Film Index
Une base de données du cinéma : 14 561 films et 396 071 personnalités, reliés par leurs castings, genres, pays, collections et récompenses. À parcourir par exploration.
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Altered : Les Survivants 2006
Devine le film, gagne sa carte
Un film est tiré au hasard et tu dois retrouver son titre à partir d'indices révélés un par un : les acteurs du casting, l'année de sortie, la durée et le réalisateur.
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Frank Adonis · 83 ansFrank Adonis est un acteur, réalisateur et scénariste américain, né le 27 octobre 1935 à Brooklyn, New York, et mort le 26 décembre 2018 à Las Vegas, dans le Nevada. Il est notamment connu pour son interprétation du gangster Anthony Stabile dans Les Affranchis (1990) de Martin Scorsese, avec lequel il collabore à plusieurs reprises.Premiers rôles et personnages de gangstersOriginaire de Brooklyn, Frank Adonis commence sa carrière cinématographique en 1971 avec une apparition non créditée dans French Connection, réalisé par William Friedkin. Il y interprète un participant à une vente aux enchères de voitures. Il poursuit son activité dans des productions tournées à New York, notamment sous la direction de Larry Cohen et de Francesco Rosi.En 1978, il incarne l’inspecteur Sal Volpe dans Les Yeux de Laura Mars, thriller réalisé par Irvin Kershner avec Faye Dunaway et Tommy Lee Jones. Il y joue un policier participant à l’enquête sur une série de meurtres dont une photographe de mode possède d’étranges visions.Son physique et son accent new-yorkais accompagnent une spécialisation dans les personnages issus du milieu criminel. Il incarne notamment Paul Calgari, un membre de l’organisation dirigée par Frank White, personnage interprété par Christopher Walken, dans King of New York (1990) d’Abel Ferrara.Les collaborations avec Martin ScorseseFrank Adonis travaille à trois reprises avec Martin Scorsese. Leur première collaboration intervient dans Raging Bull (1980), où il interprète Patsy, dans un film consacré au boxeur Jake LaMotta, incarné par Robert De Niro.En 1990, le réalisateur lui confie le rôle d’Anthony Stabile dans Les Affranchis. Inspiré du livre Wiseguy de Nicholas Pileggi, le film retrace le parcours du gangster Henry Hill, interprété par Ray Liotta, au sein de la criminalité organisée new-yorkaise. Anthony Stabile est l’un des membres de l’entourage criminel de Hill. Frank Adonis apparaît notamment dans la célèbre scène du restaurant au cours de laquelle Tommy DeVito, joué par Joe Pesci, interpelle Henry Hill sur la façon dont celui-ci trouve ses plaisanteries amusantes.Il retrouve Scorsese dans Casino (1995), avec Robert De Niro, Joe Pesci et Sharon Stone. Le film, également adapté d’un ouvrage de Nicholas Pileggi, raconte les activités de la pègre dans les établissements de jeu de Las Vegas au cours des années 1970 et 1980.Le travail avec d’autres réalisateursFrank Adonis collabore avec plusieurs cinéastes américains, notamment Oliver Stone, qui lui confie le rôle de Charlie dans Wall Street (1987). Dans ce drame financier, Michael Douglas interprète Gordon Gekko, un homme d’affaires dont les pratiques exercent une influence déterminante sur un jeune courtier joué par Charlie Sheen.Le réalisateur Tony Scott le dirige dans True Romance (1993), sur un scénario de Quentin Tarantino. Il y interprète Frankie, un homme de main lié au personnage de Vincenzo Coccotti, incarné par Christopher Walken.Dans Ghost Dog, la voie du samouraï, Frank Adonis travaille sous la direction de Jim Jarmusch. Il joue le garde du corps de Valerio, dans un récit réunissant l’univers de la mafia italo-américaine et celui d’un tueur à gages interprété par Forest Whitaker.Il retrouve également le réalisateur Sidney Lumet dans Jugez-moi coupable (2006), consacré à un procès collectif de membres de la mafia américaine. Il y tient le rôle de Phil Radda, aux côtés de Vin Diesel, qui incarne Jackie DiNorscio.Écriture et réalisationEn parallèle de son travail d’interprète, Frank Adonis exerce des activités de réalisateur et de scénariste. Il réalise One Deadly Road (1998), production indépendante dans laquelle il apparaît également comme acteur.En 2007, il participe à l’écriture de The Woods Have Eyes, film d’horreur réalisé par Anthony Indelicato. Il y interprète Bubba, l’un des personnages confrontés à un groupe de jeunes gens partis camper dans les bois.Il tient par ailleurs le rôle principal de High Times' Potluck (2002), comédie criminelle dans laquelle il incarne un gangster endeuillé.Vie familialeFrank Adonis épouse Denise Alessi en 1989. Le couple a deux enfants. L’acteur est également père d’une fille issue d’une précédente union.Installé à Las Vegas pendant les dernières années de sa vie, il souffre de problèmes rénaux qui nécessitent des séances de dialyse pendant plusieurs années. Il meurt le 26 décembre 2018, à l’âge de 83 ans, après avoir été placé sous assistance respiratoire pendant neuf jours. Son épouse Denise annonce son décès et lui rend hommage publiquement.
