de la faune sauvage et les activités de naturalistePassionnée d’ornithologie, Jane Alexander participe depuis de nombreuses années à des programmes de protection de la faune sauvage. Elle siège notamment aux conseils d’administration de la Wildlife Conservation Society, de l’American Bird Conservancy et de l’American Birding Association.Elle collabore également avec BirdLife International, organisation internationale consacrée à la protection des oiseaux et de leurs habitats. Elle participe aux activités de Panthera, association spécialisée dans la conservation des félins sauvages, dont elle copréside le conseil consultatif consacré à la protection des espèces avec l’actrice Glenn Close.Son engagement comprend des activités de terrain. Elle participe notamment au Christmas Bird Count, programme annuel de recensement des oiseaux organisé par la National Audubon Society, ainsi qu’au North American Breeding Bird Survey, destiné à suivre l’évolution des populations d’oiseaux nicheurs en Amérique du Nord.En 2012, elle reçoit le premier Jane Alexander Global Wildlife Ambassador Award, distinction créée dans le cadre de l’Indianapolis Prize pour récompenser les personnalités engagées dans la conservation des espèces animales.En 2016, elle publie Wild Things, Wild Places: Adventurous Tales of Wildlife and Conservation on Planet Earth. Dans cet ouvrage, elle raconte ses rencontres avec des scientifiques et des responsables de programmes de conservation, notamment lors de voyages en Afrique et en Asie. Elle s’intéresse particulièrement à la sauvegarde des grands félins et à la protection des forêts boréales.Installée en Nouvelle-Écosse, au Canada, Jane Alexander participe également à la protection du pluvier siffleur, petit oiseau limicole dont les populations sont menacées sur la côte atlantique nord-américaine. Elle prend part à des opérations de surveillance des sites de nidification et soutient la participation des communautés autochtones aux programmes de conservation.
-
Wes Ball · 46 ansWes Ball, né le 28 octobre 1980 en Floride, est un réalisateur, producteur et spécialiste américain des effets visuels. Formé à l’animation numérique à l’université d’État de Floride, il remporte un Student Academy Award en 2003 pour son court-métrage A Work in Progress. Il se fait connaître avec Ruin (2011), film d’animation postapocalyptique qui attire l’attention des studios hollywoodiens et lui permet de réaliser Le Labyrinthe (2014), adapté du roman de James Dashner. Il dirige ensuite les deux autres volets de cette trilogie, puis La Planète des singes : Le Nouveau Royaume (2024), qui obtient une nomination à l’Oscar des meilleurs effets visuels.Une enfance en Floride et la découverte du cinéma d’animationWes Ball grandit à Lake Como, une petite localité rurale du nord de la Floride. Pendant son enfance, il regarde régulièrement les films de Steven Spielberg, Robert Zemeckis et James Cameron, dont il enregistre les diffusions sur les chaînes de télévision américaines. Il s’intéresse particulièrement à la fabrication des décors et aux effets spéciaux. Il construit également des maquettes et des objets inspirés des univers cinématographiques à l’aide de jeux de construction Lego.La découverte de l’émission documentaire Movie Magic, diffusée sur Discovery Channel et consacrée aux techniques de réalisation, lui fait connaître les métiers de l’industrie cinématographique. Il envisage notamment de devenir cascadeur ou maquettiste spécialisé dans les effets spéciaux. Après avoir obtenu son diplôme de fin d’études secondaires au Crescent City High School en 1999, il intègre le College of Motion Picture Arts de la Florida State University, à Tallahassee.Il y étudie la réalisation et les techniques de production cinématographique. Son film de fin d’études, A Work in Progress (2002), associe des prises de vues réelles à des images de synthèse. Le court-métrage raconte l’histoire d’un jeune homme qui entreprend de construire une créature mécanique. Cette réalisation reçoit en 2003 un Student Academy Award, distinction décernée par l’Académie américaine des arts et des sciences du cinéma aux œuvres réalisées par des étudiants.Diplômé de l’université en 2002, Wes Ball s’installe à Los Angeles. Il vend un premier scénario de long-métrage, intitulé The Treehouse, à Warner Bros. et à la société de production Tapestry Films. Le projet ne débouche pas sur un tournage, mais lui permet de développer ses relations professionnelles dans l’industrie du cinéma.La création d’Oddball Animation et la révélation de RuinÀ Los Angeles, Wes Ball fonde Oddball Animation, une société spécialisée dans l’animation numérique et les effets visuels. Il réalise notamment des séquences graphiques destinées aux suppléments vidéo de productions hollywoodiennes, ainsi que des travaux de prévisualisation.Il participe à la création d’éléments visuels pour Magnifique Désolation : Marchons sur la Lune (Magnificent Desolation: Walking on the Moon 3D, 2005), documentaire réalisé par Mark Cowen et présenté par Tom Hanks. Il travaille également sur des contenus associés aux productions de Robert Zemeckis et à Star Trek (2009), réalisé par J. J. Abrams.Cette activité lui permet d’approfondir sa maîtrise de la modélisation en trois dimensions et des environnements numériques. Il utilise notamment les techniques de prévisualisation pour préparer les mouvements de caméra et les déplacements des personnages avant le tournage.En 2011, il réalise Ruin, un court-métrage d’animation d’environ huit minutes et demie entièrement produit en images de synthèse. L’histoire suit un homme parcourant à moto les ruines d’une ville abandonnée, poursuivi par des machines volantes. L’univers du film présente une civilisation disparue dont les vestiges sont progressivement recouverts par la végétation.Wes Ball conçoit le film comme une démonstration des possibilités narratives offertes par les outils numériques. Il travaille notamment sur la représentation des espaces et sur une longue poursuite inspirée, dans son organisation visuelle, de la séquence d’attaque de l’Étoile de la mort dans Star Wars (1977).Diffusé sur Internet au début de 2012, Ruin rencontre une importante audience et dépasse plusieurs millions de visionnages. Le court-métrage attire l’attention de producteurs et de dirigeants de studios. 20th Century Fox acquiert les droits du projet en vue d’une adaptation en long-métrage et propose à Wes Ball de réaliser Le Labyrinthe, d’après le roman de James Dashner.La collaboration avec T. S. Nowlin et la trilogie Le LabyrintheWes Ball travaille avec le scénariste T. S. Nowlin, qu’il a connu pendant ses études à l’université d’État de Floride. Leur collaboration débute autour du développement de Ruin et se poursuit sur la trilogie Le Labyrinthe (Maze Runner).Le premier film, sorti en 2014, raconte l’arrivée d’un adolescent amnésique, Thomas, interprété par Dylan O’Brien, dans une communauté de jeunes garçons enfermés au centre d’un gigantesque labyrinthe. Le film réunit également Kaya Scodelario et Thomas Brodie-Sangster.Pour concevoir le labyrinthe, Wes Ball associe la construction de décors physiques à des extensions numériques. Les murs sont représentés comme d’immenses structures de béton dont les configurations changent pendant la nuit. Le réalisateur travaille avec les équipes chargées des effets visuels sur les mouvements des Griffeurs, créatures mécaniques et organiques qui menacent les personnages.Produit pour environ 34 millions de dollars, Le Labyrinthe rapporte près de 350 millions de dollars de recettes mondiales. Ce résultat permet à 20th Century Fox de poursuivre l’adaptation des romans de James Dashner.Le tournage du deuxième volet, Le Labyrinthe : La Terre brûlée (Maze Runner: The Scorch Trials, 2015), se déroule notamment au Nouveau-Mexique. Le récit élargit l’univers de la série à des territoires désertiques et à des villes abandonnées. Wes Ball y développe les environnements postapocalyptiques qu’il avait explorés dans Ruin.La réalisation du troisième film, Le Labyrinthe : Le Remède mortel (Maze Runner: The Death Cure, 2018), est interrompue en mars 2016 après un grave accident subi par Dylan O’Brien pendant le tournage d’une cascade à Vancouver. La production reprend en 2017 en Afrique du Sud, après le rétablissement de l’acteur.Sorti en janvier 2018, le dernier volet achève une trilogie dont les recettes cumulées approchent un milliard de dollars dans le monde. Wes Ball participe également à la production du troisième film et poursuit son travail avec T. S. Nowlin sur son scénario.La capture de mouvement et les mondes fantastiquesAprès Le Labyrinthe, Wes Ball développe une adaptation de la bande dessinée Mouse Guard, créée par David Petersen. L’histoire se déroule dans un univers médiéval peuplé de souris anthropomorphes chargées de protéger leur communauté contre les dangers extérieurs.Le projet associe 20th Century Fox et plusieurs producteurs, dont Matt Reeves, réalisateur des deux précédents films de la nouvelle série La Planète des singes. Wes Ball prévoit d’utiliser la capture de mouvement pour enregistrer les interprétations des acteurs avant de les transformer en personnages numériques.La distribution envisagée comprend notamment Andy Serkis, Idris Elba et Thomas Brodie-Sangster. Des équipes travaillent pendant plus d’un an sur les décors et les modèles numériques des personnages. Un budget d’environ 170 millions de dollars est prévu.En avril 2019, quelques semaines après