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Malcolm Arnold · 84 ansMalcolm Arnold, né le 21 octobre 1921 à Northampton, en Angleterre, et mort le 23 septembre 2006 à Norwich, est un compositeur, chef d’orchestre et trompettiste britannique. Auteur de neuf symphonies et de nombreuses œuvres orchestrales, il compose également pour le cinéma, notamment la musique du Pont de la rivière Kwaï, qui lui vaut l’Oscar de la meilleure musique de film en 1958.Une vocation musicale née de la découverte du jazzIssu d’une famille de fabricants de chaussures de Northampton, Malcolm Arnold est le benjamin de cinq enfants. Son arrière-grand-père William Hawes avait occupé des fonctions musicales auprès des Chapelles royales britanniques et de la cathédrale Saint-Paul de Londres. À l’âge de douze ans, il découvre Louis Armstrong lors d’un concert à Bournemouth. Cette rencontre avec le jazz l’incite à apprendre la trompette, instrument auquel il consacre une grande partie de son apprentissage musical.En 1937, il obtient une bourse pour étudier au Royal College of Music de Londres. Il y suit les cours de trompette d’Ernest Hall et étudie la composition auprès de Gordon Jacob. Sa formation associe ainsi la pratique instrumentale à l’écriture orchestrale, deux activités qu’il exercera professionnellement.À vingt ans, il entre au London Philharmonic Orchestra comme second trompettiste, avant d’en devenir trompette solo en 1943. Durant la Seconde Guerre mondiale, il se déclare objecteur de conscience. En 1944, après la mort de son frère engagé dans la Royal Air Force, il se porte volontaire pour le service militaire. Affecté dans un orchestre de l’armée, il se blesse volontairement au pied avec une arme à feu afin de quitter l’institution militaire.Il retrouve le London Philharmonic Orchestra en 1946. Deux ans plus tard, l’obtention de la bourse Mendelssohn lui permet de séjourner en Italie pendant une année. Il quitte alors définitivement son poste de trompettiste pour se consacrer à la composition. Ses premières œuvres orchestrales comprennent l’ouverture Beckus the Dandipratt, composée en 1943, et sa Première Symphonie, achevée en 1949.Une écriture orchestrale entre tradition symphonique et musique populaireLa musique de Malcolm Arnold conserve une organisation essentiellement tonale, enrichie par des contrastes harmoniques et une utilisation expressive des instruments à vent. Il reconnaît notamment l’influence d’Hector Berlioz et de Jean Sibelius. Son expérience de trompettiste professionnel lui donne également une connaissance directe des possibilités techniques des cuivres, auxquels il réserve une place importante dans ses orchestrations.Son catalogue compte neuf symphonies, composées entre 1949 et 1986. La Deuxième Symphonie, achevée en 1953, contribue à sa reconnaissance dans les milieux de la musique classique britannique. La Septième, composée en 1973, est dédiée à ses trois enfants et appartient à une période pendant laquelle son écriture symphonique adopte des contrastes particulièrement marqués.Il rencontre également un important succès auprès du public avec ses suites de danses orchestrales. Les English Dances, composées en deux séries en 1950 et 1951, utilisent des mélodies originales inspirées du caractère des danses traditionnelles anglaises. Les Four Scottish Dances de 1957 prolongent cette recherche. Il écrit aussi les Four Cornish Dances, qui témoignent de ses liens avec les Cornouailles, région où il réside pendant une partie de sa vie.Le compositeur écrit plusieurs concertos destinés à des interprètes renommés. Son Concerto pour guitare, composé en 1959, est dédié à Julian Bream, tandis que son Deuxième Concerto pour clarinette, achevé en 1974, est destiné au clarinettiste de jazz Benny Goodman. Il collabore également avec l’harmoniciste Larry Adler, pour lequel il compose un concerto en 1954.L’humour musical occupe une place particulière dans son catalogue. Il participe aux concerts organisés par le dessinateur et musicien Gerard Hoffnung, notamment avec la Grand, Grand Overture de 1956, œuvre mobilisant un orchestre symphonique et plusieurs aspirateurs. Son utilisation d’instruments domestiques fait partie des procédés comiques imaginés pour ces manifestations londoniennes.David Lean et l’Oscar pour Le Pont de la rivière KwaïLa collaboration avec le réalisateur David Lean constitue l’un des faits majeurs de l’activité cinématographique de Malcolm Arnold. Il compose d’abord la musique du Mur du son (The Sound Barrier) en 1952, puis celle de Chaussure à son pied (Hobson’s Choice) en 1954. Leurs productions communes culminent avec Le Pont de la rivière Kwaï (The Bridge on the River Kwai), sorti en 1957.Interprété notamment par Alec Guinness et William Holden, ce drame de guerre suit des prisonniers britanniques contraints de construire un pont ferroviaire pour l’armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Malcolm Arnold dispose de seulement dix jours pour composer la partition du film. Il développe une musique qui accompagne aussi bien les séquences militaires que les tensions psychologiques entre les personnages.L’une des séquences les plus célèbres du film repose sur la Colonel Bogey March, marche militaire composée par Kenneth J. Alford en 1914. Arnold ne crée pas cette mélodie préexistante, mais compose une contre-mélodie originale qui permet son intégration dans la partition orchestrale. Le thème est notamment associé aux soldats britanniques lorsqu’ils entrent dans le camp de prisonniers en sifflant.Le 26 mars 1958, lors de la 30e cérémonie des Oscars, il remporte l’Oscar de la meilleure musique pour un film dramatique ou une comédie. Il devient ainsi le premier compositeur britannique à recevoir cette distinction.Son travail pour le cinéma comprend également une collaboration avec le réalisateur Mark Robson sur L’Auberge du sixième bonheur (The Inn of the Sixth Happiness), sorti en 1958 avec Ingrid Bergman. Cette partition lui vaut un Ivor Novello Award en 1959. Il compose par ailleurs pour le réalisateur Bryan Forbes, notamment sur Le vent garde son secret (Whistle Down the Wind) en 1961.Son activité cinématographique dépasse la centaine de partitions pour des longs métrages et des documentaires. Elle comprend aussi les comédies britanniques de la série St Trinian’s, dont la musique accompagne les aventures des pensionnaires d’un établissement scolaire particulièrement indiscipliné.La direction d’orchestre et la rencontre avec Deep PurpleL’activité de chef d’orchestre de Malcolm Arnold l’amène à diriger ses propres compositions et celles d’autres musiciens. En 1969, il participe à un projet réunissant le London Philharmonic Orchestra et le groupe britannique de hard rock Deep Purple.Le claviériste Jon Lord compose pour cette formation le Concerto for Group and Orchestra, œuvre conçue pour associer un groupe de rock amplifié à un orchestre symphonique. Arnold dirige sa création le 24 septembre 1969 au Royal Albert Hall de Londres, devant un public réuni pour cette expérience musicale.Le concert est enregistré et publié sous le titre Concerto for Group and Orchestra. Le programme réunit les musiciens de Deep Purple, parmi lesquels Ian Gillan, Ritchie Blackmore et Jon Lord, avec les instrumentistes du London Philharmonic Orchestra. La partition comprend trois mouvements et fait alterner les interventions du groupe avec des développements orchestraux.Cette collaboration se poursuit avec Gemini Suite, une autre composition de Jon Lord. Malcolm Arnold dirige le London Symphony Orchestra lors de l’enregistrement de cette œuvre, publiée en 1971 dans une version réunissant des solistes rock et des musiciens classiques.Son travail pour la scène comprend également plusieurs ballets commandés par le Royal Ballet. Parmi ceux-ci figure Homage to the Queen, créé en 1953 à l’occasion du couronnement d’Élisabeth II. Il écrit aussi deux opéras, dont The Dancing Master, adapté d’une pièce de William Wycherley.Les années en Irlande, les difficultés de santé et les dernières compositionsÀ la fin des années 1960, Malcolm Arnold s’installe en Irlande, où il poursuit son travail de composition. Durant cette période, il écrit notamment sa Septième Symphonie et sa Huitième Symphonie, achevée en 1978. Il compose également le Philharmonic Concerto, commandé pour le London Philharmonic Orchestra, ainsi qu’une fantaisie pour piano et orchestre consacrée au compositeur irlandais John Field.Sa vie personnelle est marquée par deux mariages. Il épouse Sheila Nicholson en 1942, avec laquelle il a deux enfants, Katherine et Robert. Après leur divorce en 1962, il se remarie en 1963 avec Isobel Gray. Leur fils Edward naît de cette seconde union, qui se termine également par un divorce en 1975.À partir de la fin des années 1970, le compositeur connaît de graves difficultés de santé, notamment des troubles psychiatriques et des problèmes liés à l’alcool. Il est hospitalisé à plusieurs reprises au début des années 1980. Ces problèmes interrompent son activité créatrice pendant plusieurs années.Il reprend ensuite la composition avec l’aide d’Anthony Day, qui devient son accompagnant et son assistant personnel. Le compositeur réalise notamment les Four Irish Dances en 1986, puis achève sa Neuvième Symphonie en 1986. Cette dernière œuvre symphonique comporte quatre mouvements, dont un long mouvement final lent.Malcolm Arnold cesse de composer en 1991. Il réside alors à Attleborough, dans le Norfolk, auprès d’Anthony Day, qui continue à l’assister jusqu’à sa mort.Les distinctions et la préservation de son œuvreLes distinctions officielles accordées à Malcolm Arnold témoignent de sa place dans la vie musicale britannique. En 1970, il est nommé commandeur de l’ordre de l’Empire britannique (CBE). Le Royal College of Music lui décerne le titre de Fellow en 1983, et la Royal Academy of Music le nomme membre honoraire en 1985.En 1986, il reçoit un Ivor Novello Award pour les services exceptionnels rendus à la musique britannique. Il est anobli par la reine Élisabeth II en 1993, obtenant ainsi le titre de Sir Malcolm Arnold. Plusieurs universités lui décernent également des doctorats honorifiques, notamment celles d’Exeter, de Durham et de Leicester.La Malcolm Arnold Society, fondée en 1991, se consacre à la connaissance et à la diffusion de ses compositions. Elle rassemble des interprètes et des admirateurs de son œuvre, tout en favorisant la circulation des enregistrements et des partitions. Le compositeur bénéficie aussi d’une reconnaissance institutionnelle dans sa ville natale, Northampton, qui lui accorde la liberté honorifique du borough en 1989.Malcolm Arnold meurt à Norwich le 23 septembre 2006, à l’âge de 84 ans. Depuis cette année, Northampton accueille le Malcolm Arnold Festival, une manifestation consacrée à ses compositions. Le festival propose notamment des concerts et des activités pédagogiques destinés à faire connaître son œuvre auprès de nouvelles générations d’interprètes.
