Film Index
Une base de données du cinéma : 14 576 films et 396 431 personnalités, reliés par leurs castings, genres, pays, collections et récompenses. À parcourir par exploration.
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Jon Abrahams · 49 ansJon Abrahams, né le 29 octobre 1977 à New York, aux États-Unis, est un acteur, réalisateur et producteur américain. Il fait ses débuts au cinéma dans Kids (1995), de Larry Clark, et se fait connaître du grand public avec la comédie parodique Scary Movie (2000), dans laquelle il interprète Bobby Prinze. Il joue également Denny Byrnes dans Mon beau-père et moi (2000), aux côtés de Robert De Niro et Ben Stiller. À partir de 2016, il développe une activité de réalisateur, notamment avec All at Once et Clover.Une jeunesse new-yorkaise et des débuts auprès de Larry ClarkJon Abrahams grandit à New York dans une famille liée au milieu artistique. Son père, Martin Abrahams, est artiste plasticien. Deux de ses grands-oncles travaillent dans l’industrie cinématographique américaine. Mack Gray est acteur et proche de plusieurs personnalités d’Hollywood, notamment Frank Sinatra et Dean Martin. Joe Gray exerce le métier de cascadeur et de coordinateur des combats. Le jeune Jon Abrahams fréquente la Saint Ann’s School, établissement privé de Brooklyn connu pour son enseignement artistique.Sa première expérience cinématographique intervient à l’adolescence. Alors qu’il travaille dans un club new-yorkais où se déroule un tournage, il cherche à obtenir un poste d’assistant auprès du réalisateur Larry Clark. Il est finalement invité à passer une audition et décroche un petit rôle dans Kids (1995), premier long métrage du photographe américain.Écrit par Harmony Korine, Kids suit pendant une journée plusieurs adolescents de Manhattan et aborde notamment leurs comportements sexuels face au risque de transmission du VIH. Jon Abrahams y interprète Steven, membre du groupe de jeunes fréquentant les rues et les lieux de rencontre new-yorkais. Le film réunit plusieurs débutants, dont Chloë Sevigny et Rosario Dawson.Cette première apparition attire l’attention d’un agent artistique, qui lui permet d’obtenir un rôle dans La Dernière Marche (Dead Man Walking, 1995), réalisé par Tim Robbins. Jon Abrahams incarne Sonny Poncelet, le jeune frère de Matthew Poncelet, condamné à mort interprété par Sean Penn. Il partage ainsi l’écran avec Susan Sarandon, dont la prestation est récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice en 1996.Le comédien poursuit ses débuts dans le cinéma indépendant new-yorkais. Il joue Milo dans A, B, C… Manhattan (1997), réalisé par Amir Naderi, puis Richard « K-Dog » dans Masterminds (1997), film d’action de Roger Christian dont l’intrigue met en scène une prise d’otages dans un établissement scolaire.La reconnaissance publique avec Scary MovieEn 2000, Jon Abrahams interprète Bobby Prinze dans Scary Movie, réalisé par Keenen Ivory Wayans. Cette comédie parodique détourne principalement les conventions des films d’horreur destinés aux adolescents, notamment celles de Scream, de Wes Craven. Bobby est le petit ami de Cindy Campbell, personnage principal joué par Anna Faris.Le film rencontre un important succès commercial, avec plus de 278 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget d’environ 19 millions. Jon Abrahams et Anna Faris sont nommés au MTV Movie Award du meilleur baiser en 2001. Le personnage de Bobby Prinze devient l’un de ses rôles les plus connus.La même année, il participe à Mon beau-père et moi (Meet the Parents), comédie réalisée par Jay Roach. Il incarne Denny Byrnes, fils de Jack Byrnes, ancien agent de la CIA interprété par Robert De Niro. Ben Stiller tient le rôle de Greg Focker, infirmier qui tente d’obtenir l’approbation de son futur beau-père. Le personnage de Denny intervient notamment dans les situations embarrassantes auxquelles Greg est confronté pendant son séjour dans la famille Byrnes.Pour Jon Abrahams, ce tournage représente également une rencontre avec un acteur qu’il connaît depuis son enfance. Robert De Niro habite le même quartier new-yorkais que sa famille et constitue pour lui une figure familière du cinéma américain.Dans Les Initiés (Boiler Room, 2000), premier long métrage de Ben Younger, il interprète Jeff, employé d’une société de courtage dirigée par des financiers utilisant des méthodes frauduleuses. Le film réunit Giovanni Ribisi et Vin Diesel dans une intrigue consacrée aux pratiques commerciales de jeunes courtiers new-yorkais.Les collaborations avec le cinéma indépendant américainJon Abrahams continue de travailler avec des réalisateurs indépendants, notamment dans des productions dont les personnages évoluent dans des milieux urbains américains. Dans Les Années lycée (Outside Providence, 1999), réalisé par Michael Corrente et adapté du roman de Peter Farrelly, il interprète Drugs Delaney, ami du personnage principal joué par Shawn Hatosy. L’histoire se déroule dans le Rhode Island pendant les années 1970.Il apparaît également dans À tombeau ouvert (Bringing Out the Dead, 1999), réalisé par Martin Scorsese et écrit par Paul Schrader. Le film suit les nuits d’un ambulancier new-yorkais interprété par Nicolas Cage. Jon Abrahams y tient un petit rôle dans une scène située dans un club.En 2005, il joue Morris dans Petites Confidences (à ma psy) (Prime), comédie romantique réalisée par Ben Younger. Morris est un ami du personnage masculin principal, David Bloomberg, joué par Bryan Greenberg. Le film réunit également Uma Thurman et Meryl Streep autour d’une relation amoureuse compliquée par les liens familiaux entre les protagonistes.Sa collaboration avec le producteur et réalisateur Leonardo Ricagni donne lieu au court métrage What Are the Odds (2004), dans lequel il interprète Mike. Sa prestation est récompensée lors du Beverly Hills Film Festival.Dans Who Do You Love (2008), de Jerry Zaks, Jon Abrahams incarne Phil Chess, frère de Leonard Chess, fondateur du label Chess Records. Le film retrace le développement de cette maison de disques de Chicago, qui a notamment publié les enregistrements de Muddy Waters et Chuck Berry. Alessandro Nivola interprète Leonard Chess, tandis que Chi McBride tient le rôle de Willie Dixon. Le personnage de Phil Chess permet à Jon Abrahams d’aborder l’histoire de l’industrie musicale américaine à travers une figure ayant réellement participé au développement du blues et du rock.Le passage à la réalisation et les collaborations régulièresEn 2016, Jon Abrahams réalise son premier long métrage, All at Once, dont il assure également la production et interprète le rôle principal. Il y incarne James Maxwell, un artiste new-yorkais qui recueille les deux filles de ses meilleurs amis après la mort de leurs parents lors des attentats du 11 septembre 2001. Le film réunit notamment Erika Christensen, Annie Potts et Martin Donovan.Pour ce projet, Jon Abrahams travaille avec le directeur de la photographie Matthew Quinn, qu’il connaît depuis l’enfance. Leur collaboration repose sur une relation personnelle commencée lorsqu’ils avaient neuf ans. Quinn participe également à ses réalisations suivantes.En 2020, l’acteur réalise Clover, comédie policière dans laquelle deux frères doivent rembourser une dette à un gangster. Il interprète Mickey, tandis que Mark Webber joue son frère Jackie. Leur rencontre avec une jeune fille, Clover, interprétée par Nicole Elizabeth Berger, bouleverse leur tentative de régler leur situation. Le film réunit également Ron Perlman, Chazz Palminteri et Erika Christensen.Jon Abrahams retrouve ainsi Nicole Elizabeth Berger, qui interprétait l’une de ses filles adoptives dans All at Once. Le film est distribué en vidéo à la demande en avril 2020, alors que la pandémie de Covid-19 perturbe les sorties en salles aux États-Unis. La bande originale est composée par Leon Michels.Son troisième long métrage, Exploited (2022), aborde les violences et les menaces numériques dans un environnement universitaire. Le récit suit Brian, étudiant découvrant sur une clé USB des enregistrements compromettants liés à un ancien occupant de sa chambre. Le film réunit Jordan Ver Hoeve, Colin Bates et Will Peltz. Jon Abrahams en assure la réalisation, tandis que Matthew Quinn signe de nouveau la photographie.La pratique musicale et les activités personnellesEn dehors des plateaux, Jon Abrahams pratique la musique hip-hop. Il compose et enregistre des morceaux personnels, activité qu’il poursuit parallèlement à son travail d’acteur. Son intérêt pour la musique se retrouve notamment dans sa participation à Who Do You Love, consacré à la création de Chess Records.Il apparaît également dans le clip de This Ain’t a Scene, It’s an Arms Race, chanson du groupe américain Fall Out Boy, publiée en 2006 et intégrée à l’album Infinity on High (2007). Le clip, réalisé par Alan Ferguson, rassemble plusieurs personnalités associées à la culture populaire américaine.Les relations nouées au cours de son enfance new-yorkaise jouent également un rôle dans son activité de réalisateur. En collaborant avec Matthew Quinn sur plusieurs productions indépendantes, Jon Abrahams conserve un réseau professionnel constitué en partie avant ses premiers engagements au cinéma. Il travaille aussi à plusieurs reprises avec des acteurs comme Erika Christensen et Nicole Elizabeth Berger, qu’il retrouve dans ses propres films.