le rachat de 21st Century Fox par Disney, la production est interrompue alors que le tournage doit commencer. Le projet est définitivement abandonné en juin. Wes Ball rend alors publiques plusieurs séquences d’animation préparatoires et des illustrations montrant le travail de conception réalisé par les équipes.Cette préparation lui a permis de collaborer avec des artistes spécialisés dans la représentation numérique de personnages animaux. Il y travaille notamment avec des professionnels ayant participé aux films de La Planète des singes, dont les techniques d’animation reposent sur l’enregistrement des mouvements et des expressions des comédiens.Une collaboration avec Wētā FX et la reconnaissance des spécialistes des effets visuelsWes Ball retrouve l’univers de La Planète des singes en réalisant La Planète des singes : Le Nouveau Royaume (Kingdom of the Planet of the Apes, 2024), produit par 20th Century Studios. Le film se déroule plusieurs générations après la mort de César, personnage central des trois précédents épisodes de la série.Le récit suit Noa, un jeune chimpanzé interprété en capture de mouvement par Owen Teague, dont la communauté est attaquée par les forces d’un chef autoritaire nommé Proximus César, joué par Kevin Durand. Le personnage de Mae, incarné par Freya Allan, appartient à une humanité dont les capacités intellectuelles et l’organisation sociale ont profondément changé.Pour développer cette histoire, Wes Ball travaille avec le scénariste Josh Friedman. Il souhaite notamment retrouver certains éléments du film original de 1968, réalisé par Franklin J. Schaffner, dans lequel un astronaute découvre une civilisation dominée par des singes. Il élabore un monde où les animaux ont développé leurs propres cultures, tandis que les vestiges de la civilisation humaine sont progressivement envahis par la végétation.Le réalisateur collabore avec le studio néo-zélandais Wētā FX, chargé de créer les personnages numériques et de les intégrer aux prises de vues réelles. Les acteurs portent des combinaisons équipées de capteurs, tandis que des caméras enregistrent leurs expressions faciales. Ces données sont ensuite utilisées pour animer les visages des singes, dont les proportions diffèrent de celles des comédiens.Une partie du tournage se déroule en Australie, notamment dans les studios Disney de Sydney et dans des environnements naturels. Wes Ball utilise des techniques de prévisualisation pour préparer les déplacements des personnages dans des décors qui seront complétés par des images numériques. Il participe également aux discussions sur la représentation des comportements animaux et sur les caractéristiques physiques propres aux différentes espèces de primates.Sorti en mai 2024, La Planète des singes : Le Nouveau Royaume rapporte près de 400 millions de dollars dans le monde. Le film reçoit une nomination à l’Oscar des meilleurs effets visuels en 2025, attribuée à Erik Winquist, Stephen Unterfranz, Paul Story et Rodney Burke.Le 11 février 2025, il remporte le Visual Effects Society Award des meilleurs effets visuels dans un long-métrage en prises de vues réelles, récompensant notamment le travail d’Erik Winquist et de ses collaborateurs chez Wētā FX. Ce prix distingue la réalisation technique des personnages numériques et leur intégration dans les environnements du film.
-
Chris Bauer · 60 ansChris Bauer, né Mark Christopher Bauer le 28 octobre 1966 à Los Angeles, en Californie, est un acteur américain. Formé à la Yale School of Drama, il mène une carrière au théâtre, au cinéma et à la télévision. Il est notamment connu pour son interprétation de Frank Sobotka, dirigeant syndical du port de Baltimore dans Sur écoute (The Wire, 2003), et pour celle du shérif Andy Bellefleur dans True Blood (2008-2014). Il travaille à plusieurs reprises avec le scénariste et producteur David Simon, notamment dans The Deuce (2017-2019), et participe à des productions théâtrales de David Mamet et de Jez Butterworth.Du football américain à la formation théâtraleChris Bauer grandit en Californie et fréquente le lycée Miramonte, situé à Orinda, près de San Francisco. Il pratique le football américain et fait partie de l’équipe de son établissement en 1984, année où celle-ci remporte un championnat régional.Après ses études secondaires, il fréquente l’université de San Diego, puis l’American Academy of Dramatic Arts de Los Angeles. Il poursuit sa formation à la Yale School of Drama, où il obtient un diplôme d’art dramatique. Il rejoint ensuite le milieu théâtral de Chicago et travaille avec plusieurs compagnies, notamment la Steppenwolf Theatre Company et le Goodman Theatre.Au sein de Steppenwolf, il participe à une adaptation scénique d’Orange mécanique (A Clockwork Orange), roman d’Anthony Burgess. Cette expérience le met en relation avec des acteurs et des metteurs en scène qui travaillent également dans le cinéma américain.Installé à New York, Chris Bauer devient membre de l’Atlantic Theater Company, compagnie fondée en 1985 par David Mamet et William H. Macy. Il participe à plusieurs de ses créations, notamment Mojo et The Night Heron, deux pièces du dramaturge britannique Jez Butterworth. Il se produit également au Playwrights Horizons et au Manhattan Theatre Club.Un acteur de théâtre au contact des dramaturges contemporainsL’appartenance de Chris Bauer à l’Atlantic Theater Company lui permet de travailler régulièrement sur des textes contemporains. Il participe notamment à la création de personnages écrits par David Mamet, John Patrick Shanley et Jez Butterworth.En 2005, il fait ses débuts à Broadway dans une reprise d’Un tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire), de Tennessee Williams, présentée au Studio 54 par la Roundabout Theatre Company. Sous la direction d’Edward Hall, il interprète Harold Mitchell, surnommé Mitch, ami de Stanley Kowalski et prétendant de Blanche DuBois.La distribution réunit Natasha Richardson dans le rôle de Blanche, John C. Reilly dans celui de Stanley et Amy Ryan dans celui de Stella. La production est présentée du 26 avril au 3 juillet 2005. L’interprétation de Mitch vaut à Chris Bauer une nomination à l’Outer Critics Circle Award du meilleur acteur dans un second rôle dans une pièce.Il retrouve l’Atlantic Theater Company en 2012 pour What Rhymes with America, pièce de Melissa James Gibson mise en scène par Daniel Aukin. En 2017, il interprète Charles dans The Penitent, œuvre de David Mamet mise en scène par Neil Pepe. La pièce traite d’un psychiatre confronté à une controverse publique après avoir refusé de témoigner en faveur d’un ancien patient accusé de meurtre.Frank Sobotka et la collaboration avec David SimonEn 2003, Chris Bauer interprète Frank Sobotka dans la deuxième saison de Sur écoute (The Wire), série créée par David Simon pour HBO. Le personnage dirige une section syndicale des dockers du port de Baltimore, dont l’activité est fragilisée par la diminution du trafic maritime et la transformation des installations portuaires.Frank Sobotka cherche à financer des projets susceptibles de préserver les emplois des dockers. Ses relations avec des trafiquants internationaux l’entraînent dans des opérations de contrebande qui attirent l’attention de la police. Le personnage est également confronté aux difficultés de sa famille, notamment celles de son fils Ziggy, interprété par James Ransone, et de son neveu Nick, joué par Pablo Schreiber.Chris Bauer avait initialement auditionné pour le rôle de Jimmy McNulty, l’un des principaux inspecteurs de la série, finalement confié à Dominic West. David Simon et les responsables du casting lui proposent le personnage de Frank Sobotka pour la deuxième saison.Cette interprétation lui permet d’aborder un personnage dont les responsabilités syndicales et familiales sont étroitement liées à la situation économique du port de Baltimore. Le récit s’appuie notamment sur les transformations du travail industriel et les relations entre les syndicats et les autorités locales.La collaboration avec David Simon se poursuit dans The Deuce (2017-2019), série créée avec George Pelecanos. Chris Bauer y incarne Bobby Dwyer, beau-frère de Vincent et Frankie Martino, deux frères jumeaux interprétés par James Franco. Bobby travaille dans le bâtiment avant de participer aux activités commerciales des frères Martino dans le quartier de Times Square, à New York, au cours des années 1970. Il apparaît dans les trois saisons de la série.Un interprète régulier de personnages d’autoritéLes personnages de policiers occupent une place importante dans le parcours de Chris Bauer. Dans New York 911 (Third Watch, 1999-2004), série créée par John Wells et Edward Allen Bernero, il interprète Fred Yokas, époux de la policière Faith Yokas, jouée par Molly Price. Le couple traverse plusieurs crises conjugales, notamment en raison de l’alcoolisme et des difficultés professionnelles de Fred.En 2008, il rejoint la distribution de True Blood, série fantastique créée par Alan Ball d’après les romans de Charlaine Harris. Il y incarne Andy Bellefleur, inspecteur de police de la petite ville fictive de Bon Temps, en Louisiane. Le personnage enquête notamment sur les meurtres qui surviennent après la révélation de l’existence des vampires.Au fil des sept saisons, Andy Bellefleur devient shérif et se trouve confronté à des événements surnaturels impliquant les habitants de la ville. Il entretient des relations conflictuelles avec le vampire Bill Compton, interprété par Stephen