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Carmen Argenziano · 75 ansCarmen Argenziano est un acteur américain, né le 27 octobre 1943 à Sharon, en Pennsylvanie, et mort le 9 février 2019 à Los Angeles, en Californie. Actif pendant près de cinquante ans, il est notamment connu pour son interprétation du général Jacob Carter dans la série de science-fiction Stargate SG-1.Une formation théâtrale à New YorkCarmen Argenziano grandit à Sharpsville, en Pennsylvanie, dans une famille d’origine italienne. Son père, Joseph Guy Argenziano, est restaurateur, tandis que sa mère, Elizabeth Stella Falvo, est également issue d’une famille italienne. À 18 ans, il quitte la Pennsylvanie pour étudier l’art dramatique à l’American Academy of Dramatic Arts de New York, dont il sort diplômé en 1964.Pendant ses années new-yorkaises, il travaille notamment à la vente de confiseries et de boissons dans les théâtres de Broadway. En 1966, il s’installe à Hollywood et fréquente l’Actors Studio, où il participe à des ateliers de formation théâtrale. Il devient membre à vie de cette institution, fondée en 1947 et notamment associée à l’enseignement de Lee Strasberg.Ses premières apparitions à l’écran remontent à la fin des années 1960. En 1974, il interprète un homme de main de Michael Corleone, joué par Al Pacino, dans Le Parrain, 2e partie de Francis Ford Coppola. Il travaille également avec Jonathan Demme, qui lui confie un rôle de lutteur dans Cinq femmes à abattre (Caged Heat, 1974), puis celui d’un directeur de supermarché dans Crazy Mama (1975).La reconnaissance sur les scènes de Los AngelesLe théâtre demeure une composante importante de son activité artistique. Carmen Argenziano joue sur les scènes de New York et de Los Angeles, où il obtient l’une de ses principales distinctions professionnelles.En 1982, il reçoit le Los Angeles Drama Critics Circle Award du meilleur acteur dans un second rôle pour son interprétation de Jack Delasante dans A Prayer for My Daughter, pièce de Thomas Babe mise en scène par Phil Boroff. Il y incarne un inspecteur de police confronté à des difficultés personnelles. Cette récompense distingue son travail théâtral alors qu’il poursuit parallèlement ses engagements à l’écran.Fort de son expérience au sein de l’Actors Studio, il conserve un intérêt pour le travail de formation et d’exploration des personnages. En 2016, il fait également ses débuts dans la mise en scène théâtrale.Jacob Carter, un personnage marquant de Stargate SG-1En 1998, Carmen Argenziano rejoint la distribution de Stargate SG-1, série créée par Brad Wright et Jonathan Glassner. Il interprète le général Jacob Carter, père de Samantha Carter, incarnée par Amanda Tapping. Le personnage apparaît pour la première fois dans l’épisode « Secrets », au cours de la deuxième saison.Atteint d’un cancer dans la fiction, Jacob Carter accepte de devenir l’hôte de Selmak, un symbiote appartenant au peuple extraterrestre des Tok’ras. Cette union lui permet de survivre et transforme sa place dans l’intrigue. Désormais lié à une civilisation alliée de la Terre, il intervient auprès de l’équipe SG-1 dans ses relations avec les Tok’ras. Le personnage apparaît dans 25 épisodes, jusqu’à sa mort dans « Threads », diffusé au cours de la huitième saison en 2005.Cette collaboration représente l’un des engagements récurrents les plus importants de l’acteur. Dans un entretien accordé à GateWorld en 2006, Carmen Argenziano évoque particulièrement son travail avec Amanda Tapping et les tournages à Vancouver. Il cite l’épisode « The Tok’ra, Part 2 », dans lequel Jacob reçoit Selmak, parmi ses préférés. Le rôle lui procure également une reconnaissance auprès du public amateur de science-fiction, qu’il retrouve notamment lors de conventions, comme celle organisée à Toulouse en avril 2012.Un acteur de caractèreAu cours de sa carrière, Carmen Argenziano interprète fréquemment des représentants de l’autorité, notamment des militaires ou des policiers. Son rôle de Chick Sterling dans Booker (1989-1990), série dérivée de 21 Jump Street, le place face au détective interprété par Richard Grieco. Il y incarne un responsable d’entreprise régulièrement opposé aux méthodes de l’enquêteur.Il tient également des rôles récurrents dans La Loi de Los Angeles et Melrose Place. Dans Les Accusés (1988), réalisé par Jonathan Kaplan, il interprète le procureur Paul Rudolph, aux côtés de Jodie Foster et Kelly McGillis. Ce drame judiciaire aborde la question du viol et du traitement des victimes par la justice américaine.Son travail dans la science-fiction ne se limite pas à Stargate SG-1. En 1995, il joue Urza Jaddo, un Centauri ami de Londo Mollari, dans l’épisode « Knives » de Babylon 5. Il incarne également le général Boone dans Broken Arrow (1996), film d’action réalisé par John Woo.Vie familialeCarmen Argenziano épouse Lisa Angelocci en 1993. Le couple vit notamment à Burbank, en Californie, et a deux fils, Joseph et Anthony. L’acteur est également le beau-père de Mia Spackman Farme, fille de son épouse.Il meurt à l’âge de 75 ans, des suites d’un cancer. Deux cérémonies commémoratives sont organisées à Burbank, les 1er et 2 mars 2019, la première à l’Actors Studio West et la seconde à l’American Lutheran Church, en présence de sa famille et de nombreux collègues.