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Mary Blair · 66 ansMary Blair, née le 21 octobre 1911 à McAlester, dans l’Oklahoma, et morte le 26 juillet 1978 à Soquel, en Californie, est une artiste américaine, illustratrice, peintre et conceptrice graphique pour le cinéma d’animation. Elle est principalement connue pour sa collaboration avec les studios Disney, où elle contribue à la conception visuelle de plusieurs longs métrages d’animation et participe à la création de décors pour les parcs d’attractions.Une formation artistique en CalifornieMary Blair grandit dans une famille qui quitte l’Oklahoma pour le Texas avant de s’installer à Morgan Hill, en Californie, au cours des années 1920. Elle est la fille de John Donovan Robinson et de Varda Morton Valliant Robinson. Elle a deux sœurs, Augusta, sa jumelle, et Margaret. Après ses études secondaires à Morgan Hill, elle entreprend une formation artistique au San Jose State College, où elle se spécialise dans les beaux-arts.Une bourse lui permet de poursuivre ses études au Chouinard Art Institute de Los Angeles, établissement où elle reçoit notamment l’enseignement de Pruett Carter. Elle obtient son diplôme en 1933, pendant la Grande Dépression. À cette époque, elle pratique principalement l’aquarelle et s’intéresse aux paysages ainsi qu’aux sujets régionaux californiens. Elle participe au mouvement de l’aquarelle californienne, dont les artistes utilisent cette technique pour représenter des scènes contemporaines.Au Chouinard Art Institute, elle rencontre le peintre Lee Everett Blair, qu’elle épouse le 3 mars 1934 à Los Altos, en Californie. Le couple a deux fils, Donovan Valliant et Kevin Lee. Lee Blair appartient également au milieu des aquarellistes californiens et travaille dans l’animation. Le frère de celui-ci, Preston Blair, exerce lui aussi le métier d’animateur, notamment au sein de grands studios américains.La situation économique des années 1930 conduit Mary Blair à travailler dans l’industrie du dessin animé. Elle passe notamment par le studio d’Ub Iwerks et par le département d’animation de la Metro-Goldwyn-Mayer. En 1940, elle rejoint les studios Walt Disney comme styliste de couleurs. Elle participe à des recherches graphiques pour un projet de seconde version de Fantasia, notamment une séquence intitulée Baby Ballet, qui ne sera finalement pas réalisée.La couleur comme langage artistique chez DisneyEn 1941, Mary Blair accompagne Walt Disney et plusieurs collaborateurs du studio lors d’un voyage de trois mois en Amérique latine. Son mari Lee Blair fait également partie de l’expédition, organisée pour découvrir les cultures et les paysages susceptibles de nourrir de futures productions animées. L’artiste réalise de nombreuses aquarelles inspirées des lieux visités, accordant une place importante aux contrastes chromatiques et aux formes simplifiées.Walt Disney remarque ses compositions et lui confie des responsabilités artistiques sur Saludos Amigos (1942) et Les Trois Caballeros (1944). Dans ce dernier film, son travail influence notamment la séquence consacrée à la piñata, où les couleurs franches accompagnent des représentations stylisées de traditions mexicaines. Ses recherches introduisent dans les productions du studio un vocabulaire graphique marqué par les aplats et l’utilisation de couleurs éloignées du naturalisme.La conception de Cendrillon (1950) lui permet de développer des études préparatoires dans lesquelles les volumes géométriques et les oppositions de couleurs déterminent l’atmosphère des scènes. Elle réalise également de nombreuses peintures de recherche pour Alice au pays des merveilles (1951). Ses représentations de l’univers imaginé par Lewis Carroll emploient des perspectives volontairement déformées et des associations chromatiques qui accentuent le caractère fantastique des décors.Son travail sur Peter Pan (1953) comprend des études de personnages et des compositions destinées à définir l’apparence du Pays imaginaire. Les peintures préparatoires qu’elle produit servent de références aux équipes chargées des décors, de la couleur et de la direction artistique. Ses propositions ne sont pas systématiquement reproduites à l’identique dans les films achevés, mais elles interviennent dès les premières étapes de leur élaboration visuelle.L’animateur Marc Davis rapproche son emploi de la couleur de celui d’Henri Matisse. Frank Thomas souligne pour sa part sa capacité à juxtaposer différentes nuances d’une même teinte, notamment le rouge, sans suivre les conventions habituelles de l’harmonie chromatique. Mary Blair utilise l’aquarelle et la gouache pour construire des images dans lesquelles la couleur participe directement à l’expression dramatique.L’illustration jeunesse et les commandes graphiquesEn 1953, Mary Blair quitte les studios Disney et développe une activité indépendante d’illustratrice et de graphiste. Elle travaille notamment pour la publicité et l’édition jeunesse, réalisant des illustrations pour la collection américaine des Little Golden Books, publiée à l’époque par Simon & Schuster. Elle y transpose son goût des formes simplifiées dans des compositions destinées aux jeunes enfants.Parmi ses réalisations figure I Can Fly, livre écrit par Ruth Krauss et publié en 1951. Les illustrations associent des personnages aux proportions stylisées à des fonds vivement colorés. Elle illustre également The Golden Book of Little Verses de Miriam Clark Potter, publié en 1953, ainsi que Baby’s House de Gelolo McHugh. Ces ouvrages prolongent son travail sur la représentation de l’enfance dans un cadre éditorial différent de celui des films d’animation.Ses commandes commerciales comprennent des illustrations publicitaires et des créations pour différents supports imprimés. Elle réalise également des décors et des peintures murales. Son travail graphique conserve l’emploi de contrastes chromatiques prononcés, une caractéristique de ses aquarelles et de ses recherches pour le cinéma.Cette période de travail indépendant lui permet d’aborder la création d’images fixes destinées à une reproduction imprimée. Elle utilise notamment le collage, en associant papiers découpés et éléments peints, une technique qu’elle emploiera également dans ses recherches pour les attractions Disney.La création d'« It’s a Small World » et les décors monumentauxEn 1964, Walt Disney fait appel à Mary Blair pour participer à la conception artistique de l’attraction It’s a Small World, destinée à l’Exposition universelle de New York de 1964-1965. Conçue pour le pavillon de l’UNICEF et présentée par Pepsi-Cola, l’installation met en scène des poupées représentant des enfants de différentes régions du monde, réunis autour d’un message de paix.L’artiste définit une grande partie de l’identité visuelle de l’attraction. Elle imagine des architectures aux volumes géométriques, des décors colorés et des représentations stylisées de monuments. Son travail repose notamment sur l’utilisation de formes répétées et de silhouettes simples, associées à des motifs décoratifs empruntant à différentes traditions artistiques. Les poupées sont conçues par Marc Davis et les costumes par Alice Davis, tandis que Rolly Crump contribue aux décors en travaillant à partir des propositions de Blair.Après la fermeture de l’Exposition universelle, l’attraction est transférée à Disneyland en Californie, où elle ouvre en 1966. Le bâtiment extérieur reprend les formes stylisées et l’organisation géométrique qui caractérisent le travail de l’artiste. L’attraction est ensuite adaptée dans d’autres parcs Disney.Mary Blair réalise également deux grandes compositions murales en carreaux de céramique pour Tomorrowland, à Disneyland. Elle conçoit une autre œuvre monumentale pour le Disney’s Contemporary Resort, hôtel ouvert en 1971 au sein du complexe Walt Disney World en Floride. Installée dans le Grand Canyon Concourse, cette fresque de grande hauteur est composée de carreaux de céramique peints. Elle représente notamment des figures inspirées de l’art du Sud-Ouest américain et des animaux stylisés, organisés dans une composition verticale aux couleurs vives.Une reconnaissance artistique après sa disparitionMary Blair meurt le 26 juillet 1978, à l’âge de 66 ans, à Soquel, en Californie, des suites d’une hémorragie cérébrale. Son travail fait l’objet de plusieurs distinctions et manifestations consacrées à l’histoire de l’animation américaine.En 1991, elle reçoit à titre posthume le titre de Disney Legend, distinction créée par la Walt Disney Company pour honorer les personnes ayant contribué à son histoire. Elle est récompensée dans les catégories animation et Imagineering. En 1996, elle reçoit également le Winsor McCay Award, décerné par l’International Animated Film Association-Hollywood (ASIFA-Hollywood) pour saluer une contribution à l’art de l’animation.L’historien de l’animation John Canemaker consacre à son œuvre l’ouvrage The Art and Flair of Mary Blair: An Appreciation, publié en 2003. Ce livre reproduit de nombreuses peintures préparatoires et présente ses créations personnelles au-delà de son travail pour les studios Disney. Il participe à la redécouverte de ses recherches graphiques et de ses compositions originales.Du 13 mars au 7 septembre 2014, le Walt Disney Family Museum de San Francisco lui consacre l’exposition Magic, Color, Flair: The World of Mary Blair, organisée sous le commissariat de John Canemaker. L’événement rassemble des peintures, des documents préparatoires et des objets retraçant son activité artistique. Une autre exposition, intitulée Mary Blair: Mid-Century Magic, est organisée dans le même musée du 22 mai au 5 octobre 2025. Elle présente près de 150 œuvres et photographies historiques, avec une attention particulière portée à ses expérimentations chromatiques et à ses techniques de composition.