Moyer, et avec Jason Stackhouse, joué par Ryan Kwanten.L’interprétation collective de True Blood est récompensée par un Satellite Award en 2009. L’année suivante, Chris Bauer figure parmi les acteurs nommés au Screen Actors Guild Award de la meilleure distribution dans une série dramatique.Dans American Crime Story: The People v. O. J. Simpson (2016), il joue le détective Tom Lange, l’un des enquêteurs chargés de l’affaire criminelle impliquant l’ancien joueur de football américain O. J. Simpson. Il donne notamment la réplique à Sterling K. Brown, qui interprète le procureur Christopher Darden, et à Sarah Paulson, dans le rôle de Marcia Clark.Il incarne également Deke Slayton dans la première saison de For All Mankind (2019), série de science-fiction créée par Ronald D. Moore, Ben Nedivi et Matt Wolpert. Inspiré de l’astronaute américain Walter Marty Schirra ? Non. Le personnage représente Donald Kent « Deke » Slayton, ancien astronaute chargé des équipages de la NASA. Le récit imagine une histoire alternative dans laquelle l’Union soviétique réussit à faire marcher un cosmonaute sur la Lune avant les États-Unis.Les emplois marquants auprès de réalisateurs américainsAu cinéma, Chris Bauer participe à plusieurs productions américaines à partir des années 1990. Dans L’Associé du diable (The Devil’s Advocate, 1997), réalisé par Taylor Hackford, il interprète Lloyd Gettys, un enseignant accusé d’agression sexuelle sur une élève. Son personnage est défendu par Kevin Lomax, jeune avocat incarné par Keanu Reeves.La même année, il apparaît dans Volte-face (Face/Off), réalisé par John Woo, dans le rôle d’Ivan Dubov, détenu de la prison où le personnage de Sean Archer, joué par John Travolta et Nicolas Cage selon les changements d’identité de l’intrigue, est incarcéré.En 1999, Joel Schumacher le dirige dans 8 millimètres (8MM), avec Nicolas Cage. Il y incarne Machine, un homme masqué impliqué dans la production de films pornographiques violents. Le personnage est découvert au cours d’une enquête menée par un détective privé sur l’origine d’un enregistrement criminel.Dans 61 (2001), téléfilm réalisé par Billy Crystal, il interprète Bob Cerv, joueur des Yankees de New York. L’œuvre revient sur la saison de baseball de 1961 et sur la rivalité sportive entre Mickey Mantle et Roger Maris, alors engagés dans la course au record de coups de circuit établi par Babe Ruth.Il travaille également avec Clint Eastwood dans Mémoires de nos pères (Flags of Our Fathers, 2006), qui retrace l’histoire des soldats américains photographiés pendant la bataille d’Iwo Jima. Il y interprète le général Alexander Vandegrift.Son travail dans le cinéma de genre comprend une participation à The Little Things (2021), réalisé par John Lee Hancock, ainsi qu’à Thunderbolts (2025), production de l’univers cinématographique Marvel, dans laquelle il joue Holt, un responsable gouvernemental.Vie familiale et engagement auprès des institutions théâtralesChris Bauer épouse Laura Bauer le 12 mai 1997. Le couple a deux enfants. Il partage une partie de son temps entre la Californie et la région de New York, notamment à Sag Harbor, dans les Hamptons, où il possède une résidence depuis 2006.En janvier 2011, il rejoint le conseil d’administration du Bay Street Theatre, institution théâtrale située à Sag Harbor. L’établissement produit des spectacles professionnels et organise des programmes de formation destinés aux jeunes interprètes.Son engagement auprès de cette institution prolonge ses relations avec les compagnies théâtrales indépendantes américaines. Il participe notamment aux activités du Bay Street Theatre aux côtés de la directrice artistique Sybil Christopher et du metteur en scène Murphy Davis.Il demeure également membre de l’Atlantic Theater Company, où il retrouve régulièrement les dramaturges et metteurs en scène avec lesquels il a travaillé au cours de sa carrière théâtrale.
-
Didier Bénureau · 70 ansDidier Bénureau, né le 28 octobre 1956 à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, est un humoriste, acteur, auteur et réalisateur français. Révélé au public dans Le Petit Théâtre de Bouvard au milieu des années 1980, il développe un univers comique marqué par l’humour noir et la satire sociale. Il se fait notamment connaître avec son personnage de Moralès et sa chanson humoristique Pour Moralès. Il collabore avec Muriel Robin et le metteur en scène Dominique Champetier, tout en travaillant au cinéma avec Bertrand Blier, Jean-Marie Poiré et Claude Chabrol. Son spectacle Bobo lui vaut le Grand Prix de l’humour noir en 2007.Une enfance à Courbevoie et des débuts dans la musiqueDidier Bénureau grandit à Courbevoie dans une famille de cinq enfants, installée dans un appartement de deux pièces près du pont de Courbevoie. Il fréquente l’école catholique Saint-Pierre-Saint-Paul et devient enfant de chœur à l’âge de sept ans, suivant l’exemple de son frère aîné.Adolescent, il découvre la guitare et s’intéresse notamment aux chansons de Georges Brassens et de Maxime Le Forestier. En 1975, il fonde avec le musicien Amaury Blanchard un groupe acoustique, Quasifolklo, qui participe à une émission de télévision présentée par Patrice Laffont. Le groupe y remporte un prix.Après son service militaire, effectué en 1977 et 1978 au sein d’un régiment d’infanterie de marine à Montlhéry, il travaille comme moniteur de centre aéré et surveillant de cantine scolaire. Il participe également aux animations de la maison socioculturelle de Villeneuve-la-Garenne. À l’occasion d’une manifestation, il se produit devant le public déguisé en lapin, une expérience qu’il évoquera comme l’une de ses premières réussites comiques.En 1979, il s’inscrit à des cours de théâtre dans cette même structure. Il commence à interpréter des personnages de sa création et participe à des spectacles amateurs. Au début des années 1980, il effectue des figurations au cinéma et à la télévision. En 1984, il écrit et interprète La Troisième Jambe du carrosse, spectacle mis en scène par Jacques Ardouin.La rencontre avec Muriel Robin et l’affirmation d’un humour personnelEn 1985, Didier Bénureau rejoint Le Petit Théâtre de Bouvard, émission humoristique diffusée sur Antenne 2 et présentée par Philippe Bouvard. Il y interprète des personnages dont les comportements excessifs et les raisonnements absurdes constituent la matière de ses sketches.Il y rencontre Muriel Robin, avec laquelle il écrit et joue en 1986 la pièce Maman ou Donne-moi ton linge, j’fais une machine !, présentée au théâtre de Dix-Heures, à Paris. Cette collaboration précède les spectacles en solo des deux humoristes.En 1988, il présente son premier one-man-show, Enfin Bénureau !, également au théâtre de Dix-Heures. Il y développe une galerie de personnages dominés par leurs obsessions et leurs contradictions. Certains de ses sketches prennent la forme de monologues, tandis que d’autres reposent sur des chansons interprétées à la guitare.Il présente un deuxième spectacle personnel en 1993, mis en scène par Dieudonné, puis un troisième en 1997, notamment au Café de la Gare et à la Comédie Caumartin. Ces représentations lui permettent de poursuivre l’élaboration de ses personnages et d’aborder des sujets comme la violence ordinaire ou les préjugés sociaux.Le personnage de Moralès, auquel il consacre une chanson, devient l’une de ses créations les plus connues. Présenté comme un individu inquiétant, Moralès est évoqué par un narrateur dont les paroles expriment une admiration déplacée. Le décalage entre la gravité des faits racontés et le ton de la chanson produit un effet d’humour noir.Une collaboration durable avec Dominique ChampetierAu début des années 1990, Didier Bénureau rencontre le réalisateur Dominique Champetier, qui le dirige dans le court-métrage Crash Record (1993), puis dans Pension des oiseaux (1998). Les deux hommes développent ensuite une collaboration consacrée à l’écriture et à la mise en scène de spectacles comiques.Cette association prend une importance particulière avec Pour Moralès, présenté à partir de 2001 au théâtre de la Gaîté-Montparnasse, puis au Palais des Glaces. Didier Bénureau y reprend plusieurs figures de son répertoire et interprète de nouvelles chansons. Le spectacle est également présenté au théâtre du Rond-Point en 2003, à l’invitation de Jean-Michel Ribes.La collaboration se poursuit avec Bobo, écrit avec Dominique Champetier et mis en scène par Xavier Durringer. Créé en octobre 2006 au Studio des Champs-Élysées, le spectacle est ensuite repris au Splendid avant une tournée nationale. Il comporte notamment des sketches consacrés aux comportements bourgeois et aux contradictions de personnages qui défendent des convictions qu’ils appliquent difficilement à eux-mêmes.En 2007, Bobo reçoit le Grand Prix de l’humour noir, distinction récompensant les œuvres humoristiques faisant appel à la satire et à l’irrévérence. Didier Bénureau obtient également le prix de la SACD du meilleur one-man-show en 2009.Cette année-là, il présente Mes premiers adieux à l’Olympia, spectacle réunissant plusieurs de ses sketches et chansons. Il retrouve ensuite Dominique Champetier pour Indigne, créé en 2011, puis pour Bénureau avec des Cochons, spectacle musical dans lequel il se produit accompagné du groupe Les Cochons dans l’espace.Le travail avec Bertrand Blier et les cinéastes françaisLa rencontre avec Bertrand Blier constitue une étape importante des débuts cinématographiques de Didier Bénureau. Après avoir croisé le réalisateur