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Anne Alvaro · 75 ansAnne Alvaro, née le 29 octobre 1951 à Oran, en Algérie française, est une actrice française de théâtre, de cinéma et de télévision. Elle a notamment travaillé avec les metteurs en scène Georges Lavaudant, André Engel et Alain Françon. Elle a remporté à deux reprises le César de la meilleure actrice dans un second rôle, en 2001 pour Le Goût des autres, d’Agnès Jaoui, et en 2011 pour Le Bruit des glaçons, de Bertrand Blier. Elle est également lauréate du Molière de la comédienne en 2009 pour Gertrude (le cri), de Howard Barker.Une formation précoce et l’expérience des troupes théâtralesAnne Alvaro quitte l’Algérie avec sa famille à l’âge de trois ans et grandit à Créteil, dans la région parisienne. Elle s’inscrit au conservatoire de la ville vers l’âge de dix ans et découvre très jeune la pratique théâtrale. Elle rencontre notamment Jean Négroni, comédien et metteur en scène qui a collaboré avec Jean Vilar au Théâtre national populaire. Cette rencontre accompagne son intérêt pour le théâtre contemporain et pour le travail au sein d’une troupe.À la fin des années 1960, elle rejoint les compagnies issues du mouvement de renouvellement théâtral qui accompagne les événements de Mai 68. Elle commence sa carrière professionnelle en 1970 et travaille notamment avec le metteur en scène Denis Llorca. Son parcours se développe dans le réseau des théâtres publics et des compagnies indépendantes, où elle participe à des créations collectives ainsi qu’à des productions du répertoire classique.Les années suivantes lui permettent de collaborer avec Georges Lavaudant, dont le travail associe les grands textes dramatiques à une recherche sur le jeu des acteurs et l’organisation de l’espace scénique. Elle participe également à des spectacles d’André Engel, metteur en scène issu du mouvement de décentralisation théâtrale, qui développe notamment des productions dans des lieux détournés de leur fonction habituelle.En 1979, Anne Alvaro interprète Hedda dans Hedda Gabler, d’Henrik Ibsen, à Reims. Son travail sur ce personnage fait notamment l’objet d’une rencontre publiée dans la revue Femmes en mouvements. Elle poursuit ensuite ses collaborations avec des metteurs en scène comme Claude Guerre et Robert Wilson.En 1986, elle participe à la fondation des Acteurs Producteurs Associés (APA), collectif réunissant notamment André Wilms, Anouk Grinberg et André Marcon, ainsi que Michel Didym. Cette association permet à des comédiens de prendre part à la production de leurs propres spectacles. L’année suivante, Anne Alvaro est nommée au Molière de la comédienne dans un second rôle pour Ce soir on improvise, de Luigi Pirandello.Le travail des grands textes contemporainsAnne Alvaro entretient une relation suivie avec le théâtre de Bernard-Marie Koltès, auteur dont les pièces occupent une place importante dans la création dramatique française depuis les années 1980. Elle participe notamment à Dans la solitude des champs de coton, dialogue entre un dealer et un client construit autour d’une proposition commerciale dont l’objet demeure indéterminé.Elle retrouve cette œuvre dans une mise en scène de Roland Auzet, présentée à partir de 2015. Le spectacle repose sur une confrontation entre deux interprètes et fait intervenir des dispositifs sonores dans la représentation. Cette production donne lieu à plusieurs représentations en France, notamment au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris.Sa collaboration avec le théâtre contemporain se poursuit avec Howard Barker, dramaturge britannique dont elle interprète Gertrude (le cri), réécriture de l’histoire de la mère d’Hamlet. Dans cette pièce, Gertrude occupe la place centrale, tandis que les événements liés au meurtre du roi sont envisagés à travers ses relations avec les autres personnages.En 2009, son interprétation de Gertrude lui vaut le Molière de la comédienne, récompense majeure du théâtre français. Elle avait également reçu en 2008 le prix de la meilleure comédienne du Syndicat de la critique pour La Tragédie optimiste, de Vsevolod Vichnevski, dans une mise en scène de Patrick Pineau.Elle travaille par ailleurs avec le metteur en scène Alain Françon, notamment autour d’œuvres du répertoire moderne. Ces engagements s’inscrivent dans une activité théâtrale qui la conduit à retrouver régulièrement des auteurs comme Shakespeare et Tchekhov, ainsi que des dramaturges contemporains.En 2014, Anne Alvaro interprète Anna Politkovskaïa dans Femme non rééducable, texte de Stefano Massini mis en scène par Arnaud Meunier. Le spectacle retrace le travail de la journaliste russe assassinée à Moscou en 2006, notamment ses enquêtes sur la guerre de Tchétchénie et les violations des droits humains. Le texte s’appuie sur des épisodes de sa vie professionnelle et sur les menaces auxquelles elle a été confrontée.Elle participe ensuite à Les Bacchantes, d’après Euripide, dans une mise en scène de Sara Llorca présentée en 2017. Cette production marque également une collaboration avec sa fille, la metteuse en scène Sara Llorca, elle-même engagée dans la création théâtrale contemporaine.La reconnaissance au cinéma avec Agnès Jaoui et Bertrand BlierAnne Alvaro fait ses débuts au cinéma dans Danton (1983), d’Andrzej Wajda, où elle interprète Éléonore Duplay, la fille du logeur de Robespierre. Le film, tourné en France, retrace l’affrontement politique entre Georges Danton, incarné par Gérard Depardieu, et Maximilien Robespierre, joué par Wojciech Pszoniak, pendant la Révolution française.Elle collabore ensuite avec le cinéaste chilien Raoul Ruiz, qui lui confie le personnage d’Isidore dans La Ville des pirates (1983), aux côtés de Melvil Poupaud et Hugues Quester. Elle retrouve également Romain Goupil dans La Java des ombres, puis dans À mort la mort ! (1999), où elle interprète Florence, l’une des proches d’un personnage confronté à la disparition de plusieurs de ses amis.Sa rencontre avec Agnès Jaoui lui apporte une reconnaissance auprès d’un public plus large. Dans Le Goût des autres (2000), premier long métrage réalisé par Jaoui, elle interprète Clara Devaux, une comédienne qui donne des cours d’anglais à Jean-Jacques Castella, chef d’entreprise incarné par Jean-Pierre Bacri. Celui-ci découvre Clara sur scène et s’éprend d’elle. Le film, écrit par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, s’intéresse aux relations entre des personnages issus de milieux sociaux différents.L’interprétation de Clara vaut à Anne Alvaro le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 2001. Le film obtient également les César du meilleur film, du meilleur scénario et de la meilleure actrice dans un second rôle pour elle, ainsi que celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Gérard Lanvin. Il est nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.Dix ans plus tard, Bertrand Blier lui confie le rôle de Louisa dans Le Bruit des glaçons (2010), comédie dramatique réunissant Jean Dujardin et Albert Dupontel. Louisa est la gouvernante d’un écrivain alcoolique, Charles Faulque, auquel son cancer apparaît sous une forme humaine. Elle découvre qu’elle est elle-même atteinte de la maladie, également personnifiée dans le récit par une femme interprétée par Myriam Boyer.Ce rôle lui permet de remporter un deuxième César de la meilleure actrice dans un second rôle, lors de la cérémonie de 2011. Elle figure ainsi parmi les comédiennes françaises récompensées plusieurs fois dans cette catégorie.La littérature, les lectures publiques et les créations scéniquesAnne Alvaro participe régulièrement à des lectures publiques et à des adaptations scéniques d’œuvres littéraires. Son travail comprend notamment des textes de Fernando Pessoa et de Charles Péguy, ainsi que des créations autour d’auteurs contemporains. En 2006, elle interprète Le Marin, de Pessoa, dans une mise en scène d’Alain Ollivier.Elle travaille également avec Patrick Pineau sur des textes d’António Lobo Antunes. En 2011, elle participe à Exhortation aux crocodiles, adaptation du roman de l’écrivain portugais, publié en 1999. L’œuvre donne la parole à quatre femmes dont les existences sont liées à l’histoire politique du Portugal.Sa collaboration avec le chorégraphe Thierry Thieû Niang donne naissance au spectacle Voici mon cœur, c’est un bon cœur, conçu à partir de textes de l’écrivaine américaine Gertrude Stein. Les deux artistes associent la lecture à une recherche sur le mouvement et sur la présence des corps. Le spectacle est notamment présenté au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis en avril 2018.En 2019, Anne Alvaro rejoint Georges Lavaudant pour L’Orestie, adaptation de la trilogie d’Eschyle. Elle participe également à Vents contraires, texte et mise en scène de Jean-René Lemoine, présenté à la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, à Bobigny.Elle retrouve ensuite le répertoire shakespearien avec Hamlet, dans une mise en scène de Gérard Watkins en 2021. En 2024, elle participe à Par les villages, de Peter Handke, sous la direction de Sébastien Kheroufi. Ce texte dramatique, créé en 1982, met en scène le retour d’un écrivain dans son village natal et ses retrouvailles avec son frère et sa sœur.Anne Alvaro est nommée chevalier de la Légion d’honneur en 2013, puis officier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2014. Elle reçoit également en 2011 le prix Reconnaissance des cinéphiles, décerné par l’association Souvenance de cinéphiles, qui récompense l’ensemble de son parcours d’interprète.
