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Michel Aumont · 82 ansMichel Aumont est un acteur français, né le 15 octobre 1936 à Paris et mort le 28 août 2019 dans la même ville. Formé au Conservatoire national d’art dramatique, il a été sociétaire de la Comédie-Française pendant près de trente ans. Récompensé par quatre Molières, il est notamment connu pour son interprétation d’Harpagon dans L’Avare de Molière et pour ses nombreux seconds rôles au cinéma, qui lui valent trois nominations aux César. Une enfance dans les coulisses du théâtre et l’entrée au ConservatoireFils de la comédienne Hélène Gerber, née Simone Jacquin, et d’un régisseur administratif de la Comédie-Française, Michel Aumont grandit dans un milieu directement lié au théâtre. Il accompagne notamment sa mère au Festival d’Avignon et fréquente les coulisses du Théâtre national populaire de Jean Vilar.À dix-huit ans, il entre au Conservatoire national d’art dramatique de Paris, où il suit l’enseignement de Denis d’Inès et de Jean Debucourt, tous deux comédiens de la Comédie-Française. En 1956, il obtient un premier prix de comédie moderne pour son interprétation dans Le Tragédien malgré lui d’Anton Tchekhov, ainsi qu’un premier accessit de comédie classique pour le rôle du docteur dans La Jalousie du barbouillé de Molière.À sa sortie du Conservatoire, il est engagé comme pensionnaire à la Comédie-Française le 1er septembre 1956, à quelques semaines de son vingtième anniversaire. Il devient le 440e sociétaire de la troupe le 1er janvier 1965. Il conserve ce statut jusqu’à son départ, à la fin de 1993, avant d’être nommé sociétaire honoraire en janvier 1994.Son premier contrat prévoit qu’il interprète des rôles de composition, notamment des personnages âgés. Cette particularité l’amène à jouer très jeune des vieillards du théâtre classique, pour lesquels il utilise le maquillage et les postiches afin de transformer son apparence. Harpagon et le compagnonnage avec Jean-Paul RoussillonLe travail de Michel Aumont à la Comédie-Française est particulièrement marqué par ses interprétations du répertoire de Molière. Il incarne notamment Géronte dans Les Fourberies de Scapin, personnage traditionnellement confié à un comédien plus âgé. Sa pratique des rôles de composition lui permet d’aborder très tôt les emplois de père autoritaire ou de vieillard comique.Son interprétation d’Harpagon dans L’Avare occupe une place exceptionnelle dans son parcours. Il joue ce rôle pendant une vingtaine d’années, notamment dans la mise en scène de Jean-Paul Roussillon. Son personnage, obsédé par la conservation de sa fortune, lui permet de travailler sur les rapports entre l’avarice, les relations familiales et les comportements ridicules d’un homme vieillissant.Jean-Paul Roussillon devient l’un de ses collaborateurs les plus réguliers. Le metteur en scène lui confie des personnages qui lui permettent progressivement d’abandonner les artifices du maquillage au profit d’un jeu reposant davantage sur sa présence physique et ses expressions naturelles. Leur compagnonnage se poursuit notamment avec Amorphe d’Ottenburg, de Jean-Claude Grumberg, et Abel et Belo, de Robert Pinget.En 1972, Michel Aumont reprend le rôle-titre de Richard III de Shakespeare, précédemment interprété par Robert Hirsch, dans une production présentée au Festival d’Avignon. Cette interprétation tragique lui permet d’aborder un personnage très éloigné des vieillards comiques auxquels il avait été initialement destiné.Sa collaboration avec Roussillon se poursuit jusqu’à ses dernières années au Français. En 1993, celui-ci le dirige dans Le Faiseur, d’Honoré de Balzac, où il interprète Mercadet, personnage d’homme d’affaires endetté qui multiplie les stratagèmes pour échapper à ses créanciers. La découverte du théâtre contemporainAu sein de la Comédie-Française, Michel Aumont travaille avec plusieurs metteurs en scène qui renouvellent l’approche des textes classiques et contemporains. Son activité l’amène notamment à collaborer avec Roger Blin, qui avait créé En attendant Godot de Samuel Beckett à Paris en 1953.En 1978, Michel Aumont interprète Vladimir dans cette pièce, auprès de Roger Blin, qui en assure la mise en scène. Il retrouve l’univers de Beckett en 1988 avec Fin de partie, dans lequel il incarne Hamm sous la direction de Gildas Bourdet. Le personnage, aveugle et incapable de se déplacer, entretient une relation de dépendance avec Clov, son serviteur.Le comédien aborde également l’œuvre d’Eugène Ionesco. En 1975, il joue Bérenger dans Le Roi se meurt, sous la direction de Jorge Lavelli. Le personnage est un souverain qui apprend qu’il doit mourir avant la fin de la représentation. Cette collaboration avec Lavelli se prolonge dans d’autres productions, notamment Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare.Avec Antoine Vitez, il travaille sur Partage de midi, de Paul Claudel, en interprétant Amalric. Il joue également Trigorine dans La Mouette de Tchekhov, sous la direction du metteur en scène tchèque Otomar Krejča.Le répertoire contemporain comprend enfin les œuvres de Jean-Paul Sartre, dont il interprète Garcin dans Huis clos, mis en scène par Claude Régy en 1990. Le personnage, journaliste mort et enfermé avec deux femmes dans une pièce, découvre progressivement les conséquences de ses actes passés. Quatre Molières et une reconnaissance sur les scènes parisiennesEn 1993, Michel Aumont remporte son premier Molière du comédien pour Macbett, d’Eugène Ionesco, mis en scène par Jorge Lavelli au Théâtre national de la Colline. Cette adaptation parodique de Macbeth de Shakespeare met en scène les mécanismes de la conquête du pouvoir à travers un univers politique marqué par l’absurde.Il quitte la Comédie-Française à la fin de cette même année, après trente-sept ans d’appartenance à la troupe. Il entretient alors des liens professionnels avec Jorge Lavelli, directeur du Théâtre national de la Colline, auprès duquel il poursuit son activité.En 1999, il reçoit le Molière du comédien dans un second rôle pour Rêver peut-être, pièce de Jean-Claude Grumberg mise en scène par Jean-Michel Ribes. Le spectacle est notamment présenté au Théâtre du Rond-Point à Paris.L’année suivante, il obtient un deuxième Molière du comédien, pour son interprétation dans Un sujet de roman, de Sacha Guitry. La pièce, mise en scène par Jean Bouchaud et Geneviève Thénier au Théâtre du Palais-Royal, lui permet d’aborder un texte consacré aux relations entre création littéraire et vie personnelle.Son quatrième Molière lui est décerné en 2007, dans la catégorie du spectacle seul en scène, pour À la porte, adaptation d’un texte de Vincent Delecroix mise en scène par Marcel Bluwal au Théâtre de l’Œuvre. Il y incarne un professeur de philosophie qui erre dans Paris, confronté à ses souvenirs et à ses interrogations sur l’existence. Le comédien considère ce personnage comme l’un des rôles importants de son parcours. Les collaborations avec Bertrand TavernierAu cinéma, Michel Aumont commence à tourner régulièrement à partir des années 1970. Après La Femme en bleu (1973), de Michel Deville, il interprète notamment des policiers et des représentants de l’autorité. Bertrand Tavernier lui confie cependant des personnages dont les relations familiales et les contradictions personnelles occupent une place importante.Dans Des enfants gâtés (1977), Michel Aumont joue Pierre, l’un des habitants d’un immeuble parisien dont les locataires se mobilisent contre les pratiques de leur propriétaire. Le film, dans lequel Bertrand Tavernier interprète lui-même un réalisateur en difficulté, s’intéresse à l’organisation d’une action collective contre les abus immobiliers. Cette prestation vaut à Michel Aumont sa première nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle en 1978.Les deux hommes se retrouvent pour Un dimanche à la campagne (1984), adapté d’un roman de Pierre Bost. Le film se déroule en 1912 et raconte une journée dans la propriété du peintre vieillissant Ladmiral, interprété par Louis Ducreux. Michel Aumont incarne Gonzague, son fils, qui lui rend visite avec son épouse et ses enfants. Sabine Azéma joue Irène, la sœur de Gonzague, dont l’arrivée bouleverse les habitudes de la famille.Présenté en compétition au Festival de Cannes en 1984, le film reçoit le prix de la mise en scène. Il vaut à Michel Aumont une troisième nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle, en 1985.Sa deuxième nomination, obtenue en 1980, concernait Courage fuyons, d’Yves Robert, dans lequel il interprète Franckie aux côtés de Jean Rochefort. Une collaboration régulière avec Francis VeberFrancis Veber fait appel à Michel Aumont à plusieurs reprises, notamment pour interpréter des personnages dont l’autorité est contrariée par les situations comiques imaginées par le réalisateur. Les deux hommes travaillent ensemble dans Le Jouet (1976), avec Pierre Richard, puis dans Les Compères (1983), où l’acteur incarne Paul Martin.Leur collaboration reprend avec Le Placard (2001). Michel Aumont interprète Jean-Pierre Belone, psychologue d’entreprise à la retraite et voisin de François Pignon, joué par Daniel Auteuil. Alors que ce dernier apprend qu’il risque d’être licencié, Belone lui conseille de laisser croire à son employeur qu’il est homosexuel, afin de rendre son licenciement plus délicat. Cette intervention déclenche les malentendus sur lesquels repose une grande partie de la comédie.Michel Aumont retrouve Veber dans Tais-toi ! (2003), où il incarne un patient d’un établissement psychiatrique, aux côtés de Gérard Depardieu et Jean Reno. Dans La Doublure (2006), le réalisateur lui confie le rôle d’un médecin. Il participe également à L’Emmerdeur (2008), nouvelle adaptation cinématographique de la pièce de Veber, avec Patrick Timsit et Richard Berry.Le comédien travaille aussi avec Valérie Lemercier, qui lui confie le personnage de René-Guy, chef du protocole de la famille royale, dans Palais royal ! (2005). Il y donne notamment la réplique à Lambert Wilson et Catherine Deneuve. Distinctions honorifiques et dernières récompensesOutre ses quatre Molières, Michel Aumont reçoit plusieurs distinctions pour son travail théâtral. En 2003, il obtient le prix du Brigadier pour son interprétation dans Le Jour du destin, pièce de Michel del Castillo présentée au Théâtre Montparnasse dans une mise en scène de Jean-Marie Besset et Gilbert Désveaux.Il est également nommé au Molière du comédien en 2016 pour son interprétation du personnage principal dans Le Roi Lear, de Shakespeare, mis en scène par Jean-Luc Revol au Théâtre de la Madeleine. Cette production lui permet de retrouver un personnage tragique qu’il avait abordé dans le répertoire shakespearien au cours de sa carrière.Les pouvoirs publics français distinguent également son activité artistique. Michel Aumont est nommé commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 2003. Il est officier de la Légion d’honneur et élevé à la dignité de grand officier de l’ordre national du Mérite en 2015.