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Elliot Cowan · 50 ansElliot Cowan est un acteur britannique né le 9 juillet 1976 à Londres, en Angleterre. Il travaille au théâtre, au cinéma et à la télévision, et exerce également une activité de comédien de doublage.Une enfance à Colchester et une formation à la Royal Academy of Dramatic ArtOriginaire de Londres, Elliot Cowan grandit à Colchester, dans le comté de l’Essex. Il est l’aîné d’une famille de trois enfants. Son père exerce la médecine en tant que consultant hospitalier, tandis que sa mère travaille dans le secteur caritatif. Il poursuit sa scolarité à l’Uppingham School, un établissement privé situé dans le Rutland, avant d’étudier l’art dramatique à l’université de Birmingham.À Birmingham, il obtient un diplôme de théâtre avec la mention la plus élevée du système universitaire britannique, first-class honours. Il fréquente également le National Youth Music Theatre entre 1994 et 1996, une organisation consacrée à la formation de jeunes interprètes dans le domaine du théâtre musical. Cette expérience accompagne son apprentissage de la scène avant son entrée à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), à Londres, dont il sort diplômé en 2001.La musique occupe aussi une place dans sa formation artistique. Guitariste et violoncelliste, il pratique les deux instruments et participe à des activités orchestrales, notamment avec le Kensington Symphony Orchestra. Cette formation musicale s’ajoute à son apprentissage du métier de comédien.Mr Darcy, un rôle marquant dans son parcours d’acteurL’adaptation littéraire occupe une place importante parmi les personnages interprétés par Elliot Cowan. En 2008, il incarne Fitzwilliam Darcy dans la mini-série britannique Lost in Austen, diffusée sur ITV et connue en France sous le titre Orgueil et Quiproquos. Créée par Guy Andrews, cette fiction revisite le roman Orgueil et Préjugés de Jane Austen à travers une héroïne contemporaine transportée dans l’univers du livre.Il donne la réplique à Jemima Rooper, qui interprète Amanda Price, ainsi qu’à Gemma Arterton dans le rôle d’Elizabeth Bennet. La mini-série compte quatre épisodes et lui confie l’un des personnages masculins les plus célèbres de la littérature anglaise, déjà interprété à l’écran par Colin Firth et Matthew Macfadyen.Les personnages historiques constituent un autre ensemble important de ses interprétations. Dans Alexandre, réalisé par Oliver Stone en 2004, il incarne Ptolémée, compagnon et général d’Alexandre le Grand. Il retrouve cet univers de figures historiques dans Da Vinci’s Demons, série créée par David S. Goyer, où il joue Laurent de Médicis, dirigeant de Florence à la Renaissance. Il partage notamment l’affiche avec Tom Riley, qui interprète Léonard de Vinci. La série est diffusée pendant trois saisons, entre 2013 et 2015.Il prête également ses traits au roi Henri VII d’Angleterre dans The Spanish Princess, fiction historique consacrée à Catherine d’Aragon. Ce personnage lui permet d’incarner le souverain fondateur de la dynastie Tudor, père du futur Henri VIII.Shakespeare et Tennessee Williams sur les scènes londoniennesLe théâtre demeure une composante importante de la carrière de Elliot Cowan. En 2008, il interprète Jim Reston dans Frost/Nixon, pièce de Peter Morgan consacrée aux entretiens télévisés entre le journaliste David Frost et l’ancien président américain Richard Nixon. Cette production est présentée au Donmar Warehouse, à Londres.L’année suivante, il incarne Stanley Kowalski dans Un tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire) de Tennessee Williams. Mise en scène par Rob Ashford au Donmar Warehouse, la production réunit Rachel Weisz dans le rôle de Blanche DuBois et Ruth Wilson dans celui de Stella Kowalski. Le personnage de Stanley, dont la violence et les rapports conflictuels avec Blanche structurent une grande partie de la pièce, lui vaut une attention particulière de la critique théâtrale britannique.En 2010, il tient le rôle-titre de Macbeth au Shakespeare’s Globe de Londres, sous la direction de Lucy Bailey. Laura Rogers interprète Lady Macbeth dans cette production, qui met l’accent sur la violence de la tragédie shakespearienne. La représentation fait notamment appel à une scénographie conçue par Katrina Lindsay et à un travail chorégraphique dirigé par Javier de Frutos.Son activité scénique se poursuit avec 2:22 A Ghost Story, pièce de Danny Robins dans laquelle il interprète Sam. Présentée au Gielgud Theatre entre décembre 2021 et février 2022, cette production le réunit avec Giovanna Fletcher, Stephanie Beatriz et James Buckley. Le spectacle met en scène deux couples confrontés à des événements inexpliqués dans une maison londonienne.En 2023, il participe à l’adaptation théâtrale de A Little Life, le roman de Hanya Yanagihara, mise en scène par Ivo van Hove à Londres. Il y interprète plusieurs personnages, notamment Brother Luke et Caleb Porter, dans une distribution menée par James Norton.Des personnages de pouvoir dans les fictions historiques et fantastiquesDans la série de science-fiction Krypton, consacrée aux ancêtres de Superman sur sa planète natale, Elliot Cowan interprète Daron-Vex, un personnage lié aux institutions politiques de Kandor. Diffusée à partir de 2018 sur Syfy, la série est développée par David S. Goyer et Damian Kindler, avec Cameron Cuffe dans le rôle principal de Seg-El. Cowan y apparaît aux côtés d’Ann Ogbomo et de Georgina Campbell.Il retrouve l’univers de la science-fiction dans Foundation, adaptation télévisuelle de l’œuvre d’Isaac Asimov, diffusée sur Apple TV+ à partir de 2021. Il y joue Lewis Pirenne, directeur de la Fondation installée sur Terminus. Son personnage participe aux premiers développements de la colonie scientifique créée dans le cadre du projet d’Hari Seldon, interprété par Jared Harris.Son travail dans les fictions historiques se prolonge également avec King & Conqueror, série de 2025 consacrée aux événements entourant la conquête normande de l’Angleterre. Il y incarne Sweyn, tandis que James Norton interprète Harold Godwinson et Nikolaj Coster-Waldau Guillaume de Normandie.Le doublage de jeux vidéo et l’engagement caritatifElliot Cowan participe également à plusieurs productions vidéoludiques en tant qu’interprète vocal. En 2010, il prête sa voix à Alec Trevelyan dans le jeu GoldenEye 007, nouvelle adaptation de l’univers de James Bond développée pour la Nintendo Wii. Le personnage, ancien agent du MI6 devenu adversaire de Bond, avait été incarné au cinéma par Sean Bean dans le film GoldenEye de 1995.Il travaille aussi sur le jeu de rôle Dragon Age: Origins en 2009, dans lequel il interprète plusieurs personnages secondaires, dont Ser Perth. Il contribue ensuite à l’univers de Star Wars: The Old Republic en 2011. Dans Assassin’s Creed Valhalla, sorti en 2020, il prête sa voix au personnage de Vili, fils du jarl Hemming, que le protagoniste retrouve dans la région de Snotinghamscire.Il participe aussi à des événements sportifs organisés au bénéfice d’organisations caritatives. Le 7 août 2011, il prend part à une traversée à la nage du lac de Zurich, en Suisse, sur une distance d’environ 26 kilomètres. Il accomplit cette épreuve afin de collecter des fonds pour l’unité néonatale des hôpitaux Guy’s and St Thomas' de Londres, en mémoire d’Alfie Blacksell.
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Pierre Dux · 82 ansPierre Dux est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français, né le 21 octobre 1908 à Paris, dans le 6e arrondissement, et mort le 1er décembre 1990 dans le même arrondissement. Figure importante du théâtre français du XXe siècle, il a été sociétaire de la Comédie-Française avant d’en exercer les fonctions d’administrateur général à deux reprises, en 1944-1945 puis de 1970 à 1979. Il a également mené une carrière au cinéma, notamment dans Z (1969) de Costa-Gavras, et reçu le Molière du comédien en 1990.Une formation au Conservatoire et l’héritage familial du théâtreFils de deux comédiens, Pierre Dux grandit dans un environnement lié au théâtre. Sa mère, Émilienne Dux, est pensionnaire puis sociétaire de la Comédie-Française, tandis que son père, Alexandre Martin, connu sous le nom de scène Alexandre Vargas, exerce notamment au théâtre de l’Odéon. À sa naissance, l’enfant est déclaré sous le nom de Pierre Alexandre Martin. Il adopte professionnellement le patronyme de sa mère, avant de l’obtenir officiellement par une procédure de changement de nom en janvier 1962.Il entre au Conservatoire national d’art dramatique de Paris, où il suit l’enseignement de Jules Truffier, lui-même ancien sociétaire de la Comédie-Française. En 1929, il remporte le premier prix de comédie en interprétant Mascarille dans Les Précieuses ridicules de Molière.La même année, il fait ses débuts à la Comédie-Française dans le rôle de Figaro du Barbier de Séville, de Beaumarchais. Il se fait notamment remarquer dans les emplois de valets du répertoire classique, où il interprète des personnages tels que Scapin, Crispin ou Dubois. Il joue également Thomas Diafoirus dans Le Malade imaginaire, aux côtés de sa mère, qui incarne Béline.Son activité s’étend rapidement aux œuvres de dramaturges contemporains. Il crée notamment le rôle de Léopold dans Léopold le bien-aimé de Jean Sarment et celui de Jérôme dans Cantique des cantiques de Jean Giraudoux, sous la direction de Louis Jouvet.Le 1er janvier 1935, il devient le 389e sociétaire de la Comédie-Française, six ans après son entrée dans la troupe.Une double vocation de comédien et de metteur en scèneÀ partir de la fin des années 1930, Pierre Dux développe une activité régulière de metteur en scène. Il monte notamment Le Légataire universel de Jean-François Regnard et L’Impromptu de Versailles de Molière, avant de s’attaquer à des œuvres de plus grande ampleur.Il contribue à l’entrée de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand au répertoire de la Comédie-Française, dans une production avec André Brunot dans le rôle-titre. Il met également en scène Ruy Blas de Victor Hugo.Pendant la Seconde Guerre mondiale, il poursuit son activité au sein de la Maison de Molière. Il dirige notamment La Reine morte d’Henry de Montherlant, créée à la Comédie-Française en 1942, avec Jean Yonnel dans le rôle du roi Ferrante et Madeleine Renaud dans celui d’Inès de Castro.Il participe également, en 1943, à la création du Soulier de satin de Paul Claudel, mise en scène par Jean-Louis Barrault. Il y interprète le rôle de l’Annoncier.À la Libération de Paris en 1944, Pierre Dux est nommé administrateur général de la Comédie-Française. Il présente un projet de réforme de l’institution, dont le rejet entraîne sa démission en juillet 1945. Il quitte alors la troupe après avoir exercé les fonctions de sociétaire pendant une dizaine d’années.Nommé sociétaire honoraire en 1947, il conserve cependant la possibilité de revenir jouer à la Comédie-Française. Il retrouve notamment Figaro dans Le Mariage de Figaro et interprète Alceste dans Le Misanthrope, qu’il met également en scène.L’enseignement et la direction du Théâtre de ParisAprès son premier mandat à la Comédie-Française, Pierre Dux poursuit ses responsabilités artistiques dans d’autres établissements parisiens. De 1948 à 1952, il codirige le Théâtre de Paris, tout en continuant à jouer et à monter des spectacles.Il exerce également comme professeur au Conservatoire national d’art dramatique de 1952 à 1956, établissement où il avait lui-même été formé. Son activité pédagogique accompagne son travail d’interprétation et de mise en scène dans les théâtres privés parisiens.Il rencontre notamment un important succès avec Patate, comédie de Marcel Achard créée en 1957. Quelques années plus tard, il participe à Mon Faust de Paul Valéry, aux côtés de Pierre Fresnay, au théâtre de l’Œuvre.Son interprétation dans cette dernière production lui vaut le prix du Brigadier en 1962, distinction attribuée par un jury de personnalités du monde théâtral.Ses collaborations avec Jean Giraudoux se poursuivent à la Comédie-Française. En 1959, il met en scène Électre, dont il interprète également le Mendiant. Cette production associe son activité de metteur en scène à un personnage dont les interventions occupent une place importante dans la construction dramatique de la pièce.En 1964, il présente une nouvelle mise en scène d’Andromaque de Jean Racine. Il poursuit parallèlement son travail sur les grandes œuvres du répertoire, particulièrement celles de Molière, dont il interprète de nombreux personnages au cours de sa carrière.Neuf années à la tête de la