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Carlos Aviles · 46 ansCarlos Aviles est un acteur, scénariste et producteur américain, né le 27 octobre 1980 en Virginie (États-Unis). D’origine salvadorienne, il est notamment connu pour son interprétation de Mick dans la série Good Girls (2018-2021) et de Manny dans Barry (2023).Origines et parcours artistiqueIssu d’une famille ayant des racines au Salvador, Carlos Aviles s’intéresse dès son enfance au cinéma et au théâtre. Il envisage cependant difficilement la possibilité d’exercer un métier artistique. Son parcours de comédien le conduit notamment à Atlanta, en Géorgie, où il développe ses activités professionnelles.Son apparence physique, particulièrement ses nombreux tatouages, intervient dans le choix des personnages qui lui sont confiés. Il interprète régulièrement des hommes de main ou des personnages appartenant au milieu criminel. Dans un entretien publié en mars 2020, il évoque cette spécialisation et exprime son intérêt pour des personnages différents, notamment des pères de famille ou des anciens militaires. Il souhaite également représenter à l’écran des hommes latino-américains dont les caractéristiques ne se réduisent pas à leur apparence physique.Le personnage de Mick dans Good GirlsLa série américaine Good Girls, créée par Jenna Bans et diffusée sur NBC entre 2018 et 2021, donne à Carlos Aviles l’un de ses rôles récurrents les plus importants. Il y interprète Mick, un homme de main lié à Rio, personnage joué par Manny Montana. Il participe à 21 épisodes répartis sur les quatre saisons de la série.Initialement crédité sous des désignations telles que « Tatted Guy #1 » et « Rio Henchman #2 », son personnage prend le nom de Mick. Il intervient dans l’intrigue criminelle qui implique les trois protagonistes, interprétées par Christina Hendricks, Retta et Mae Whitman.En mars 2020, Carlos Aviles revient sur son expérience auprès de Christina Hendricks et des autres membres de la distribution. Il souligne notamment sa proximité personnelle avec certaines attitudes de Mick, particulièrement son calme dans les situations inconfortables, tout en distinguant son propre comportement des activités criminelles du personnage.Le travail d’interprétationDans Barry, série créée par Alec Berg et Bill Hader, Carlos Aviles incarne Manny au cours de trois épisodes de la quatrième saison, diffusés en avril 2023. Il partage ainsi l’univers fictionnel d’un ancien militaire devenu tueur à gages, personnage principal interprété par Bill Hader.Il joue également Marcos dans Sound of Hope: The Story of Possum Trot (2024), réalisé par Joshua Weigel. Inspiré d’événements réels, ce drame raconte l’engagement de familles d’une communauté religieuse du Texas dans l’accueil d’enfants placés en famille d’accueil.Écriture et productionParallèlement à son activité d’acteur, Carlos Aviles exerce les fonctions de scénariste et de producteur. Il participe notamment au court métrage Rainbow Sun, dans lequel il interprète Javier et pour lequel il est également crédité à l’écriture et à la production.Cette activité d’écriture rejoint son intérêt pour la représentation des personnages latino-américains. Dans son entretien de 2020, il défend une interprétation nourrie par l’expérience personnelle et par la formation de l’acteur, en évoquant notamment le film Will Hunting (1997), avec Robin Williams et Matt Damon, pour illustrer l’importance du vécu dans le jeu dramatique.