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Robert Baker · 47 ansRobert Baker est un acteur et producteur américain, né le 15 octobre 1979 à Memphis, dans le Tennessee, aux États-Unis. Il est notamment connu pour son interprétation du docteur Charles Percy dans Grey’s Anatomy (2009-2010), de Randall Kusik dans Justified (2013) et d’Otis Graves dans Supergirl (2018-2021). Il prête également sa voix au personnage de Cobra Commander dans G.I. Joe : Conspiration (2013).Une enfance dans le milieu musical de MemphisFils de Lee Baker, guitariste et chanteur de blues-rock, et de Carol Dowling Baker, Robert Baker grandit à Memphis, ville étroitement liée à l’histoire de la musique populaire américaine. Son père est notamment membre du groupe Mud Boy and the Neutrons, formation fondée au début des années 1970 avec Jim Dickinson, Sid Selvidge et Jimmy Crosthwait. Le groupe mêle blues et rock à des influences musicales régionales et se produit régulièrement dans les clubs de Memphis.Le 10 septembre 1996, Lee Baker est assassiné à Memphis, quelques semaines avant le dix-septième anniversaire de son fils. Sa mère, Carol, exerce par la suite comme enseignante à la West Memphis High School, établissement scolaire de l’Arkansas.Robert Baker s’installe en Californie pour étudier l’art dramatique à l’université de Californie du Sud (USC), à Los Angeles. Il participe aux spectacles universitaires et à plusieurs courts métrages réalisés par des étudiants. Il développe également ses propres projets théâtraux, tout en passant des auditions pour des productions professionnelles.Ses premiers engagements comprennent Angel on Abbey Street (1999), dans lequel il interprète un invité à une fête. Alors qu’il suit encore sa formation universitaire, il obtient le rôle d’Andre dans The Ruling Class (2001), téléfilm consacré à des adolescents et à leurs relations au sein d’un établissement scolaire.Une expérience au contact des grands réalisateurs américainsAu début des années 2000, Robert Baker travaille avec plusieurs réalisateurs américains. Dans Out of Time (2003), thriller réalisé par Carl Franklin, il interprète Tony Dalton, un policier travaillant aux côtés du chef de la police Matt Lee Whitlock, incarné par Denzel Washington. L’intrigue se déroule dans une petite ville de Floride, où une affaire criminelle place le personnage principal au centre d’une enquête qui le compromet personnellement.Il participe ensuite à Ladykillers (2004), comédie policière de Joel et Ethan Coen, avec Tom Hanks dans le rôle d’un faux professeur organisant un cambriolage. Robert Baker y interprète un joueur de football américain.En 2006, il joue Everett dans Special, réalisé par Hal Haberman et Jeremy Passmore. Le film met en scène Les Franken, un homme solitaire interprété par Michael Rapaport, qui participe à un essai pharmaceutique et se persuade qu’il possède des pouvoirs surnaturels. Everett est l’un des deux frères impliqués dans les événements qui conduisent le personnage principal à remettre en question sa perception de la réalité.Dans Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (2008), de Steven Spielberg, Robert Baker incarne un sergent de la police militaire américaine. Le film, situé en 1957, fait intervenir des agents soviétiques à la recherche d’un mystérieux crâne de cristal et réunit Harrison Ford et Cate Blanchett.Il retrouve l’univers du western avec Gore Verbinski dans Lone Ranger, naissance d’un héros (2013), adaptation cinématographique du personnage radiophonique américain créé dans les années 1930. Robert Baker interprète Navarro, un hors-la-loi apparaissant dans l’histoire du justicier masqué, incarné par Armie Hammer, et de son compagnon Tonto, joué par Johnny Depp.Charles Percy dans Grey’s AnatomyEn 2009, Robert Baker rejoint la distribution de Grey’s Anatomy, série médicale créée par Shonda Rhimes et diffusée sur ABC. Il y interprète Charles Percy, interne en chirurgie transféré du Mercy West Medical Center au Seattle Grace Hospital à la suite de la fusion des deux établissements.Le personnage apparaît pour la première fois dans l’épisode Invasion, diffusé le 15 octobre 2009, jour du trentième anniversaire de l’acteur. Il fait partie d’un groupe de nouveaux médecins comprenant Jackson Avery, interprété par Jesse Williams, et April Kepner, jouée par Sarah Drew.Charles Percy entretient des relations difficiles avec plusieurs membres de l’équipe chirurgicale. Il se rapproche notamment de Reed Adamson, interprétée par Nora Zehetner, pour laquelle il éprouve des sentiments qu’il peine à exprimer.Son personnage connaît une fin tragique dans le double épisode clôturant la sixième saison, Sanctuaire et À la dérive (Sanctuary et Death and All His Friends), diffusé le 20 mai 2010. Un homme armé pénètre dans l’hôpital et tire sur plusieurs membres du personnel. Charles Percy est grièvement blessé alors qu’il se trouve auprès de la patiente Mary Portman, interprétée par Mandy Moore.Le docteur Miranda Bailey, incarné par Chandra Wilson, tente de lui porter secours avec l’aide de Mary. Privée d’accès au bloc opératoire à cause du confinement de l’établissement, elle reste auprès de lui jusqu’à sa mort. Cette séquence constitue l’un des développements majeurs du final de la sixième saison.Robert Baker reprend brièvement le personnage dans des épisodes ultérieurs, notamment à travers des séquences de souvenirs et des visions liées au passé des médecins de l’hôpital.Une collaboration avec Roger Corman et les frères CoenEn 2013, Robert Baker tient le rôle principal de Virtually Heroes, comédie d’action réalisée par G. J. Echternkamp et produite par Roger Corman. Le film est présenté dans la section Midnight du Festival de Sundance. Il y interprète Books, un soldat américain pris au piège d’un jeu vidéo consacré à la guerre du Viêt Nam, dont il finit par découvrir le fonctionnement répétitif.La production utilise des images de combats et d’explosions provenant d’anciens films produits par Roger Corman aux Philippines dans les années 1980. Les acteurs tournent devant des repères visuels destinés à l’intégration ultérieure de ces séquences d’archives. Le tournage dure trois semaines, à raison de six jours par semaine. Robert Baker évoque cette expérience dans un entretien accordé au magazine Backstage pendant le Festival de Sundance.Il participe également à Les Trois Crimes de West Memphis (Devil’s Knot, 2013), réalisé par Atom Egoyan. Adapté d’un livre de Mara Leveritt, le film revient sur l’enquête concernant l’assassinat de trois garçons à West Memphis, dans l’Arkansas, en 1993. Robert Baker interprète un homme ayant participé à la découverte des corps des enfants. Sa connaissance de la région, où sa mère enseignait, intervient dans sa préparation aux auditions.En 2013, il retrouve également le cinéma d’action en prêtant sa voix à Cobra Commander, chef de l’organisation terroriste Cobra dans G.I. Joe : Conspiration (G.I. Joe: Retaliation), réalisé par Jon M. Chu. L’acteur australien Luke Bracey incarne physiquement le personnage masqué, tandis que Robert Baker en enregistre les dialogues. Il connaissait déjà Jon M. Chu depuis leurs années universitaires en Californie.Des collaborations avec les créateurs de séries américainesDans Justified, série policière développée par Graham Yost d’après les œuvres d’Elmore Leonard, Robert Baker interprète Randall Kusik au cours de la quatrième saison, diffusée en 2013. Ancien combattant pratiquant les arts martiaux, Randall entretient une relation avec Lindsey Salazar, jouée par Jenn Lyon. Il se retrouve en conflit avec Raylan Givens, marshal fédéral incarné par Timothy Olyphant.En 2014, il apparaît dans Mad Men, série créée par Matthew Weiner, dans le rôle de Lloyd Hawley, représentant d’une entreprise informatique chargé de moderniser les équipements de l’agence publicitaire Sterling Cooper & Partners. Son personnage intervient notamment dans l’épisode The Monolith, au cours duquel l’installation d’un ordinateur perturbe les habitudes des employés.Il incarne également Big Foot Wallace dans Texas Rising (2015), minisérie historique réalisée par Roland Joffé et consacrée à la révolution texane et à la naissance des Texas Rangers. Son personnage s’inspire de William Alexander Anderson Wallace, figure historique du Texas au XIXe siècle. La production réunit notamment Bill Paxton, qui interprète Sam Houston, et Jeffrey Dean Morgan dans le rôle d’Erastus « Deaf » Smith.Robert Baker rejoint ensuite la distribution de Riverdale (2017), adaptation télévisée des personnages d’Archie Comics. Il interprète Robert Phillips, également connu sous le surnom de Sugar Man, personnage lié au trafic de drogue dans la ville fictive de Riverdale.Dans Supergirl, il incarne Otis Graves, frère de Mercy Graves, interprétée par Rhona Mitra. Les deux personnages travaillent pour Lex Luthor, joué par Jon Cryer, et participent à ses opérations contre les extraterrestres présents sur Terre. Introduit lors de la quatrième saison en 2018, Otis réapparaît au cours des saisons suivantes, jusqu’en 2021.L’écriture et le travail vocalParallèlement à son activité d’interprète, Robert Baker développe des projets d’écriture et s’intéresse à la production audiovisuelle. En décembre 2020, il participe au podcast That One Audition, animé par l’actrice Alyshia Ochse, dans lequel il revient sur sa formation universitaire et ses premières expériences professionnelles.Il y évoque notamment les épisodes pilotes auxquels il a participé sans que les séries envisagées soient finalement produites. Il décrit également ses expériences d’audition et le travail préparatoire nécessaire à la construction d’un personnage.Son travail vocal comprend le jeu vidéo Call of Duty: Infinite Warfare (2016), développé par Infinity Ward et publié par Activision. Il interprète Maynard « Griff » Griffin, membre de l’équipage du vaisseau spatial Retribution, qui approvisionne les soldats en armes et en équipements pendant la campagne principale. Le jeu se déroule dans un futur marqué par un conflit entre les forces militaires terrestres et une organisation installée dans les colonies du système solaire.
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Marcel Barrena · 45 ansMarcel Barrena est un réalisateur, scénariste et monteur espagnol, né le 15 octobre 1981 à Barcelone, en Catalogne. Il est notamment connu pour le documentaire Món petit (2012), le drame 100 mètres (2016) et Mediterráneo (2021), consacré au sauvetage des migrants en Méditerranée. Son film El 47 (2024), inspiré d’une mobilisation populaire dans un quartier de Barcelone, remporte le Goya du meilleur film en 2025, ex æquo avec La infiltrada d’Arantxa Echevarría.Des études de droit aux premières réalisationsOriginaire de Barcelone, Marcel Barrena suit des études de droit et de cinéma dans la capitale catalane. Il commence à travailler dans le secteur audiovisuel au début des années 2000, notamment comme scénariste de programmes télévisés. Il participe à l’écriture de Alguna pregunta més ?, émission humoristique diffusée sur la télévision catalane TV3, ainsi qu’à celle de Betròpolis en 2005.En parallèle, il développe une activité de journaliste spécialisé dans le cinéma. À partir de 2002, il collabore au magazine espagnol Fotogramas, consacré à l’actualité cinématographique. Il participe également à plusieurs projets de courts métrages, dont El opositor (2010), qu’il écrit et réalise.Son premier film de fiction de longue durée, Quatre estacions (Cuatro estaciones, 2010), est une comédie romantique produite pour la télévision. Le récit suit plusieurs personnages dont les relations sentimentales évoluent au fil des saisons. Marcel Barrena en assure la réalisation et l’écriture.Le téléfilm remporte le prix Gaudí du meilleur téléfilm en 2011, décerné par l’Académie du cinéma catalan. Il reçoit également le prix du meilleur film et celui de la meilleure réalisation au Festival du film d’Alicante. Il est présenté au festival CinemaSpagna de Rome, consacré au cinéma espagnol contemporain.Cette première réalisation lui permet d’obtenir une reconnaissance professionnelle en Catalogne. Il poursuit parallèlement son travail de scénariste et collabore avec le cinéaste Bigas Luna à une adaptation du roman de science-fiction Mecanoscrit del segon origen, de Manuel de Pedrolo. Après la mort de Bigas Luna en 2013, le projet est repris par Carles Porta et sort au cinéma sous le titre Segon origen en 2015.Des rencontres à l’origine de ses documentairesEn 2012, Marcel Barrena réalise Món petit (Little World), documentaire consacré à Albert Casals, jeune Catalan utilisant un fauteuil roulant et habitué à voyager avec des moyens financiers très limités. Âgé de dix-neuf ans, celui-ci entreprend de rejoindre la Nouvelle-Zélande depuis Barcelone en compagnie de sa petite amie, Anna.Le voyage repose notamment sur l’auto-stop et l’hospitalité des personnes rencontrées. Pour ne pas modifier les conditions du déplacement par la présence permanente d’une équipe de tournage, les deux voyageurs filment eux-mêmes une grande partie de leur parcours. Marcel Barrena les rejoint en Nouvelle-Zélande pour réaliser les dernières séquences.Présenté en première mondiale au Festival international du film documentaire d’Amsterdam (IDFA) en 2012, Món petit reçoit le DOC U ! Award, décerné par un jury de jeunes spectateurs. Il se classe également troisième au prix du public. En 2013, il remporte le prix du meilleur documentaire au Boulder International Film Festival, aux États-Unis.Le film obtient le Gaudí du meilleur documentaire en 2014 et est nommé au Goya du meilleur documentaire. Marcel Barrena devient ainsi le premier cinéaste récompensé aux Gaudí dans les catégories du meilleur téléfilm et du meilleur documentaire.Il réalise également Hermano caballo (Mi hermano caballo, 2023), un documentaire consacré à la relation entre les êtres humains et les chevaux. Le film reçoit une nomination au Gaudí du meilleur documentaire en 2024.Le handicap et la résilience dans 100 mètresLa rencontre avec Ramón Arroyo, sportif espagnol atteint de sclérose en plaques, conduit Marcel Barrena à réaliser 100 mètres (100 metros, 2016). Le film s’inspire de l’histoire de cet homme qui, après avoir appris sa maladie, entreprend de participer à une compétition de triathlon Ironman, associant natation, cyclisme et course à pied.Dani Rovira interprète Ramón Arroyo, tandis