dans une station-service à Asnières, l’humoriste lui remet un enregistrement vidéo de son spectacle. Blier lui confie alors le rôle de Léonce dans Trop belle pour toi (1989), avec Gérard Depardieu, Carole Bouquet et Josiane Balasko.Le réalisateur le dirige de nouveau dans Merci la vie (1991), où il interprète un second réalisateur. Le film réunit notamment Charlotte Gainsbourg et Anouk Grinberg.Didier Bénureau travaille également avec Diane Kurys, qui lui confie le rôle de Ruffier dans La Baule-les-Pins (1990). Il participe ensuite à plusieurs comédies françaises, dont Les Visiteurs (1993), réalisé par Jean-Marie Poiré, dans lequel il interprète un interne en médecine. Il retrouve cet univers dans Les Visiteurs 2 : Les Couloirs du temps (1998).Il collabore à plusieurs reprises avec Valérie Lemercier, notamment dans Le Derrière (1999), où il incarne M. Mulot, et dans Palais royal ! (2005). Il donne également la réplique à Artus de Penguern dans Grégoire Moulin contre l’humanité (2001), comédie réalisée et interprétée par ce dernier.Le cinéaste Claude Chabrol l’engage dans La Fleur du mal (2003), puis dans La Fille coupée en deux (2007), où il interprète Philippe Le Riou. Dans ces productions, il participe à des intrigues dramatiques éloignées des personnages qu’il crée pour ses spectacles humoristiques.L’écriture dramatique et la direction d’acteursEn 1994, Jean-Michel Ribes engage Didier Bénureau dans Brèves de comptoir, adaptation scénique des textes de Jean-Marie Gourio, présentée au théâtre Tristan-Bernard. Le spectacle repose sur des conversations recueillies dans les cafés et transformées en séquences théâtrales.La collaboration avec Ribes se poursuit au théâtre du Rond-Point, où l’humoriste présente plusieurs spectacles. En 2014, il participe également à l’adaptation cinématographique de Brèves de comptoir, réalisée par Jean-Michel Ribes, dans laquelle il interprète le patron du café.En 2009, il joue le rôle principal d’Oncle Vania, d’Anton Tchekhov, dans une mise en scène de Claudia Stavisky, aux côtés de Philippe Torreton. Présentée notamment au théâtre des Bouffes du Nord, cette production lui permet d’interpréter l’un des personnages majeurs du répertoire dramatique russe.Il retrouve la comédie contemporaine avec Les Amis du placard, de Gabor Rassov, mis en scène par Pierre Pradinas en 2010. La pièce met en scène un couple qui achète deux personnes afin de disposer d’amis à sa convenance.En 2013, Didier Bénureau écrit et met en scène Mon beau-père est une princesse, comédie présentée au théâtre du Palais-Royal. Il partage l’affiche avec Michel Aumont et Claire Nadeau. L’intrigue repose sur les bouleversements provoqués dans une famille lorsqu’un homme annonce à son beau-père qu’il éprouve des sentiments amoureux pour lui.Il joue ensuite avec Jean-François Balmer dans Le CV de Dieu (2018), adaptation d’une œuvre de Jean-Louis Fournier mise en scène par Françoise Petit. En 2019, il donne la réplique à Daniel Russo dans Le Crédit, comédie de Jordi Galceran adaptée et mise en scène par Éric Civanyan. L’histoire oppose un client à un conseiller bancaire au cours d’un entretien consacré à une demande de prêt.Les courts-métrages et l’écriture pour l’écranDidier Bénureau exerce également une activité de réalisateur. En 1999, il écrit et réalise Zanzibar, un court-métrage dans lequel il développe un récit humoristique. Le film est présenté dans plusieurs festivals.Il réalise ensuite Les Couilles de mon chat, court-métrage d’environ 22 minutes, produit au milieu des années 2000. Il en signe le scénario et interprète Rémi, l’un des personnages principaux. Le film est sélectionné dans plusieurs manifestations internationales, notamment des festivals consacrés au cinéma gay et lesbien.Le travail d’écriture pour l’écran lui permet de prolonger ses recherches sur les situations absurdes et les comportements humains. Ses courts-métrages sont présentés dans des festivals européens, mais aussi aux États-Unis et au Brésil.La musique et les personnages chantésLa guitare demeure un instrument important dans le travail de Didier Bénureau. Après ses premières expériences avec le groupe Quasifolklo, il intègre régulièrement des chansons à ses spectacles humoristiques. Sa Chanson pour Moralès donne notamment lieu à un enregistrement discographique intitulé Reggae pour Moralès, publié en 2002.Il collabore avec le groupe Les Cochons dans l’espace, qui l’accompagne sur scène dans plusieurs spectacles. En 2012, il présente à La Cigale une formule réunissant ses sketches et ses chansons avec les musiciens du groupe. Cette collaboration est également développée dans Bénureau avec des Cochons, présenté au théâtre du Rond-Point en 2015 et au théâtre Antoine en 2016.La musique lui permet d’incarner des personnages dont les convictions ou les sentiments sont exposés directement au public. Le dispositif associe souvent une mélodie familière à des paroles satiriques, notamment dans les chansons consacrées aux comportements politiques ou aux préjugés.En 2024, il présente Didier Bénureau, Entier au Studio des Champs-Élysées, dans une mise en scène de Dominique Champetier. Il y interprète de nouveaux sketches et reprend plusieurs personnages de son répertoire, dont la belle-mère qui intervient dans son célèbre sketch téléphonique Allô Patricia.La vie familiale et les collaborations avec Anne Gavard-PivetEn 1994, Didier Bénureau rencontre Anne Gavard-Pivet, qui devient sa compagne. Elle participe également à l’écriture de plusieurs de ses spectacles, notamment Bénureau avec des Cochons, dont elle est l’une des coauteures avec Dominique Champetier et Éric Bidaud.Le travail collectif d’écriture associe ainsi des collaborateurs de longue date aux créations de l’humoriste. Pour Bénureau avec des Cochons, les auteurs élaborent notamment des personnages religieux et des figures politiques confrontés à des situations grotesques.À partir de 2023, Didier Bénureau interprète Gilbert dans la série quotidienne Scènes de ménages, diffusée sur M6. Il forme avec Fanny Cottençon, qui incarne Christine, un couple de retraités. Gilbert est l’ancien propriétaire d’une entreprise de transport routier, tandis que son épouse est une ancienne professeure de français. Leur participation prend fin en 2024, après deux saisons.
-
Christian Berkel · 69 ansChristian Berkel est né le 28 octobre 1957 à Berlin, en Allemagne. Il appartient à cette génération d’acteurs européens capables de naviguer avec aisance entre productions nationales et films internationaux, tout en conservant une forte identité culturelle. Si son nom ne vous dit rien au premier abord, son visage, lui, a sans doute croisé votre écran. Christian Berkel a cette intensité froide, ce regard profond et une sobriété dans le jeu qui imposent le respect.Des débuts marqués par une histoire familiale complexeLa trajectoire de Christian Berkel est indissociable de son passé familial. Fils d’un médecin militaire allemand et d’une mère juive ayant fui l’Allemagne nazie pour l’Argentine, il grandit dans une Allemagne encore marquée par les séquelles de la guerre. Ce contexte, loin d’être anecdotique, influence fortement ses choix de carrière et sa manière d’aborder les rôles liés à l’Histoire.Formé à Paris au célèbre cours Florent puis à Londres, Christian Berkel acquiert très tôt une approche internationale du jeu d’acteur. Il débute au théâtre avant de s’orienter vers le cinéma et la télévision, où sa rigueur et son intensité le mènent rapidement vers des rôles exigeants. Et non, il ne s’est jamais contenté de jouer « l’Allemand de service » dans les films hollywoodiens, même si son allure militaire l’y a parfois conduit.Des rôles marquants dans des fresques historiquesChristian Berkel s’est illustré dans plusieurs grandes fresques historiques, notamment dans des rôles liés à la Seconde Guerre mondiale, un terrain qu’il explore souvent avec une forme de gravité consciente. Il est notamment apparu dans La Chute (Der Untergang), film poignant centré sur les derniers jours d’Hitler, où il joue le médecin Ernst-Günther Schenck. Ce rôle lui vaut une reconnaissance internationale, renforcée ensuite par sa participation à Walkyrie, avec Tom Cruise, dans lequel il incarne le général Carl-Heinrich von Stülpnagel.Il joue également dans Inglourious Basterds, où, même dans un rôle mineur, Christian Berkel parvient à imposer sa présence. Ces choix de rôles, souvent dans des contextes de guerre ou de conflit moral, témoignent de son goût pour les personnages à la fois ancrés dans l’Histoire et porteurs de dilemmes éthiques.Une carrière ancrée dans le cinéma allemandEn parallèle de ses apparitions dans les productions hollywoodiennes, Christian Berkel reste très actif dans le cinéma et la télévision allemande. Il est notamment l’un des visages de la série Der Kriminalist, un polar sombre et méthodique dans lequel il incarne le commissaire Bruno Schumann pendant plus de dix ans. Ce rôle le consacre comme une figure incontournable du petit écran en Allemagne, avec un jeu tout en retenue, loin des stéréotypes du genre.Il participe également à des films plus intimistes, souvent engagés ou inspirés de faits réels, et s’essaie même à l’écriture. En 2018, il publie un roman autobiographique, Der Apfelbaum, inspiré de l’histoire de sa mère. L’ouvrage, salué par la critique, est un travail de mémoire autant qu’un hommage filial, une manière pour Christian Berkel de creuser encore un peu plus ce rapport personnel à l’Histoire allemande.