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Roberto Benigni · 74 ansRoberto Benigni est un acteur, réalisateur et scénariste italien, né le 27 octobre 1952 à Manciano La Misericordia, dans la commune de Castiglion Fiorentino, en Toscane. Connu pour son jeu burlesque et sa verve satirique, il acquiert une renommée internationale avec La vie est belle (1997), qui lui vaut notamment l’Oscar du meilleur acteur en 1999. Son activité artistique comprend également des spectacles consacrés à la poésie italienne, particulièrement à l’œuvre de Dante Alighieri.Une enfance toscane et la rencontre avec Giuseppe BertolucciIssu d’une famille paysanne, Roberto Benigni est le fils de Luigi Benigni et d’Isolina Papini. Il grandit avec ses trois sœurs dans la campagne toscane, avant que la famille ne s’installe à Prato en 1958. Son père, qui a connu la détention dans un camp de travail allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, lui raconte cet épisode de sa vie en mêlant des souvenirs douloureux à des anecdotes humoristiques. Ces récits familiaux nourriront plus tard l’écriture de La vie est belle.Pendant son adolescence, Roberto Benigni fréquente brièvement un séminaire à Florence, puis poursuit ses études à Prato. Il participe à des manifestations populaires où se produisent des poètes improvisateurs, héritiers de la tradition toscane de l’ottava rima, une forme de poésie chantée en strophes de huit vers. Il pratique lui-même l’improvisation en vers, notamment lors de fêtes locales.Au début des années 1970, il s’installe à Rome et rejoint le milieu du théâtre expérimental. Il se produit notamment au Beat 72, lieu consacré aux formes théâtrales d’avant-garde. Sa rencontre avec le metteur en scène et scénariste Giuseppe Bertolucci donne naissance au personnage de Cioni Mario, jeune paysan toscan dont les monologues mêlent préoccupations sexuelles, provocations politiques et langage populaire.En 1975, il interprète ce personnage dans le spectacle Cioni Mario di Gaspare fu Giulia, écrit par Giuseppe Bertolucci. Le succès de cette création lui ouvre les portes de la télévision. Il participe à Onda libera et à L’altra domenica, émissions animées par Renzo Arbore, dans lesquelles ses interventions suscitent parfois la controverse en raison de leur liberté de ton.Giuseppe Bertolucci le dirige également dans Berlinguer ti voglio bene (1977), son premier grand rôle au cinéma. Roberto Benigni y reprend le personnage de Cioni Mario, admirateur du dirigeant communiste Enrico Berlinguer. Le film transpose à l’écran le langage cru et la satire sociale qui caractérisent ses premiers spectacles.Le burlesque et les collaborations internationalesL’expression corporelle occupe une place essentielle dans le jeu de Roberto Benigni. Ses personnages utilisent fréquemment les grimaces, les mouvements désordonnés et les ruptures de rythme pour provoquer le rire. Son interprétation s’inspire notamment de la tradition des grands comiques du cinéma muet, parmi lesquels Charlie Chaplin et Buster Keaton.En 1983, il réalise son premier long métrage, Tu mi turbi, composé de quatre épisodes dans lesquels il tient également le rôle principal. L’année suivante, il partage la réalisation de Non ci resta che piangere avec Massimo Troisi. Les deux acteurs y interprètent des amis qui se retrouvent transportés au XVe siècle, dans une Italie où ils tentent d’utiliser leurs connaissances du monde moderne. Leur complicité donne lieu à de nombreuses scènes fondées sur l’improvisation et les malentendus.Sa rencontre avec le cinéaste américain Jim Jarmusch contribue à sa reconnaissance internationale. Dans Down by Law (1986), Roberto Benigni interprète Roberto, un Italien emprisonné en Louisiane aux côtés de deux Américains incarnés par Tom Waits et John Lurie. Son personnage parle un anglais approximatif et multiplie les inventions verbales. Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes en 1986.Jim Jarmusch le retrouve dans Night on Earth (1991), où il joue un chauffeur de taxi romain dont les confidences provoquent une situation tragiquement comique. Leur collaboration se prolonge dans Coffee and Cigarettes, ensemble de courts métrages construits autour de conversations entre personnages.Roberto Benigni travaille également avec Federico Fellini dans La Voce della luna (1990), dernier film du réalisateur italien, où il interprète Ivo Salvini, un homme récemment sorti d’un établissement psychiatrique et fasciné par les voix qu’il croit entendre. Il donne la réplique à Paolo Villaggio dans cette adaptation libre du roman Il poema dei lunatici d’Ermanno Cavazzoni.En 1993, Blake Edwards lui confie le rôle principal du Fils de la Panthère rose. Il incarne Jacques Gambrelli, fils de l’inspecteur Clouseau, personnage rendu célèbre par Peter Sellers. Le film constitue une nouvelle tentative de prolonger la série des comédies policières créées par Edwards.Nicoletta Braschi et la création cinématographiqueLa collaboration avec Nicoletta Braschi occupe une place importante dans le travail de Roberto Benigni. Les deux comédiens se rencontrent au début des années 1980 et tournent ensemble dans Tu mi turbi. Ils se marient le 26 décembre 1991.Nicoletta Braschi devient sa partenaire dans plusieurs films qu’il réalise, notamment Il piccolo diavolo (1988), où il interprète un démon confronté à un prêtre joué par Walter Matthau. Elle apparaît également dans Johnny Stecchino (1991), comédie fondée sur la ressemblance entre un modeste conducteur d’autobus et un criminel recherché par la mafia.Le scénariste Vincenzo Cerami contribue largement à l’écriture de ses films. Leur collaboration se développe autour de récits associant situations absurdes et quiproquos, avec des personnages confrontés à des événements qu’ils comprennent difficilement. Cerami cosigne notamment les scénarios de Johnny Stecchino et de La vie est belle.Dans Le Monstre (1994), Roberto Benigni interprète un homme que la police soupçonne d’être un tueur en série. Nicoletta Braschi incarne une enquêtrice chargée de le surveiller. Le film connaît un important succès commercial en Italie.L’actrice participe également à la production de plusieurs films de son mari. Son frère Gianluigi Braschi est l’un des producteurs de La vie est belle, réalisé au sein de la société Melampo Cinematografica. Nicoletta Braschi y interprète Dora, épouse du personnage principal joué par Roberto Benigni.La reconnaissance internationale de La vie est belleEn 1997, Roberto Benigni réalise La vie est belle, dont il écrit le scénario avec Vincenzo Cerami. Il y incarne Guido Orefice, un homme juif italien qui s’installe à Arezzo et fonde une famille avec Dora. Lorsque Guido et son jeune fils Giosuè sont déportés dans un camp nazi, le père imagine un jeu destiné à protéger l’enfant de la réalité qui les entoure.Le film associe une première partie de comédie sentimentale à un récit consacré à la persécution des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Giorgio Cantarini, qui interprète Giosuè, donne la réplique à Roberto Benigni dans les scènes où le père transforme les règles de la vie concentrationnaire en épreuves d’un concours imaginaire.Présenté au Festival de Cannes en 1998, le film reçoit le Grand Prix, remis par le président du jury Martin Scorsese. Il suscite des discussions sur la possibilité de représenter la Shoah au moyen d’une fiction faisant appel aux procédés de la comédie. Son succès public dépasse largement les frontières italiennes.Lors de la 71e cérémonie des Oscars, le 21 mars 1999, La vie est belle remporte trois récompenses. Roberto Benigni reçoit l’Oscar du meilleur acteur, devenant le premier homme récompensé dans cette catégorie pour une interprétation entièrement en langue non anglaise. Le film obtient également l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, tandis que Nicola Piovani est récompensé pour sa musique originale.La cérémonie reste notamment associée à la réaction de Roberto Benigni, qui grimpe sur les dossiers des fauteuils de la salle avant de rejoindre la scène pour recevoir l’Oscar du film étranger. Il dédie son prix d’interprétation à ses parents et termine son discours en évoquant les derniers vers de la Divine Comédie de Dante.Le film reçoit également le César du meilleur film étranger en 1999 et plusieurs prix du cinéma européen. Le succès international de La vie est belle entraîne une diffusion particulièrement importante du film aux États-Unis, où il devient l’un des plus grands succès commerciaux du cinéma en langue étrangère de son époque.Les grandes œuvres littéraires et la tradition italienneRoberto Benigni entretient un rapport particulier avec les grands textes de la littérature italienne. En 2002, il réalise Pinocchio, adaptation du récit de Carlo Collodi, dont il interprète lui-même le personnage principal. Nicoletta Braschi joue la Fée bleue, tandis que Carlo Giuffrè incarne Geppetto. La production mobilise d’importants décors et costumes pour recréer l’univers du conte.La poésie de Dante Alighieri occupe également une place majeure dans son activité artistique. Il consacre à la Divine Comédie une série de lectures publiques accompagnées de commentaires, dans lesquelles il récite de mémoire des passages du poème et en explique le vocabulaire, les personnages et les références historiques.En 2006, il lance à Florence le spectacle TuttoDante, présenté notamment sur la Piazza Santa Croce. Le programme comprend une première partie où il aborde des sujets contemporains sur un mode satirique, suivie d’une lecture commentée d’un chant de la Divine Comédie. Le spectacle donne lieu à une tournée italienne puis internationale, notamment aux États-Unis et en Amérique du Sud.Une adaptation télévisée de TuttoDante est diffusée sur la Rai. Roberto Benigni avait déjà récité, le 23 décembre 2002, le dernier chant du Paradis devant près de 12, 7 millions de téléspectateurs italiens. À l’occasion du septième centenaire de la mort de Dante, en 2021, il interprète le chant XXV du Paradis au palais du Quirinal, en présence du président de la République Sergio Mattarella.Son intérêt pour la transmission des textes s’étend à des documents historiques et religieux. Dans l’émission La più bella del mondo, diffusée le 17 décembre 2012, il commente les douze principes fondamentaux de la Constitution italienne. Le programme rassemble plus de 12 millions de téléspectateurs.Deux ans plus tard, il consacre deux soirées télévisées aux Dix Commandements, diffusées les 15 et 16 décembre 2014. Il y propose une lecture du texte biblique, accompagnée de commentaires sur sa signification morale et religieuse. En 2025, il présente également un documentaire consacré à la vie de saint Pierre, réalisé par Stefano Vicario avec la participation de Vatican Media.Distinctions et reconnaissance institutionnelleOutre les récompenses obtenues pour La vie est belle, Roberto Benigni reçoit plusieurs distinctions honorifiques en Italie. En 2005, le président Carlo Azeglio Ciampi le nomme chevalier grand-croix de l’ordre du Mérite de la République italienne, l’une des plus hautes distinctions du pays.En 2017, il reçoit un David di Donatello pour l’ensemble de sa carrière. Cette récompense lui est remise trente ans après son premier David di Donatello du meilleur acteur, obtenu pour Down by Law. Il est également titulaire de plusieurs doctorats honoris causa décernés par des universités italiennes et étrangères.Le 1er septembre 2021, lors de la 78e Mostra de Venise, Roberto Benigni reçoit le Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière. Le prix lui est remis par la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion, présidente du jury qui lui avait attribué le Grand Prix à Cannes en 1998. La cérémonie se déroule au Palazzo del Cinema, sur le Lido de Venise.