Comédie-FrançaiseEn 1970, Pierre Dux est nommé administrateur général de la Comédie-Française, succédant à Maurice Escande. Il retrouve ainsi une institution qu’il connaît comme acteur, metteur en scène et ancien administrateur. Son second mandat dure neuf ans, jusqu’en 1979, date à laquelle Jacques Toja lui succède.Au cours de cette période, il obtient une importante réforme des statuts de la Comédie-Française en 1975. Il supervise également la restauration du théâtre, menée entre 1974 et 1976. Son mandat s’accompagne de nouvelles relations entre la troupe et le Théâtre national de l’Odéon, dont il assume la direction ès qualités. Cette organisation permet aux comédiens de la troupe d’aborder des œuvres contemporaines dans un cadre distinct de la salle Richelieu.Il accueille notamment des metteurs en scène étrangers. Le Britannique Terry Hands dirige La Nuit des rois de Shakespeare, tandis que l’Italien Giorgio Strehler présente La Trilogie de la villégiature de Carlo Goldoni à l’Odéon en 1978. Pierre Dux interprète lui-même Filippo dans cette dernière production.Son administration ne met pas fin à son activité sur scène. Il joue notamment Arnolphe dans L’École des femmes, sous la direction de Jean-Paul Roussillon, ainsi qu’Argan dans Le Malade imaginaire. Il retrouve également Molière comme metteur en scène avec Le Misanthrope en 1977.Parallèlement à ses responsabilités théâtrales, il siège au conseil d’administration de l’ORTF de 1971 à 1974 et devient membre du Conseil économique et social en 1973. En mars 1978, il est élu membre libre de l’Académie des beaux-arts, au fauteuil laissé vacant par Charles Kunstler.Un acteur sollicité par Costa-Gavras et le cinéma françaisPierre Dux fait ses débuts au cinéma dans Le Mariage de Mademoiselle Beulemans, réalisé par Jean Choux et sorti en 1932. Il y interprète Albert Delpierre, personnage central de cette adaptation d’une comédie belge de Fernand Wicheler et Frantz Fonson.Il retrouve ensuite des personnages historiques avec L’Affaire du collier de la reine (1946), réalisé par Marcel L’Herbier, dans lequel il interprète le comte de Cagliostro. Le film revient sur le scandale du collier de la reine Marie-Antoinette, survenu quelques années avant la Révolution française.Sa collaboration avec Costa-Gavras lui apporte un rôle particulièrement notable dans Z (1969). Il y incarne le général de gendarmerie Missou, représentant des autorités impliquées dans l’enquête sur l’assassinat d’un député de l’opposition. Le film, avec Yves Montand et Jean-Louis Trintignant, remporte le prix du jury au Festival de Cannes 1969, puis l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1970.Il retrouve Costa-Gavras dans Section spéciale (1975), consacré à la création de juridictions d’exception sous le régime de Vichy. Le film reçoit le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1975.Il travaille également avec Michel Deville sur La Lectrice (1988), adaptation du roman de Raymond Jean. Dans ce film avec Miou-Miou, il interprète un vieux magistrat qui fait partie des personnes auxquelles Marie, le personnage principal, propose ses services de lecture à domicile.Son travail audiovisuel comprend par ailleurs l’adaptation d’œuvres littéraires pour la télévision. Il interprète notamment le personnage principal du Nœud de vipères, tiré du roman de François Mauriac, et réalise une adaptation télévisée d’Électre de Jean Giraudoux en 1972.Les dernières interprétations et la reconnaissance du métierAprès avoir quitté ses fonctions d’administrateur en 1979, Pierre Dux retrouve une activité régulière d’interprète. Il participe notamment à Fin de partie de Samuel Beckett, mise en scène par Guy Rétoré au Théâtre de l’Est parisien en 1980. Il joue également sous la direction de Claude Régy dans L’Amante anglaise de Marguerite Duras, au théâtre du Rond-Point.Sa collaboration avec Jean-Luc Boutté le conduit à interpréter Les Chaises d’Eugène Ionesco au Théâtre national de la Colline en 1988. Cette production réunit deux personnages âgés qui préparent une réception destinée à transmettre un message à l’humanité.Le comédien publie également plusieurs ouvrages consacrés à son expérience théâtrale. En 1980 paraît La Comédie-Française, consacré à l’institution qu’il a dirigée. Il publie ensuite, en 1984, Vive le théâtre !, un livre de souvenirs édité chez Stock. Cet ouvrage reçoit le prix Saint-Simon en 1985.En 1989, il obtient le Grand Prix national du théâtre, récompensant son activité artistique. L’année suivante, il interprète Jacob Brackish, ancien professeur de littérature et d’histoire de la musique, dans Quelque part dans cette vie d’Israël Horovitz. Adaptée et mise en scène par Jean-Loup Dabadie, la pièce est créée le 18 janvier 1990 au Théâtre des Bouffes-Parisiens, avec Jane Birkin dans le rôle de Kathleen Hogan.Cette interprétation lui vaut le Molière du comédien le 29 avril 1990, lors de la quatrième Nuit des Molières, organisée au Théâtre du Châtelet à Paris. Il est alors âgé de 81 ans.Pierre Dux meurt à Paris le 1er décembre 1990, à l’âge de 82 ans. Il est inhumé au cimetière de Montmartre, dans la 33e division.
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Will Estes · 48 ansWill Estes est un acteur américain né le 21 octobre 1978 à Los Angeles, en Californie, aux États-Unis. Il est notamment connu pour son interprétation de J. J. Pryor dans la série Mes plus belles années (American Dreams, 2002-2005) et pour son rôle de Jamie Reagan dans Blue Bloods (2010-2024), aux côtés de Tom Selleck et Donnie Wahlberg.Une enfance à Los Angeles et des débuts précoces devant la caméraNé et élevé à Los Angeles, Will Estes commence à travailler comme acteur durant son enfance. Il tourne dans des publicités et obtient ses premiers rôles à la télévision, notamment dans le feuilleton Santa Barbara, où il interprète temporairement Brandon DeMott Capwell en 1984. Il apparaît également dans Les Routes du paradis (Highway to Heaven), série dramatique créée par Michael Landon.Son premier rôle régulier important est celui de Will McCullough dans Les Nouvelles Aventures de Lassie (The New Lassie), diffusée à partir de 1989. Cette nouvelle adaptation des aventures du célèbre colley lui permet de partager l’affiche avec Dee Wallace et Christopher Stone. Il incarne un garçon dont la famille accueille Lassie, autour duquel se développent les intrigues de la série. Sa prestation lui vaut trois nominations consécutives aux Young Artist Awards, en 1990, 1991 et 1992.Durant cette période, le jeune acteur utilise encore son nom de naissance, Will Nipper, dans les génériques. Il adopte ensuite le nom professionnel de Will Estes au début des années 1990.Parallèlement à ses activités de comédien, il poursuit sa scolarité en Californie. Il termine ses études secondaires en 1996, puis fréquente le Santa Monica College. Il continue à passer des auditions et à travailler pour la télévision, où il interprète notamment Cory Hartman dans la sitcom Kirk, avec Kirk Cameron. Ce rôle lui apporte une nouvelle nomination aux Young Artist Awards en 1996.La reconnaissance avec Mes plus belles annéesEn 2002, Will Estes obtient l’un des rôles principaux de Mes plus belles années (American Dreams), série dramatique créée par Jonathan Prince pour NBC. Il interprète John « J. J. » Pryor Jr., fils aîné d’une famille catholique de Philadelphie, dont l’histoire se déroule dans les années 1960.La série met en scène les bouleversements de la société américaine à travers le quotidien de la famille Pryor. Le personnage de J. J., d’abord joueur de football américain au lycée, rejoint ensuite les Marines et participe à la guerre du Viêt Nam. Son parcours permet d’aborder les conséquences du conflit sur les jeunes soldats et leurs proches.Will Estes partage l’affiche avec Tom Verica, qui interprète son père Jack Pryor, et Gail O’Grady, dans le rôle de sa mère Helen. Brittany Snow incarne sa sœur Meg, passionnée par l’émission musicale American Bandstand. La série accueille également des artistes contemporains qui interprètent des figures de la musique populaire des années 1960.Diffusée pendant trois saisons, de 2002 à 2005, Mes plus belles années reçoit plusieurs nominations aux Emmy Awards. Le personnage de J. J. Pryor permet à Estes d’occuper une place centrale dans une fiction consacrée aux transformations politiques et familiales des États-Unis.Il retrouve ensuite une distribution chorale dans Réunion : Destins brisés (Reunion, 2005), série créée par Jon Harmon Feldman. Il y incarne Will Malloy, l’un des six anciens amis dont les relations sont retracées sur plusieurs années à travers une enquête criminelle. La production est interrompue après une seule saison.Jamie Reagan, un personnage central de Blue BloodsÀ partir de 2010, Will Estes interprète Jameson « Jamie » Reagan dans Blue Bloods, série policière créée par Robin Green et Mitchell Burgess pour CBS. Il incarne le plus jeune fils de Frank Reagan, commissaire de la police de New York interprété par Tom Selleck.Diplômé de Harvard et titulaire d’un diplôme de droit, Jamie abandonne la perspective d’une carrière juridique pour entrer dans la police de New York, suivant ainsi la tradition professionnelle de sa famille. Le personnage commence sa carrière comme simple agent avant de prendre progressivement davantage de responsabilités.Ses relations familiales occupent une place importante dans la série. Donnie Wahlberg interprète son frère Danny, détective au sein du NYPD, tandis que Bridget Moynahan joue leur sœur Erin, procureure adjointe. Len Cariou incarne Henry Reagan, ancien commissaire de police et grand-père de Jamie. Les repas dominicaux réunissant les membres de la famille Reagan deviennent l’un des éléments récurrents du programme.La relation entre Jamie et Eddie Janko, interprétée par Vanessa Ray, constitue également une intrigue suivie sur plusieurs saisons. D’abord partenaires au sein de la police, les deux personnages développent une relation amoureuse avant de se marier à la fin de la neuvième saison, diffusée en 2019.Will Estes conserve le rôle de Jamie Reagan pendant les quatorze saisons de Blue Bloods, dont la diffusion s’achève le 13 décembre 2024. Il participe à l’ensemble de la série, qui compte 293 épisodes et demeure l’un de ses engagements professionnels les plus longs.Une reconnaissance professionnelle et plusieurs collaborations cinématographiquesEn parallèle de son travail dans les séries, Will Estes participe à des productions cinématographiques américaines. En 2000, il interprète le marin Ronald « Rabbit » Parker dans U-571, film de guerre sous-marin réalisé par Jonathan Mostow. Il partage notamment l’affiche avec Matthew McConaughey et Bill Paxton. Le film remporte l’Oscar du meilleur montage sonore lors de la cérémonie de 2001.Cette production lui permet également de rencontrer le chanteur Jon Bon Jovi, qui figure au casting. La même année, Estes apparaît dans le clip de It’s My Life, chanson du groupe Bon Jovi. Il y interprète Tommy, un jeune homme qui traverse la ville pour rejoindre sa petite amie lors d’un concert.En 2012, il travaille avec Christopher Nolan sur The Dark Knight Rises, dernier volet de la trilogie cinématographique consacrée à Batman. Il y interprète l’officier Simon Jansen, membre de la police de Gotham City. Le film réunit Christian Bale dans le rôle de Bruce Wayne et Gary Oldman dans celui du commissaire James Gordon.Son travail dans Blue Bloods lui vaut en 2014 un Prism Award, dans la catégorie de la meilleure interprétation dans un épisode de série dramatique. Cette récompense distingue les représentations de problématiques sociales et sanitaires dans les productions audiovisuelles.En 2015, il reçoit également le Golden Honu Award de l’acteur de l’année lors du Festival international du film d’Honolulu.Un engagement en faveur de l’environnement et de la protection animaleEn dehors de ses activités d’acteur, Will Estes soutient plusieurs causes liées à la protection de l’environnement. Il défend notamment le développement des énergies renouvelables et la conservation des espaces naturels.Il s’intéresse également au traitement des animaux et à leur protection. Dans ses prises de parole publiques, il évoque son attachement aux chiens, avec lesquels il a grandi et travaillé dès son enfance, notamment pendant le tournage des Nouvelles Aventures de Lassie.L’acteur participe à des initiatives de sensibilisation aux pratiques respectueuses de l’environnement. Il évoque aussi ses habitudes alimentaires et son intérêt pour une consommation plus responsable, notamment par la réduction de sa consommation de viande.