qu’Alexandra Jiménez joue son épouse et Karra Elejalde son beau-père, ancien sportif qui participe à son entraînement. Marcel Barrena écrit le scénario à partir du parcours de Ramón Arroyo, dont il reprend notamment les difficultés professionnelles et familiales après le diagnostic.Le film évoque les conséquences physiques de la sclérose en plaques, maladie inflammatoire chronique du système nerveux central, ainsi que les changements qu’elle entraîne dans les relations personnelles. Sa réalisation bénéficie de la collaboration de personnes concernées par cette maladie.Sorti en Espagne en novembre 2016, 100 mètres connaît une large diffusion et est ensuite distribué internationalement par Netflix. Il reçoit onze nominations aux prix Gaudí, remportant notamment celles du meilleur acteur et de la meilleure actrice dans un second rôle pour Karra Elejalde et Alexandra Jiménez.En 2017, la Société espagnole de neurologie lui décerne une distinction spéciale pour sa contribution à la sensibilisation du public à la sclérose en plaques. Le film obtient également le prix du public au festival Cinespaña de Toulouse.La collaboration avec les sauveteurs d’Open ArmsEn 2021, Marcel Barrena réalise Mediterráneo (Mediterráneo : la loi de la mer), un drame inspiré de la fondation de l’organisation humanitaire Proactiva Open Arms, créée en 2015 par le sauveteur catalan Òscar Camps.Le film reconstitue l’arrivée de sauveteurs espagnols sur l’île grecque de Lesbos, alors que des milliers de réfugiés traversent la mer Égée depuis les côtes turques. Eduard Fernández interprète Òscar Camps, tandis que Dani Rovira incarne Gerard Canals, l’un de ses collaborateurs. Anna Castillo et Sergi López complètent notamment la distribution.Le scénario, écrit avec Danielle Schleif, retrace la mise en place des premières opérations de secours. Il montre également les difficultés rencontrées par les bénévoles pour organiser leurs interventions dans un contexte d’afflux massif de migrants et de réfugiés.Marcel Barrena travaille avec des membres d’Open Arms pour préparer le film. Le récit reprend des événements liés à la naissance de l’organisation, dont les opérations de sauvetage s’étendront ensuite à la Méditerranée centrale.Présenté au Festival international du film de Saint-Sébastien en septembre 2021, Mediterráneo reçoit le prix du public du Festival du film de Rome la même année. Il remporte ensuite trois Goya en 2022, pour la meilleure photographie, la meilleure direction de production et la meilleure chanson originale. Il obtient également quatre prix Gaudí, dont le prix spécial du public.Le film figure parmi les trois productions présélectionnées par l’Académie espagnole pour représenter l’Espagne à l’Oscar du meilleur film international. Il remporte par ailleurs plusieurs distinctions dans des festivals internationaux, notamment à Boulder et à Ourense.El 47, une collaboration avec Eduard FernándezLa collaboration avec Eduard Fernández se prolonge avec El 47 (2024), film historique écrit par Marcel Barrena et Alberto Marini. Le récit s’inspire de l’action menée en 1978 par Manolo Vital, conducteur d’autobus municipal et habitant du quartier de Torre Baró, situé sur les hauteurs de Barcelone.À cette époque, les habitants du quartier réclament une desserte par les transports publics. Les autorités municipales considèrent que les voies d’accès, particulièrement étroites et pentues, ne permettent pas le passage des autobus. Manolo Vital prend alors le volant d’un véhicule de la ligne 47 pour démontrer qu’un autobus peut atteindre Torre Baró.Eduard Fernández incarne Manolo Vital, tandis que Clara Segura interprète son épouse Carmen. Le film évoque également l’installation de familles venues d’autres régions d’Espagne dans les quartiers périphériques de Barcelone pendant la seconde moitié du XXe siècle.Le tournage se déroule notamment à Torre Baró, avec la participation d’habitants du quartier. Plusieurs figurants ont personnellement connu les événements de 1978 ou appartiennent aux familles de leurs protagonistes. Produit par The Mediapro Studio, en coproduction avec 3Cat et RTVE, El 47 est tourné en catalan.Sorti en Espagne le 6 septembre 2024, il remporte un important succès public. Lors de la 39e cérémonie des Goya, le 8 février 2025, il reçoit cinq récompenses sur quatorze nominations, dont le Goya du meilleur film, partagé pour la première fois dans l’histoire de cette distinction avec La infiltrada, réalisé par Arantxa Echevarría.Le film remporte également huit prix Gaudí en 2025, dont ceux du meilleur film, du meilleur acteur pour Eduard Fernández et du meilleur second rôle féminin pour Clara Segura. Il reçoit en outre le prix du public décerné par l’Académie du cinéma catalan.Un engagement dans la diffusion de récits sociauxÀ travers ses réalisations, Marcel Barrena travaille régulièrement avec des personnes dont les expériences réelles servent de point de départ à ses scénarios. Sa rencontre avec Ramón Arroyo donne lieu à une fiction consacrée à la sclérose en plaques, tandis que sa collaboration avec Òscar Camps permet de reconstituer les premières interventions de sauvetage d’Open Arms.En mai 2025, il participe à un entretien avec Médecins sans frontières consacré aux migrations et à la représentation des personnes déplacées dans le cinéma. Il y évoque notamment les opérations humanitaires en Méditerranée et l’accueil réservé à Mediterráneo.Il y revient également sur El 47, dont l’intrigue évoque les revendications des habitants des quartiers construits par les migrations intérieures espagnoles au XXe siècle. Le cinéaste souligne l’importance de la représentation de ces communautés, particulièrement de leurs luttes pour obtenir des équipements et des services publics.Ses films sont aussi utilisés dans des manifestations éducatives et associatives. 100 mètres donne notamment lieu à des projections organisées avec des associations de personnes atteintes de sclérose en plaques. Mediterráneo fait l’objet de séances et de rencontres consacrées aux opérations de sauvetage en mer, organisées avec des acteurs du secteur humanitaire.
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Alex Beaupain · 52 ansAlex Beaupain est un auteur-compositeur-interprète et compositeur de musiques de films français, né le 15 octobre 1974 à Besançon, dans le Doubs. Il est notamment connu pour sa collaboration avec le réalisateur Christophe Honoré, dont le film Les Chansons d’amour (2007) lui vaut le César de la meilleure musique écrite pour un film en 2008. Il mène parallèlement une carrière de chanteur, marquée notamment par l’album 33 tours (2008), récompensé par l’Académie Charles-Cros.Une enfance musicale et des études à Sciences PoAlex Beaupain grandit à Besançon au sein d’une famille de trois enfants. Son père est cadre à la SNCF et sa mère institutrice. Il apprend le piano pendant son enfance et chante dans une chorale. Ses parents lui transmettent également leur intérêt pour le cinéma et la littérature, tandis qu’il découvre la chanson française à travers les disques de Serge Gainsbourg et d’Alain Souchon.À l’adolescence, il est particulièrement marqué par Étienne Daho, dont il découvre la chanson « Le Grand Sommeil ». L’écoute du chanteur breton le conduit à s’intéresser également au Velvet Underground. Il commence à écrire ses premières chansons et des poèmes, tout en poursuivant des études secondaires comprenant une option cinéma.Après son baccalauréat, Alex Beaupain quitte Besançon avec sa compagne, Aude. Il passe une année à Nancy, puis s’installe à Paris, où il intègre l’Institut d’études politiques de Paris. Il obtient son diplôme en 1997, dans la section Communication et ressources humaines.Il tente ensuite à deux reprises le concours d’entrée à la Fémis, école nationale supérieure des métiers de l’image et du son, sans être admis. Il entreprend également un diplôme d’études approfondies (DEA), avec un projet de mémoire consacré aux circulaires administratives.À la fin des années 1990, il écrit plusieurs spectacles musicaux créés par la compagnie théâtrale Les Matelas à ressorts. Cette expérience précède ses premiers engagements comme compositeur pour le cinéma.La rencontre avec Christophe Honoré et l’écriture de chansonsL’amitié entre Alex Beaupain et Christophe Honoré joue un rôle déterminant dans ses premières expériences musicales. Alors que le compositeur écrit encore ses chansons sans les interpréter en public, Honoré l’encourage à organiser un concert. La première représentation a lieu dans un appartement parisien, devant cinq spectateurs, avec un répertoire de trois chansons.Les deux hommes commencent également à travailler ensemble à l’écriture de chansons. Christophe Honoré lui fournit parfois des textes qu’il met en musique. Parmi les premières compositions de cette période figurent « Avant la haine » et « La Bastille ».En 2002, Alex Beaupain signe la musique de 17 fois Cécile Cassard, premier long métrage de Christophe Honoré, avec Béatrice Dalle dans le rôle principal. Le film raconte le parcours d’une femme qui quitte son foyer après la mort de son mari. Leur collaboration se poursuit avec Dans Paris (2006), interprété notamment par Romain Duris et Louis Garrel.Il travaille aussi avec le cinéaste Gilles Marchand, pour lequel il compose la musique de Qui a tué Bambi ? (2003). Ce thriller, situé dans un hôpital, met en scène Sophie Quinton et Laurent Lucas.En 2005, Alex Beaupain publie chez Naïve son premier album, Garçon d’honneur. Réalisé par Frédéric Lo, il comprend des chansons consacrées aux relations amoureuses et au deuil. Plusieurs titres sont marqués par la mort de sa compagne Aude, survenue brutalement en 2000, à l’âge de 26 ans. La chanson « Brooklyn Bridge » est écrite trois semaines après sa disparition.L’album retient l’attention de Christophe Honoré, qui s’en inspire pour écrire le scénario de Les Chansons d’amour. Le film reprend certaines compositions de Alex Beaupain, auxquelles s’ajoutent des chansons spécialement écrites pour le projet.Le César des Chansons d’amourPrésenté en compétition au Festival de Cannes en 2007, Les Chansons d’amour constitue une étape importante dans la carrière de Alex Beaupain. Le film raconte une histoire sentimentale entre plusieurs jeunes Parisiens, bouleversée par la mort soudaine de l’un des personnages.Louis Garrel, Ludivine Sagnier et Clotilde Hesme interprètent les rôles principaux. Les chansons, intégrées directement aux dialogues et à l’action, sont chantées par les comédiens eux-mêmes. Alex Beaupain compose les mélodies et écrit les paroles, avec des arrangements réalisés par Frédéric Lo.La musique accompagne notamment la relation entre Ismaël, Julie et Alice, ainsi que les conséquences de la disparition de Julie. Les personnages expriment leurs sentiments par des chansons qui prolongent leurs conversations. Parmi les titres du film figure « Les Yeux au ciel », interprété par Louis Garrel.À la 33e cérémonie des César, en février 2008, Alex Beaupain reçoit le César de la meilleure musique écrite pour un film. Il obtient ensuite d’autres nominations dans cette catégorie pour Non ma fille, tu n’iras pas danser (2009) et Les Bien-aimés (2011), également réalisés par Christophe Honoré.Dans Les Bien-aimés, présenté hors compétition en clôture du Festival de Cannes en 2011, les chansons sont notamment interprétées par Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni. Alex Beaupain y travaille avec une distribution réunissant également Ludivine Sagnier et Louis Garrel, déjà présents dans Les Chansons d’amour.Une carrière discographique et des collaborations musicalesEn 2008, Alex Beaupain publie 33 tours, son deuxième album personnel, réalisé et arrangé par Frédéric Lo. Il comprend douze chansons, dont « I Want to Go Home », accompagnée d’un clip réalisé par Christophe Charrier. L’album reçoit un Grand Prix de l’Académie Charles-Cros, distinction attribuée par cette institution à des enregistrements musicaux.Son troisième album, Pourquoi battait mon cœur (2011), est arrangé par Jean-Philippe Verdin, également connu sous le nom de Readymade FC. Il comprend « Avant la haine », interprété en duo avec Camélia Jordana, et « Au départ », chanson qui met en parallèle l’histoire de la gauche française et celle d’un couple. Une version instrumentale de ce dernier titre est utilisée pendant la campagne présidentielle de François Hollande en 2012.Alex Beaupain poursuit sa collaboration avec Jean-Philippe Verdin sur Après moi le déluge (2013), dont les arrangements accordent une place importante aux instruments électroniques. L’album comprend notamment « Grands soirs », chanson consacrée aux espoirs politiques et aux désillusions collectives.En 2016, il publie Loin, dont plusieurs chansons sont arrangées par le musicien et réalisateur artistique Superpoze. Le disque comporte « Van Gogh », inspiré par la figure du peintre néerlandais. L’album suivant, Pas plus le jour que la nuit (2019), est réalisé avec le concours de Valentin Marceau et aborde notamment les relations sentimentales et les transformations politiques contemporaines.Il écrit également pour d’autres interprètes. En 2017, il réalise Françoise Fabian, album de chansons originales interprétées par l’actrice française. Le disque réunit plusieurs auteurs et compositeurs, dont Charles Aznavour et Julien Clerc. Il participe par ailleurs à l’écriture de chansons pour Alain Souchon et collabore avec la plasticienne Sophie Calle autour de projets associant musique et arts visuels.Les Gens dans l’enveloppe, un projet avec Isabelle MonninUne collaboration singulière réunit Alex Beaupain et la journaliste et romancière Isabelle Monnin, sœur de sa compagne Aude, disparue en 2000. En 2012, Isabelle Monnin achète sur Internet un lot de 250 photographies d’une famille qu’elle ne connaît pas. Elle entreprend d’abord d’imaginer la vie des personnes représentées avant de rechercher leur identité et de les rencontrer.Alex Beaupain compose dix chansons destinées à accompagner ce projet littéraire. Publié en 2015 aux éditions Jean-Claude Lattès, Les Gens dans l’enveloppe associe un roman, un récit d’enquête et un disque. Les chansons sont interprétées notamment par Camélia Jordana et Clotilde Hesme, ainsi que par l’actrice Françoise Fabian. Des membres de la famille retrouvée participent également aux enregistrements.Le projet est adapté pour