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Arsenio · 91 ansArsenio « Sonny » Trinidad, né le 29 octobre 1911 et mort le 29 septembre 2003 à Los Angeles, en Californie, est un acteur américain. Il a notamment interprété Ichiro dans Karaté Kid II (1986), Hung Fat dans Darkman (1990) et un moine bouddhiste dans Miss Karaté Kid (1994). Il a également travaillé au théâtre, notamment dans une production de A Majority of One, et participé à de nombreuses séries télévisées américaines.Une expérience théâtrale avant le cinémaArsenio Trinidad exerce le métier de comédien de théâtre avant ses apparitions au cinéma et à la télévision. Il participe notamment à une production de A Majority of One, pièce de Leonard Spigelgass créée à Broadway en 1959. Le spectacle est présenté au Hanna Theatre de Cleveland, dans l’Ohio, par la Theatre Guild, sous la direction de Dore Schary, également producteur.Il partage la scène avec Gertrude Berg, interprète principale de la pièce, ainsi qu’avec Cedric Hardwicke et Berta Gersten. La distribution réunit également Maurice Ottinger, Joyce Flynn et Kanna Ishii. Les décors sont conçus par Donald Oenslager.A Majority of One raconte la rencontre entre une veuve juive de Brooklyn et un homme d’affaires japonais, dans un contexte marqué par les souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. La pièce reçoit plusieurs distinctions lors de sa création new-yorkaise, dont le Tony Award de la meilleure pièce en 1959.Des personnages asiatiques dans le cinéma américainAu cours des années 1980, Arsenio Trinidad participe à plusieurs longs métrages américains. Dans Karaté Kid II (1986), réalisé par John G. Avildsen, il interprète Ichiro. Le film retrouve Daniel LaRusso, joué par Ralph Macchio, et son professeur de karaté, M. Miyagi, incarné par Pat Morita. Les deux personnages se rendent à Okinawa, où Miyagi retrouve des personnes qu’il a connues dans sa jeunesse.En 1987, Arsenio Trinidad tient le rôle de Tran dans Black Widow, thriller réalisé par Bob Rafelson avec Debra Winger et Theresa Russell. Il joue ensuite Other Nguyen dans Gleaming the Cube (1989), film de Graeme Clifford qui réunit Christian Slater et Steven Bauer autour d’une enquête menée par un adolescent passionné de skateboard.Le réalisateur Sam Raimi l’engage dans Darkman (1990), où il interprète Hung Fat. Liam Neeson y incarne Peyton Westlake, scientifique défiguré qui utilise une technologie expérimentale pour fabriquer des masques lui permettant de prendre l’apparence d’autres personnes.En 1994, Arsenio Trinidad joue Wu dans The Shadow, adaptation de l’univers du héros de fiction créé par Walter B. Gibson, réalisée par Russell Mulcahy et interprétée par Alec Baldwin.La même année, il retrouve la franchise Karaté Kid dans Miss Karaté Kid (The Next Karate Kid), réalisé par Christopher Cain. Il y interprète le supérieur d’un monastère bouddhiste, auprès duquel M. Miyagi séjourne avec Julie Pierce, adolescente jouée par Hilary Swank. L’acteur est crédité sous le nom d’Arsenio Trinidad. Il apparaît ensuite dans Ace Ventura en Afrique (1995), réalisé par Steve Oedekerk, dans le rôle d’un moine d’ashram.Des engagements dans les séries policières et d’aventuresArsenio Trinidad travaille également pour la télévision américaine. En 1980, il interprète Harold dans Police Story, série policière créée par Joseph Wambaugh, dans l’épisode Confessions of a Lady Cop. Deux ans plus tard, il apparaît dans Tales of the Gold Monkey, série d’aventures située dans le Pacifique Sud à la fin des années 1930.Dans Rick Hunter, il incarne deux personnages distincts. Il joue M. Nim dans l’épisode Night of the Dragons (1985), puis Peter Kwan dans Honorable Profession (1988). Il participe également à Supercopter (Airwolf) en 1986, dans le rôle de Diem.En 1986, Arsenio Trinidad interprète Kahn dans MacGyver, au cours de l’épisode The Road Not Taken, dans lequel le personnage principal, joué par Richard Dean Anderson, intervient dans une opération de sauvetage en Asie du Sud-Est.La série de science-fiction Max Headroom, diffusée sur ABC, lui confie le personnage de Ped Xing dans trois épisodes en 1987. Il apparaît notamment dans Rakers, Body Banks et War. La même année commence sa participation à L’Enfer du devoir (Tour of Duty), fiction militaire consacrée à des soldats américains pendant la guerre du Vietnam. Il y interprète notamment un chef de village katu dans l’épisode Paradise Lost, diffusé en 1988.Il joue également dans China Beach, autre série située pendant la guerre du Vietnam, où il incarne différents personnages vietnamiens. Cette production, créée par John Sacret Young et William Broyles Jr., s’intéresse notamment au personnel médical d’une base américaine.Les derniers rôles et le doublagePendant les années 1990, Arsenio Trinidad poursuit ses apparitions dans des productions télévisées. Il incarne le docteur Park dans All-American Girl (1995), sitcom créée autour de Margaret Cho et consacrée à une famille coréano-américaine. Il interprète également M. Kwan dans Dharma et Greg (1997), série mettant en scène Jenna Elfman et Thomas Gibson.En 1999, il joue le docteur Chi-Chow dans Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven), adaptation télévisée du western de John Sturges. Le personnage apparaît dans l’épisode Chinatown, diffusé pendant la deuxième saison.Arsenio Trinidad participe aussi au doublage de La Famille Delajungle (The Wild Thornberrys), série animée créée par Arlene Klasky, Gábor Csupó et Steve Pepoon. Il prête sa voix à un juge de tir à l’arc dans un épisode diffusé en 2000.Sa dernière apparition télévisée répertoriée intervient dans Malcolm (Malcolm in the Middle). Il y interprète M. Li dans l’épisode High School Play, diffusé le 10 décembre 2000, au cours de la deuxième saison. Cette comédie créée par Linwood Boomer suit la vie familiale et scolaire de Malcolm, interprété par Frankie Muniz.Il travaille également dans le domaine du jeu vidéo. En 1998, il prête sa voix à Imul, un jardinier, dans The Journeyman Project 3: Legacy of Time, jeu d’aventure développé par Presto Studios, dont l’intrigue repose sur les voyages temporels et l’exploration de civilisations anciennes.
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Gregg Bello · 63 ansGregg Bello est un acteur et producteur américain, né un 29 octobre à New York, aux États-Unis. Il a notamment travaillé avec les réalisateurs Darren Aronofsky, Ridley Scott et John McTiernan. Il participe à plusieurs films de Darren Aronofsky, dont The Wrestler (2008) et Noé (2014). Il est aussi producteur, notamment sur le thriller policier Crown Vic (2019), réalisé par Joel Souza.Des premiers rôles dans le cinéma new-yorkaisGregg Bello apparaît dans la série policière New York, police judiciaire (Law & Order) au cours des années 1990, avant de participer à plusieurs productions cinématographiques. Il interprète notamment un policier dans Gravesend, film indépendant réalisé par Salvatore Stabile et présenté au festival de Sundance en 1997. L’intrigue suit quatre jeunes hommes de Brooklyn confrontés aux conséquences d’un homicide accidentel.La même année, Ridley Scott lui confie le rôle de Miller dans À armes égales (G.I. Jane), avec Demi Moore dans le rôle d’une militaire américaine soumise à un entraînement particulièrement éprouvant. En 1999, Gregg Bello joue Iggy dans Thomas Crown, réalisé par John McTiernan. Cette nouvelle version du film de Norman Jewison, sorti en 1968, réunit Pierce Brosnan et Rene Russo autour du vol d’un tableau dans un musée new-yorkais.L’acteur participe également à Jakob le menteur (1999), de Peter Kassovitz, dans lequel Robin Williams interprète un habitant d’un ghetto juif pendant la Seconde Guerre mondiale. Gregg Bello y tient le rôle de Blumenthal.Les collaborations avec Darren AronofskyLe réalisateur Darren Aronofsky engage Gregg Bello dans plusieurs de ses longs métrages. Dans Requiem for a Dream (2000), adaptation du roman d’Hubert Selby Jr., il interprète un médecin des urgences. Le film suit notamment les personnages joués par Jared Leto et Jennifer Connelly, dont les trajectoires sont marquées par la toxicomanie.En 2008, il retrouve Aronofsky pour The Wrestler, drame consacré à Randy Robinson, ancien catcheur professionnel interprété par Mickey Rourke. Gregg Bello incarne Larry Cohen, organisateur de spectacles pour la Jersey All Pro Wrestling (JAPW), une fédération américaine de catch indépendant. Le film est tourné notamment dans le New Jersey, en utilisant de véritables lieux et manifestations de catch. Il remporte le Lion d’or à la Mostra de Venise en 2008.La collaboration se poursuit en 2014 avec Noé (Noah), adaptation cinématographique du récit biblique du Déluge. Gregg Bello y interprète Testu-col, personnage appartenant à l’entourage de Tubal-Caïn, joué par Ray Winstone. Russell Crowe tient le rôle principal.L’acteur participe également à Mother ! (2017), drame fantastique et psychologique dans lequel Jennifer Lawrence interprète une femme dont la maison est progressivement envahie par des visiteurs. Gregg Bello y joue un personnage désigné au générique sous le nom de Pisser.Une activité de producteur indépendantEn parallèle de ses engagements comme comédien, Gregg Bello participe à la production de plusieurs films indépendants. En 2011, il produit Carl[a], long métrage réalisé par Eli Hershko, dans lequel il interprète Sam Farber. Le film est consacré au parcours de Carla, une femme transgenre new-yorkaise incarnée par Joslyn DeFreece, et à sa relation avec un homme joué par Mark Margolis.Il travaille également comme coproducteur de Christmas Trade (2015), comédie familiale réalisée par Joel Souza et interprétée notamment par William Baldwin.Sa collaboration avec Souza se poursuit avec Crown Vic (2019), dont il est l’un des producteurs aux côtés d’Anjul Nigam, Alec Baldwin et Maxx Tsai. Présenté au Festival du film de Tribeca, le long métrage suit deux policiers de Los Angeles au cours d’une patrouille nocturne. Thomas Jane interprète un agent expérimenté chargé d’accompagner une jeune recrue jouée par Luke Kleintank. Gregg Bello tient également le rôle de Don Koski.Le film est tourné dans l’ouest de l’État de New York. Gregg Bello accompagne notamment sa présentation au Festival international du film de Buffalo en 2019, aux côtés du producteur Anjul Nigam.Des collaborations renouvelées avec le cinéma indépendantGregg Bello retrouve plusieurs collaborateurs dans des productions américaines indépendantes. En 2018, il joue Isaac dans Bayou Caviar, premier long métrage réalisé par Cuba Gooding Jr., qui interprète également le personnage principal. Le film réunit Richard Dreyfuss et Famke Janssen dans une intrigue criminelle située en Louisiane.Au cours de la même période, il poursuit son activité de comédien dans des fictions contemporaines. Dans Blue Bloods, il interprète Benny Roth, un personnage apparaissant dans un épisode de la troisième saison diffusé en 2013. Il participe également à Billions (2016), série consacrée aux rapports entre la finance new-yorkaise et la justice fédérale.En 2022, il incarne Sheldon dans Simchas and Sorrows, comédie dramatique écrite et réalisée par Genevieve Adams. Le film suit une jeune femme qui entreprend une conversion au judaïsme dans le cadre de sa relation amoureuse.Gregg Bello retrouve Darren Aronofsky pour Pris au piège (Caught Stealing, 2025), thriller adapté du roman de Charlie Huston. Il y interprète l’agent Runz, aux côtés d’Austin Butler, qui incarne Hank Thompson, un ancien joueur de baseball entraîné dans une affaire criminelle à New York. En 2025, il apparaît également dans la deuxième saison de Poker Face, créée par Rian Johnson, où il joue Peter dans l’épisode Whack-A-Mole.