-
Marcel Bozzuffi · 59 ansMarcel Bozzuffi, né le 28 octobre 1929 à Rennes, en Ille-et-Vilaine, et mort le 1er février 1988 à Paris, est un acteur, réalisateur et scénariste français. Reconnaissable à sa voix rauque et à son visage aux traits marqués, il interprète de nombreux policiers et gangsters dans le cinéma français des années 1950 à 1980. Il travaille notamment avec Jean-Pierre Melville, Costa-Gavras et Claude Lelouch, et acquiert une notoriété internationale grâce à son rôle de tueur à gages dans French Connection (1971), de William Friedkin. Il réalise également L’Américain (1969) et exerce une activité de comédien au théâtre et de doublage.Une enfance bretonne et la formation au cours SimonMarcel Bozzuffi naît à Rennes dans une famille d’origine italienne. Son père, Édouard Bozzuffi, né en Italie en 1893, exerce le métier de fabricant de meubles. Sa mère, Léonie Catherine Belli, est née à Paris en 1896. Il passe son enfance en Bretagne avant de s’installer à Paris après son service militaire.Il s’inscrit au cours Simon, école d’art dramatique fondée par René Simon, où il entreprend sa formation de comédien. Ses premières expériences professionnelles le conduisent au théâtre. En 1956, il joue dans Les Lingots du Havre, d’Yves Jamiaque, mis en scène par Jean Lanier, et dans Un Français à Moscou, de Pol Quentin, sous la direction de Jacques Charon.Son activité sur les scènes parisiennes se poursuit avec Vu du pont, d’Arthur Miller, mis en scène par Peter Brook en 1958. Il participe ensuite à Le Vélo devant la porte, adaptation de l’œuvre de Joseph Hayes montée par Jean-Pierre Grenier en 1959. Il retrouve également le répertoire dramatique américain dans Les Petits Renards, de Lillian Hellman, mis en scène par Pierre Mondy en 1962.Parallèlement, Marcel Bozzuffi commence à tourner au cinéma en 1955. Il apparaît notamment dans Razzia sur la chnouf, réalisé par Henri Decoin, et dans Gas-oil, de Gilles Grangier, avec Jean Gabin. Ces premières productions lui donnent accès à des personnages issus du milieu criminel, mais aussi à des rôles de policiers ou d’hommes d’action.Les collaborations avec Jean Gabin et Jean-Pierre MelvilleLe réalisateur Gilles Grangier fait appel à Marcel Bozzuffi à plusieurs reprises. Dans Le rouge est mis (1957), il retrouve Jean Gabin dans une adaptation d’un roman d’Auguste Le Breton. Il travaille de nouveau avec l’acteur dans Maigret voit rouge (1963), où Gabin incarne le commissaire créé par Georges Simenon.La présence de Marcel Bozzuffi dans le cinéma policier français se confirme avec Le Deuxième Souffle (1966), réalisé par Jean-Pierre Melville d’après le roman de José Giovanni. Il y interprète Jo Ricci, membre du milieu marseillais et frère de Paul Ricci, joué par Raymond Pellegrin. Le personnage est impliqué dans les rivalités criminelles qui entourent Gu Minda, gangster évadé de prison incarné par Lino Ventura.Le tournage lui permet de travailler avec Melville, cinéaste connu pour la précision de sa mise en scène et son intérêt pour les rapports de force entre criminels et policiers. Dans Le Deuxième Souffle, son personnage participe à plusieurs séquences de confrontation avec Gu Minda, dont les conséquences déterminent le déroulement de l’intrigue.L’acteur collabore également avec René Clément, qui le dirige dans Le Jour et l’Heure (1963), drame consacré à la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Il y joue Lerat, dans une distribution réunissant Simone Signoret et Stuart Whitman.L’expérience politique et les personnages de Costa-GavrasDans Z (1969), réalisé par Costa-Gavras et adapté du roman de Vassilis Vassilikos, Marcel Bozzuffi interprète Vago, l’un des hommes impliqués dans l’assassinat d’un député d’opposition. Le film, inspiré de l’assassinat du parlementaire grec Grigóris Lambrákis en 1963, met en scène Yves Montand dans le rôle du député et Jean-Louis Trintignant dans celui du juge chargé de l’enquête.Le personnage de Vago appartient à un groupe d’activistes d’extrême droite qui agit avec la complicité de représentants des forces de sécurité. Son intervention dans l’attentat constitue l’un des éléments centraux de l’enquête judiciaire. Z reçoit le prix du jury au Festival de Cannes en 1969, puis l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1970.Marcel Bozzuffi travaille également avec Claude Lelouch, qui le dirige dans plusieurs films. Dans La Vie, l’Amour, la Mort (1969), il incarne le commissaire Marchand, chargé d’une enquête sur un meurtrier interprété par Amidou. Il retrouve ensuite le réalisateur dans Un homme qui me plaît (1969) et Le Voyou (1970).Ces collaborations lui permettent de donner la réplique à des interprètes comme Jean-Paul Belmondo et Annie Girardot. Dans Le Voyou, il participe à une intrigue centrée sur un ancien détenu impliqué dans un enlèvement, avec Belmondo dans le rôle principal.Pierre Nicoli dans French ConnectionLa carrière internationale de Marcel Bozzuffi prend une nouvelle dimension avec French Connection (The French Connection, 1971), réalisé par William Friedkin. Il y incarne Pierre Nicoli, tueur à gages travaillant pour le trafiquant de drogue Alain Charnier, interprété par Fernando Rey.L’intrigue, inspirée d’une enquête menée à New York sur un réseau international de trafic d’héroïne, oppose les criminels français à deux policiers américains, Jimmy « Popeye » Doyle et Buddy Russo, interprétés par Gene Hackman et Roy Scheider. Nicoli tente d’assassiner Doyle avant de prendre la fuite dans le métro aérien de Brooklyn.La poursuite qui s’ensuit constitue l’une des séquences les plus connues du film. Le personnage de Nicoli descend précipitamment un escalier pour rejoindre une rame, tandis que Doyle le poursuit. Marcel Bozzuffi réalise lui-même une partie des actions physiques de la séquence, notamment une chute en arrière dans les escaliers du métro. Son personnage figure également au premier plan de l’affiche originale du film, sous la menace du revolver tenu par Gene Hackman.Sorti en 1971, French Connection remporte cinq Oscars en 1972, dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur acteur pour Gene Hackman.Cette participation favorise les engagements de Marcel Bozzuffi dans des productions internationales. En 1972, il joue dans Images, film psychologique réalisé par Robert Altman, avec Susannah York. Il y interprète René, personnage qui intervient dans les visions et les troubles perceptifs d’une femme isolée dans une maison de campagne irlandaise.Un acteur francophone dans le cinéma italienD’origine italienne, Marcel Bozzuffi parle couramment l’italien, ce qui lui permet de travailler régulièrement avec des cinéastes de la péninsule. Il collabore notamment avec Carlo Lizzani, qui le dirige dans La Vengeance du Sicilien (Torino nera, 1972), film policier interprété par Bud Spencer.Il travaille également avec Mauro Bolognini dans La Grande Bourgeoise (Fatti di gente perbene, 1974), drame historique inspiré d’une affaire criminelle survenue en Italie au début du XXᵉ siècle. Le film réunit Giancarlo Giannini et Catherine Deneuve.Sa collaboration avec Francesco Rosi dans Cadavres exquis (Cadaveri eccellenti, 1976) lui permet de retrouver un récit politique. Il y interprète l’un des personnages gravitant autour de l’enquête menée par l’inspecteur Rogas, incarné par Lino Ventura. L’intrigue, adaptée du roman Le Contexte de Leonardo Sciascia, porte sur une série d’assassinats de magistrats dans une Italie confrontée à des tensions politiques.Dans Identification d’une femme (Identificazione di una donna, 1982), réalisé par Michelangelo Antonioni, il incarne Mario, personnage homosexuel fréquentant le milieu artistique romain. Cette interprétation lui permet d’aborder un emploi différent des figures de policiers ou de criminels auxquelles il est souvent associé.L’Américain, une réalisation personnelleEn 1969, Marcel Bozzuffi écrit et réalise son unique long-métrage de cinéma, L’Américain, produit notamment par Claude Lelouch, Georges Dancigers et Alexandre Mnouchkine.Le film raconte le retour de Bruno, interprété par Jean-Louis Trintignant, dans sa ville natale de Rouen après un long séjour aux États-Unis. Il retrouve plusieurs amis d’enfance et découvre les changements intervenus dans leurs vies. Marcel Bozzuffi joue Jacky, un ancien espoir du football dont les ambitions sportives ont pris fin. La distribution comprend également Simone Signoret dans le rôle de Léone, Bernard Fresson dans celui de Raymond et Rufus dans celui de Corbeau.Le réalisateur signe lui-même le scénario et les dialogues. La musique originale est composée par Georges Moustaki, tandis qu’Alain Corneau participe au tournage comme assistant réalisateur. L’Américain sort dans les salles françaises en septembre 1969.Le récit accorde une place importante aux retrouvailles entre les anciens amis et aux lieux de leur jeunesse. Le tournage à Rouen permet de montrer les transformations urbaines de la ville, notamment les constructions modernes qui côtoient les quartiers anciens.Marcel Bozzuffi poursuit ensuite son activité d’auteur et de réalisateur à la télévision. Il réalise notamment Les Grands Ducs (1982), puis Bon anniversaire Juliette (1983). Dans ce dernier téléfilm, diffusé sur TF1, il dirige Françoise Fabian et Sophie Renoir. Le récit suit une jeune femme qui annonce à ses parents sa décision d’abandonner ses études pour travailler dans la peinture sur bois.Une voix familière du doublage françaisLa voix grave de Marcel Bozzuffi lui vaut également de nombreux engagements dans le doublage. Il prête notamment sa voix française à Charles Bronson et à Paul Newman, dans plusieurs de leurs films.Il interprète également Lucky Luke dans le long-métrage d’animation Daisy Town (1971), réalisé d’après les personnages créés par Morris et René Goscinny. Pierre Trabaud prête sa voix à Joe Dalton, tandis que Jacques Balutin interprète William Dalton et Pierre Tornade, Averell Dalton. La musique du film est composée par Claude Bolling.Cette interprétation du célèbre cow-boy solitaire lui permet d’utiliser sa voix dans un registre humoristique. Il reprend ce rôle dans des enregistrements sonores adaptés de l’univers de Lucky Luke, notamment un disque publié par Adès en 1984.Son activité théâtrale se poursuit également après ses nombreuses collaborations cinématographiques. En 1985, il joue dans Les Gens d’en face, pièce de Hugh Whitemore mise en scène par Jonathan Critchley.Sa relation avec Françoise FabianMarcel Bozzuffi partage une grande partie de sa vie avec l’actrice Françoise Fabian, qu’il rencontre dans les années 1960. Tous deux figurent notamment dans la distribution de Maigret voit rouge, réalisé en 1963 par Gilles Grangier.Le couple participe à plusieurs projets communs, dont L’Américain, dans lequel Françoise Fabian interprète une employée d’agence immobilière. L’actrice joue ensuite sous sa direction dans le téléfilm Bon anniversaire Juliette (1983).Après plus de vingt ans de vie commune, ils se marient le 25 septembre 1986 à Paris.Marcel Bozzuffi meurt à Paris le 1er février 1988, à l’âge de 58 ans, des suites d’une tumeur cérébrale. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse, dans la 7ᵉ division.En 1990, un recueil posthume de ses textes, intitulé Forfana. Récits, est publié.