la scène en 2017, dans un spectacle mis en scène par Alex Beaupain. Créé le 29 septembre au Théâtre de Chartres, il est ensuite présenté à la Cité de la musique, à Paris, dans le cadre de la Philharmonie de Paris. Clara Luciani rejoint la distribution aux côtés de Françoise Fabian et de Clotilde Hesme. Le spectacle associe les textes d’Isabelle Monnin aux compositions musicales, interprétées avec un ensemble instrumental. De Serge Gainsbourg à la comédie musicaleL’œuvre de Serge Gainsbourg occupe une place particulière dans le répertoire de Alex Beaupain. En 2021, il reprend intégralement Love on the Beat, album publié par Gainsbourg en 1984, dans une nouvelle version interprétée avec l’Orchestre philharmonique de Radio France. Le concert, enregistré en février 2021, donne également lieu à la publication d’un album.Il conserve l’ordre des huit chansons de l’enregistrement original, dont « Sorry Angel », en remplaçant les arrangements électroniques de Gainsbourg par une orchestration symphonique. Cette adaptation constitue une nouvelle collaboration avec les musiciens du répertoire classique, après plusieurs projets associant chanson et ensembles instrumentaux.Alex Beaupain retrouve ensuite le réalisateur Diastème, avec lequel il avait participé à l’écriture du film Le Bruit des gens autour (2008). Les deux hommes développent pendant plusieurs années le projet de Joli joli, une comédie musicale située entre Paris et Rome dans les années 1970.Le film raconte la rencontre entre un écrivain sans argent et une jeune actrice qui connaît ses premiers succès. Alex Beaupain compose les chansons et participe à l’écriture du scénario, notamment pour intégrer les séquences musicales aux développements de l’intrigue. Le travail s’effectue au cours de séances régulières pendant lesquelles Diastème élabore les scènes tandis que le compositeur travaille au piano.Sorti en France le 25 décembre 2024, Joli joli réunit Clara Luciani et William Lebghil dans les rôles principaux. La chanteuse avait déjà travaillé avec Alex Beaupain lors du spectacle Les Gens dans l’enveloppe. Le compositeur participe à la sélection des interprètes, en tenant compte des exigences vocales des chansons. Les distinctions professionnellesLe César obtenu en 2008 pour Les Chansons d’amour constitue la principale récompense cinématographique individuelle de Alex Beaupain. L’Académie des arts et techniques du cinéma le nomme de nouveau en 2010 pour Non ma fille, tu n’iras pas danser, puis en 2012 pour Les Bien-aimés.En 2026, il reçoit une quatrième nomination au César de la meilleure musique originale pour La Femme la plus riche du monde, réalisé par Thierry Klifa. Le film, interprété notamment par Isabelle Huppert et Marina Foïs, s’inspire librement des relations entre l’héritière Liliane Bettencourt et le photographe François-Marie Banier.La partition accompagne ce récit consacré aux rapports de pouvoir au sein d’une grande fortune familiale. Alex Beaupain retrouve à cette occasion Thierry Klifa, avec lequel il avait déjà collaboré sur des projets cinématographiques.
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Simon Boswell · 70 ansSimon Boswell est un compositeur de musiques de films, musicien et producteur musical britannique, né le 15 octobre 1956 à Londres, en Angleterre. Il est notamment connu pour ses collaborations avec Dario Argento sur Phenomena (1985), Alejandro Jodorowsky sur Santa Sangre (1989) et Danny Boyle sur Petits Meurtres entre amis (1994). Son travail associe fréquemment instruments acoustiques et sonorités électroniques, notamment dans le cinéma fantastique et d’horreur.Une formation classique et l’expérience du rock britanniqueSimon Boswell commence l’apprentissage du piano à l’âge de cinq ans. Sa formation musicale est d’abord consacrée au répertoire classique. Vers huit ans, après avoir entendu une émission radiophonique de la BBC consacrée à Mozart, il compose une série de variations inspirées notamment de Bach et de Chopin, qu’il présente lors d’un concert scolaire.À douze ans, il découvre la guitare électrique après avoir vu Jimi Hendrix à la télévision. Cet intérêt pour le rock accompagne ses études secondaires à la Haberdashers' Aske’s Boys' School, dans le Hertfordshire. Il étudie ensuite la littérature anglaise au Pembroke College de l’université de Cambridge, où il entre à dix-sept ans.En 1975, alors qu’il est encore étudiant, il signe un contrat avec le label indépendant Transatlantic Records. Il enregistre un premier album solo, The Mind Parasites, constitué de chansons et de pièces instrumentales à dominante acoustique.L’émergence du punk rock britannique l’amène à former en 1977 le groupe Advertising, dans lequel il chante et joue de la guitare. Le groupe appartient au courant power pop et publie notamment le single Lipstick avant d’enregistrer l’album Jingles, sorti en 1978. Advertising se produit sur scène avec Blondie, formation américaine menée par Debbie Harry et Chris Stein.Après la dissolution du groupe, Simon Boswell rejoint notamment Live Wire, autre formation britannique orientée vers le rock. Ces expériences lui permettent de développer une activité de guitariste et d’arrangeur, avant qu’il ne se consacre davantage à la production discographique.La production musicale entre Londres et RomeAu début des années 1980, Simon Boswell travaille comme producteur et réalisateur artistique au Royaume-Uni et en Italie. Il collabore notamment avec le chanteur italien Renato Zero, dont il produit un album en 1982. Cette collaboration connaît un important succès commercial et contribue à son implantation dans les studios d’enregistrement romains.Son travail de producteur l’amène à collaborer avec des artistes issus de différentes traditions musicales. Il participe notamment à des enregistrements de Marianne Faithfull et de Dolly Parton, ainsi qu’à des productions liées à Elton John. Il travaille également avec le groupe britannique 23 Skidoo, dont le morceau Coup, sorti en 1984, sera échantillonné par les Chemical Brothers dans leur titre Block Rockin' Beats (1997).La fréquentation des studios italiens joue un rôle déterminant dans son entrée au cinéma. Alors qu’il séjourne régulièrement à Rome, il rencontre le réalisateur Dario Argento, qui avait assisté à une prestation de son groupe Live Wire. Leur rencontre est organisée par Vincent Messina, collaborateur d’une société d’édition musicale. Argento lui propose de participer à la musique de son nouveau film.Jusqu’alors, Simon Boswell n’avait pas travaillé comme compositeur pour le cinéma. Il accepte cette proposition et commence à écrire des séquences musicales destinées à accompagner les images du réalisateur italien.Une rencontre déterminante avec Dario ArgentoEn 1985, Simon Boswell compose une partie de la musique de Phenomena, film fantastique de Dario Argento avec Jennifer Connelly et Donald Pleasence. Il travaille aux côtés de musiciens issus du groupe italien Goblin, déjà connu pour ses compositions destinées aux films d’Argento.Le film raconte l’histoire d’une adolescente capable de communiquer avec les insectes, qui tente d’élucider une série de meurtres dans un pensionnat suisse. La bande originale mêle des compositions électroniques à des morceaux de groupes de rock et de heavy metal, notamment Iron Maiden et Motörhead.Cette première collaboration lui ouvre les portes du cinéma d’horreur italien. Il travaille ensuite avec Lamberto Bava sur Démons 2 (1986), produit par Dario Argento. Outre la composition musicale, il participe au choix des chansons utilisées dans le film. Il favorise notamment l’emploi de morceaux du courant gothique britannique, parmi lesquels des titres de Dead Can Dance et de The Cult.Il collabore également avec Michele Soavi, ancien assistant de Dario Argento, pour Bloody Bird (Deliria, 1987). Le film met en scène une troupe de théâtre répétant une comédie musicale dans un bâtiment où un meurtrier s’introduit. Simon Boswell y utilise des synthétiseurs et des rythmes électroniques influencés notamment par le jazz fusion du groupe Weather Report.Cette expérience italienne lui permet de développer une approche de la musique de film fondée sur la combinaison des instruments traditionnels et des possibilités offertes par les technologies d’enregistrement électronique.La collaboration avec Alejandro JodorowskyEn 1988, le producteur italien Claudio Argento, frère de Dario Argento, contacte Simon Boswell pour lui proposer de travailler sur Santa Sangre, nouveau long métrage d’Alejandro Jodorowsky. Le compositeur connaît déjà le cinéma du réalisateur franco-chilien, dont il avait découvert El Topo pendant ses études à Cambridge.Sorti en 1989, Santa Sangre raconte l’histoire de Fenix, un jeune homme traumatisé par son enfance dans un cirque et par les violences subies au sein de sa famille. Le film associe des éléments de mélodrame à une imagerie fantastique particulièrement violente.Simon Boswell compose une partition qui mêle des motifs mélodiques d’inspiration populaire et des passages orchestraux. Il utilise également des sonorités empruntées à la musique de cirque, en relation avec le milieu dans lequel évoluent les personnages.La collaboration avec Jodorowsky se déroule principalement à Rome, où le compositeur travaille sur les enregistrements de la bande originale. La musique participe à la dimension rituelle du film, dont certaines séquences reposent sur la répétition de motifs sonores et visuels.Pour Santa Sangre, Simon Boswell reçoit en 1991 le Saturn Award de la meilleure musique, distinction attribuée par l’Academy of Science Fiction, Fantasy and Horror Films.L’électronique et l’orchestre dans ses compositionsLa collaboration avec le réalisateur sud-africain Richard Stanley permet à Simon Boswell d’expérimenter de nouvelles associations instrumentales. Pour Hardware (1990), film de science-fiction postapocalyptique, il compose une musique qui utilise notamment la guitare slide et les synthétiseurs. Cette partition accompagne l’histoire d’un robot militaire meurtrier reconstitué à partir de pièces récupérées dans un désert.Les deux hommes travaillent de nouveau ensemble sur Le Souffle du démon (Dust Devil, 1992), thriller fantastique tourné en Namibie. Simon Boswell y associe des éléments électroniques à des sonorités inspirées des instruments traditionnels africains. Les thèmes musicaux accompagnent les paysages désertiques et le personnage d’un mystérieux tueur incarné par Robert John Burke.Avec Danny Boyle, il signe la musique de Petits Meurtres entre amis (Shallow Grave, 1994), première réalisation cinématographique du cinéaste britannique. Le film met en scène trois colocataires d’Édimbourg, interprétés par Ewan McGregor, Kerry Fox et Christopher Eccleston, confrontés aux conséquences de leur découverte d’une importante somme d’argent.La composition de Simon Boswell associe des passages orchestraux à une instrumentation électronique. Il participe également à l’identité sonore du film, dont la bande originale comprend le morceau Happy Heart, interprété par Andy Williams, utilisé lors du générique de début et de la conclusion.Le compositeur travaille ensuite avec Clive Barker sur Le Maître des illusions (Lord of Illusions, 1995), adaptation d’une nouvelle de l’écrivain et réalisateur britannique. La partition accompagne une intrigue mêlant enquête policière et magie noire.Son activité s’étend au cinéma dramatique, notamment avec Tim Roth, qui lui confie la musique de The War Zone (1999), son premier long métrage comme réalisateur. Pour ce drame consacré aux violences sexuelles au sein d’une famille britannique, la musique est employée avec retenue. Boswell compose notamment un thème principal dont les interventions restent limitées.Distinctions et reconnaissance professionnelleEn 1991, Simon Boswell est nommé au Saturn Award de la meilleure musique pour Santa Sangre. Le prix est finalement attribué à Alan Silvestri pour Retour vers le futur 3. Sa collaboration avec Alejandro Jodorowsky lui apporte néanmoins une reconnaissance auprès des amateurs de cinéma fantastique.Il reçoit une autre nomination aux Saturn Awards pour sa musique de Hardware, ainsi qu’une nomination au prix Goya de la meilleure musique originale en 1998, pour Perdita Durango, film réalisé par Álex de la Iglesia et adapté du roman de Barry Gifford.Son travail pour la série dramatique britannique The Lakes, créée par Jimmy McGovern et diffusée sur BBC One, lui vaut également une nomination au BAFTA de la meilleure musique originale pour la télévision en 1998. La série raconte l’installation d’un jeune homme de Liverpool, interprété par John Simm, dans la région du Lake District.Le compositeur obtient par ailleurs un Fangoria Chainsaw Award pour Le Maître des illusions, décerné dans le cadre des prix du magazine américain spécialisé dans le cinéma d’horreur.La création musicale sur scène et les installations audiovisuellesEn dehors du cinéma, Simon Boswell développe plusieurs projets associant composition musicale et arts visuels. En 2002, il présente à l’Institute of Contemporary Arts (ICA) de Londres une installation intitulée Blink.Cette œuvre utilise des portraits extraits d’archives télévisuelles. Les images sont ralenties ou répétées en boucle, tandis que chaque visage est accompagné d’une composition musicale particulière. L’installation originale mobilise quatre écrans de grande dimension, disposés dans un espace d’exposition.En 2012, une nouvelle version de Blink est projetée sur la façade du Hong Kong Convention and Exhibition Centre. Elle comprend notamment des images d’archives de l’acteur et pratiquant d’arts martiaux Bruce Lee. L’installation est également présentée à Asia House, à Londres.Simon Boswell transpose aussi certaines de ses bandes originales dans un répertoire destiné à la scène. Il crée notamment le projet musical Caduta Massi, qui réunit des musiciens issus du rock britannique et des arrangements orchestraux. Les compositions reprennent des fragments de ses anciennes partitions, transformés en morceaux autonomes.Il intègre à ces créations des interventions parlées enregistrées par plusieurs personnalités du cinéma avec lesquelles il a travaillé, notamment Ewan McGregor, Ray Winstone et Dario Argento. Les concerts sont accompagnés de projections vidéo, associant des séquences d’archives à des images conçues pour les compositions musicales.