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Susan Blackwell · 57 ansSusan Blackwell, née le 29 octobre 1969 à Dayton, dans l’Ohio, aux États-Unis, est une actrice, chanteuse, dramaturge et animatrice américaine. Elle est particulièrement connue pour avoir participé à la création et à l’interprétation de la comédie musicale [title of show], présentée à Broadway en 2008. Elle a également coécrit Now. Here. This., créé Off-Broadway en 2012. Parallèlement à ses activités théâtrales, elle anime la série d’entretiens Side by Side by Susan Blackwell, consacrée aux personnalités du spectacle américain.Une formation théâtrale et une expérience dans le monde de l’entrepriseSusan Blackwell grandit à Dayton, dans l’Ohio, où elle fréquente les établissements scolaires du district de Bethel. Elle entreprend des études d’art dramatique à la Wright State University, dont elle obtient un Bachelor of Fine Arts en interprétation théâtrale. Elle poursuit sa formation à l’université du Minnesota, où elle décroche un Master of Fine Arts dans la même discipline.Elle intègre ensuite pendant deux saisons la compagnie permanente du Guthrie Theater, à Minneapolis, institution fondée en 1963 par le metteur en scène Tyrone Guthrie. Elle participe à des productions théâtrales, puis s’établit à New York, où elle travaille dans plusieurs compagnies indépendantes. Elle joue notamment dans Working Title en 1996, puis dans Vilna’s Got a Golem en 1997.Avec un partenaire artistique, elle forme également le duo comique The New Wondertwins, qui présente des spectacles dans plusieurs salles new-yorkaises, notamment Dixon Place et Caroline’s Comedy Club. Le duo se produit aussi au HBO Workspace de Los Angeles, un espace consacré au développement de projets humoristiques.Au cours de cette période, Susan Blackwell interrompt son activité de comédienne pour occuper un emploi dans une entreprise. Elle y exerce des fonctions administratives et de direction, expérience professionnelle qui se prolonge pendant plusieurs années. Cette double connaissance du théâtre et du monde de l’entreprise nourrit par la suite plusieurs de ses créations scéniques, dont [title of show], où elle interprète un personnage partageant son temps entre un emploi de bureau et la pratique du spectacle.La création de [title of show] et l’arrivée à BroadwayLa collaboration de Susan Blackwell avec le dramaturge Hunter Bell et le compositeur Jeff Bowen constitue un épisode déterminant de son parcours artistique. Les deux auteurs conçoivent en 2004 une comédie musicale consacrée à la création d’une comédie musicale. Ils invitent leurs amies Susan Blackwell et Heidi Blickenstaff à rejoindre le projet, dont les quatre interprètes jouent des versions fictionnalisées d’eux-mêmes.Intitulée [title of show], l’œuvre raconte les efforts de deux auteurs disposant de trois semaines et demie pour présenter un spectacle au New York Musical Theatre Festival. Les personnages décident de prendre leur propre processus de création comme sujet. Le texte intègre ainsi leurs discussions sur l’écriture, les difficultés de production et les ambitions des artistes qui cherchent à se faire une place dans le théâtre musical new-yorkais.Susan Blackwell participe à l’élaboration du spectacle et interprète Susan, une employée de bureau qui retrouve ses amis pour travailler à leur comédie musicale. Parmi ses interventions figure la chanson Die Vampire, Die !, consacrée aux doutes et aux critiques intérieures qui empêchent les artistes de développer leurs idées. La chanson fait partie de l’enregistrement original publié en 2006.Présenté pour la première fois au New York Musical Theatre Festival en 2004, le spectacle est repris au Vineyard Theatre, dans le quartier de Manhattan, en 2006. Cette production Off-Broadway, mise en scène par Michael Berresse, bénéficie d’une prolongation et attire l’attention des professionnels du théâtre musical.Le 17 juillet 2008, [title of show] ouvre au Lyceum Theatre, à Broadway, avec ses quatre interprètes d’origine. Il s’agit des débuts de Susan Blackwell sur cette scène. La production reste à l’affiche jusqu’au 12 octobre 2008, après 102 représentations et 13 avant-premières. Hunter Bell reçoit une nomination au Tony Award du meilleur livret de comédie musicale en 2009. Les quatre interprètes participent également à la diffusion du spectacle sur Internet à travers une série humoristique intitulée The [title of show] Show.L’écriture collective et les créations autobiographiquesL’équipe réunie autour de [title of show] poursuit son travail avec Now. Here. This., nouvelle comédie musicale créée au Vineyard Theatre en mars 2012. Susan Blackwell en écrit le livret avec Hunter Bell, tandis que Jeff Bowen compose la musique et les paroles. Heidi Blickenstaff participe de nouveau à la distribution, sous la direction de Michael Berresse. Larry Pressgrove assure la direction musicale et les arrangements.L’œuvre s’appuie sur les expériences personnelles des quatre interprètes et aborde leur enfance, leurs relations familiales et leur rapport au présent. Le spectacle associe des souvenirs autobiographiques à des chansons originales. Il est présenté du 28 mars au 22 avril 2012 au Vineyard Theatre, après une période d’avant-premières commencée le 7 mars. Un album interprété par la distribution originale est publié la même année.Susan Blackwell collabore également avec d’autres auteurs et compositeurs. Elle écrit notamment Linda Bell, chanson mise en musique par Larry Pressgrove, ainsi que Sewing Machine, composée avec Ryan Fielding Garrett. Cette dernière est enregistrée pour son podcast The Spark File.Son activité théâtrale comprend aussi la création de Volleygirls, comédie musicale présentée au New York Musical Theatre Festival. Elle y interprète un personnage dans une histoire consacrée à une équipe féminine de volley-ball. Elle participe par ailleurs à des productions Off-Broadway telles que Speech & Debate, de Stephen Karam, présentée au Laura Pels Theatre en 2007, et The Kid, comédie musicale produite par The New Group en 2010.Les entretiens avec les artistes de BroadwayEn 2009, Susan Blackwell lance sur Broadway.com une émission d’entretiens intitulée Side by Side by Susan Blackwell. Elle y reçoit des comédiens et des personnalités du théâtre musical américain, qu’elle interroge sur leur parcours et leurs expériences professionnelles.La série se caractérise par des rencontres organisées dans des lieux variés et par l’utilisation d’activités partagées pour favoriser la conversation. Susan Blackwell accompagne notamment ses invités dans des tâches quotidiennes, des ateliers ou des visites, tout en abordant leurs pratiques artistiques. Elle développe ainsi une forme d’entretien qui associe discussion biographique et improvisation humoristique.Parmi ses invités figurent plusieurs interprètes de Broadway, notamment Sutton Foster, Jonathan Groff et Laura Benanti. L’émission lui permet également de retrouver des collaborateurs comme Heidi Blickenstaff, avec laquelle elle a partagé la scène dans [title of show].Susan Blackwell crée et interprète le thème musical de l’émission. Elle en assure aussi l’écriture et participe à sa production. Diffusée sur Internet jusqu’en 2019, la série compte plusieurs dizaines d’épisodes et contribue à sa notoriété auprès du public du théâtre musical américain.Une activité d’actrice dans les productions américainesSusan Blackwell apparaît au cinéma dans plusieurs productions tournées à New York. Elle interprète une productrice de rédaction dans Dérapages incontrôlés (Changing Lanes, 2002), thriller réalisé par Roger Michell avec Ben Affleck et Samuel L. Jackson.En 2007, elle joue Vicky dans P.S. I Love You, adaptation cinématographique du roman de Cecelia Ahern réalisée par Richard LaGravenese. Elle participe également à Margot va au mariage (Margot at the Wedding), film de Noah Baumbach réunissant Nicole Kidman et Jennifer Jason Leigh.Dans Margin Call (2011), réalisé par J. C. Chandor, Susan Blackwell interprète Lauren Bratberg. Le récit se déroule au sein d’une banque d’investissement confrontée aux prémices d’une crise financière. Elle joue ensuite une journaliste de radio dans A Most Violent Year (2014), du même réalisateur, et apparaît dans Birdman (2014), d’Alejandro González Iñárritu, dont l’intrigue se déroule dans le milieu théâtral new-yorkais.Ses engagements télévisés comprennent des apparitions dans Les Soprano, New York, unité spéciale et Smash. Elle interprète Lucy dans un épisode de Master of None en 2015, puis Lorraine Sheridan dans Madam Secretary en 2018. La même année, elle joue Stephanie dans Succession, série créée par Jesse Armstrong et consacrée à une puissante famille de propriétaires de médias.En 2019, Susan Blackwell partage l’affiche d’Auggie, réalisé par Matt Kane, avec Richard Kind. Elle y interprète Anne Greystone, épouse d’un homme qui développe une relation affective avec une compagne virtuelle grâce à un dispositif de réalité augmentée.La transmission des pratiques créativesEn dehors de ses activités d’interprète, Susan Blackwell développe un travail de formation consacré à la créativité. Elle intervient dans des établissements d’enseignement artistique et anime des ateliers destinés aux comédiens, aux auteurs et aux professionnels d’autres secteurs.Elle s’appuie notamment sur ses vingt années d’expérience dans la gestion et le monde de l’entreprise pour élaborer des programmes associant exercices théâtraux et techniques de développement créatif. Elle intervient auprès d’organisations culturelles, d’universités et de grandes entreprises américaines, où elle dirige des séances collectives consacrées à l’expression personnelle et à l’élaboration de projets.Avec Laura Camien, elle crée le podcast The Spark File, consacré aux mécanismes de l’inspiration et à la réalisation de projets artistiques. Les deux animatrices y abordent des créations littéraires ou musicales et examinent les méthodes utilisées par différents artistes pour concrétiser leurs idées. Cette collaboration se prolonge par des ateliers et des formations organisés sous le même nom.Susan Blackwell participe également à des programmes de formation proposés par la Broadway Artists Alliance, organisation qui dispense des enseignements aux jeunes interprètes de théâtre musical. Elle y partage son expérience de la création collective et de l’improvisation, acquise notamment au sein des compagnies indépendantes new-yorkaises.