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Jack Carson · 52 ansJack Carson est un acteur et humoriste né le 27 octobre 1910 à Carman, dans la province du Manitoba, au Canada, et mort le 2 janvier 1963 à Encino, en Californie, aux États-Unis. Il mène l’essentiel de sa carrière aux États-Unis, où il devient l’un des acteurs de caractère familiers des productions hollywoodiennes des années 1940 et 1950. Particulièrement apprécié dans les comédies de la Warner Bros., il interprète également plusieurs rôles dramatiques, notamment dans Le Roman de Mildred Pierce (1945) et La Chatte sur un toit brûlant (1958).Les débuts dans le vaudeville et l’apprentissage du métierJack Carson grandit à Milwaukee, dans le Wisconsin, où sa famille s’installe après sa naissance au Canada. Il fréquente notamment la St. John’s Military Academy de Delafield, puis poursuit ses études au Carleton College, dans le Minnesota. C’est au cours de ses années d’études qu’il commence à se produire sur scène, aux côtés de Dave Willock, un camarade avec lequel il forme un duo comique.Les deux jeunes hommes présentent des numéros associant chansons, sketches et danse. Ils se produisent dans le circuit du vaudeville américain, encore actif au début des années 1930 malgré le développement du cinéma parlant et de la radio. Jack Carson acquiert ainsi une expérience de la scène fondée sur les échanges rapides avec un partenaire et les effets comiques produits par les gestes et les expressions du visage. Sa grande taille, environ 1, 91 mètre, devient une caractéristique physique qu’il exploite régulièrement dans ses interprétations.Pendant ses tournées, il rencontre la danseuse Betty Alice Lindy, avec laquelle il forme également un duo de music-hall. Leur numéro, présenté sous le nom de « Lindy and Carson », circule notamment dans les théâtres du réseau Orpheum. Ils se marient en 1938, avant de divorcer l’année suivante.Arrivé à Hollywood en 1937, Jack Carson obtient ses premiers engagements aux studios RKO. Il apparaît dans de petits rôles, notamment dans Stand-In (1937), comédie avec Leslie Howard, Joan Blondell et Humphrey Bogart. Son parcours dans les studios se poursuit par des apparitions dans des productions importantes, mais ses personnages restent souvent secondaires. Il travaille notamment dans L’Impossible Monsieur Bébé (1938) de Howard Hawks et Monsieur Smith au Sénat (1939) de Frank Capra.Un comédien populaire de la Warner Bros.En 1941, Jack Carson rejoint la Warner Bros., qui lui confie des rôles plus importants. Il apparaît aux côtés de James Cagney dans The Strawberry Blonde (1941), réalisé par Raoul Walsh. Sa collaboration avec le studio lui permet de développer un personnage comique reconnaissable, celui d’un homme sûr de lui, volontiers bavard, dont les initiatives finissent par se retourner contre lui. Ses changements brusques d’expression, notamment lorsqu’un personnage comprend qu’il vient d’être trompé, deviennent l’une de ses spécialités.Cette aptitude à la comédie lui vaut d’être associé à Dennis Morgan, chanteur et acteur également sous contrat avec la Warner. Leur collaboration prend une dimension particulière avec Two Guys from Milwaukee (1946), réalisé par David Butler. Ils y forment un tandem inspiré du modèle des films réunissant Bing Crosby et Bob Hope. Leur complicité repose sur le contraste entre l’élégance de Morgan et le tempérament expansif de Carson.Les deux acteurs se retrouvent dans Two Guys from Texas (1948), également réalisé par David Butler. Le film leur permet de reprendre leurs échanges comiques dans un récit comprenant plusieurs séquences musicales. Au total, Jack Carson et Dennis Morgan tournent ensemble une douzaine de films. Leur association s’étend au-delà des studios, les deux hommes entretenant également une relation d’amitié.Jack Carson joue aussi un rôle dans les débuts cinématographiques de Doris Day. Il partage l’affiche de son premier film, Romance à Rio (1948), mis en scène par Michael Curtiz. La chanteuse, alors novice au cinéma, bénéficie de l’expérience de son partenaire, qui l’aide à se familiariser avec le travail devant la caméra. Ils se retrouvent dans Il y a de l’amour dans l’air (1949), puis dans Les Travailleurs du chapeau (1949), où l’acteur interprète son propre personnage aux côtés de Dennis Morgan. Doris Day évoquera leur collaboration dans son autobiographie.Des personnages dramatiques chez Michael Curtiz et George CukorParallèlement à ses succès comiques, Jack Carson obtient des rôles qui lui permettent de composer des personnages moins