-
Martin Brambach · 59 ansMartin Brambach, né le 28 octobre 1967 à Dresde, en République démocratique allemande (RDA), est un acteur allemand. Formé à la Westfälische Schauspielschule de Bochum, il travaille dans plusieurs grandes institutions théâtrales germanophones avant de multiplier les rôles au cinéma et à la télévision. Il apparaît notamment dans Good Bye, Lenin ! (2003), La Vie des autres (2006) et Les Faussaires (2007). Il est également connu pour son interprétation du commissaire Peter Michael Schnabel dans la série policière Tatort, rôle qu’il tient à partir de 2016. Ses prestations dans Der Fall Barschel et Wellness für Paare lui valent le Deutscher Fernsehpreis du meilleur acteur en 2017.Une enfance dans le milieu théâtral est-allemandMartin Brambach grandit à Berlin-Est, où sa famille s’installe en 1973. Sa mère, Heidi Brambach, est costumière à la Volksbühne, théâtre berlinois réputé pour ses créations contemporaines. Il passe une partie de son enfance dans les coulisses de cet établissement et découvre le fonctionnement des compagnies théâtrales.Le comédien et metteur en scène Karlheinz Liefers, compagnon de sa mère, participe à son éducation. Ce dernier est également le père de l’acteur Jan Josef Liefers, de trois ans son aîné. Martin Brambach apprend à l’âge de douze ans que Karlheinz Liefers n’est pas son père biologique. Son père, Jürgen Schöne, exerce la profession d’architecte.En 1984, il quitte la RDA avec sa mère pour s’installer à Hambourg, en République fédérale d’Allemagne. Il abandonne ses études secondaires avant l’Abitur, diplôme allemand de fin d’études permettant l’accès à l’université, puis intègre la Westfälische Schauspielschule de Bochum, où il entreprend sa formation professionnelle.Les années au Burgtheater de VienneEn 1985, Martin Brambach rejoint le Schauspielhaus de Bochum, dirigé par Frank-Patrick Steckel. Il poursuit ensuite son activité au Schauspiel Köln, à Cologne, avant d’être engagé par le metteur en scène Claus Peymann au Burgtheater de Vienne.De 1989 à 1999, il appartient à la troupe permanente de cette institution autrichienne, l’une des principales scènes de langue allemande. Il y travaille avec plusieurs metteurs en scène, dont George Tabori et Einar Schleef. Il côtoie également des interprètes tels que Klaus Maria Brandauer, dont les activités se partagent entre le théâtre et le cinéma.Le théâtre lui permet d’aborder des textes du répertoire classique et des créations contemporaines. Il collabore notamment avec les metteurs en scène Mitko Gotscheff et Barbara Frey. Après son engagement viennois, il poursuit son travail à la Schaubühne de Berlin, théâtre connu pour ses productions contemporaines.À partir de 2001, il exerce comme comédien indépendant, sans appartenir de manière permanente à une troupe. Il continue néanmoins à participer à des spectacles et à des lectures publiques, notamment avec sa compagne, l’actrice Christine Sommer.L’interprétation de personnages liés à l’histoire allemandeLe cinéma allemand fait régulièrement appel à Martin Brambach pour interpréter des personnages évoluant dans des contextes historiques. Dans Good Bye, Lenin ! (2003), réalisé par Wolfgang Becker, il joue un agent de la Stasi. Cette comédie dramatique, avec Daniel Brühl et Katrin Sass, se déroule à Berlin au moment de la disparition de la RDA.Il retrouve cet univers dans La Vie des autres (Das Leben der Anderen, 2006), premier long-métrage de Florian Henckel von Donnersmarck. Il y incarne Meyer, un responsable d’intervention de la police politique est-allemande. Le film suit la surveillance d’un dramaturge berlinois par un agent de la Stasi interprété par Ulrich Mühe. Il remporte l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2007.L’acteur participe également à Les Faussaires (Die Fälscher, 2007), réalisé par Stefan Ruzowitzky, où il interprète Holst, un sous-officier SS. Le film s’inspire de l’opération Bernhard, entreprise nazie visant à fabriquer de fausses livres sterling dans le camp de concentration de Sachsenhausen. Cette production autrichienne reçoit l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2008.Martin Brambach apparaît ainsi dans deux films germanophones récompensés consécutivement par l’Académie américaine dans cette catégorie. Il participe aussi à des coproductions internationales, notamment The Reader (2008), réalisé par Stephen Daldry, dans lequel il interprète un gardien de prison aux côtés de Kate Winslet et Ralph Fiennes.Un comédien attaché aux personnages ambivalentsLes personnages secondaires occupent une place importante dans le travail de Martin Brambach. Il interprète fréquemment des hommes autoritaires ou des individus dont le comportement déconcertant donne lieu à des situations comiques. Il joue notamment un contrôleur dans Oh Boy (2012), réalisé par Jan-Ole Gerster, face à Tom Schilling.En 2009, il obtient l’un de ses premiers grands rôles principaux dans Barfuß bis zum Hals, comédie télévisée réalisée par Hansjörg Thurn. Il y incarne Helmut Steiner, responsable d’une association naturiste est-allemande confrontée à un entrepreneur ouest-allemand. Cette prestation lui vaut une nomination au Deutscher Fernsehpreis du meilleur acteur en 2010.Son intérêt pour l’improvisation trouve également une application dans Wellness für Paare (2016), téléfilm réalisé par Jan Georg Schütte. Les acteurs y développent leurs personnages à partir de situations définies, sans disposer de dialogues entièrement écrits. Martin Brambach interprète un homme confronté à des difficultés sexuelles dans sa relation de couple.Il retrouve cette méthode de travail dans Das Begräbnis (2022), minisérie réalisée par Jan Georg Schütte, dont les six épisodes sont consacrés aux retrouvailles d’une famille à l’occasion d’un enterrement.Le rôle de Reiner Pfeiffer et les distinctions professionnellesEn 2016, Martin Brambach interprète Reiner Pfeiffer dans Der Fall Barschel, téléfilm en deux parties réalisé par Kilian Riedhof. Le récit revient sur l’affaire politique qui provoque la démission d’Uwe Barschel, ministre-président du Schleswig-Holstein, en 1987. Pfeiffer, ancien conseiller en communication de Barschel, joue un rôle central dans la révélation des opérations dirigées contre son adversaire politique Björn Engholm.L’acteur donne la réplique à Matthias Matschke, qui interprète Barschel, et à Alexander Fehling, dans le rôle d’un journaliste enquêtant sur l’affaire. Sa prestation est récompensée par plusieurs distinctions professionnelles.En 2016, il reçoit le Bayerischer Fernsehpreis pour son travail dans Der Fall Barschel, ainsi que dans Unter Verdacht: Ein Richter et Tatort: Auf einen Schlag. L’année suivante, il remporte le Deutscher Fernsehpreis du meilleur acteur pour Der Fall Barschel et Wellness für Paare. Il obtient également en 2017 le Deutscher Schauspielpreis du meilleur acteur dans un second rôle pour son interprétation de Reiner Pfeiffer.Le commissaire Schnabel dans TatortDepuis 2016, Martin Brambach interprète Peter Michael Schnabel, chef du commissariat de Dresde, dans Tatort, série policière diffusée par la chaîne publique allemande ARD depuis 1970.Son personnage supervise notamment les enquêtes des inspectrices Karin Gorniak, interprétée par Karin Hanczewski, et Henni Sieland, jouée par Alwara Höfels. Le commissaire Schnabel se caractérise par son autoritarisme et ses relations parfois conflictuelles avec ses subordonnées. Ses interventions introduisent régulièrement une dimension comique dans les enquêtes.Martin Brambach apparaît également dans Unter anderen Umständen, série policière diffusée sur ZDF, où il interprète Arne Brauner, un responsable de police travaillant avec la commissaire Jana Winter, incarnée par Natalia Wörner.Son travail dans ces productions contribue à sa présence régulière sur les chaînes allemandes. En 2011, il fait l’objet d’une nomination spéciale au Grimme-Preis pour plusieurs de ses apparitions dans Tatort.Vie familiale et engagement associatifMartin Brambach vit à Recklinghausen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, avec l’actrice Christine Sommer, qu’il a rencontrée lors d’un tournage de Tatort. Le couple se marie en 2012. Ils ont un fils, Anton, né en 2010. L’acteur est également père d’un fils, Paul, issu de son précédent mariage avec la photographe Lalo Jodlbauer. Christine Sommer a deux filles d’une précédente union.Les deux comédiens partagent une activité consacrée à la littérature. Ils organisent et interprètent ensemble des lectures publiques, notamment des textes humoristiques et des œuvres dramatiques, dans différents théâtres allemands.Martin Brambach participe également à des actions de soutien au Kinderhospiz de Recklinghausen, établissement consacré à l’accompagnement d’enfants atteints de maladies graves et de leurs familles. Il s’engage auprès des Ruhrpotthelden, association réunissant d’anciens footballeurs et des personnalités publiques pour organiser des rencontres sportives au bénéfice d’enfants défavorisés.En mars 2024, il participe à une campagne de protection animale dénonçant les conditions d’élevage des poulets destinés à approvisionner certains fournisseurs de l’enseigne Lidl.