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Jed Brophy · 63 ansJed Brophy, né le 29 octobre 1963 à Taihape, en Nouvelle-Zélande, est un acteur néo-zélandais. Il est particulièrement connu pour sa collaboration avec le réalisateur Peter Jackson, qui lui a confié plusieurs personnages dans les trilogies du Seigneur des anneaux et du Hobbit. Formé à l’école nationale d’art dramatique Toi Whakaari, il mène également une carrière théâtrale qui lui vaut plusieurs récompenses en Nouvelle-Zélande. Il a notamment reçu le prix du meilleur acteur aux Chapman Tripp Theatre Awards en 2009.Une vocation née à l’université d’OtagoJed Brophy grandit à Mataroa, localité rurale de l’île du Nord, dans une famille d’agriculteurs élevant des moutons et des bovins. Il fréquente l’école primaire de Mataroa, puis le Palmerston North Boys' High School. Il travaille quelque temps dans l’exploitation familiale avant d’entreprendre des études à l’université d’Otago, à Dunedin, dans le but de devenir professeur d’éducation physique.Son cursus comprend des enseignements de sciences du sport et de kinésiologie. Il choisit également de suivre des cours d’art dramatique, qui lui permettent de découvrir le jeu théâtral. Après trois années d’études universitaires, il décide de poursuivre une formation professionnelle de comédien à Wellington.Il intègre Toi Whakaari: New Zealand Drama School, dont il sort diplômé en 1987. Il rejoint ensuite le Centrepoint Theatre de Palmerston North, avant de travailler pendant deux ans sur les scènes de Wellington. Ces premiers engagements lui permettent d’acquérir une expérience du théâtre de répertoire et de participer à des créations contemporaines néo-zélandaises.Sa première apparition à l’écran intervient en 1988, dans Small War on the Edge of Town, production de la National Film Unit réalisée par Ian Mune. Il y interprète un policier chargé de négocier avec un homme vivant dans une maison mobile. Le film réunit également Peter Hambleton, qu’il retrouvera plusieurs années plus tard dans la trilogie du Hobbit.En 1992, il obtient le rôle du soldat Fred South dans Chunuk Bair, réalisé par Dale G. Bradley et adapté d’une pièce de Maurice Shadbolt. Le film retrace la participation de soldats néo-zélandais à la bataille de Chunuk Bair, pendant la campagne des Dardanelles en août 1915. Jed Brophy avait auparavant participé à une adaptation radiophonique de cette œuvre. Il obtient son rôle au cinéma après s’être présenté personnellement aux auditions, malgré les réserves initiales de son agent.Une longue collaboration avec Peter JacksonLa rencontre professionnelle avec Peter Jackson intervient pendant la préparation de Braindead (1992), comédie horrifique réalisée à Wellington. Jed Brophy y interprète Void, membre d’un groupe de voyous confrontés à une épidémie transformant les habitants en morts-vivants. Le tournage fait largement appel aux maquillages spéciaux et aux effets mécaniques conçus par les équipes néo-zélandaises qui contribueront ensuite au développement de Wētā Workshop.Jackson le retrouve dans Créatures célestes (1994), drame inspiré de l’affaire Parker-Hulme survenue à Christchurch en 1954. Jed Brophy y incarne John, un pensionnaire de la famille Rieper. Le film, interprété notamment par Melanie Lynskey et Kate Winslet, reçoit le Lion d’argent de la mise en scène à la Mostra de Venise.Le réalisateur lui confie ensuite plusieurs personnages dans l’adaptation cinématographique du Seigneur des anneaux, tournée principalement en Nouvelle-Zélande. L’acteur interprète notamment des Orques, dont Snaga et Sharku, ainsi qu’un cavalier noir. Ces rôles nécessitent des séances prolongées de maquillage et le port de prothèses corporelles. Pour Sharku, chef d’une troupe de chevaucheurs de wargs, il doit également réaliser des scènes à cheval et participer à des séquences de combat.Cette collaboration se prolonge avec King Kong (2005), dans lequel il interprète un marin du Venture, le navire qui transporte l’équipe de tournage vers Skull Island. Jed Brophy retrouve les équipes techniques et artistiques constituées autour de Peter Jackson, notamment les spécialistes des effets visuels et des créatures de Wētā.En 2012, il incarne Nori, l’un des treize Nains accompagnant Thorin Écu-de-Chêne dans la trilogie du Hobbit. Le personnage, reconnaissable à sa coiffure composée de trois pointes, est le frère de Dori et d’Ori, interprétés respectivement par Mark Hadlow et Adam Brown. Nori fait partie de l’expédition conduite par Gandalf et Bilbon Sacquet vers la Montagne Solitaire.Pour ce rôle, Jed Brophy travaille avec les équipes de maquillage et de costumes afin de donner au personnage une apparence spécifique. Il participe également à la préparation physique des acteurs incarnant les Nains, notamment pour les combats et les scènes d’action. Le tournage réunit à nouveau plusieurs comédiens néo-zélandais qui avaient participé au Seigneur des anneaux, dont Peter Hambleton, interprète de Glóin.Le théâtre néo-zélandais et les récompenses professionnellesLe théâtre occupe une place importante dans le parcours de Jed Brophy, notamment à Wellington, où il travaille régulièrement avec les compagnies Circa Theatre et Downstage Theatre. En 1996, il interprète Laërte dans Hamlet, de William Shakespeare, sous la direction de Bruce Phillips. La même année, il joue Pablo Picasso dans Picasso at the Lapin Agile, comédie de Steve Martin présentée au Circa Theatre.Sa collaboration avec le dramaturge néo-zélandais Gary Henderson prend une importance particulière avec Skin Tight. Créée dans les années 1990, cette pièce met en scène Tom et Elizabeth, un couple d’agriculteurs dont l’histoire conjugale est évoquée à travers des souvenirs et des confrontations physiques. Jed Brophy interprète Tom dans plusieurs productions, notamment aux côtés de l’actrice Lara Macgregor.En 1998, Skin Tight est présentée au Festival Fringe d’Édimbourg, dans une mise en scène de Cathy Downes. La production reçoit un Scotsman Fringe First Award, récompensant les nouvelles œuvres présentées au festival. Jed Brophy reprend ensuite le personnage de Tom lors de plusieurs tournées en Nouvelle-Zélande, notamment dans les productions de 2004 et 2006 dirigées par Miranda Harcourt.Le comédien retrouve Gary Henderson pour l’adaptation théâtrale de The Book of Fame, roman de Lloyd Jones consacré à la tournée de 1905-1906 de l’équipe néo-zélandaise de rugby surnommée les « Originals ». Présenté à Wellington en 2003, le spectacle réunit notamment Peter Rutherford et Shannon Small.En 2009, son interprétation dans The Blackening, pièce de Paul Rothwell mise en scène par Paul McLaughlin, lui vaut le Chapman Tripp Theatre Award du meilleur acteur à Wellington. Il avait auparavant reçu le prix du meilleur acteur au Drifting Clouds Short Film Festival pour Group Therapy (2000), puis une nomination aux Nokia New Zealand Film Awards pour le court métrage Room Tone en 2001.Le travail physique et la transmission du métierLa formation sportive de Jed Brophy joue un rôle dans sa pratique professionnelle. Son expérience de l’équitation et son entraînement physique lui permettent d’interpréter des personnages nécessitant des combats chorégraphiés ou des déplacements à cheval. Il participe à des séquences d’action qui font appel à la coordination des mouvements avec les cascadeurs et les spécialistes des effets visuels.Pendant les tournages des adaptations de Tolkien, il travaille notamment avec les équipes de Wētā Workshop pour adapter son jeu aux prothèses et aux costumes. Les contraintes imposées par les maquillages des Orques nécessitent une préparation particulière des déplacements et des expressions corporelles. Il pratique également les techniques de capture de mouvement utilisées dans les productions cinématographiques néo-zélandaises.Jed Brophy intervient par ailleurs dans la formation de jeunes comédiens. Il enseigne ponctuellement à Toi Whakaari, l’établissement dont il est diplômé, ainsi qu’au Whitireia Performing Arts de Wellington. Il transmet notamment son expérience du jeu physique et des techniques d’interprétation devant la caméra.Son fils, Sadwyn Brophy, a également travaillé comme acteur. Enfant, celui-ci interprète Eldarion, fils d’Aragorn et d’Arwen, dans une vision d’Arwen présentée dans Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi (2003).