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William Brent · 31 ansWilliam Brent est un acteur et réalisateur américain, né le 15 octobre 1995 dans le comté de Palm Beach, en Floride, aux États-Unis. Il se fait connaître du jeune public avec le rôle de Chase Davenport dans la série Disney XD Les Bio-Teens (Lab Rats, 2012-2016). Il reprend ce personnage dans Les Bio-Teens : Forces spéciales (Lab Rats: Elite Force, 2016), série à partir de laquelle il utilise professionnellement le nom de William Brent.Une enfance en Floride et des débuts précocesFils de William Unger et de Karley Pence, William Brent grandit en Floride avec ses frères et sœurs, parmi lesquels Eric Unger, également acteur. En 2006, sa famille s’installe à Los Angeles, où il commence à passer des auditions pour des productions cinématographiques et télévisuelles. Âgé de onze ans lors de ses premiers engagements, il travaille sous le nom de Billy Unger.Il pratique dès l’enfance la gymnastique et les arts martiaux, deux disciplines qui lui permettent de participer à des scènes physiques et d’exécuter certaines de ses propres cascades. Il acquiert également une expérience du tournage utilisant la capture de mouvement.En 2007, il interprète Charles Gates enfant dans Benjamin Gates et le Livre des secrets, film d’aventures réalisé par Jon Turteltaub avec Nicolas Cage. Son personnage apparaît dans les séquences consacrées à l’histoire familiale du héros. Ce premier engagement dans une importante production hollywoodienne intervient peu après son installation en Californie.La même période est marquée par plusieurs apparitions dans des séries américaines. Il joue notamment dans Scrubs, comédie médicale créée par Bill Lawrence, et participe à Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor, série de science-fiction prolongeant l’univers cinématographique de Terminator. Il intervient également dans Médium, dont les intrigues reposent sur les visions d’une consultante travaillant avec les autorités judiciaires.Chase Davenport, le rôle qui le fait connaîtreEn 2012, William Brent obtient le rôle de Chase Davenport dans Les Bio-Teens (Lab Rats), série créée par Chris Peterson et Bryan Moore pour Disney XD. La fiction met en scène Leo Dooley, adolescent qui découvre dans le sous-sol de sa nouvelle maison trois jeunes êtres humains dotés d’implants bioniques leur conférant des capacités extraordinaires.Chase est présenté comme le plus jeune des trois adolescents bioniques, aux côtés d’Adam, interprété par Spencer Boldman, et de Bree, jouée par Kelli Berglund. Doté d’une intelligence exceptionnelle et de sens particulièrement développés, il possède également une personnalité alternative appelée Spike, qui se manifeste dans certaines situations de tension.Le personnage entretient une rivalité comique régulière avec Adam, son frère aîné, dont la force physique contraste avec ses capacités intellectuelles. Leur relation constitue l’un des ressorts récurrents de la série, tandis que Leo, interprété par Tyrel Jackson Williams, découvre progressivement les secrets de leur créateur, Donald Davenport, joué par Hal Sparks.Diffusée sur Disney XD à partir du 27 février 2012, la série connaît quatre saisons et se termine en février 2016. William Brent interprète Chase dans 98 épisodes. Les séquences d’action lui permettent notamment de mettre à profit sa formation en gymnastique et en arts martiaux.Le personnage apparaît également en 2015 dans un épisode commun avec Mighty Med, Super Urgence, autre série de Disney XD. Ce rapprochement entre deux univers de fiction prépare la création d’une nouvelle série réunissant leurs principaux héros.Un changement de nom professionnel et une expérience de réalisationEn février 2016, William Brent abandonne le nom de scène Billy Unger au profit de ses deux premiers prénoms. Ce changement apparaît dans la promotion de Les Bio-Teens : Forces spéciales, nouvelle série de Disney XD, dont la diffusion commence le 2 mars 2016.Créée par Chris Peterson et Bryan Moore, cette production réunit Chase et Bree Davenport à plusieurs personnages de Mighty Med, Super Urgence. Après la destruction de leur hôpital pour super-héros, Kaz, Oliver et Skylar Storm rejoignent les deux adolescents bioniques afin de former une équipe chargée de lutter contre de nouvelles menaces.William Brent reprend le personnage de Chase aux côtés de Kelli Berglund, Bradley Steven Perry, Jake Short et Paris Berelc. La série compte 16 épisodes, diffusés entre mars et octobre 2016.Cette production lui permet également d’aborder la réalisation. En 2016, il dirige un épisode de Les Bio-Teens : Forces spéciales, sa première expérience officiellement créditée comme réalisateur. Il participe ainsi à la mise en scène d’une série dans laquelle il interprète lui-même l’un des personnages principaux.Les récompenses obtenues pendant l’enfanceAvant son engagement dans Les Bio-Teens, William Brent reçoit plusieurs distinctions pour ses interprétations d’enfant et d’adolescent. En 2009, il remporte un Young Artist Award pour son rôle de Robby North dans Marlowe, le chien policier (Cop Dog), film familial réalisé par John Murlowski. Il y incarne un garçon qui reçoit l’aide du fantôme de son chien pour élucider les circonstances de la mort de son père.L’année suivante, il obtient un deuxième Young Artist Award, dans la catégorie du meilleur jeune acteur invité dans une série télévisée, pour son interprétation de Conor Stephens dans Mental. Il apparaît dans l’épisode Manic at the Disco (2009), consacré à un adolescent souffrant de troubles psychiatriques, dont le traitement est assuré par le docteur Jack Gallagher, incarné par Chris Vance.En 2011, il est de nouveau récompensé aux Young Artist Awards pour sa participation à Encore toi ! (You Again, 2010), comédie réalisée par Andy Fickman. Il y interprète Ben, le jeune frère de Marni, personnage joué par Kristen Bell. Le film réunit également Jamie Lee Curtis et Sigourney Weaver.Sa prestation dans Ghost Whisperer lui vaut une autre nomination aux Young Artist Awards en 2011. Ces distinctions sont décernées par la Young Artist Foundation, organisation américaine créée pour récompenser le travail des jeunes interprètes dans les productions audiovisuelles.La pratique musicale et les jeux vidéoEn dehors de son travail devant la caméra, William Brent pratique la guitare et le chant. Ses activités musicales comprennent également la participation à un groupe, parallèlement aux tournages de ses séries.Il travaille aussi comme comédien de voix. Dans le film d’animation Le Voyage extraordinaire de Samy (2010), réalisé par Ben Stassen, il prête sa voix à Samy lorsqu’il vient d’éclore, dans la version anglophone. Le film suit les aventures d’une tortue marine à travers les océans.En 2011, il participe au jeu vidéo Uncharted 3: L’Illusion de Drake, développé par Naughty Dog pour PlayStation 3. Il interprète la version adolescente de Nathan Drake, personnage principal de la franchise, dont la voix adulte est assurée par Nolan North. Son intervention concerne les séquences situées dans la jeunesse du héros, notamment à Carthagène, en Colombie, où celui-ci rencontre Victor Sullivan.Le personnage du jeune Nathan Drake réapparaît à travers les enregistrements originaux dans Uncharted: The Nathan Drake Collection (2015), compilation des trois premiers jeux de la série publiée sur PlayStation 4.