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Tom Everett · 78 ansTom Everett est un acteur américain, également musicien, auteur-compositeur et dramaturge, né le 21 octobre 1948 à Portland, dans l’Oregon, aux États-Unis. Il est notamment connu pour ses rôles dans Danse avec les loups (1990), réalisé par Kevin Costner, et Air Force One (1997), de Wolfgang Petersen. Il a également interprété Brian David Mitchell dans le téléfilm The Elizabeth Smart Story (2003).Une formation artistique entre musique et théâtreOriginaire de l’Oregon, Tom Everett entreprend des études au Whitman College, à Walla Walla, dans l’État de Washington. Durant ses deux premières années dans cet établissement, il occupe le poste de premier violoncelle au sein du Walla Walla Symphony Orchestra. Sa pratique musicale comprend également la guitare et la composition de chansons.Il poursuit sa formation artistique dans plusieurs établissements américains. Il obtient une bourse pour participer au Jacob’s Pillow Dance Festival, dans le Massachusetts, ainsi qu’une autre pour étudier à la Perry-Mansfield School of Theatre and Dance, dans le Colorado. À la Tisch School of the Arts de l’université de New York, il décroche un Master of Fine Arts, diplôme supérieur consacré à la pratique artistique.Sa formation théâtrale le conduit également au Royaume-Uni, où il étudie à la London Academy of Music and Dramatic Art (LAMDA) grâce à une bourse internationale ITT obtenue dans le cadre du programme Fulbright.Installé à New York pendant une douzaine d’années, Tom Everett travaille dans différentes compagnies théâtrales. Il devient membre résident de l’American Shakespeare Theatre de Stratford, dans le Connecticut, et participe à cinq productions de Broadway. Parmi elles figure Habeas Corpus, pièce d’Alan Bennett montée au Martin Beck Theatre avec Richard Gere.Il interprète également des rôles dans des productions Off-Broadway. Dans Winning Isn’t Everything, présenté au Hudson Guild Theatre de New York, il travaille sous la direction du metteur en scène George Abbott, figure majeure du théâtre américain. Cette expérience lui permet d’aborder un registre comique, en incarnant un personnage maladroit chargé de diverses tâches subalternes.Il devient par ailleurs membre à vie de l’Actors Studio, institution new-yorkaise consacrée à la formation et au perfectionnement des comédiens.Des collaborations avec Kevin Costner et les grands studios américainsAprès son installation à Los Angeles, Tom Everett développe une carrière d’acteur de composition. Il incarne notamment l’entraîneur Don Peterson dans Best of the Best (1989), réalisé par Robert Radler. Son personnage travaille aux côtés de l’entraîneur Frank Couzo, interprété par James Earl Jones, auprès d’une équipe américaine de taekwondo.En 1990, il joue le sergent Pepper dans Danse avec les loups (Dances with Wolves), premier long métrage réalisé par Kevin Costner. Le film raconte l’histoire de John Dunbar, officier de l’armée nordiste qui découvre la culture des Lakotas pendant la guerre de Sécession. La production remporte sept Oscars en 1991, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.L’acteur retrouve Kevin Costner dans Treize Jours (Thirteen Days, 2000), réalisé par Roger Donaldson. Ce drame historique retrace la crise des missiles de Cuba d’octobre 1962. Everett y interprète Walter Sheridan, aux côtés de Bruce Greenwood dans le rôle du président John F. Kennedy et de Steven Culp dans celui de Robert Kennedy.Il collabore également à plusieurs reprises avec le réalisateur John Lee Hancock, notamment sur The Alamo (2004), où il incarne Mosely Baker. Le film revient sur le siège de Fort Alamo, au Texas, en 1836, avec Dennis Quaid dans le rôle de Sam Houston et Billy Bob Thornton dans celui de Davy Crockett.Ses collaborations avec les réalisateurs de grands spectacles comprennent aussi Michael Bay, qui le dirige dans plusieurs productions. Dans Pearl Harbor (2001), il incarne Frank Knox, secrétaire à la Marine des États-Unis au moment de l’attaque japonaise du 7 décembre 1941.L’interprétation de personnages d’autorité et de figures historiquesTom Everett interprète régulièrement des responsables politiques, des officiers et des représentants d’institutions américaines.Dans Air Force One (1997), réalisé par Wolfgang Petersen, il joue Jack Doherty, conseiller à la sécurité nationale du président James Marshall, incarné par Harrison Ford. Son personnage participe aux discussions gouvernementales organisées pendant le détournement de l’avion présidentiel. Le film réunit également Gary Oldman et Glenn Close, qui interprète la vice-présidente Kathryn Bennett.Cette activité comprend aussi des productions abordant les relations entre le gouvernement et l’armée. Dans xXx (2002), réalisé par Rob Cohen, il interprète le sénateur Hotchkiss, face au personnage de Xander Cage, joué par Vin Diesel.Le comédien tient également des rôles qui s’éloignent de cet univers institutionnel. Dans Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3 (1990), réalisé par Jeff Burr, il incarne Alfredo Sawyer, membre de la famille de Leatherface. Ce film d’horreur le réunit notamment avec Viggo Mortensen et Kate Hodge.En 2003, il interprète Brian David Mitchell, également appelé Emmanuel, dans The Elizabeth Smart Story, téléfilm réalisé par Bobby Roth et diffusé sur CBS. Inspiré de l’enlèvement d’Elizabeth Smart à Salt Lake City en 2002, le film met en scène Amber Marshall dans le rôle de l’adolescente, avec Dylan Baker et Lindsay Frost dans ceux de ses parents.La même diversité de personnages apparaît dans L’Étrange Histoire de Benjamin Button (2008), réalisé par David Fincher. Tom Everett y incarne Benjamin Button dans les séquences situées entre 1935 et 1937. Le personnage principal, dont le vieillissement physique s’effectue à rebours, est interprété à différentes étapes de sa vie par plusieurs comédiens, dont Brad Pitt. Le film reçoit treize nominations aux Oscars et remporte trois statuettes en 2009.Le travail avec des créateurs de séries dramatiquesLe parcours de Tom Everett comprend plusieurs collaborations avec des auteurs et réalisateurs de séries américaines. Il joue notamment Charles Frost dans À la Maison-Blanche (The West Wing), série politique créée par Aaron Sorkin. Son personnage intervient dans des intrigues liées aux renseignements et à la sécurité nationale, au sein de l’administration du président Josiah Bartlet, interprété par Martin Sheen.Il travaille également avec la réalisatrice Mimi Leder sur le pilote de The Beast (2001), dans lequel il incarne Rory Carmichael, un condamné à mort emprisonné en Alabama.Dans Journeyman (2007), série fantastique créée par Kevin Falls, il interprète le docteur Elliot Langley. Il apparaît dans deux épisodes de cette fiction centrée sur Dan Vasser, journaliste de San Francisco joué par Kevin McKidd, qui effectue involontairement des voyages dans le temps.L’acteur participe aussi à Franklin & Bash, où il incarne le juge Warren Mosley, ainsi qu’à Helstrom (2020), adaptation télévisée de personnages issus de l’univers Marvel. Il y joue l’archevêque Terrazi dans deux épisodes.Une activité personnelle de compositeur et de chanteur folkLa musique occupe une place durable dans les activités de Tom Everett. Violoncelliste et guitariste, il écrit et interprète des chansons appartenant principalement aux répertoires country et folk américains.En 1971, il enregistre l’album Porchlight On in Oregon, publié par RCA Records. Le disque réunit ses propres compositions et bénéficie de la participation de musiciens comme Eric Weissberg, connu pour son travail au banjo, et David Bromberg, guitariste associé aux scènes folk et blues américaines.Il poursuit ensuite son activité d’auteur-compositeur par des enregistrements indépendants. L’album Still Waters (A Collection of Years) rassemble plusieurs de ses chansons écrites sur une longue période. Il publie également House at the End of the Block, consacré à ses compositions country-folk.Une autre collection de chansons paraît sous le titre Watershed of an Earlier Heart: Songs of the Oregon Troubadour. Ses enregistrements associent sa voix à ses instruments de prédilection, notamment la guitare.Tom Everett exerce par ailleurs comme dramaturge. Il participe avec Pat Satcher à l’écriture de la pièce Bob and Les, prolongeant ainsi son travail d’écriture destiné à la scène.