sympathiques. Dans Le Roman de Mildred Pierce (1945), réalisé par Michael Curtiz, il incarne Wally Fay, un homme d’affaires opportuniste qui entretient des relations ambiguës avec l’héroïne interprétée par Joan Crawford. Son personnage participe aux intrigues financières et sentimentales qui traversent ce drame adapté du roman de James M. Cain.Le film rencontre un important succès critique et commercial. Joan Crawford reçoit l’Oscar de la meilleure actrice, tandis que Jack Carson est particulièrement remarqué pour son interprétation d’un homme manipulateur, dont l’apparente cordialité dissimule les intérêts personnels.Une autre collaboration marquante intervient avec George Cukor, qui lui confie le rôle de Matt Libby dans Une étoile est née (1954). Ce personnage d’attaché de presse travaille auprès de Norman Maine, acteur hollywoodien sur le déclin interprété par James Mason. Matt Libby exerce une pression constante sur la vedette et contribue à rendre plus conflictuelles ses relations avec les professionnels du cinéma. Jack Carson donne ainsi la réplique à Judy Garland et James Mason dans un drame consacré aux mécanismes de la célébrité hollywoodienne.Dans La Chatte sur un toit brûlant (1958), réalisé par Richard Brooks d’après la pièce de Tennessee Williams, il interprète Gooper Pollitt, le frère aîné de Brick, joué par Paul Newman. Gooper cherche à défendre ses intérêts dans la succession de son père, Big Daddy, incarné par Burl Ives. Les tensions entre les deux frères occupent une place importante dans le récit, dominé par les conflits familiaux et les questions d’héritage. Jack Carson partage notamment plusieurs scènes avec Madeleine Sherwood, qui joue son épouse, Mae.Une activité importante à la radio et à la télévisionLa voix et le sens du dialogue de Jack Carson lui permettent également de développer une carrière radiophonique. Entre 1943 et 1947, il anime une émission comique diffusée sur le réseau NBC, connue sous le titre Everybody Loves Jack. Le programme repose sur des situations humoristiques dans lesquelles il interprète une version fictive de lui-même. Dave Willock, son ancien partenaire du vaudeville, participe notamment à l’émission.Cette activité radiophonique lui permet de retrouver des artistes issus du spectacle et du cinéma. Dennis Morgan compte parmi les invités du programme, dont la popularité contribue à faire connaître Jack Carson en dehors des salles obscures.Avec l’essor de la télévision américaine, il participe à plusieurs grandes émissions de divertissement. Il figure parmi les présentateurs de Four Star Revue, diffusée à partir de 1950 sur NBC, aux côtés notamment de Danny Thomas et Jimmy Durante. Il apparaît également dans The Colgate Comedy Hour, émission de variétés mêlant sketches et prestations musicales.En 1954, il devient la vedette d’une émission télévisée portant son nom, The Jack Carson Show, diffusée sur NBC jusqu’en 1955. Il poursuit ensuite ses interventions dans des programmes de divertissement et des séries dramatiques. Dans La Quatrième Dimension, il interprète en 1961 Harvey Hunnicut, un vendeur de voitures d’occasion, dans l’épisode « The Whole Truth ». Son personnage entre en possession d’une automobile qui contraint son propriétaire à dire la vérité.Le 8 février 1960, Jack Carson reçoit deux étoiles sur le Hollywood Walk of Fame, l’une pour la radio au 6361 Hollywood Boulevard, l’autre pour la télévision au 1560 Vine Street.Dernières années et vie personnelleLa vie conjugale de Jack Carson est marquée par quatre mariages. Après son divorce d’avec Betty Alice Lindy, il épouse Kay St. Germain, puis l’actrice Lola Albright, avec laquelle il est marié de 1952 à 1958. Sa quatrième épouse est Sandra Jolley, qu’il épouse en 1961.Son frère aîné, Robert Carson, exerce également le métier d’acteur et apparaît dans plusieurs productions américaines. Les deux frères travaillent dans l’industrie cinématographique hollywoodienne, mais poursuivent des carrières distinctes.En août 1962, Jack Carson s’effondre pendant les répétitions de la pièce Critic’s Choice. Un cancer est diagnostiqué quelques semaines plus tard. Il meurt le 2 janvier 1963, à l’âge de 52 ans, à Encino, dans la région de Los Angeles. Il est inhumé au Forest Lawn Memorial Park de Glendale, en Californie.En 1983, il est admis à titre posthume au Wisconsin Performing Artists Hall of Fame, en même temps que son ancien partenaire Dennis Morgan. Cette distinction rend hommage aux deux acteurs, qui avaient grandi dans le Wisconsin avant de mener leur carrière à Hollywood.