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Michael Caton-Jones · 69 ansMichael Caton-Jones, né Michael Jones le 15 octobre 1957 à Broxburn, dans le West Lothian, en Écosse, est un réalisateur et producteur britannique. Il est notamment connu pour Scandal (1989), consacré à une affaire politique britannique, et Blessures secrètes (1993), qui réunit Robert De Niro et Leonardo DiCaprio. Il a également réalisé Rob Roy (1995), drame historique avec Liam Neeson, et Shooting Dogs (2005), consacré au génocide des Tutsis au Rwanda.Des origines écossaises à la National Film and Television SchoolMichael Caton-Jones grandit à Broxburn, ville industrielle située à l’ouest d’Édimbourg, dans une famille ouvrière. Son père travaille dans les mines. À l’âge de 17 ans, il quitte l’Écosse pour Londres, où il souhaite devenir écrivain. Il s’installe dans le quartier de Stoke Newington et fréquente les milieux punk de la capitale britannique à la fin des années 1970.Il travaille comme machiniste dans le théâtre et séjourne également en France, où il est employé aux studios de la Victorine, à Nice. Son expérience des spectacles et des tournages précède son entrée à la National Film and Television School, établissement britannique de formation aux métiers du cinéma situé à Beaconsfield, dans le Buckinghamshire.Pendant ses études, il réalise notamment le court métrage Liebe Mutter, récompensé dans une compétition européenne de films d’étudiants. À sa sortie de l’école, il obtient des engagements auprès de chaînes de télévision britanniques.En 1987, il réalise Brond, minisérie en trois épisodes produite pour Channel 4 et adaptée d’un roman de Frederic Lindsay. L’intrigue, située à Glasgow, met en scène Stratford Johns dans le rôle d’un personnage mystérieux impliqué dans une affaire criminelle. L’année suivante, Michael Caton-Jones réalise Lucky Sunil, épisode de la collection dramatique Screen Two de la BBC.L’affaire Profumo et le passage au cinémaLe premier long métrage de Michael Caton-Jones, Scandal, sort en 1989. Il s’inspire de l’affaire Profumo, scandale politique qui entraîne la démission du ministre britannique de la Guerre John Profumo en 1963 et contribue à fragiliser le gouvernement conservateur de Harold Macmillan.Le film retrace les relations entre Stephen Ward, ostéopathe fréquentant la haute société londonienne, et Christine Keeler, jeune mannequin dont la liaison avec Profumo devient une affaire d’État. John Hurt interprète Ward, tandis que Joanne Whalley incarne Christine Keeler. Ian McKellen joue John Profumo et Bridget Fonda interprète Mandy Rice-Davies.Le projet est initialement envisagé comme une production télévisuelle. Des difficultés de financement conduisent les producteurs à le transformer en long métrage destiné au cinéma, dont Michael Caton-Jones conserve la réalisation.À sa sortie, Scandal suscite des controverses en raison de son sujet politique et de ses scènes sexuelles. Le film bénéficie néanmoins d’un accueil critique favorable, notamment au Royaume-Uni, où il contribue à raviver l’intérêt pour les circonstances de l’affaire Profumo.Cette première réalisation attire l’attention des producteurs américains. David Puttnam, producteur britannique notamment connu pour Les Chariots de feu et Mission, lui confie la réalisation de Memphis Belle (1990), consacré à l’équipage d’un bombardier américain B-17 pendant la Seconde Guerre mondiale. Le film est produit par Puttnam et Catherine Wyler, fille du réalisateur William Wyler, auteur d’un documentaire consacré au véritable avion Memphis Belle en 1944.Le tournage mobilise plusieurs appareils anciens et d’importants moyens techniques pour reconstituer les combats aériens au-dessus de l’Europe. La distribution comprend notamment Matthew Modine et Eric Stoltz. Il s’agit de la première grande production hollywoodienne réalisée par Michael Caton-Jones.La découverte de Leonardo DiCaprioL’une des collaborations les plus importantes de Michael Caton-Jones est celle qu’il entreprend avec Leonardo DiCaprio dans Blessures secrètes (This Boy’s Life, 1993). Adapté des mémoires de l’écrivain américain Tobias Wolff, le film raconte l’adolescence de celui-ci dans les années 1950, auprès d’une mère célibataire qui épouse un homme autoritaire et violent.Robert De Niro interprète Dwight Hansen, le beau-père, tandis qu’Ellen Barkin incarne Caroline Wolff. Le rôle du jeune Tobias est attribué à Leonardo DiCaprio, alors âgé de 17 ans lors du tournage, après une sélection réunissant plusieurs centaines de candidats.Michael Caton-Jones participe personnellement aux auditions finales avec Robert De Niro. Leonardo DiCaprio y improvise une réaction de colère face à l’acteur pendant une scène de confrontation, un épisode qu’il évoquera plus tard dans ses entretiens. Le rôle constitue sa première grande interprétation au cinéma.En 2016, lorsqu’il reçoit l’Oscar du meilleur acteur pour The Revenant, Leonardo DiCaprio remercie publiquement Michael Caton-Jones pour lui avoir donné sa chance au début de sa carrière.Le réalisateur retrouve Robert De Niro en 2002 pour Père et Flic (City by the Sea), drame policier inspiré de l’histoire de Vincent LaMarca, détective new-yorkais dont le fils est soupçonné de meurtre. James Franco interprète le fils et Frances McDormand la compagne du policier. Le film est notamment tourné à Asbury Park, sur la côte du New Jersey.Une collaboration avec Alan Sharp autour de l’histoire écossaiseLe scénariste écossais Alan Sharp collabore avec Michael Caton-Jones à l’écriture de Rob Roy (1995), film consacré à Robert Roy MacGregor, chef de clan des Highlands devenu une figure du folklore écossais au XVIIIe siècle.Liam Neeson interprète le personnage principal, tandis que Jessica Lange joue son épouse Mary. Tim Roth incarne Archibald Cunningham, aristocrate anglais qui devient son principal adversaire. Le film est tourné en grande partie dans les Highlands, notamment dans les régions de Glen Coe et du Perthshire.Le scénario d’Alan Sharp s’appuie sur plusieurs éléments de la vie de Rob Roy, en développant particulièrement ses conflits avec l’aristocratie et les autorités britanniques. Michael Caton-Jones avait souhaité réaliser un film historique situé dans son pays natal, après plusieurs productions américaines.La prestation de Tim Roth est remarquée lors de la saison des récompenses cinématographiques de 1996. L’acteur reçoit le BAFTA du meilleur acteur dans un second rôle et est nommé à l’Oscar dans la même catégorie.Michael Caton-Jones retrouve Alan Sharp plus de vingt ans après pour l’adaptation du roman The Sopranos, de l’écrivain écossais Alan Warner. Publié en 1998, ce livre suit un groupe de lycéennes catholiques qui se rendent à Édimbourg pour participer à un concours de chorales.Le cinéaste acquiert les droits d’adaptation peu après la publication du roman. Alan Sharp travaille à une première version du scénario, avant que Michael Caton-Jones ne reprenne lui-même l’écriture. Le projet connaît une longue période de développement, pendant laquelle plusieurs producteurs envisagent de déplacer l’action hors d’Écosse.Le film, finalement intitulé Our Ladies, est présenté en 2019 au Festival du film de Londres. Tourné en Écosse, il réunit notamment Abigail Lawrie et Marli Siu. Michael Caton-Jones en assure la réalisation, participe au scénario et figure parmi les producteurs.Le génocide rwandais au cœur de Shooting DogsEn 2005, Michael Caton-Jones réalise Shooting Dogs, drame historique consacré au génocide des Tutsis au Rwanda, en 1994. Le scénario, écrit par David Wolstencroft et David Belton, s’inspire d’événements survenus à l’École technique officielle de Kigali, où plusieurs milliers de civils avaient cherché refuge sous la protection de militaires belges appartenant à la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR).John Hurt interprète le père Christopher, prêtre catholique britannique responsable de l’établissement, tandis que Hugh Dancy incarne Joe Connor, jeune enseignant anglais. Leur personnage est confronté à l’abandon de l’école par les soldats de l’ONU, alors que les milices responsables des massacres encerclent le bâtiment.Michael Caton-Jones choisit de tourner le film au Rwanda, sur les lieux mêmes des événements. Plusieurs survivants du génocide participent à la production, notamment comme figurants et conseillers. Certains interviennent pendant le tournage pour préciser les circonstances des violences et les comportements observés en avril 1994.Le réalisateur retrouve John Hurt, qu’il avait déjà dirigé dans Scandal et Rob Roy. Le film est présenté en avant-première à Kigali en mars 2006, devant un public comprenant des survivants du génocide.Le tournage et la représentation des événements suscitent également des débats. Des représentants d’associations de survivants contestent certains choix de fiction, notamment la décision de faire rester un prêtre européen auprès des réfugiés après le départ des militaires internationaux. Le personnage du père Christopher ne correspond pas directement à une personne ayant vécu les événements.Des différends avec les producteurs hollywoodiensLe parcours de Michael Caton-Jones comprend plusieurs projets marqués par des conflits avec leurs producteurs. En 1997, il réalise Le Chacal (The Jackal), thriller inspiré du roman de Frederick Forsyth et du film de Fred Zinnemann Chacal (1973). Bruce Willis y interprète un tueur professionnel poursuivi par un ancien militant de l’IRA, incarné par Richard Gere. Le film est produit par Universal Pictures et Mutual Film Company.Le réalisateur est également engagé pour diriger B. Monkey, adaptation du roman d’Andrew Davies produite par la société de Harvey Weinstein. Il choisit initialement Sophie Okonedo pour le rôle principal. Un désaccord concernant cette distribution conduit à son départ du projet, qui est finalement réalisé par Michael Radford avec Asia Argento dans le rôle-titre.En octobre 2017, lors des révélations sur les agissements de Harvey Weinstein, Michael Caton-Jones revient publiquement sur cet épisode. Il affirme que le producteur avait exigé le remplacement de Sophie Okonedo en raison de son apparence physique et qu’il avait refusé de renvoyer l’actrice. Harvey Weinstein conteste cette version des événements et attribue le départ du réalisateur à des divergences artistiques.Une autre production difficile est Basic Instinct 2 (2006), suite du thriller de Paul Verhoeven sorti en 1992. Sharon Stone y reprend le rôle de Catherine Tramell, romancière soupçonnée de meurtre, cette fois confrontée à un psychiatre britannique interprété par David Morrissey.Michael Caton-Jones intervient sur le scénario avant le tournage. Le film, produit après plusieurs années de développement, reçoit un accueil critique très défavorable et connaît un échec commercial. Le réalisateur évoquera par la suite ses désaccords avec les conditions de production et les difficultés rencontrées pendant le tournage.La transmission du métier et les engagements professionnelsMembre de la Directors Guild of America (DGA), syndicat américain des réalisateurs, Michael Caton-Jones exerce des responsabilités au sein de cette organisation. Il siège à l’Eastern Directors Council entre 2003 et 2006, puis au London Coordinating Committee entre 2010 et 2012. Ces instances représentent les intérêts professionnels des réalisateurs travaillant respectivement sur la côte est des États-Unis et au Royaume-Uni.Il participe également à des rencontres professionnelles consacrées aux conditions de production et à l’accès aux métiers du cinéma. Lors de la présentation d’Our Ladies, il intervient notamment dans des discussions sur les difficultés rencontrées par les cinéastes issus de milieux populaires pour faire financer leurs projets.Sa collaboration avec de jeunes interprètes concerne aussi Urban Hymn (2015), drame britannique dans lequel Letitia Wright tient le rôle de Jamie, adolescente placée dans un foyer pour jeunes délinquants et encouragée à développer son talent pour le chant. Shirley Henderson interprète Kate, l’éducatrice qui l’accompagne. Le film situe son récit dans le contexte des émeutes survenues en Angleterre en août 2011.Dans Our Ladies, le réalisateur travaille de nouveau avec une distribution de jeunes actrices. Pour préparer les interprètes, il leur fait notamment découvrir Vivre (Ikiru, 1952), d’Akira Kurosawa, dont il retient la représentation d’un personnage confronté à la conscience de sa propre mortalité. Il cite également American Graffiti (1973), de George Lucas, parmi les références qui ont accompagné l’élaboration de son adaptation du roman d’Alan Warner.
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Nicolás Celis · 40 ansNicolás Celis est un producteur de cinéma mexicain, né le 15 octobre 1986 à Cuernavaca, dans l’État de Morelos, au Mexique. Fondateur de la société de production indépendante Pimienta Films, il est notamment connu pour ses collaborations avec Alfonso Cuarón sur Roma (2018) et avec la réalisatrice Tatiana Huezo, dont il produit le documentaire Tempestad (2016) et le long métrage de fiction Nuit de feu (2021).Un apprentissage autodidacte de la productionOriginaire de Cuernavaca, Nicolás Celis entreprend des études d’administration des entreprises à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). Attiré par le cinéma, il tente à deux reprises d’intégrer le Centro de Capacitación Cinematográfica (CCC), école de cinéma située à Mexico, sans être admis. Il commence néanmoins à fréquenter les étudiants de cet établissement et participe à la production de leurs projets.Cet apprentissage pratique lui permet de découvrir les différentes étapes de fabrication d’un film. Il exerce des fonctions d’assistant et de régisseur, participant aussi bien à l’organisation matérielle des tournages qu’à la recherche de financements. Il collabore notamment avec la réalisatrice Elisa Miller, dont le court métrage Ver llover remporte la Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes en 2007. Il travaille également avec elle sur Roma (2008), un court métrage présenté à la Semaine de la critique du Festival de Cannes.Parallèlement, il complète sa formation professionnelle lors d’ateliers internationaux de production, notamment à Buenos Aires et à Gijón, en Espagne. En 2010, il participe à des programmes soutenus par Media International, ainsi qu’au Producers Network du Marché du film de Cannes, consacré aux rencontres entre producteurs et partenaires de coproduction.En 2008, il fonde à Mexico Pimienta Films, société indépendante consacrée à la production cinématographique. Son frère Sebastián Celis participe également à son développement. La création de cette structure intervient après une rencontre professionnelle à la Berlinale, au cours de laquelle Nicolás Celis prend conscience de la nécessité de disposer d’une société pour négocier avec des producteurs étrangers.Parmi les premiers longs métrages accompagnés par Pimienta Films figure Ne nous jugez pas (Somos lo que hay, 2010), réalisé par Jorge Michel Grau. Ce film d’horreur raconte l’histoire d’une famille pratiquant le cannibalisme et confrontée à la mort de son patriarche. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, il fait ensuite l’objet d’une adaptation américaine réalisée par Jim Mickle en 2013.Une collaboration durable avec Tatiana HuezoLa réalisatrice Tatiana Huezo occupe une place importante dans le parcours de Nicolás Celis. Leur collaboration commence à la fin des années 2000, autour du documentaire El lugar más pequeño (2011), consacré à une communauté salvadorienne qui reconstruit son village après la guerre civile. Le film remporte le prix Ariel du meilleur long métrage documentaire en 2012, distinction décernée par l’Académie mexicaine des arts et des sciences cinématographiques.Ils poursuivent leur travail commun avec Tempestad (2016), documentaire qui retrace les expériences de deux femmes confrontées à la violence et aux dysfonctionnements du système judiciaire mexicain. La première a été emprisonnée pour trafic d’êtres humains avant d’être libérée, tandis que la seconde recherche sa fille disparue. Le film reçoit le prix Ariel du meilleur documentaire en 2017 et est choisi pour représenter le Mexique dans la sélection de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.Leur collaboration prend une nouvelle dimension avec Nuit de feu (Noche de fuego, 2021), premier long métrage de fiction de Tatiana Huezo. Nicolás Celis découvre le roman Prayers for the Stolen, de l’écrivaine Jennifer Clement, grâce à plusieurs recommandations, notamment celle du producteur américain Jim Stark. Les deux hommes en acquièrent les droits d’adaptation avant de proposer le projet à Tatiana Huezo.La réalisatrice adapte librement le roman, qui raconte l’enfance de jeunes filles grandissant dans une région du Mexique soumise à la violence des organisations criminelles. Le tournage se déroule notamment dans la Sierra Gorda, dans l’État de Querétaro. Nicolás Celis travaille avec Jim Stark à la production du film, qui mobilise plusieurs partenaires internationaux.Présenté au Festival de Cannes en 2021, dans la section Un certain regard, Nuit de feu reçoit une mention spéciale du jury. En 2022, il remporte sept prix Ariel, dont celui du meilleur film, attribué à Nicolás Celis et Jim Stark en tant que producteurs. Le film est également choisi pour représenter le Mexique aux Oscars.La rencontre professionnelle avec Alfonso CuarónNicolás Celis collabore avec plusieurs cinéastes mexicains établis sur la scène internationale. Il travaille notamment avec Amat Escalante sur Heli (2013), drame consacré à la violence du narcotrafic, pour lequel le réalisateur reçoit le prix de la mise en scène au Festival de Cannes. Il participe également à la production de La Région sauvage (2016), du même cinéaste, récompensé par le Lion d’argent de la meilleure réalisation à la Mostra de Venise.En 2015, il est producteur délégué de Desierto, réalisé par Jonás Cuarón. Ce thriller met en scène un groupe de migrants mexicains poursuivis par un homme armé pendant leur traversée de la frontière américaine. Interprété notamment par Gael García Bernal et Jeffrey Dean Morgan, le film reçoit le prix FIPRESCI de la critique internationale au Festival de Toronto.Sa collaboration la plus remarquée est celle qu’il entreprend avec Alfonso Cuarón pour Roma (2018). Inspiré de l’enfance du réalisateur à Mexico dans les années 1970, le film suit Cleo, une employée de maison d’origine mixtèque interprétée par Yalitza Aparicio, au sein d’une famille de la classe moyenne.Nicolás Celis participe à la production du film avec Alfonso Cuarón et Gabriela Rodríguez. Le tournage, réalisé principalement en noir et blanc, nécessite une reconstitution minutieuse de la capitale mexicaine au début des années 1970, notamment des rues du quartier de Roma et des intérieurs de la maison familiale. Le réalisateur assure lui-même la direction de la photographie.Présenté à la Mostra de Venise en 2018, Roma remporte le Lion d’or du meilleur film. Il reçoit ensuite quatre BAFTA, dont celui du meilleur film, ainsi que deux Golden Globes. Aux Oscars de 2019, il obtient dix nominations et remporte trois statuettes, celles du meilleur réalisateur, de la meilleure photographie et du meilleur film en langue étrangère.Cette production permet à Nicolás Celis de participer à l’un des films mexicains les plus récompensés de son époque. Il partage avec Alfonso Cuarón et Gabriela Rodríguez le British Independent Film Award du meilleur film indépendant international en 2018.Le développement des coproductions internationalesAvec Pimienta Films, Nicolás Celis participe à plusieurs coproductions associant des sociétés mexicaines à des partenaires européens et latino-américains. Cette activité lui permet notamment de travailler avec les cinéastes colombiens Cristina Gallego et Ciro Guerra sur Les Oiseaux de passage (Pájaros de verano, 2018).Situé dans la région de La Guajira, en Colombie, le film retrace l’essor du trafic de marijuana au sein de la communauté autochtone wayuu pendant les années 1970 et 1980. Nicolás Celis participe à cette coproduction, présentée en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes en 2018. Le film remporte le prix Ariel du meilleur film ibéro-américain en 2019, distinction partagée par Nicolás Celis et Cristina Gallego.Il collabore également avec des cinéastes argentins. En 2019, Pimienta Films coproduit La Fiera y la Fiesta, réalisé par Laura Amelia Guzmán et Israel Cárdenas, avec Geraldine Chaplin. Présenté dans la section Panorama de la Berlinale, ce film est consacré au tournage d’une œuvre inachevée et rend hommage au cinéaste dominicain Jean-Louis Jorge.La société participe aussi à la production de Ex-Husbands (2023), comédie dramatique réalisée par l’Américain Noah Pritzker. Le film, interprété notamment par Griffin Dunne et James Norton, est présenté en compétition au Festival international du film de Saint-Sébastien.En 2024, Nicolás Celis intervient comme producteur associé sur Emilia Pérez, réalisé par Jacques Audiard. Tournée en grande partie en région parisienne, cette comédie musicale policière se déroule au Mexique et raconte l’histoire d’un chef de cartel qui organise sa disparition afin de changer d’identité. Le film reçoit le prix du jury au Festival de Cannes en 2024, ainsi qu’un prix d’interprétation féminine collectif décerné à ses quatre actrices principales. IMDb+2La structuration d’une société de production indépendanteÀ travers Pimienta Films, Nicolás Celis développe une activité qui dépasse le financement et l’organisation des tournages. Installée à Mexico, la société produit des longs métrages de fiction et des documentaires, tout en assurant des prestations de production pour des sociétés étrangères. Elle possède également une branche consacrée à la distribution cinématographique au Mexique.Son organisation repose sur des partenariats établis avec des producteurs d’Amérique latine, d’Europe et des États-Unis. Nicolás Celis travaille notamment avec le producteur américain Jim Stark, connu pour ses collaborations avec Jim Jarmusch. Leur association contribue à la production de Nuit de feu, dont ils acquièrent ensemble les droits d’adaptation littéraire.Le développement de Pimienta Films s’accompagne d’une reconnaissance professionnelle. En 2017, The Hollywood Reporter sélectionne Nicolás Celis parmi les producteurs latino-américains à suivre, dans un article consacré à l’expansion internationale de l’industrie cinématographique régionale.Il devient membre de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences, qui organise les Oscars, en 2020. Il appartient également à l’Académie mexicaine des arts et des sciences cinématographiques et à la Producers Guild of America, organisation professionnelle réunissant les producteurs américains.Parallèlement à ses activités de production, Nicolás Celis participe à des jurys de festivals internationaux. En 2019, il siège notamment au jury du Festival international du film de Shanghai. Il prend également part aux jurys des festivals de Thessalonique, en Grèce, de Sofia, en Bulgarie, et de Tbilissi, en Géorgie.
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Ari Cohen · 59 ansAri Cohen est un acteur canadien, né le 15 octobre 1967 à Winnipeg, dans la province du Manitoba, au Canada. Comédien de théâtre, de cinéma et de télévision, il est notamment connu pour son interprétation de Ross Morgan dans Ma baby-sitter est un vampire (2010-2012), de Mike « Koz » Kozinski dans Gangland Undercover (2015-2016) et du capitaine Paul Beaulieu dans Priscilla (2023), de Sofia Coppola.Une formation théâtrale à WinnipegOriginaire de Winnipeg, Ari Cohen grandit dans une famille juive. Sa mère enseigne le violon, tandis que son père travaille dans l’enseignement et exerce des responsabilités administratives au sein d’établissements secondaires. Il poursuit ses études à l’université du Manitoba, où il rejoint la Black Hole Theatre Company, troupe universitaire qui lui permet de se familiariser avec la pratique du théâtre.Son parcours professionnel se développe au sein de plusieurs compagnies canadiennes, notamment à Toronto et à Vancouver. Il travaille avec le Canadian Stage, le Tarragon Theatre et le Factory Theatre, trois institutions importantes du théâtre torontois. Il participe également à des productions du National Arts Centre d’Ottawa et du Citadel Theatre d’Edmonton.Au début des années 1990, il commence à travailler pour le cinéma. Sa première apparition sur grand écran a lieu dans Archangel (1990), réalisé par Guy Maddin, cinéaste originaire lui aussi de Winnipeg. Le film, tourné en noir et blanc, se déroule pendant la guerre civile russe et mêle récit historique et conventions du cinéma muet. Ari Cohen y interprète Philbin.Cette première collaboration avec Guy Maddin l’amène à participer au cinéma indépendant canadien, notamment aux productions tournées dans les provinces des Prairies. En 1993, il joue Cecil dans For the Moment, drame romantique réalisé par Aaron Kim Johnston, avec Russell Crowe. Le film évoque la présence de pilotes australiens et néo-zélandais venus s’entraîner au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale.Le théâtre canadien et les grandes œuvres américainesAri Cohen entretient une collaboration régulière avec la Soulpepper Theatre Company, troupe fondée à Toronto en 1998. Il y interprète notamment Bobby Gould dans Speed-the-Plow, pièce de David Mamet consacrée aux relations de pouvoir dans l’industrie cinématographique américaine. Il participe également à une production d’Awake and Sing !, drame familial de Clifford Odets situé dans le Bronx pendant la Grande Dépression.En 2010, le metteur en scène Albert Schultz lui confie le rôle de Biff Loman dans Mort d’un commis voyageur (Death of a Salesman), d’Arthur Miller. La pièce raconte les dernières journées de Willy Loman, représentant de commerce vieillissant dont les aspirations professionnelles et familiales se sont effondrées. Joseph Ziegler interprète Willy, tandis que Ari Cohen incarne son fils aîné, ancien sportif prometteur devenu un adulte incapable de répondre aux attentes paternelles.Le spectacle, présenté au Young Centre for the Performing Arts de Toronto, est repris en septembre 2012. Pour cette nouvelle série de représentations, Mike Ross interprète Happy, le frère cadet de Biff. Ari Cohen retrouve ainsi une distribution avec laquelle il avait déjà travaillé deux ans auparavant. Son interprétation de Biff lui vaut une nomination aux Dora Mavor Moore Awards, distinctions récompensant les productions théâtrales de Toronto.La même année, il joue également dans True West, de Sam Shepard, aux côtés de Mike Ross. Les deux acteurs y interprètent Austin et Lee, deux frères dont les retrouvailles dans la maison de leur mère, en Californie, dégénèrent progressivement en affrontement.Son travail sur les scènes canadiennes lui vaut d’autres nominations, notamment aux Dora Mavor Moore Awards pour la création de Sunday Father, d’Adam Pettle, au Canadian Stage, et aux Jessie Richardson Theatre Awards de Vancouver pour The Rainmaker, pièce de N. Richard Nash.Des personnages récurrents dans les séries nord-américainesLa télévision canadienne et américaine confie à Ari Cohen plusieurs rôles récurrents. Il interprète notamment Conrad Voynow dans The L Word (2004), série créée par Ilene Chaiken, Michele Abbott et Kathy Greenberg, consacrée à un groupe de femmes lesbiennes vivant à Los Angeles.Dans Smallville, il joue Regan Matthews, collaborateur de Lex Luthor puis de Tess Mercer, au cours de la huitième saison diffusée entre 2008 et 2009. Le personnage occupe des fonctions importantes au sein de LuthorCorp et intervient dans les luttes de pouvoir entourant la direction de l’entreprise.Il participe également à The Tournament (2005-2006), série comique canadienne créée par Howard Busgang et Wendy Hopkins. Il y incarne Stan Ryckman, l’un des parents impliqués dans les rivalités entourant une compétition de hockey pour enfants. La distribution reçoit en 2006 une nomination aux Gemini Awards dans la catégorie de la meilleure interprétation collective dans une série comique, pour l’épisode The Warrior Women.À partir de 2010, il interprète Ross Morgan dans le téléfilm Ma baby-sitter est un vampire (My Babysitter’s a Vampire), puis dans la série qui en est issue. Son personnage est le père d’Ethan Morgan, adolescent découvrant que sa gardienne est une vampire. La fiction, produite au Canada, est diffusée notamment sur Teletoon et Disney Channel.Dans Gangland Undercover (2015-2016), série dramatique inspirée des expériences de l’informateur Charles Falco au sein de clubs de motards criminels américains, Ari Cohen incarne Mike « Koz » Kozinski, agent chargé de superviser les opérations d’infiltration. Il joue aux côtés de Damon Runyan, qui interprète Falco. Son personnage participe à la préparation des missions et aux relations entre l’informateur et les autorités fédérales.Les collaborations avec le cinéma canadien contemporainAri Cohen travaille avec plusieurs réalisateurs associés au cinéma indépendant canadien. En 2007, il interprète M. Berkowitz dans The Tracey Fragments, réalisé par Bruce McDonald. Le film, adapté du roman de Maureen Medved, met en scène Elliot Page dans le rôle de Tracey, adolescente de Winnipeg à la recherche de son frère disparu. Sa construction narrative repose sur une succession d’images fragmentées représentant les souvenirs et les perceptions de l’héroïne.Il retrouve le réalisateur Bruce McDonald dans Small Town Murder Songs (2010), thriller situé dans une communauté rurale de l’Ontario. Ari Cohen y joue le détective Washington, chargé d’une enquête criminelle avec le personnage principal, un policier interprété par Peter Stormare.En 2014, David Cronenberg lui confie le rôle de Jeb Berg dans Maps to the Stars, satire consacrée à Hollywood et aux rapports entre célébrité et violence familiale. Il y partage notamment l’affiche avec Julianne Moore, qui reçoit le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes pour son rôle d’Havana Segrand.En 2018, il participe à Mouthpiece, réalisé par Patricia Rozema, dans lequel il incarne Chris, le père du personnage principal. Adapté d’une pièce de théâtre d’Amy Nostbakken et Norah Sadava, le film raconte les réactions d’une jeune femme après la mort de sa mère. Deux actrices, Amy Nostbakken et Norah Sadava, interprètent simultanément les différentes dimensions de la personnalité de l’héroïne.Une reconnaissance dans les productions internationalesAri Cohen travaille également avec des réalisateurs américains dans des films destinés à une large diffusion internationale. En 2017, il interprète le rabbin Uris dans Ça (It), adaptation du roman de Stephen King réalisée par Andy Muschietti. Le personnage est le père de Stanley Uris, l’un des enfants confrontés à la créature maléfique qui hante la ville fictive de Derry. Le rôle de Stanley est tenu par Wyatt Oleff. Ari Cohen apparaît à nouveau dans Ça : Chapitre 2 (2019), à travers des séquences liées au passé du personnage.Il participe à Le Grand Jeu (Molly’s Game, 2017), premier long métrage réalisé par le scénariste Aaron Sorkin. Le film retrace l’histoire de Molly Bloom, ancienne skieuse devenue organisatrice de parties de poker clandestines réunissant des joueurs fortunés. Jessica Chastain interprète le personnage principal, tandis que Ari Cohen joue l’un des participants aux parties organisées à New York.En 2023, il interprète le capitaine Paul Beaulieu, beau-père de Priscilla Presley, dans Priscilla, réalisé par Sofia Coppola. Adapté du livre autobiographique Elvis and Me, écrit par Priscilla Presley avec Sandra Harmon, le film retrace la rencontre de la jeune Priscilla avec Elvis Presley en Allemagne, en 1959, puis leur relation conjugale. Cailee Spaeny incarne Priscilla et Jacob Elordi interprète Elvis. Le personnage de Paul Beaulieu, officier de l’armée de l’air américaine, intervient notamment lorsque le chanteur cherche à obtenir l’autorisation de fréquenter l’adolescente.Les retrouvailles avec la scène de WinnipegLe Royal Manitoba Theatre Centre de Winnipeg accueille en 2024 une production de The Lehman Trilogy, pièce de Stefano Massini adaptée en anglais par Ben Power. Mise en scène par Richard Greenblatt, elle retrace l’histoire des frères Lehman, immigrants juifs allemands installés aux États-Unis au XIXe siècle, dont l’entreprise familiale devient une importante banque d’investissement avant sa faillite en 2008.Ari Cohen participe à cette production aux côtés d’autres comédiens canadiens. La pièce exige des interprètes qu’ils incarnent successivement plusieurs membres de la famille Lehman, sur plusieurs générations, au cours d’un spectacle d’environ trois heures.Le comédien retrouve à cette occasion le Royal Manitoba Theatre Centre, où il avait joué près de trente ans auparavant dans une production de Falstaff. L’histoire familiale des Lehman présente également des correspondances avec celle de ses ancêtres, établis en Amérique du Nord après avoir quitté l’Europe. Son grand-père paternel travaillait dans l’imprimerie, tandis que ses deux grands-mères exerçaient respectivement les activités d’agente de voyages et de femme au foyer.