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Carrie Fisher · 60 ansCarrie Fisher est une actrice, romancière, scénariste et dramaturge américaine, née le 21 octobre 1956 à Burbank, en Californie, et morte le 27 décembre 2016 à Los Angeles, aux États-Unis. Elle est principalement connue pour son interprétation de la princesse Leia Organa dans la saga Star Wars, ainsi que pour son œuvre littéraire, notamment le roman Bons Baisers d’Hollywood (Postcards from the Edge), qu’elle a elle-même adapté au cinéma.Une enfance au sein d’une famille de vedettes hollywoodiennesFille de l’actrice Debbie Reynolds et du chanteur Eddie Fisher, Carrie Fisher grandit dans l’univers du spectacle américain. Ses parents comptent parmi les célébrités les plus populaires des années 1950. Sa mère connaît un succès international grâce à Chantons sous la pluie (1952), tandis que son père mène une carrière de chanteur et d’animateur de télévision. Elle a un frère cadet, Todd Fisher, né en 1958.Le mariage de ses parents prend fin en 1959, après la liaison d’Eddie Fisher avec Elizabeth Taylor, alors veuve du producteur Mike Todd. Cette séparation suscite une importante couverture médiatique aux États-Unis. Debbie Reynolds épouse ensuite l’homme d’affaires Harry Karl, tandis qu’Eddie Fisher se marie avec Elizabeth Taylor. Par son père, Carrie a également deux demi-sœurs, Joely Fisher et Tricia Leigh Fisher, nées de son union avec l’actrice Connie Stevens.Passionnée par la lecture dès son adolescence, Carrie Fisher étudie à la Beverly Hills High School avant de fréquenter la Central School of Speech and Drama, à Londres. Elle suit ensuite des cours au Sarah Lawrence College, dans l’État de New York, sans terminer son cursus.Ses premières expériences professionnelles se déroulent aux côtés de sa mère. En 1973, elle participe à la comédie musicale Irene, présentée à Broadway avec Debbie Reynolds dans le rôle principal. Elle y tient une place dans l’ensemble de la production, qui marque ses débuts sur une grande scène new-yorkaise.Deux ans plus tard, elle fait ses premiers pas au cinéma dans Shampoo (1975), comédie satirique réalisée par Hal Ashby. Elle incarne Lorna Karpf, la fille adolescente du personnage interprété par Lee Grant, dans un film porté par Warren Beatty et Julie Christie.La princesse Leia et une collaboration durable avec George LucasEn 1977, Carrie Fisher accède à la célébrité internationale grâce à La Guerre des étoiles (Star Wars), réalisé par George Lucas. Âgée de vingt ans lors de la sortie du film, elle interprète Leia Organa, princesse de la planète Alderaan et membre de l’Alliance rebelle opposée à l’Empire galactique.Son personnage occupe une place centrale dans l’intrigue. Capturée par les forces impériales, Leia transmet les plans de l’Étoile de la mort aux rebelles et participe directement à leur lutte. Fisher partage l’affiche avec Mark Hamill, qui interprète Luke Skywalker, et Harrison Ford, dans le rôle de Han Solo.Le film connaît un succès commercial exceptionnel et remporte six Oscars lors de la cérémonie de 1978. Carrie Fisher reprend son personnage dans L’Empire contre-attaque (1980), réalisé par Irvin Kershner, puis dans Le Retour du Jedi (1983), mis en scène par Richard Marquand. Les relations de Leia avec Luke Skywalker et Han Solo deviennent des éléments majeurs du récit développé par George Lucas.La coiffure composée de deux macarons latéraux qu’elle porte dans le premier film devient l’un des éléments visuels les plus reconnaissables du personnage. Son costume d’esclave de Jabba le Hutt, utilisé dans Le Retour du Jedi, acquiert également une importante notoriété dans la culture populaire.Après plus de trente ans d’absence du personnage sur grand écran, l’actrice retrouve Leia dans Star Wars : Le Réveil de la Force (2015), réalisé par J. J. Abrams. Désormais générale de la Résistance, Leia dirige la lutte contre le Premier Ordre. Fisher retrouve Harrison Ford et Mark Hamill, tandis qu’une nouvelle génération de personnages est interprétée notamment par Daisy Ridley et John Boyega.Elle tourne ensuite Star Wars : Les Derniers Jedi, réalisé par Rian Johnson, avant sa mort. Sorti en décembre 2017, le film lui est dédié. Des images inédites enregistrées lors de précédents tournages permettent également sa présence dans Star Wars : L’Ascension de Skywalker (2019), sans recours à une nouvelle interprète pour les principales scènes du personnage.Une écrivaine reconnue et une spécialiste de la réécriture de scénariosL’écriture occupe une place majeure dans la carrière de Carrie Fisher. En 1987, elle publie son premier roman, Postcards from the Edge, une œuvre semi-autobiographique consacrée à Suzanne Vale, actrice hollywoodienne confrontée à des problèmes de dépendance et à une relation difficile avec sa mère, ancienne vedette du cinéma.Le livre devient un succès de librairie et reçoit le PEN Center USA First Fiction Award, récompensant un premier roman. Fisher en signe elle-même l’adaptation cinématographique, réalisée par Mike Nichols en 1990 sous le titre français Bons Baisers d’Hollywood. Meryl Streep interprète Suzanne Vale, tandis que Shirley MacLaine incarne sa mère, Doris Mann. Le film obtient deux nominations aux Oscars, dont celle de la meilleure actrice pour Meryl Streep.Elle poursuit son activité littéraire avec Surrender the Pink (1990), roman consacré aux relations amoureuses d’une scénariste, puis Delusions of Grandma (1993), qui aborde notamment la maternité et les rapports familiaux. En 2004, elle publie The Best Awful, où elle retrouve le personnage de Suzanne Vale.Parallèlement à ses propres livres, Carrie Fisher devient une scénariste recherchée à Hollywood pour la réécriture de scripts. Pendant les années 1990 et au début des années 2000, elle intervient sur des scénarios déjà rédigés, souvent sans être créditée au générique. Ce travail, désigné dans l’industrie américaine par le terme script doctor, concerne notamment l’amélioration des dialogues et la révision de certaines scènes.Elle contribue ainsi au scénario de Hook ou la Revanche du capitaine Crochet (1991), réalisé par Steven Spielberg, et intervient sur Sister Act (1992), comédie avec Whoopi Goldberg. Elle travaille également sur Wedding Singer : Demain, on se marie ! (1998), interprété par Adam Sandler et Drew Barrymore.En 2001, elle signe le scénario du téléfilm These Old Broads, réalisé par Matthew Diamond. Cette comédie réunit Debbie Reynolds, Elizabeth Taylor, Joan Collins et Shirley MacLaine. Elle permet à Fisher de travailler directement avec sa mère et avec Elizabeth Taylor, dont la relation passée avec Eddie Fisher avait occupé une place importante dans l’histoire familiale.L’autobiographie, la scène et l’humour comme moyens d’expressionL’expérience personnelle de Carrie Fisher nourrit également son travail d’autrice et de comédienne. En 2006, elle crée à Los Angeles le spectacle autobiographique Wishful Drinking, présenté au Geffen Playhouse. Seule en scène, elle y raconte son histoire familiale, son expérience de la célébrité et ses relations avec l’industrie hollywoodienne, en utilisant notamment des photographies et un arbre généalogique pour expliquer les liens entre les différentes personnalités de sa famille.Le spectacle est ensuite présenté dans plusieurs villes américaines avant son arrivée à Broadway en 2009, au Studio 54. Fisher en publie une adaptation littéraire en 2008. Une captation réalisée pour HBO, diffusée en 2010, lui vaut une nomination aux Primetime Emmy Awards en 2011 dans la catégorie du meilleur programme spécial de variétés.Elle poursuit son travail autobiographique avec Shockaholic (2011), ouvrage dans lequel elle évoque notamment ses séances d’électroconvulsivothérapie et plusieurs rencontres avec des personnalités hollywoodiennes. En 2016, elle publie The Princess Diarist, construit à partir de journaux personnels rédigés pendant le tournage du premier Star Wars. Elle y révèle notamment avoir entretenu une liaison avec Harrison Ford durant la production du film.Son humour trouve également sa place dans ses interprétations. En 2008, elle apparaît dans la série 30 Rock, créée par Tina Fey, où elle joue Rosemary Howard, ancienne scénariste de télévision admirée par Liz Lemon. Sa prestation lui vaut une nomination à l’Emmy Award de la meilleure actrice invitée dans une série comique.Elle interprète aussi Mia, la mère du personnage de Rob Delaney, dans la série britannique Catastrophe. Son travail dans cette production lui apporte une nouvelle nomination posthume aux Emmy Awards en 2017.Vie familiale et engagement pour la santé mentaleEn 1983, Carrie Fisher épouse le chanteur et compositeur Paul Simon, avec lequel elle entretient une relation sentimentale commencée plusieurs années auparavant. Leur mariage prend fin en 1984. Leur histoire inspire notamment certaines chansons de Simon, dont Hearts and Bones, publiée sur l’album du même nom en 1983.Elle entretient ensuite une relation avec l’agent artistique Bryan Lourd. Leur fille, Billie Lourd, naît le 17 juillet 1992. Devenue actrice à son tour, Billie apparaît notamment dans la série Scream Queens et dans la nouvelle trilogie Star Wars, où elle interprète le lieutenant Kaydel Ko Connix.Carrie Fisher parle publiquement de son trouble bipolaire et de ses problèmes de dépendance. Elle évoque ses hospitalisations psychiatriques ainsi que les traitements qu’elle a suivis, notamment dans ses livres et lors d’entretiens télévisés. Ses interventions visent à favoriser une meilleure compréhension des troubles psychiques et à combattre la stigmatisation des personnes concernées.Elle reçoit en 2016 une distinction de l’université Harvard pour son engagement en faveur de l’humanisme culturel. La même année, elle participe avec sa mère au documentaire Bright Lights: Starring Carrie Fisher and Debbie Reynolds, réalisé par Alexis Bloom et Fisher Stevens. Le film, présenté au Festival de Cannes dans la section Cannes Classics, suit leur quotidien et leur relation familiale. Les deux femmes vivent alors dans des maisons voisines à Beverly Hills.Dernières années et distinctions posthumesLe 23 décembre 2016, Carrie Fisher est victime d’un arrêt cardiaque pendant un vol reliant Londres à Los Angeles. Hospitalisée à son arrivée en Californie, elle meurt quatre jours plus tard, le 27 décembre 2016, à l’âge de 60 ans, au Ronald Reagan UCLA Medical Center. Sa mère, Debbie Reynolds, meurt le lendemain, 28 décembre 2016, à l’âge de 84 ans.Une cérémonie privée réunit leurs proches au début du mois de janvier 2017. Un hommage public commun est ensuite organisé le 25 mars au Forest Lawn Memorial Park, à Hollywood Hills, où reposent les deux artistes.En 2017, Carrie Fisher reçoit à titre posthume le titre de Disney Legend, décerné par The Walt Disney Company. Cette distinction honore sa contribution à l’histoire de la saga Star Wars. L’année suivante, l’enregistrement audio de son livre The Princess Diarist, qu’elle a elle-même lu, remporte le Grammy Award du meilleur album parlé.Le 4 mai 2023, une étoile à son nom est inaugurée à titre posthume sur le Hollywood Walk of Fame, au 6840 Hollywood Boulevard. La cérémonie, organisée à l’occasion de la journée internationale consacrée à Star Wars, réunit notamment Mark Hamill et sa fille Billie Lourd, qui accepte la distinction au nom de sa mère. L’étoile porte le numéro 2 754 du célèbre boulevard hollywoodien.