-
Gwendoline Christie · 48 ansGwendoline Christie, née le 28 octobre 1978 à Worthing, dans le Sussex de l’Ouest, est une actrice britannique. Elle se fait connaître internationalement grâce à son interprétation de Brienne de Torth dans la série Game of Thrones (2012-2019), qui lui vaut une nomination aux Emmy Awards. Elle incarne également le capitaine Phasma dans la saga Star Wars, Lucifer dans Sandman (The Sandman, 2022) et Larissa Weems dans Mercredi (Wednesday, 2022). Sa carrière comprend aussi des productions théâtrales et des collaborations avec plusieurs créateurs de mode.Une formation marquée par la danse et le théâtreGwendoline Christie grandit dans la campagne du Sussex, près des South Downs, au sein d’une famille dont le père travaille dans la vente et le marketing tandis que sa mère est femme au foyer. Pendant son enfance, elle pratique intensivement la gymnastique et la danse classique. Une blessure au dos met fin à sa pratique sportive et l’amène à s’intéresser davantage au jeu dramatique.Sa taille, qui atteint environ 1, 91 mètre, influence ses premières expériences dans le monde du spectacle. À quatorze ans, elle mesure déjà plus de 1, 85 mètre. Adolescente, elle découvre notamment les films de Marlon Brando et de Tilda Swinton, dont les interprétations l’intéressent par leur capacité de transformation. Le film Orlando (1992), réalisé par Sally Potter avec Tilda Swinton, figure parmi les œuvres qui l’encouragent à envisager une carrière d’actrice.Elle intègre le Drama Centre London, école d’art dramatique réputée pour son enseignement fondé notamment sur les méthodes de Constantin Stanislavski et de Lee Strasberg. Elle y travaille avec le professeur Reuven Adiv, ancien collaborateur de Strasberg, et bénéficie également des conseils de l’acteur Simon Callow. Elle obtient son diplôme en 2005.Peu après, elle participe à une adaptation des Grandes Espérances de Charles Dickens, mise en scène par Declan Donnellan pour la Royal Shakespeare Company. En 2007, elle interprète la reine dans Cymbeline, pièce de William Shakespeare. Elle joue ensuite Mag Wildwood dans une adaptation théâtrale de Breakfast at Tiffany’s, présentée au Theatre Royal Haymarket de Londres en 2009.En 2010, elle interprète Lucifer dans une production du Docteur Faustus de Christopher Marlowe, mise en scène par Matthew Dunster au Royal Exchange Theatre de Manchester. Le spectacle utilise notamment des dispositifs aériens qui permettent à l’actrice d’apparaître suspendue au-dessus de la scène.Brienne de Torth et la reconnaissance internationaleEn 2011, Gwendoline Christie est choisie pour incarner Brienne de Torth, chevalière de l’univers fantastique créé par George R. R. Martin, dans la série Game of Thrones, produite par HBO. Elle apparaît à partir de la deuxième saison, diffusée en 2012.La comédienne avait pris connaissance du personnage avant son audition et entrepris une préparation physique spécifique. Elle suit un entraînement intensif au combat à l’épée et modifie son apparence pour correspondre à celle de Brienne, notamment en coupant ses longs cheveux blonds. Elle travaille avec les équipes chargées des cascades et apprend à manier les armes et les armures utilisées pendant les tournages.Brienne est une guerrière issue d’une famille noble de Westeros, qui cherche à devenir chevalier dans un univers où cette fonction est traditionnellement réservée aux hommes. Son parcours est marqué par ses engagements envers Catelyn Stark, interprétée par Michelle Fairley, puis envers les filles de cette dernière. Elle développe également une relation complexe avec Jaime Lannister, joué par Nikolaj Coster-Waldau.La relation entre ces deux personnages donne lieu à plusieurs scènes importantes, notamment leur captivité commune pendant la troisième saison. Leurs échanges permettent à Gwendoline Christie d’explorer les contradictions de Brienne, attachée à un idéal chevaleresque et confrontée à la violence des luttes politiques.L’actrice insiste dans ses entretiens sur l’importance d’interpréter un personnage féminin dont la singularité physique et les qualités morales sont au centre du récit. Elle évoque également les difficultés rencontrées au début de sa carrière, lorsque certains professionnels lui expliquaient que sa grande taille limiterait ses possibilités de distribution.En 2019, elle obtient une nomination au Primetime Emmy Award de la meilleure actrice dans un second rôle dans une série dramatique pour la huitième et dernière saison de Game of Thrones. Elle soumet elle-même sa candidature après que HBO ne l’a pas inscrite parmi ses propositions initiales. La même année, la série s’achève sur l’accession de Brienne au poste de commandante de la Garde royale.La collaboration avec les cinéastes et les univers fantastiquesAvant sa notoriété télévisuelle, Gwendoline Christie travaille avec le réalisateur Terry Gilliam dans L’Imaginarium du docteur Parnassus (2009), où elle apparaît aux côtés de Christopher Plummer et d’Heath Ledger. Elle retrouve Gilliam dans Zero Theorem (2013), avec Christoph Waltz. Elle interprète également la commandante Lyme dans Hunger Games : La Révolte, partie 2 (2015), réalisé par Francis Lawrence. Ancienne gagnante des Hunger Games, Lyme participe à la rébellion contre le Capitole.La même année, elle rejoint l’univers de Star Wars en incarnant le capitaine Phasma, officier du Premier Ordre, dans Star Wars : Le Réveil de la Force, réalisé par J. J. Abrams. Son personnage porte une armure chromée inspirée de celle des stormtroopers. Elle reprend ce rôle dans Star Wars : Les Derniers Jedi (2017), réalisé par Rian Johnson, où Phasma affronte Finn, interprété par John Boyega.L’actrice travaille également avec la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion dans la deuxième saison de Top of the Lake, sous-titrée China Girl (2017). Elle y incarne Miranda Hilmarson, une policière australienne qui travaille avec la détective Robin Griffin, interprétée par Elisabeth Moss, sur une enquête criminelle à Sydney. Le personnage de Miranda est également enceinte, ce qui introduit une dimension personnelle dans sa relation avec Robin.Sa collaboration avec Armando Iannucci lui permet d’interpréter Jane Murdstone dans L’Histoire personnelle de David Copperfield (2019), adaptation du roman de Charles Dickens. Elle joue la sœur autoritaire du beau-père de David, personnage interprété par Dev Patel. Dans In Fabric (2018), film fantastique réalisé par Peter Strickland, elle apparaît sous les traits de Gwen, une mannequin.La collaboration avec Tim Burton et les personnages surnaturelsGwendoline Christie incarne Lucifer dans Sandman (The Sandman, 2022), adaptation télévisée de la bande dessinée de Neil Gaiman. Le personnage règne sur les Enfers et affronte Dream, interprété par Tom Sturridge. L’actrice adopte une apparence androgyne, avec des costumes inspirés de certaines représentations picturales des anges. Elle retrouve ce personnage dans la deuxième saison, diffusée en 2025.Elle collabore également avec Tim Burton dans Mercredi (Wednesday, 2022), série créée par Alfred Gough et Miles Millar. Elle y interprète Larissa Weems, directrice de la Nevermore Academy, établissement accueillant des adolescents dotés de capacités surnaturelles. Son personnage entretient une relation conflictuelle avec Mercredi Addams, jouée par Jenna Ortega.Pour composer Larissa Weems, l’actrice s’inspire notamment de l’élégance des actrices hollywoodiennes des années 1950. Elle participe au choix de ses costumes et travaille avec la créatrice de costumes Colleen Atwood sur une silhouette caractérisée par des vêtements ajustés et des couleurs vives.Dans la deuxième saison, diffusée en 2025, Larissa Weems réapparaît sous une forme surnaturelle après sa mort à la fin de la première saison. Devenue le guide spirituel de Mercredi, elle découvre également un lien de parenté éloigné avec l’adolescente. Pour cette nouvelle interprétation, Gwendoline Christie s’intéresse à la représentation des fantômes au cinéma et s’inspire notamment de Sueurs froides (1958), d’Alfred Hitchcock.Elle rejoint par ailleurs la distribution de Severance, série créée par Dan Erickson et réalisée notamment par Ben Stiller. Dans la deuxième saison, diffusée en 2025, elle interprète Lorne, une