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Mathieu Demy · 54 ansMathieu Demy est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur français, né le 15 octobre 1972 à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine. Fils des cinéastes Agnès Varda et Jacques Demy, il est notamment connu pour son interprétation d’Olivier dans Jeanne et le Garçon formidable (1998), d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau, ainsi que pour Americano (2011), son premier long métrage comme réalisateur.Une enfance au contact du cinémaFils unique du couple formé par Agnès Varda et Jacques Demy, Mathieu Demy grandit dans un environnement familial étroitement lié au cinéma. Sa demi-sœur, Rosalie Varda, née d’une précédente union de sa mère, travaille également dans l’industrie cinématographique, notamment comme costumière et productrice. Ses parents, qui disposent chacun de leur propre carrière de réalisateur, le font participer à plusieurs de leurs films dès son enfance.Il apparaît ainsi dans L’une chante, l’autre pas (1977), d’Agnès Varda, avant de tenir un rôle plus développé dans Documenteur (1981). Tourné à Los Angeles, où sa mère réside alors avec lui, ce film met en scène une Française séparée de son compagnon qui tente de reconstruire son existence en Californie. Mathieu Demy y interprète Martin, le jeune fils du personnage principal, joué par Sabine Mamou. La fiction emprunte plusieurs éléments à la vie d’Agnès Varda, qui filme notamment des lieux et des situations de son quotidien américain.En 1988, il retrouve sa mère pour Kung-Fu Master, dans lequel il interprète Julien, adolescent passionné par les jeux vidéo dont s’éprend Mary-Jane, personnage incarné par Jane Birkin. Charlotte Gainsbourg joue également dans ce film, dont le scénario explore une relation amoureuse entre une femme adulte et un garçon de quatorze ans. La même année, Jacques Demy lui confie un petit rôle dans Trois places pour le 26, comédie musicale avec Yves Montand.Après la mort de son père en 1990, Mathieu Demy participe à Jacquot de Nantes (1991), dans lequel Agnès Varda retrace l’enfance et la jeunesse de Jacques Demy à travers ses premiers souvenirs de cinéma. En 1995, il apparaît également dans L’Univers de Jacques Demy, documentaire consacré à l’œuvre du cinéaste et à ses collaborateurs.Une reconnaissance comme acteur avec Jeanne et le Garçon formidableÀ l’âge adulte, Mathieu Demy poursuit son métier de comédien auprès de réalisateurs indépendants français. En 1993, il tient le rôle de Thomas dans À la belle étoile, premier long métrage d’Antoine Desrosières, où il joue notamment avec Melvil Poupaud. Il interprète ensuite Marcel Proust dans le téléfilm historique L’Affaire Dreyfus (1995), réalisé par Yves Boisset.En 1998, il tient l’un des rôles principaux de Jeanne et le Garçon formidable, comédie musicale réalisée par Olivier Ducastel et Jacques Martineau. Il incarne Olivier, un jeune homme séropositif qui entretient une relation amoureuse avec Jeanne, interprétée par Virginie Ledoyen. Le film traite de l’épidémie de sida à travers une histoire sentimentale ponctuée de chansons, sur une musique composée par Philippe Miller. Présenté à la Berlinale en 1998, il reçoit le prix Jean-Vigo du long métrage.Le rôle d’Olivier permet à Mathieu Demy de tenir un personnage principal dont le destin est directement lié aux conséquences de l’épidémie de sida en France. La construction musicale du film évoque également le cinéma de Jacques Demy, particulièrement Les Parapluies de Cherbourg, tout en abordant les difficultés rencontrées par les personnes séropositives dans les années 1990.Son travail est récompensé par plusieurs prix d’interprétation. En 2001, il reçoit celui du Festival de Paris pour Quand on sera grand, de Renaud Cohen. Il obtient également le prix d’interprétation du Festival européen Cinessonne en 2003 pour Mister V., réalisé par Émilie Deleuze, puis en 2004 pour Le Silence, d’Orso Miret.Une collaboration régulière s’établit avec le réalisateur Benoît Cohen. Après Les Acteurs anonymes (2001), celui-ci lui confie le rôle de Martin dans Nos enfants chéris (2003), comédie consacrée à un trentenaire devenu père qui retrouve son amour de jeunesse. Mathieu Demy reprend ce personnage dans l’adaptation télévisée du film, diffusée sur Canal+ en 2007 et 2008.La création des Films de l’Autre et le passage à la réalisationEn 1999, Mathieu Demy fonde la société de production Les Films de l’Autre, destinée notamment à développer ses projets personnels. Il écrit et réalise son premier court métrage, Le Plafond, adapté de la nouvelle Requiem contre un plafond de Tonino Benacquista. Achevé en 2000 et présenté dans les festivals en 2001, ce film de 35 minutes reçoit plusieurs distinctions, notamment au Festival Premiers Plans d’Angers.Il réalise en 2005 La Bourde, un second court métrage dont il interprète également le personnage principal. Cette comédie de vingt minutes, située dans un restaurant, est présentée au musée du Jeu de Paume à Paris et diffusée sur France 2.Son premier long métrage, Americano, sort en 2011. Mathieu Demy en assure l’écriture, la réalisation et la production, tout en interprétant Martin, un homme qui retourne à Los Angeles après la mort de sa mère. Son voyage le conduit ensuite à Tijuana, au Mexique, où il recherche Lola, une femme liée à son enfance, interprétée par Salma Hayek. Géraldine Chaplin incarne Linda, une amie de la mère de Martin, tandis que Chiara Mastroianni joue Claire, sa compagne.Le film entretient un rapport direct avec l’histoire familiale du réalisateur. Mathieu Demy y réutilise des images de Documenteur, dans lesquelles il apparaissait enfant, pour représenter les souvenirs de son personnage. Il reprend également le prénom de Martin et celui de Lola, héroïne du premier long métrage de Jacques Demy, réalisé en 1961. La musique de Georges Delerue, compositeur de plusieurs films de son père, figure dans la bande sonore aux côtés de compositions de Grégoire Hetzel.Americano est présenté en septembre 2011 au Festival international du film de Toronto, puis au Festival de Saint-Sébastien. Le film est notamment produit par Les Films de l’Autre et Ciné-Tamaris, la société d’Agnès Varda. Sa sortie française intervient le 30 novembre 2011.Des collaborations avec les cinéastes français contemporainsMathieu Demy travaille avec plusieurs réalisateurs français dont les films explorent les relations familiales et les questions d’identité. Dans Tomboy (2011), de Céline Sciamma, il interprète le père de Laure, une enfant de dix ans qui se présente sous le prénom de Mickaël auprès des autres enfants de son nouveau quartier. Il partage notamment l’affiche avec Sophie Cattani, qui joue la mère, et Zoé Héran, dans le rôle principal.Il retrouve Émilie Dequenne dans La Fille du RER (2009), d’André Téchiné, inspiré d’un fait divers survenu en région parisienne en 2004. En 2023, il participe à Rien à perdre, premier long métrage de Delphine Deloget, dans lequel Virginie Efira incarne une mère confrontée au placement de son fils par les services sociaux. Le film est présenté au Festival de Cannes dans la section Un certain regard.La même année, il travaille avec la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner dans Club Zero, présenté en compétition officielle à Cannes. Il y incarne le père d’Elsa, une adolescente inscrite dans un cours de nutrition dont l’enseignante, interprétée par Mia Wasikowska, exerce progressivement une emprise sur ses élèves.En 2025, Mathieu Demy retrouve le réalisateur Thierry Klifa dans La Femme la plus riche du monde, fiction inspirée de l’affaire Bettencourt. Il interprète Jean-Marc Spielman, membre d’une famille fortunée au centre d’un conflit autour de son patrimoine. Le film réunit notamment Isabelle Huppert et Marina Foïs et est présenté hors compétition au Festival de Cannes. L’écriture et la réalisation de sériesMathieu Demy développe une collaboration avec le réalisateur et producteur Éric Rochant sur Le Bureau des légendes, série d’espionnage diffusée sur Canal+ à partir de 2015. Il y interprète Clément Migaud, compagnon de Marie-Jeanne Duthilleul, personnage joué par Florence Loiret Caille. Il réalise également plusieurs épisodes de la série, notamment au cours de ses première et troisième saisons.En 2019, il tient un rôle principal dans Mytho, série créée par Anne Berest et Fabrice Gobert. Il interprète Patrick, le mari d’Elvira, incarnée par Marina Hands. La série raconte comment cette mère de famille, épuisée par son quotidien et persuadée que ses proches ne lui accordent plus d’attention, prétend être atteinte d’un cancer. Diffusée sur Arte, la fiction connaît deux saisons.Sa collaboration avec Julie Delpy se développe en 2021 avec On the Verge, série franco-américaine créée pour Canal+ et Netflix. Tournée à Los Angeles, elle suit quatre femmes confrontées aux difficultés de la vie familiale et professionnelle à l’approche de la cinquantaine. Mathieu Demy y interprète Martin, le mari de Justine, personnage joué par Julie Delpy.Il assure également la réalisation de quatre des douze épisodes de cette série. Le tournage, effectué en Californie pendant la pandémie de Covid-19, nécessite une organisation particulière des équipes et des déplacements sur les plateaux, afin de respecter les protocoles sanitaires. En 2025, il incarne l’avocat Christophe Costil dans 37 secondes, minisérie réalisée par Laure de Butler et diffusée sur Arte. Inspirée du naufrage du chalutier Bugaled Breizh dans la Manche en janvier 2004, elle retrace le combat judiciaire engagé par les familles des cinq marins disparus. Mathieu Demy partage l’affiche avec Nina Meurisse, qui interprète une enquêtrice. La série remporte le Grand Prix du Festival Séries Mania en 2025.