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Dizzy Gillespie · 75 ansDizzy Gillespie est un trompettiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre de jazz américain, né le 21 octobre 1917 à Cheraw, en Caroline du Sud, et mort le 6 janvier 1993 à Englewood, dans le New Jersey. Figure fondatrice du bebop aux côtés de Charlie Parker, il a également joué un rôle majeur dans le développement du jazz afro-cubain.Une enfance musicale et l’apprentissage du jazzBenjamin d’une famille de neuf enfants, Dizzy Gillespie grandit dans une maison où la musique occupe une place importante. Son père, James Gillespie, maçon et chef d’orchestre amateur, pratique plusieurs instruments et dirige un ensemble local. Il meurt alors que son fils est encore enfant. Le jeune musicien commence à apprendre le piano, puis s’intéresse au trombone avant de choisir la trompette, qu’il travaille largement en autodidacte.Il obtient une bourse pour étudier au Laurinburg Institute, en Caroline du Nord, où il reçoit une formation musicale comprenant l’harmonie et la théorie. En 1935, sa famille s’installe à Philadelphie. Il rejoint l’orchestre de Frankie Fairfax, formation avec laquelle il commence sa carrière professionnelle. Son comportement exubérant lui vaut le surnom de « Dizzy », qui devient son nom de scène.Son premier grand modèle instrumental est le trompettiste Roy Eldridge, auquel il succède dans l’orchestre de Teddy Hill en 1937. Deux ans plus tard, il entre dans le big band de Cab Calloway, dont il devient l’un des principaux solistes. Il y travaille notamment avec Mario Bauzá, trompettiste cubain qui l’initie aux rythmes afro-cubains. Sa collaboration avec Calloway prend fin en 1941, après une altercation entre les deux musiciens.La naissance du bebop avec Charlie ParkerÀ New York, Dizzy Gillespie participe aux rencontres musicales organisées dans les clubs de Harlem, notamment au Minton’s Playhouse. Il y côtoie le saxophoniste Charlie Parker, avec lequel il contribue à développer le bebop au début des années 1940. Le pianiste Thelonious Monk et le batteur Kenny Clarke prennent également part à cette transformation du langage du jazz.Gillespie et Parker expérimentent de nouvelles possibilités harmoniques et rythmiques, caractérisées notamment par des tempos rapides et des improvisations construites sur des progressions d’accords complexes. Leur travail se développe dans les orchestres d’Earl Hines et de Billy Eckstine, auxquels ils participent au cours de cette période. Chez Eckstine, Dizzy Gillespie intervient également comme directeur musical.L’année 1945 est particulièrement importante dans leur collaboration. Les deux musiciens enregistrent plusieurs morceaux déterminants pour la diffusion du bebop, notamment Salt Peanuts et Groovin' High. Gillespie fonde également son propre grand orchestre, au sein duquel il développe des arrangements adaptés aux innovations du jazz moderne.Son écriture contribue à enrichir le répertoire du genre. La composition A Night in Tunisia, devenue l’un de ses morceaux les plus célèbres, fait notamment appel à une structure rythmique inhabituelle dans le jazz américain de l’époque. Elle sera interprétée par de nombreux musiciens et intégrée durablement au répertoire des standards.Les formations dirigées par Gillespie accueillent plusieurs instrumentistes appelés à acquérir une renommée internationale. Le saxophoniste John Coltrane joue ainsi dans son orchestre, tout comme James Moody. Les musiciens John Lewis, Milt Jackson, Kenny Clarke et Ray Brown participent également à ses ensembles avant de poursuivre leurs propres carrières.L’influence des rythmes afro-cubains et une identité instrumentale singulièreLa rencontre avec le percussionniste cubain Chano Pozo constitue une étape importante dans les recherches musicales de Dizzy Gillespie. En 1947, ce dernier rejoint son orchestre et participe à l’introduction de rythmes issus de la tradition afro-cubaine dans les arrangements du big band. Leur collaboration donne notamment naissance à Manteca, composition cosignée avec Gil Fuller, qui devient une référence du jazz afro-cubain.Gillespie fait également appel au compositeur George Russell pour écrire Cubano Be, Cubano Bop, une œuvre interprétée avec Chano Pozo. Ces créations réunissent des éléments du bebop et des percussions afro-cubaines dans des formations orchestrales. Après la mort de Pozo en 1948, le trompettiste poursuit ses collaborations avec des musiciens latino-américains.Son identité artistique est aussi liée à une trompette dont le pavillon est incliné vers le haut. Cette particularité trouve son origine dans un accident survenu le 6 janvier 1953, lors d’une fête organisée pour l’anniversaire de son épouse Lorraine. Pendant une prestation du duo comique Stump and Stumpy, l’instrument est endommagé. Gillespie apprécie la sonorité obtenue et fait ensuite fabriquer des trompettes dont le pavillon présente un angle d’environ 45 degrés. Lorraine réalise elle-même un dessin destiné au fabricant Martin.Ses joues fortement gonflées pendant le jeu deviennent une autre caractéristique immédiatement reconnaissable. Elles accompagnent une technique instrumentale qui lui permet d’exécuter des passages rapides dans le registre aigu. En 1986, l’une de ses trompettes est donnée au National Museum of American History, à Washington, où elle rejoint les collections consacrées à l’histoire de la musique américaine.Un ambassadeur du jazz sur la scène internationaleÀ partir de 1956, Dizzy Gillespie dirige des tournées internationales soutenues par le département d’État américain. Son orchestre se produit notamment en Turquie, en Grèce et au Pakistan, dans le cadre d’une politique de diplomatie culturelle menée par les États-Unis pendant la guerre froide. Une autre tournée conduit les musiciens en Amérique du Sud.Ces déplacements lui permettent de rencontrer des artistes issus de différentes traditions musicales. Il continue également de travailler avec des formations réduites, aux côtés de musiciens comme Stan Getz et Sonny Stitt. Dans les années 1970, il participe à l’ensemble Giants of Jazz, réunissant notamment Thelonious Monk et le batteur Art Blakey.Ses relations avec les musiciens cubains demeurent importantes. Lors d’un séjour à Cuba en 1977, il rencontre le trompettiste Arturo Sandoval, avec lequel il entretiendra une collaboration suivie. Il soutient également le travail du saxophoniste Paquito D’Rivera.À la fin des années 1980, il dirige le United Nation Orchestra, un ensemble international réunissant des instrumentistes venus notamment d’Amérique latine. Le pianiste Danilo Pérez et Arturo Sandoval figurent parmi les musiciens qui participent à cette formation. L’orchestre se produit sur plusieurs continents et enregistre notamment Live at the Royal Festival Hall, album capté à Londres.En 1979, Gillespie publie son autobiographie, To Be, or Not… to Bop, écrite avec Al Fraser. Il y retrace son parcours musical, ses rencontres professionnelles et l’histoire du bebop.Distinctions et reconnaissance institutionnelleLa contribution de Dizzy Gillespie à l’histoire du jazz lui vaut plusieurs distinctions officielles. En 1982, il reçoit le titre de NEA Jazz Master, attribué par le National Endowment for the Arts, organisme fédéral américain chargé du soutien à la création artistique.En 1989, il obtient un Grammy Award récompensant l’ensemble de sa carrière. La même année, il reçoit la National Medal of Arts, l’une des principales distinctions artistiques civiles des États-Unis. Il est également honoré par le Berklee College of Music, qui lui décerne un doctorat honorifique.Les Kennedy Center Honors lui sont attribués en 1990, au cours d’une cérémonie à Washington où figurent également Katharine Hepburn et le réalisateur Billy Wilder. Cette reconnaissance récompense sa contribution durable aux arts du spectacle américains.Il reçoit par ailleurs des distinctions internationales, notamment dans le domaine culturel français. En 1993, le Polar Music Prize suédois lui est attribué à titre posthume.Vie personnelle et dernières annéesEn 1940, Dizzy Gillespie épouse Lorraine Willis, qui partage sa vie jusqu’à sa mort. Le couple réside pendant de nombreuses années à Englewood, dans le New Jersey. Lorraine joue également un rôle dans la gestion de certaines activités professionnelles du musicien. Gillespie est le père de la chanteuse de jazz Jeanie Bryson, née de sa relation avec la compositrice Connie Bryson.Son goût pour l’humour s’exprime régulièrement sur scène, où il mêle musique et interventions comiques. En 1964, il mène également une campagne présidentielle humoristique, proposant notamment plusieurs personnalités du jazz pour occuper des fonctions gouvernementales. Son engagement public comprend des prises de position contre la ségrégation raciale.Converti à la foi bahá’íe à la fin des années 1960, il participe à des activités liées à cette communauté religieuse et évoque sa foi dans ses interventions publiques.Atteint d’un cancer du pancréas, Dizzy Gillespie meurt le 6 janvier 1993, à l’âge de 75 ans, à Englewood. Une cérémonie publique d’hommage est organisée le 12 janvier à la cathédrale Saint-Jean-le-Divin de New York, avec notamment la participation de la chanteuse Roberta Flack.