employée de Lumon Industries chargée d’un élevage de chèvres situé dans les installations souterraines de l’entreprise. Le personnage a été développé spécialement pour elle. Sa prestation lui vaut une nomination au Primetime Emmy Award de la meilleure actrice invitée dans une série dramatique en 2025, sa deuxième nomination à cette récompense.La photographie et les collaborations avec les créateurs de modeL’activité de Gwendoline Christie dans le monde de la mode débute avant sa reconnaissance comme actrice. En 2002, elle rencontre la photographe australienne Polly Borland, avec laquelle elle entreprend une collaboration artistique de plusieurs années. Elle devient le sujet principal de la série photographique Bunny, dans laquelle Borland explore les représentations du corps féminin à travers des déguisements et des mises en scène inspirés de l’imagerie populaire.Le projet donne lieu à une publication photographique en 2008 et à plusieurs expositions. Les compositions mettent notamment en scène l’actrice dans des costumes de lapin ou d’animaux, avec des accessoires réalisés spécialement pour les prises de vue.En 2015, Gwendoline Christie défile pour Vivienne Westwood lors de la Fashion Week de Paris, dans le cadre de la collection automne-hiver Gold Label. La créatrice britannique, qui l’a rencontrée lors d’un défilé à Londres, la choisit également pour participer à sa campagne publicitaire photographiée par Juergen Teller.L’actrice entretient une relation avec le créateur de mode britannique Giles Deacon depuis 2014. Celui-ci réalise plusieurs de ses tenues destinées aux cérémonies et aux événements publics. En 2019, lors de la présentation de la dernière saison de Game of Thrones à New York, elle porte notamment une robe de sa création inspirée des costumes de scène et des vêtements médiévaux.En janvier 2024, elle participe au défilé de haute couture de Maison Margiela, conçu par John Galliano et présenté sous le pont Alexandre-III à Paris. Vêtue d’une création associant un corset et une robe en latex, elle ouvre le spectacle dans une mise en scène théâtrale. Sa participation prolonge sa collaboration avec le créateur, dont elle avait porté plusieurs tenues lors de manifestations cinématographiques.
-
Benjamin Cléry · 29 ansBenjamin Cléry, né le 28 octobre 1997 à Saint-Saulve, dans le Nord, est un acteur français. Formé au Cours Florent à Paris, il travaille au cinéma et dans des séries télévisées françaises et internationales. Il interprète notamment l’humoriste Francis Blanche dans Monsieur Aznavour (2024) et le cinéaste Pierre Rissient dans Nouvelle Vague (2025), réalisé par Richard Linklater et présenté en compétition au Festival de Cannes.Du théâtre au lycée à la formation au Cours FlorentOriginaire de Nivelle, près de Valenciennes, Benjamin Cléry découvre le théâtre pendant ses années de lycée. Il intègre en 2015 le Cours Florent, à Paris, où il suit une formation de comédien pendant trois ans. Après une première année consacrée à l’apprentissage du jeu, il choisit de se spécialiser dans l’interprétation cinématographique pour ses deux dernières années d’études.Diplômé en 2018, il participe ensuite à des tournages de nature diverse, notamment des productions publicitaires et des courts-métrages. Son travail dans L’Harmonie, réalisé par Bruno Rolland, lui vaut une nomination dans la catégorie du meilleur acteur du cursus cinéma lors de la cérémonie des Jacques du Cours Florent.Parallèlement à sa formation dramatique, Benjamin Cléry étudie l’animation radiophonique au Studio École de France, à Issy-les-Moulineaux, entre 2018 et 2020. Il pratique également le saxophone, instrument qu’il a étudié pendant cinq ans, de 2007 à 2012.Les premières expériences professionnellesDès 2016, Benjamin Cléry participe au tournage de Valérian et la Cité des mille planètes, réalisé par Luc Besson. Il y interprète, grâce à la technique de capture de mouvement, un personnage extraterrestre nommé Boulan Hathor. Cette méthode permet d’enregistrer les mouvements d’un acteur afin de les appliquer à une créature créée numériquement.Il apparaît ensuite dans Coexister (2017), comédie réalisée par Fabrice Éboué, où il joue un personnage nommé Bouddha. Le film met en scène un producteur musical qui réunit un prêtre, un rabbin et un imam pour former un groupe de musique.Son activité comprend également les émissions humoristiques de Canal+, notamment Le Gros Journal et Il en pense quoi Camille ?, auxquelles il participe entre 2017 et 2018 en interprétant différents personnages dans des sketches. Il intervient aussi comme chroniqueur dans L’Hebdo Show, présenté par Arthur sur TF1.À la télévision, il joue dans plusieurs productions françaises, dont Paris Police 1905, série historique créée par Fabien Nury et diffusée sur Canal+. Il y interprète Rémi, un cocher. Il incarne également Arthur, un réparateur, dans la série policière HPI, avec Audrey Fleurot, ainsi qu’un policier dans Flair de famille, réalisé par Didier Bivel.L’interprétation de personnages historiquesDans Monsieur Aznavour (2024), réalisé par Grand Corps Malade et Mehdi Idir, Benjamin Cléry interprète Francis Blanche, humoriste et comédien français connu notamment pour ses sketches et ses collaborations avec Pierre Dac. Le film retrace le parcours de Charles Aznavour, incarné par Tahar Rahim, depuis ses débuts jusqu’à sa reconnaissance internationale.L’année suivante, il tient le rôle de Pierre Rissient dans Nouvelle Vague (2025), réalisé par le cinéaste américain Richard Linklater. Le film reconstitue le tournage d’À bout de souffle (1960), premier long-métrage de Jean-Luc Godard. Pierre Rissient, alors jeune assistant réalisateur, participe à cette production qui réunit Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg.Le personnage de Godard est interprété par Guillaume Marbeck, tandis que Zoey Deutch incarne Jean Seberg. Benjamin Cléry évolue ainsi au sein d’une distribution chargée de représenter plusieurs personnalités du cinéma français de la fin des années 1950.Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en mai 2025, Nouvelle Vague constitue une étape importante de sa carrière. L’acteur participe à la présentation du film sur la Croisette. À cette occasion, il retrouve également le Cours Florent pour une rencontre avec les élèves, au cours de laquelle il revient sur ses expériences de casting et ses premières années professionnelles.Des productions françaises et internationalesBenjamin Cléry travaille également dans des séries destinées à un public international. Il apparaît dans la deuxième saison de Heartstopper, série britannique adaptée des romans graphiques d’Alice Oseman et diffusée par Netflix, où il interprète un vendeur de glaces.Il participe à Alphonse, série réalisée par Nicolas Bedos pour Prime Video, dans le rôle d’un soldat ivre. Dans L’Été où je suis devenue jolie (The Summer I Turned Pretty), série américaine adaptée des romans de Jenny Han, il joue Clovis dans deux épisodes de la troisième saison, diffusée en 2025.Il retrouve le cinéma français avec Je ne me laisserai plus faire (2024), réalisé par Gustave Kervern, dans lequel il interprète un maître de cérémonie de crémation. Le film réunit notamment Yolande Moreau et Laure Calamy.En 2025, Benjamin Cléry participe également à L’Inconnu de la Grande Arche, réalisé par Stéphane Demoustier. Il y incarne un gardien de l’Élysée. Le film raconte le parcours de l’architecte danois Johan Otto von Spreckelsen, choisi en 1983 pour concevoir la Grande Arche de la Défense à Paris.Le travail avec les acteurs et la transmissionEn 2025, Benjamin Cléry retourne au Cours Florent pour rencontrer les élèves de la formation cinéma dont il est diplômé. Il participe à une masterclass consacrée à la recherche de castings et aux relations entre comédiens et agents artistiques.À cette occasion, il évoque la diversité des engagements professionnels qui ont accompagné ses premières années d’activité, notamment les tournages publicitaires et les emplois de figurant. Il aborde également les conditions d’accès aux productions cinématographiques et l’évolution de ses possibilités d’interprétation après plusieurs années de travail.Représenté par l’agence artistique UBBA, il travaille en français, en anglais et en espagnol.