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Hamilton Camp · 70 ansHamilton Camp, né le 30 octobre 1934 à Londres, au Royaume-Uni, et mort le 2 octobre 2005 à Los Angeles, en Californie, est un acteur et auteur-compositeur-interprète britannique ayant fait l’essentiel de sa carrière aux États-Unis. Connu sous le nom de Bob Camp au début des années 1960, il participe au renouveau de la musique folk américaine aux côtés du chanteur Bob Gibson. Il mène parallèlement une carrière de comédien au théâtre, au cinéma et à la télévision, ainsi que dans le doublage de films d’animation et de jeux vidéo.Une enfance entre l’Angleterre et les États-UnisNé à Londres, Hamilton Camp quitte la Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale avec sa mère et sa sœur. Après un séjour au Canada, la famille s’établit à Long Beach, en Californie. Les deux enfants participent à des spectacles organisés pour les militaires américains dans le cadre des activités de l’USO (United Service Organizations).En 1946, âgé de douze ans, il fait ses débuts au cinéma dans Bedlam, film réalisé par Mark Robson avec Boris Karloff. Crédité sous le nom de Bobby Camp, il poursuit ses activités de jeune comédien au cours des années suivantes. Il interprète notamment Thorpe, un camarade du personnage principal joué par Dean Stockwell, dans Kim (1950), adaptation du roman de Rudyard Kipling réalisée par Victor Saville. Il obtient ensuite de petits rôles dans plusieurs productions hollywoodiennes, notamment Titanic (1953), de Jean Negulesco.À la fin des années 1950, il s’installe à Chicago, où il s’intéresse particulièrement à la musique folk. La ville accueille alors une scène musicale active, notamment autour du club Gate of Horn, ouvert en 1956 et fréquenté par de nombreux chanteurs du mouvement folk américain.Le duo Gibson et Camp et le renouveau de la musique folkEn 1961, Hamilton Camp, qui se produit alors sous le nom de Bob Camp, rencontre le chanteur et guitariste Bob Gibson grâce à l’impresario Albert Grossman. Ce dernier envisage initialement la création d’un trio vocal. Gibson et Camp choisissent finalement de travailler en duo, tandis que Grossman participe à la formation du groupe Peter, Paul and Mary.Les deux musiciens se produisent dans des clubs de Chicago et de New York. Leur association repose notamment sur leurs harmonies vocales et le jeu de guitare à douze cordes de Gibson. Ils enregistrent au Gate of Horn un concert publié par Elektra Records sous le titre Gibson and Camp at the Gate of Horn (1961). L’album acquiert une place importante dans l’histoire du renouveau folk américain et influence notamment les premiers travaux de Paul Simon et Art Garfunkel.Le duo se sépare après une collaboration relativement brève. Hamilton Camp poursuit alors une carrière musicale personnelle. En 1964, il publie l’album Paths of Victory, qui comprend plusieurs compositions de Bob Dylan ainsi que sa propre chanson Pride of Man. Cette dernière est reprise par Gordon Lightfoot, puis par le groupe de rock psychédélique Quicksilver Messenger Service sur son premier album, publié en 1968. Le morceau sera également interprété par Gram Parsons et Tony Rice.Après Paths of Victory, il enregistre Here’s to You (1967), puis Welcome to Hamilton Camp (1969). Il adopte son nouveau prénom artistique au cours des années 1960. Son adhésion au mouvement spirituel Subud le conduit également à utiliser pendant une période le nom de Hamid Hamilton Camp.Le partenariat avec Bob Gibson connaît plusieurs prolongements. Les deux chanteurs se retrouvent ponctuellement sur scène et enregistrent en 1986 une nouvelle version de leur spectacle du Gate of Horn pour en célébrer le vingt-cinquième anniversaire. Ils reprennent le programme initial, auquel ils ajoutent trois chansons.Le théâtre d’improvisation et les collaborations avec Paul SillsHamilton Camp développe ses activités de comédien au sein du théâtre d’improvisation américain. En 1961, il travaille avec la troupe Second City de Chicago, dont Paul Sills a été l’un des fondateurs. Cette compagnie, créée en 1959, se consacre à des spectacles fondés sur l’improvisation et la satire.Au milieu des années 1960, il participe à la création de The Committee, compagnie de comédie satirique établie à San Francisco. Fondée par Alan Myerson avec plusieurs anciens membres de Second City, la troupe présente des spectacles composés de scènes improvisées et de sketches consacrés notamment à la société américaine contemporaine. Hamilton Camp figure parmi les comédiens de sa distribution d’origine.Sa collaboration avec Paul Sills se poursuit au théâtre. En 1970, il participe à la production de Paul Sills' Story Theatre, spectacle inspiré de contes et de récits traditionnels, présenté à Broadway. Il joue également dans la comédie musicale On a Clear Day You Can See Forever, créée à Broadway en 1965, sur une musique de Burton Lane et un livret d’Alan Jay Lerner.À Los Angeles, il travaille avec la compagnie Sills and Company et dirige des spectacles fondés sur les exercices d’improvisation élaborés par Viola Spolin, mère de Paul Sills. Son travail de mise en scène avec les Spolin Games Players lui vaut un Dramalogue Award pour la direction d’un ensemble.Il participe par ailleurs à des productions au Mark Taper Forum, au Zephyr Theatre et au Matrix Theatre. Ses engagements comprennent aussi des tournées théâtrales en Europe et au Canada.Les collaborations télévisées et le travail comiqueL’expérience de Hamilton Camp dans les compagnies d’improvisation accompagne son installation dans le milieu de la télévision américaine. En 1967, il obtient un rôle régulier dans la comédie He & She, créée par Leonard Stern, où il interprète Andrew Hummel aux côtés de Richard Benjamin et Paula Prentiss. La série, diffusée sur CBS pendant une seule saison, reçoit plusieurs nominations aux Emmy Awards.Il se fait également remarquer dans The Mary Tyler Moore Show, où il incarne en 1970 un prétendant de Mary Richards. L’épisode, intitulé Toulouse-Lautrec Is One of My Favorite Artists, utilise notamment la différence de taille entre les deux personnages comme ressort comique. Mesurant environ 1, 57 m, Hamilton Camp fait régulièrement preuve d’autodérision à propos de sa petite taille dans ses interventions publiques.Dans MASH, il interprète deux personnages distincts, Boots Miller et le major Topper. Il tient également le rôle de Del, un vendeur particulièrement nerveux, dans WKRP in Cincinnati. Ces apparitions lui permettent de retrouver un registre comique proche des exercices de caractérisation et d’improvisation qu’il pratique au théâtre.Il est également engagé dans des productions dramatiques. Son travail avec Clint Eastwood dans Bird (1988), consacré au saxophoniste Charlie Parker, lui permet d’interpréter un personnage lié au milieu musical new-yorkais. En 1990, Warren Beatty le dirige dans Dick Tracy, adaptation cinématographique de la bande dessinée policière créée par Chester Gould.Des personnages de science-fiction au doublageEn 1994, Hamilton Camp incarne l’écrivain britannique H. G. Wells dans plusieurs épisodes de Loïs et Clark : Les Nouvelles Aventures de Superman. Le personnage intervient notamment dans des intrigues liées aux voyages dans le temps. Il succède dans ce rôle à Terry Kiser, qui avait interprété Wells dans un épisode antérieur.Il retrouve l’univers de la science-fiction avec Star Trek : Deep Space Nine. En 1997, il joue Leck, un Ferengi membre d’un groupe chargé de secourir Ishka, la mère de Quark, dans l’épisode Les Sept Ferengis (The Magnificent Ferengi). Ce personnage est présenté comme un spécialiste des assassinats, particularité inhabituelle parmi les Ferengis, davantage préoccupés par les activités commerciales.Hamilton Camp travaille aussi régulièrement comme comédien de doublage. Il prête notamment sa voix au personnage de Fenton Crackshell, inventeur maladroit connu sous l’identité de Robotik (Gizmoduck en version originale), dans La Bande à Picsou et Myster Mask. Il participe également à la série animée Les Schtroumpfs, dans laquelle il double plusieurs personnages.Le jeu vidéo lui fournit d’autres rôles vocaux. Dans Full Throttle (1995), aventure graphique développée par LucasArts, il interprète Malcolm Corley, fondateur d’une entreprise de motos. Le personnage tient une place déterminante dans l’intrigue écrite et conçue par Tim Schafer. Il prête aussi sa voix à Grey Bear dans Brave: The Search for Spirit Dancer (2005).Les derniers travaux musicaux et la vie familialeHamilton Camp continue de se produire comme chanteur tout au long de sa vie. En 1999, il publie Mardi’s Bard, album qui prolonge son activité d’auteur-compositeur. Il participe également à des concerts et à des rencontres consacrées à la musique folk américaine.En 2005, il se produit dans la région de Washington, notamment lors d’un événement organisé par la Washington Folk Music Association. Il partage également l’affiche d’un concert avec les musiciens Steve Gillette et Cindy Mangsen. Il achève cette même année l’enregistrement de Sweet Joy, son dernier album, publié après sa mort. Les chansons évoquent notamment la disparition de son épouse Rasjadah, morte en 2002, après plus de quarante années de mariage.Sur le plan familial, Hamilton Camp épouse Rasjadah Lisa Jovita Cisz en 1961. Le couple a six enfants. À sa mort, il laisse également treize petits-enfants.Dans les dernières années de sa vie, il poursuit ses activités théâtrales à Los Angeles. Il interprète notamment Créon dans une production d’Antigone et Ebenezer Scrooge dans une adaptation d’Un chant de Noël de Charles Dickens. Au printemps 2004, il joue Sir Andrew Aguecheek dans La Nuit des rois de William Shakespeare, présentée par la compagnie A Noise Within. En 2005, il achève également le tournage de Hard Four, comédie réalisée par Charles Dennis dans laquelle il interprète Bix Karew.Hamilton Camp meurt le 2 octobre 2005, à l’âge de soixante-dix ans, après avoir été victime d’un malaise cardiaque à son domicile du quartier de Hancock Park, à Los Angeles.