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Yoram Globus · 85 ansYoram Globus est un producteur et distributeur de cinéma israélo-américain, né le 7 septembre 1943 à Tibériade, en Palestine sous mandat britannique, aujourd’hui en Israël. Il est principalement connu pour son association avec son cousin Menahem Golan, avec lequel il a dirigé la société américaine Cannon Group, l’une des principales entreprises de production indépendante à Hollywood durant les années 1980.Une enfance dans les salles de cinéma et les débuts en IsraëlIssu d’une famille de parents immigrés de Pologne, Yoram Globus grandit à Kiryat Motzkin, près de Haïfa, où sa famille s’installe lorsqu’il a trois ans. Son père, Shmuel Globus, fait construire une salle de cinéma dont l’exploitation devient une activité familiale. Dès son enfance, il participe au fonctionnement de l’établissement, notamment en s’occupant de l’affichage et de la caisse. À l’âge de dix ans, il commence à travailler comme projectionniste.Durant son adolescence, il s’installe à Tel-Aviv, où ses parents ouvrent un autre cinéma. Il suit une formation commerciale avant d’effectuer son service militaire dans l’armée israélienne, qu’il quitte avec le grade de lieutenant.Son cousin Menahem Golan, déjà actif comme réalisateur et producteur, devient son principal partenaire professionnel. Au cours des années 1960, les deux hommes développent la société Noah Films, spécialisée dans la production et la distribution cinématographiques. Golan prend principalement en charge la création et la production des films, tandis que Globus s’occupe de leur financement, de leur commercialisation et de leur distribution.Leur entreprise contribue au développement du cinéma israélien en produisant des œuvres destinées au public national et aux festivals internationaux. Ils participent notamment à la production de Je t’aime Rosa (1972), réalisé par Moshé Mizrahi et nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Leur collaboration avec le cinéaste se poursuit avec La Maison de la rue Chelouche (1973), également nommé dans cette catégorie.En 1977, ils produisent Opération Thunderbolt, réalisé par Menahem Golan, qui retrace l’opération israélienne de libération des otages d’Entebbe, en Ouganda. Le film obtient une nomination à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. L’année suivante, ils produisent Eskimo Limon (Lemon Popsicle), comédie réalisée par Boaz Davidson, qui rencontre un important succès commercial en Israël et donne naissance à plusieurs suites.L’association Golan-Globus et l’expansion de Cannon FilmsÀ la fin des années 1970, Yoram Globus et Menahem Golan s’installent aux États-Unis et rachètent The Cannon Group, société américaine de production et de distribution cinématographiques. L’acquisition, réalisée pour environ 500 000 dollars, leur permet de développer leurs activités à Hollywood.Les deux producteurs mettent en place un système de financement reposant largement sur la prévente des droits de distribution à l’étranger. Les contrats conclus avec des distributeurs internationaux contribuent à financer les films avant leur sortie en salles. Globus joue un rôle central dans les négociations commerciales et l’organisation du réseau de distribution de Cannon.Au cours des années 1980, la société augmente considérablement son volume de production, atteignant plusieurs dizaines de longs métrages par an. Cette activité vaut aux deux associés le surnom de « Go-Go Boys » dans la presse américaine.Cannon développe notamment des relations professionnelles suivies avec Charles Bronson et Chuck Norris, deux acteurs dont les films d’action occupent une place importante dans son catalogue. Globus participe ainsi à la production d’Un justicier dans la ville 2 (1982), réalisé par Michael Winner, et de Delta Force (1986), mis en scène par Menahem Golan.La société produit également Cobra (1986), réalisé par George P. Cosmatos avec Sylvester Stallone. Elle finance par ailleurs Bloodsport (1988), qui contribue à faire connaître Jean-Claude Van Damme auprès du public international.L’expansion de Cannon s’accompagne d’investissements dans la distribution et l’exploitation cinématographique. Le groupe acquiert des salles en Europe et développe ses activités sur le marché de la vidéo. En Grande-Bretagne, il rachète notamment Thorn EMI Screen Entertainment en 1986, opération qui lui donne accès à un réseau de salles et à des installations de production.Une politique de production ouverte au cinéma d’auteurEn parallèle de ses productions commerciales, Yoram Globus participe au financement de longs métrages réalisés par des cinéastes reconnus sur la scène internationale. Cannon produit notamment Fool for Love (1985), adaptation d’une pièce de Sam Shepard réalisée par Robert Altman, avec Sam Shepard et Kim Basinger.Le groupe soutient également Jean-Luc Godard, qui réalise King Lear (1987), une adaptation libre de la pièce de William Shakespeare. Ce projet réunit notamment Burgess Meredith, Molly Ringwald et le cinéaste Peter Sellars.La collaboration avec le réalisateur soviétique Andreï Kontchalovski aboutit à Runaway Train (1985), thriller interprété par Jon Voight et Eric Roberts. Le film reçoit trois nominations aux Oscars, dont deux pour ses acteurs principaux.En 1986, Yoram Globus et Menahem Golan participent également à la production de L’Assaut (The Assault), réalisé par Fons Rademakers. Ce drame néerlandais, consacré aux conséquences d’un événement survenu durant l’occupation allemande des Pays-Bas, remporte l’Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la cérémonie de 1987.Le producteur travaille aussi sur Un cri dans la nuit (A Cry in the Dark, 1988), réalisé par Fred Schepisi et interprété par Meryl Streep et Sam Neill. Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes, où Meryl Streep reçoit le prix d’interprétation féminine.La fin du partenariat avec Menahem Golan et la direction de MGMÀ la fin des années 1980, Yoram Globus participe aux négociations financières entourant la restructuration de Cannon, confrontée à un endettement important. L’homme d’affaires italien Giancarlo Parretti prend progressivement le contrôle du groupe, avec le soutien de plusieurs partenaires financiers européens.En 1989, Menahem Golan quitte Cannon après des désaccords avec Parretti et Globus. Il fonde la société 21st Century Film Corporation, tandis que son ancien associé demeure au sein du groupe contrôlé par Parretti. Cette séparation met fin à leur direction commune de Cannon, après plusieurs décennies de collaboration.En 1990, Pathé Communications, dirigée par Parretti, acquiert la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). Globus devient président du studio américain, poste qu’il occupe durant la période de réorganisation de MGM-Pathé. Les difficultés financières de cette entreprise entraînent une intervention du Crédit lyonnais, principal établissement bancaire engagé dans son financement.Au cours de cette période, le producteur poursuit ses activités dans la distribution internationale. En 1991, il est également impliqué dans les procédures opposant les dirigeants de MGM-Pathé au Crédit lyonnais concernant le contrôle de l’entreprise.Le retour en Israël et le développement de Globus GroupEn 1993, Yoram Globus retourne en Israël et concentre ses activités sur le marché audiovisuel national. Il développe Globus Group, ensemble d’entreprises intervenant dans la production et l’exploitation cinématographiques.Parmi ses principales activités figure Globus United, société spécialisée dans la distribution de films. Son groupe exploite également un réseau de salles sous l’enseigne Globus Max, qui participe au développement des multiplexes dans le pays.Il possède en outre des installations de production à Neve Ilan, près de Jérusalem. Ces studios accueillent des tournages et des activités télévisuelles, notamment celles de diffuseurs israéliens. Le complexe devient l’un des principaux sites de production audiovisuelle du pays.La reconnaissance de son travail dans l’industrie cinématographique israélienne se traduit en 1999 par l’attribution d’un prix Ophir d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, décerné par l’Académie israélienne du cinéma et de la télévision.En 2014, Globus cède la majeure partie de ses participations dans ses entreprises israéliennes.Une histoire professionnelle portée à l’écranL’association de Yoram Globus et Menahem Golan fait l’objet de deux documentaires sortis en 2014. Le premier, Electric Boogaloo: The Wild, Untold Story of Cannon Films, réalisé par Mark Hartley, retrace l’histoire de Cannon à travers des images d’archives et des témoignages de professionnels ayant travaillé pour la société.Le second, The Go-Go Boys: The Inside Story of Cannon Films, est réalisé par la documentariste israélienne Hilla Medalia. Présenté au Festival de Cannes 2014 dans la sélection Cannes Classics, il revient sur la relation professionnelle entre les deux cousins et leur implantation dans l’industrie américaine du cinéma.Yoram Globus participe directement à ce second documentaire, tout comme Menahem Golan. Le film comprend également les témoignages de Sylvester Stallone, Charles Bronson et Andreï Kontchalovski, qui ont collaboré avec Cannon durant la période où les deux producteurs dirigeaient le groupe.
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Paul Greco · 53 ansPaul Greco est un acteur américain, né le 21 octobre 1955 à Newark, dans le New Jersey, et mort le 17 décembre 2008 à Red Hook, dans l’État de New York. Il est principalement connu pour son interprétation de Sully, chef du gang des Orphelins, dans Les Guerriers de la nuit (1979), réalisé par Walter Hill. Il a également travaillé avec plusieurs cinéastes américains, notamment Woody Allen et Martin Scorsese.Sully dans Les Guerriers de la nuitEn 1979, Paul Greco interprète Sully dans Les Guerriers de la nuit (The Warriors), réalisé par Walter Hill. Le film raconte la traversée nocturne de New York par les membres d’un gang de Coney Island, poursuivis par d’autres bandes après avoir été accusés du meurtre de Cyrus, dirigeant des Gramercy Riffs.Sully dirige les Orphelins (Orphans), un gang installé dans le Bronx. Son groupe rencontre les Warriors lorsque ceux-ci traversent son territoire pour rejoindre Coney Island. Le personnage intervient notamment dans une confrontation avec Swan, interprété par Michael Beck, avant que Mercy, jouée par Deborah Van Valkenburgh, ne prenne part aux échanges entre les deux bandes.La distribution réunit également James Remar dans le rôle d’Ajax et David Patrick Kelly dans celui de Luther, chef des Rogues. Sorti en février 1979 aux États-Unis, Les Guerriers de la nuit devient progressivement un film culte, notamment grâce à ses représentations stylisées des gangs new-yorkais. Le personnage de Sully demeure le rôle le plus connu de Paul Greco.Des collaborations avec Woody Allen et Martin ScorsesePaul Greco travaille avec Woody Allen dans Broadway Danny Rose (1984), comédie tournée en noir et blanc dans laquelle le réalisateur interprète un imprésario new-yorkais chargé de défendre les intérêts d’artistes de cabaret. Greco y joue Vito Rispoli, dans une distribution qui comprend également Mia Farrow et Nick Apollo Forte.Il participe aussi à La Dernière Tentation du Christ (The Last Temptation of Christ, 1988), réalisé par Martin Scorsese d’après le roman de Níkos Kazantzákis. Il y incarne un zélote, dans une œuvre où Willem Dafoe interprète Jésus et Harvey Keitel tient le rôle de Judas. Le film est présenté à la Mostra de Venise en 1988, et Scorsese reçoit une nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur.Sa collaboration avec le cinéma indépendant américain comprend également Henry Fool (1997), réalisé par Hal Hartley. Dans ce film, qui suit la rencontre entre Simon Grim, interprété par James Urbaniak, et Henry Fool, joué par Thomas Jay Ryan, Greco tient le rôle d’un concierge. Le long métrage obtient le prix du scénario au Festival de Cannes en 1998.Des personnages secondaires dans le cinéma américainL’acteur interprète plusieurs personnages de second plan au cours de sa carrière. Dans Crocodile Dundee (1986), réalisé par Peter Faiman, il joue un New-Yorkais rencontré par le personnage de Mick Dundee, interprété par Paul Hogan. Il participe également à la distribution d’Un flic à Chicago (Next of Kin, 1989), réalisé par John Irvin, avec Patrick Swayze et Liam Neeson. Il y incarne Leo.Dans L’Embrouille est dans le sac (Oscar, 1991), comédie réalisée par John Landis avec Sylvester Stallone, Paul Greco interprète un personnage désigné comme Schemer. Le film est une adaptation américaine de la pièce Oscar de Claude Magnier, déjà portée à l’écran en France avec Louis de Funès.Il retrouve le registre comique dans Disjoncté (The Cable Guy, 1996), réalisé par Ben Stiller. Il y tient le rôle de Raul, aux côtés de Jim Carrey et Matthew Broderick.L’acteur apparaît également dans la série Deux flics à Miami (Miami Vice), où il interprète Berlioz dans l’épisode « Florence Italy », diffusé en 1986. Il joue aussi Joe dans un épisode de la série fantastique La Belle et la Bête (Beauty and the Beast), diffusé en 1987.Il meurt le 17 décembre 2008, à l’âge de 53 ans, des suites d’un cancer du poumon. Une cérémonie commémorative est organisée le 20 décembre 2008 au salon funéraire Burnett & White, à Red Hook. Les hommages peuvent notamment prendre la forme de dons à la Screen Actors Guild Foundation, organisation américaine soutenant les professionnels du spectacle.