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Dan Castellaneta · 69 ansDan Castellaneta, né le 29 octobre 1957 à Chicago, dans l’Illinois, est un acteur, comédien de doublage, scénariste et dramaturge américain. Il est principalement connu pour prêter sa voix à Homer Simpson et à plusieurs autres personnages de la série d’animation Les Simpson, créée par Matt Groening. Membre de la troupe d’improvisation The Second City à Chicago durant les années 1980, il participe à The Tracey Ullman Show avant de rejoindre la distribution de Les Simpson en 1989. Son travail dans cette série lui a valu quatre Primetime Emmy Awards.De la formation artistique à l’improvisation théâtraleDan Castellaneta grandit dans la banlieue de Chicago, notamment à River Forest et à Oak Park. Son père, Louis Castellaneta, travaille dans l’imprimerie et pratique le théâtre en amateur. Il possède une collection de disques d’humoristes que son fils écoute pendant son enfance, en s’exerçant à reproduire les voix des interprètes. Sa mère, Elsie Lagorio, l’inscrit à des cours d’art dramatique lorsqu’il a seize ans.Après ses études secondaires à Oak Park and River Forest High School, Dan Castellaneta entre en 1975 à la Northern Illinois University, à DeKalb. Il y étudie l’éducation artistique avec l’intention de devenir professeur d’arts plastiques. Durant ses stages d’enseignement, il amuse notamment ses élèves en imitant différentes voix. Il obtient son diplôme en 1979.À l’université, il participe régulièrement à l’émission radiophonique humoristique The Ron Petke and His Dead Uncle Show, dans laquelle il interprète plusieurs personnages au sein de sketches et de parodies. Cette expérience lui permet de pratiquer le doublage et l’écriture comique. Il suit également un cours d’écriture dramatique et découvre les techniques de l’improvisation.En 1983, il intègre les cours de The Second City, célèbre compagnie d’improvisation de Chicago. Il rejoint ensuite sa troupe itinérante, puis la distribution du théâtre e.t.c. en 1984. Deux ans plus tard, il accède à la scène principale de The Second City, où il travaille notamment avec Richard Kind et Bonnie Hunt. C’est également dans un cours d’improvisation qu’il rencontre la comédienne et autrice Deb Lacusta, qu’il épouse en 1987.La création vocale d’Homer SimpsonEn 1987, Dan Castellaneta auditionne pour The Tracey Ullman Show, émission de variétés humoristiques produite pour la chaîne Fox. Tracey Ullman se rend à Chicago pour le voir jouer sur scène, après une première audition peu concluante. Elle assiste à un numéro dans lequel il interprète un aveugle désireux de devenir humoriste et décide de l’engager.L’émission comprend de courtes séquences animées créées par Matt Groening, consacrées à une famille américaine. Dan Castellaneta est choisi pour interpréter Homer Simpson, le père de famille, tandis que Julie Kavner prête sa voix à Marge. Ces personnages font leur première apparition télévisée le 19 avril 1987, dans le court métrage Good Night. Le succès des séquences conduit à la création d’une série autonome, Les Simpson, dont le premier épisode est diffusé le 17 décembre 1989.Pour élaborer la voix d’Homer, Dan Castellaneta s’inspire initialement de l’acteur Walter Matthau. Il modifie progressivement son interprétation afin de faciliter l’expression des émotions du personnage et l’enregistrement des dialogues. Il développe notamment le célèbre « D’oh ! », exclamation prononcée par Homer lorsqu’il commet une erreur ou subit une contrariété. Cette expression dérive d’une interjection utilisée par le comédien écossais James Finlayson dans plusieurs films de Laurel et Hardy. Le mot entre en 2001 dans l’Oxford English Dictionary.Au sein de Les Simpson, Dan Castellaneta interprète aussi Abraham Simpson, le père d’Homer, ainsi que Krusty le Clown, Barney Gumble et le jardinier Willie. Il prête également sa voix au maire Joe Quimby, à Tahiti Mel et à Hans Taupeman. Cette diversité de personnages l’amène à modifier régulièrement son débit, son timbre et son accent au cours des séances d’enregistrement.Son interprétation lui vaut quatre Primetime Emmy Awards, remportés en 1992, 1993, 2004 et 2009, dans la catégorie de la meilleure performance vocale. Il obtient également un Annie Award en 1993 pour sa contribution à l’animation. En 2007, il retrouve ses personnages dans Les Simpson, le film, réalisé par David Silverman, adaptation cinématographique de la série.L’écriture comique avec Deb LacustaLa collaboration de Dan Castellaneta avec son épouse Deb Lacusta commence à Chicago, où ils fondent le groupe Instant Theater. Ensemble, ils écrivent et interprètent des pièces courtes fondées sur l’improvisation. Après leur installation à Los Angeles, ils créent Immediate Theater et l’Improv Co-op, deux structures consacrées à la pratique du théâtre improvisé.Le couple participe également à l’écriture de plusieurs épisodes des Simpson. Parmi leurs scénarios figure G.I. (Annoyed Grunt), diffusé en 2006, dans lequel Homer est recruté par l’armée américaine. Ils signent aussi Kiss Kiss, Bang Bangalore, épisode de la dix-septième saison où Homer est envoyé en Inde pour superviser une centrale nucléaire. Ce scénario leur vaut une nomination aux Writers Guild of America Awards.Leur travail commun s’étend à la dramaturgie. Avec la compositrice Laura Hall, ils écrivent la comédie musicale Empire Burlesque, sélectionnée pour un atelier de création organisé par Disney et l’ASCAP. Leur pièce The Banana Tree est développée dans plusieurs structures consacrées aux nouvelles écritures théâtrales, notamment le Telluride Playwrights Festival et l’Adirondack Theatre Festival.Dan Castellaneta poursuit parallèlement une activité d’auteur dramatique indépendant. Il écrit A Purple Dawn, pièce créée au Geneva College puis présentée au Northwestern College d’Orange City, dans l’Iowa. Il est également l’auteur de For Piano and Harpo, consacré au pianiste et humoriste Oscar Levant et à sa relation avec Harpo Marx. La pièce est montée au Garry Marshall’s Falcon Theatre de Burbank, où Dan Castellaneta interprète lui-même Oscar Levant.Une reconnaissance dans l’animation américaineEn dehors des Simpson, Dan Castellaneta collabore avec plusieurs studios d’animation américains. Dans Hé Arnold !, créée par Craig Bartlett et diffusée à partir de 1996 sur Nickelodeon, il interprète Phil, le grand-père d’Arnold. Le personnage vit avec sa femme Gertie dans une pension de famille qu’ils dirigent ensemble. L’acteur reprend cette voix dans le long métrage Hey Arnold ! The Jungle Movie (2017).Il incarne également le personnage principal de la série animée Earthworm Jim, adaptée du jeu vidéo du même nom. Diffusée entre 1995 et 1996, elle suit les aventures d’un ver de terre devenu super-héros grâce à une combinaison extraterrestre. Dan Castellaneta prête par ailleurs sa voix à Doc Brown dans la série animée Retour vers le futur, rôle interprété au cinéma par Christopher Lloyd.Sa participation au téléfilm d’animation Olive, the Other Reindeer (1999), produit notamment par Matt Groening, lui vaut un Annie Award en 2000. Il y interprète un facteur qui accompagne Olive, une petite chienne convaincue de pouvoir remplacer l’un des rennes du père Noël. Drew Barrymore assure la voix du personnage principal.Il contribue également à l’univers de Futurama, autre création de Matt Groening, en interprétant notamment le Robot Diable, personnage qui dirige le Robot Enfer. Il reprend ce rôle dans plusieurs épisodes et productions dérivées de la série.Le théâtre et les créations personnellesDan Castellaneta continue de jouer sur scène après son installation à Los Angeles. Il tient notamment le rôle principal dans The Alchemist, adaptation de la comédie de Ben Jonson présentée Off-Broadway par la Classic Stage Company. Il incarne également Harvey Pekar dans une adaptation théâtrale d’American Splendor, bande dessinée autobiographique consacrée à la vie quotidienne de cet auteur de Cleveland.Il crée le spectacle solo Where Did Vincent van Gogh ?, dans lequel il interprète plusieurs personnages. Présenté à Los Angeles puis à l’Aspen Comedy Festival, le spectacle repose sur des scènes comiques écrites et jouées par Dan Castellaneta.Son activité scénique comprend aussi des créations consacrées à l’histoire du spectacle américain. Dans For Piano and Harpo, il interprète Oscar Levant, pianiste connu pour ses prestations à la radio et au cinéma ainsi que pour ses relations avec George Gershwin. Le spectacle met en scène les difficultés personnelles du musicien et ses rencontres avec plusieurs célébrités hollywoodiennes.Dan Castellaneta publie également deux albums humoristiques. Two Lips, sorti en 2000, parodie notamment plusieurs chansons des Beatles. Il enregistre ensuite I Am Not Homer, publié en 2002, avec la participation de Deb Lacusta. Cet album rassemble des sketches et des chansons interprétés par différents personnages imaginés par le couple. Le titre renvoie directement à son identification publique au personnage d’Homer Simpson.
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José Manuel Cervino · 86 ansJosé Manuel Cervino, né le 29 octobre 1940 à Arona, sur l’île de Tenerife, dans les Canaries (Espagne), est un acteur espagnol. Formé au théâtre universitaire avant de s’installer à Madrid, il a notamment travaillé avec les réalisateurs Eloy de la Iglesia, Pilar Miró et Manuel Gutiérrez Aragón. Son interprétation dans La guerra de los locos lui vaut une première nomination aux prix Goya en 1988. Il remporte le Goya du meilleur acteur dans un second rôle en 2008, pour Las 13 rosas, réalisé par Emilio Martínez-Lázaro.Du théâtre universitaire de Tenerife aux scènes madrilènesJosé Manuel Cervino passe son enfance dans les Canaries. Sa famille s’installe à San Cristóbal de La Laguna, où il effectue ses études secondaires à l’Instituto de Canarias. Il entreprend ensuite des études de droit à l’université de La Laguna, tout en participant aux activités de son théâtre universitaire, le Teatro Español Universitario (TEU).En 1960, il fonde avec plusieurs camarades une compagnie de théâtre indépendant, El Tinglado, au sein du Círculo de Bellas Artes de Santa Cruz de Tenerife. Il y exerce également des fonctions de metteur en scène, montant notamment des œuvres de Samuel Beckett et de John Osborne. Cette expérience accompagne son abandon des études juridiques au profit du métier de comédien.Installé à Madrid en 1962, il intègre la compagnie Lope de Vega, dirigée par José Tamayo, et travaille également au Teatro Español sous la direction de Miguel Narros. Ces engagements lui permettent de participer à des productions professionnelles du répertoire dramatique espagnol et international.Son premier rôle au cinéma intervient en 1963, dans Eva 63, comédie réalisée par Pedro Lazaga. Il poursuit son activité théâtrale tout en obtenant des engagements devant la caméra. Parmi ses premières collaborations cinématographiques figure celle avec José Luis García Sánchez, qui le dirige dans Colorín, colorado (1976). Il travaille également avec Manuel Gutiérrez Aragón dans Camada negra (1977), film consacré à un groupe de militants néofascistes dans l’Espagne de la transition démocratique.Une collaboration régulière avec Eloy de la IglesiaLe réalisateur Eloy de la Iglesia engage José Manuel Cervino dans plusieurs longs métrages qui abordent les tensions sociales et politiques de l’Espagne contemporaine. Leur première collaboration importante intervient avec El diputado (1978), dans lequel José Sacristán interprète un parlementaire communiste confronté au chantage d’un groupe d’extrême droite en raison de son homosexualité.L’acteur retrouve le cinéaste dans El sacerdote (1978), consacré aux difficultés psychologiques et sexuelles d’un prêtre catholique à la fin du franquisme. Il partage notamment l’affiche avec le comédien canarien Fabián Conde.Leur collaboration se poursuit avec Navajeros (1980), qui retrace le parcours d’un jeune délinquant madrilène surnommé El Jaro, interprété par José Luis Manzano. Dans El pico (1983), José Manuel Cervino incarne un commandant de la Guardia Civil, père d’un adolescent toxicomane joué par José Luis Manzano. Le film explore les conséquences de l’addiction à l’héroïne dans le Pays basque espagnol.Le cinéaste lui confie également des rôles dans La mujer del ministro (1981) et Colegas (1982). Ces collaborations font intervenir José Manuel Cervino dans des récits consacrés notamment aux rapports entre les autorités et la jeunesse marginalisée.En parallèle, il travaille avec Pilar Miró dans Le Crime de Cuenca (El crimen de Cuenca, 1979), évocation d’une affaire judiciaire espagnole du début du XXe siècle. Il participe aussi à Sept jours de janvier (Siete días de enero, 1979), réalisé par Juan Antonio Bardem et consacré à l’assassinat d’avocats travaillistes à Madrid en janvier 1977.Deux nominations aux Goya et une récompense majeureLa reconnaissance institutionnelle de José Manuel Cervino passe notamment par sa collaboration avec Manolo Matji, qui lui confie le rôle d’Angelito Delicado dans La guerra de los locos (1987). Le film se déroule au début de la guerre civile espagnole et suit un groupe de patients échappés d’un établissement psychiatrique qui rencontrent des militants anarchistes. Son interprétation lui vaut une nomination au Goya du meilleur acteur lors de la deuxième cérémonie des récompenses, organisée en 1988.Vingt ans plus tard, il incarne Jacinto dans Las 13 rosas (2007), drame historique réalisé par Emilio Martínez-Lázaro. Le film évoque l’arrestation et l’exécution de treize jeunes femmes par le régime franquiste à Madrid, en août 1939. Jacinto, ancien membre de la Guardia Civil, remet sa fille aux autorités en croyant les assurances d’un collègue sur le sort qui lui sera réservé. Ce personnage, pris dans les événements de la répression qui suit la guerre civile, occupe une place décisive dans le récit.Pour cette interprétation, José Manuel Cervino remporte en 2008 le Goya du meilleur acteur dans un second rôle, lors de la 22e cérémonie. Il reçoit également le prix du meilleur second rôle masculin au cinéma décerné par l’Unión de Actores y Actrices. Las 13 rosas obtient au total quatre Goyas sur quatorze nominations.La carrière de l’acteur avait déjà été distinguée en 2001 par le Festival international du film de Las Palmas de Gran Canaria, qui lui avait remis la Lady Harimaguada d’honneur. À cette occasion paraît José Manuel Cervino, el oficio de actor, ouvrage de Jorge Gorostiza consacré à son parcours professionnel.Une fidélité à la création dramatique espagnoleJosé Manuel Cervino travaille également avec plusieurs réalisateurs espagnols dans des productions où l’histoire contemporaine occupe une place importante. Il participe notamment à Operación Ogro (1979), de Gillo Pontecorvo, consacré à l’attentat de l’ETA contre l’amiral Luis Carrero Blanco, chef du gouvernement franquiste assassiné en 1973.Il retrouve le réalisateur Manuel Gutiérrez Aragón dans Maravillas (1981) et collabore avec José Luis Garci sur El crack (1981), film policier dans lequel Alfredo Landa incarne le détective Germán Areta. Pilar Miró le dirige également dans Gary Cooper, que estás en los cielos (1980), avec Mercedes Sampietro dans le rôle principal.Sa participation au feuilleton Curro Jiménez, diffusé à partir de 1976, lui apporte une visibilité auprès du public de la télévision espagnole. Il interprète ensuite différents personnages dans des productions historiques, notamment Cervantes (1981), consacrée à l’écrivain Miguel de Cervantes, et Goya (1985), qui retrace la vie du peintre Francisco de Goya.Il apparaît également dans la série policière Brigada central (1989), puis dans El comisario et Cuéntame cómo pasó. Dans Cazadores de hombres (2008), diffusée sur Antena 3, il interprète le commissaire Porto. La série suit une unité policière spécialisée dans la recherche de criminels en fuite.En 2013, José Manuel Cervino joue Alejandro Cortázar dans Gran Reserva. El origen, série de la télévision publique espagnole RTVE. Son personnage est le patriarche d’une famille de viticulteurs, père de Vicente et Gabriel Cortázar. Cette fiction constitue une préquelle de Gran Reserva et situe son intrigue dans les années 1960, autour de deux familles rivales du monde viticole.Les distinctions reçues aux îles CanariesLes liens de José Manuel Cervino avec son île natale donnent lieu à plusieurs hommages. En 2001, le Festival international du film de Las Palmas de Gran Canaria consacre une partie de sa deuxième édition à l’acteur, en lui décernant sa distinction honorifique.Dans la commune d’Arafo, à Tenerife, une école municipale d’arts scéniques et audiovisuels porte également son nom. L’établissement, consacré à l’enseignement des pratiques artistiques, ferme en 2009.En 2011, la municipalité d’Arona lui décerne le titre de Hijo Predilecto, distinction honorifique attribuée aux personnalités originaires de la commune. La décision récompense sa contribution au cinéma espagnol et son attachement à ses origines canariennes.En 2021, il figure parmi les lauréats des prix Actúa, décernés par la fondation AISGE, organisme espagnol de gestion des droits des artistes-interprètes. Cette récompense distingue l’ensemble de son activité professionnelle, commencée au théâtre universitaire de Tenerife au début des années 1960.
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Eddie Constantine · 75 ansEddie Constantine, né le 29 octobre 1913 à Los Angeles, aux États-Unis, et mort le 25 février 1993 à Wiesbaden, en Allemagne, est un chanteur et acteur américain qui accomplit l’essentiel de sa carrière en France puis en Allemagne.Un chanteur américain devenu vedette en FranceIssu d’une famille d’émigrés d’Europe orientale, Eddie Constantine reçoit une formation musicale et étudie notamment le chant à Vienne. De retour aux États-Unis, il tente de faire carrière comme chanteur et travaille également comme figurant et artiste de music-hall.À la fin des années 1940, il gagne l’Europe avec son épouse, la danseuse Hélène Musil, engagée par les Ballets de Monte-Carlo. Installé à Paris, Eddie Constantine se produit dans les cabarets et apprend le français. Sa rencontre avec Édith Piaf joue un rôle déterminant : elle le choisit pour lui donner la réplique dans La P’tite Lili, comédie musicale de Marcel Achard et Marguerite Monnot créée en 1951.Sa voix grave, son accent américain et une manière volontairement décontractée de chanter lui permettent de se construire rapidement une personnalité différente de celle des crooners français. Plusieurs chansons deviennent populaires, notamment Cigarettes, whisky et p’tites pépées, Et bâiller et dormir ou L’Homme et l’Enfant.Cette carrière musicale précède de peu son succès au cinéma, où les producteurs utilisent précisément les caractéristiques qui l’ont rendu reconnaissable sur scène : accent, décontraction, silhouette massive et ironie.Lemmy Caution, un Américain fabriqué par le cinéma françaisEn 1953, Bernard Borderie confie à Eddie Constantine le rôle de Lemmy Caution dans La Môme vert-de-gris, adaptation d’un roman du Britannique Peter Cheyney. Le personnage est un agent du FBI américain, amateur de whisky, de femmes et de réparties ironiques, qui évolue dans un univers de gangsters largement inspiré du roman noir et du cinéma hollywoodien.Le succès du film conduit Constantine à reprendre Lemmy Caution dans plusieurs productions, notamment Cet homme est dangereux, Les femmes s’en balancent, Lemmy pour les dames et À toi de faire… mignonne. Même lorsqu’il n’interprète pas directement Caution, il reçoit souvent des personnages construits sur une image comparable de dur à cuire américain.Cette persona repose en partie sur le décalage entre l’Amérique réelle de Eddie Constantine et l’Amérique imaginée par le cinéma populaire français des années 1950. Son accent et son comportement deviennent des signes immédiatement identifiables d’un univers de détectives, de bars, de voitures et de gangsters.La dimension parodique de ces films distingue cependant Lemmy Caution du héros totalement sérieux. Constantine joue fréquemment avec les conventions du personnage, dont la désinvolture devient aussi importante que les bagarres et les enquêtes. Au milieu des années 1950, il compte parmi les acteurs les plus populaires du cinéma français.Alphaville, quand Godard détourne Lemmy CautionJean-Luc Godard utilise cette image déjà célèbre dans Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution, sorti en 1965. Plutôt que d’inventer un héros de science-fiction, il reprend Eddie Constantine et son personnage de détective pour les transporter dans une société futuriste contrôlée par un ordinateur.Lemmy Caution arrive à Alphaville sous l’identité d’un journaliste et doit affronter Alpha 60, intelligence artificielle qui gouverne une cité où les émotions et certains mots ont été supprimés. Anna Karina interprète Natacha von Braun, fille du scientifique responsable de cet univers.Godard conserve plusieurs éléments caractéristiques du personnage : imperméable, cigarette, appareil photographique et comportement de détective de série noire. Mais il les place dans les immeubles, hôtels et rues du Paris contemporain, sans construire de décors futuristes. Le décalage transforme la figure populaire jouée depuis plus de dix ans par Eddie Constantine en personnage de dystopie philosophique.Présenté à la Berlinale, Alphaville reçoit l’Ours d’or en 1965. Le film donne à Constantine une place singulière dans le cinéma d’auteur européen : l’acteur qui incarnait une imitation française du détective américain devient chez Godard le moyen de questionner le langage, la logique et la domination technologique.Une seconde carrière auprès des cinéastes allemandsAlors que sa popularité commerciale diminue en France au cours de la seconde moitié des années 1960, Eddie Constantine développe une nouvelle carrière en Allemagne et dans le cinéma d’auteur européen.Rainer Werner Fassbinder l’emploie dans Prenez garde à la sainte putain en 1971, où Constantine interprète une version de lui-même, vedette engagée dans le tournage chaotique d’un film. Il apparaît ensuite dans Le Monde sur le fil, adaptation télévisée de science-fiction réalisée par Fassbinder en 1973.Ces cinéastes exploitent moins ses qualités de héros d’action que son statut d’ancienne vedette et l’image accumulée au cours de ses films français. Eddie Constantine devient ainsi un acteur dont la présence renvoie elle-même à l’histoire du cinéma populaire européen.Il travaille également avec des réalisateurs comme Agnès Varda, William Klein et Rosa von Praunheim. Dans Racket (The Long Good Friday) de John Mackenzie, sorti en 1980, il apparaît aux côtés de Bob Hoskins dans un film de gangsters britannique beaucoup plus sombre que ses aventures de Lemmy Caution.Lemmy Caution jusqu’au cinéma tardif de GodardEddie Constantine ne rompt jamais complètement avec le personnage qui l’a rendu célèbre. Après une longue interruption, il reprend Lemmy Caution à la télévision puis retrouve Jean-Luc Godard pour Allemagne 90 neuf zéro, réalisé en 1991.Le film suit un Lemmy Caution vieillissant dans une Allemagne bouleversée par la chute du mur de Berlin et la réunification. Le détective issu des romans de Peter Cheyney devient cette fois un témoin du XXe siècle européen, traversant des paysages chargés d’histoire et de références culturelles.Près de quarante ans séparent ainsi La Môme vert-de-gris et Allemagne 90 neuf zéro. Durant cet intervalle, Eddie Constantine a fait passer le même personnage du film policier populaire à la science-fiction de Godard puis à une méditation sur l’histoire européenne.Il apparaît encore dans Europa de Lars von Trier en 1991, où il interprète le colonel Harris dans l’Allemagne de l’immédiat après-guerre.Eddie Constantine meurt d’une crise cardiaque à Wiesbaden le 25 février 1993, à l’âge de 79 ans.