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Jean-Pierre Cassel · 74 ansJean-Pierre Cassel, de son vrai nom Jean-Pierre Crochon, est un acteur, danseur et chanteur français, né le 27 octobre 1932 à Paris, où il meurt le 19 avril 2007. Révélé au début des années 1960 par les comédies de Philippe de Broca, il travaille avec plusieurs grandes figures du cinéma français et international, notamment Jean Renoir, Luis Buñuel et Claude Chabrol. Passionné de comédie musicale, il mène parallèlement une activité théâtrale et crée plusieurs spectacles de chant et de danse.Une jeunesse marquée par le jazz et la comédie musicaleFils de Georges Crochon, médecin, et de Louise-Marguerite Fabrègue, chanteuse d’opéra, Jean-Pierre Cassel grandit dans un milieu familier du spectacle. Il passe une partie de sa jeunesse dans le Gard. Après des études secondaires, il entre au cours Simon à Paris pour apprendre le métier de comédien. Il prend également des cours de chant et de danse, particulièrement attiré par les comédies musicales américaines et les claquettes.Dans le Paris des années 1950, il fréquente les clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés, où il improvise des numéros de danse. Il y rencontre Gene Kelly, qui l’encourage et lui fait travailler les claquettes. L’acteur américain lui confie une petite apparition dans La Route joyeuse (1957), film qu’il réalise en France. Cette rencontre constitue une expérience importante pour le jeune comédien, admirateur de Fred Astaire et des grandes productions musicales hollywoodiennes.Jean-Pierre Cassel fait ses premiers pas sur scène en 1954 dans Portrait de famille, sous la direction de Claude Régy. Il joue ensuite dans Les Enfants d’Édouard, mis en scène par Jean Wall, et se fait progressivement connaître du public parisien. Ses premières apparitions à l’écran remontent également aux années 1950, dans des emplois secondaires qui lui permettent de poursuivre son apprentissage.La rencontre décisive avec Philippe de BrocaEn 1960, Philippe de Broca lui confie le rôle principal des Jeux de l’amour, sur un scénario écrit avec Daniel Boulanger. Le film révèle au grand public Jean-Pierre Cassel, dont la silhouette élancée, la mobilité et le jeu expressif conviennent à l’univers de la comédie sentimentale imaginé par le réalisateur. Les deux hommes poursuivent leur collaboration avec Le Farceur (1960), puis L’Amant de cinq jours (1961), dans lequel l’acteur donne la réplique à Jean Seberg et Micheline Presle.Ces films installent Jean-Pierre Cassel parmi les jeunes premiers du cinéma français. Son expérience de danseur contribue à son jeu physique, fondé sur la rapidité des déplacements et la précision des gestes. Chez Philippe de Broca, ses personnages sont souvent des hommes séduisants, mais maladroits ou dépassés par les situations qu’ils provoquent. Le scénariste Daniel Boulanger participe à la définition de cet univers comique, où les dialogues accompagnent une mise en scène particulièrement dynamique.Cette collaboration connaît plusieurs prolongements, notamment avec Un monsieur de compagnie (1964). Le réalisateur retrouve encore son interprète dans Chouans ! (1988), adaptation libre du roman de Balzac. Entre-temps, Jean-Pierre Cassel a travaillé avec des cinéastes d’autres générations, dont Jean Renoir, qui lui confie le rôle principal du Caporal épinglé (1962), adaptation du roman de Jacques Perret consacré à un prisonnier de guerre français.Des collaborations avec les grands cinéastes européensLa rencontre avec Claude Chabrol permet à Jean-Pierre Cassel d’aborder des personnages plus sombres. Dans La Rupture (1970), il interprète Paul Thomas, un homme violent dont la famille cherche à obtenir la garde de son enfant au détriment de son épouse, incarnée par Stéphane Audran. Le film exploite son apparence de jeune homme distingué pour donner au personnage une dimension particulièrement inquiétante.Avec Luis Buñuel, il participe au Charme discret de la bourgeoisie (1972), satire des conventions sociales dans laquelle il incarne Henri Sénéchal, l’un des membres d’un groupe de bourgeois qui tentent sans cesse de se réunir pour dîner. Le film remporte l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1973. Le réalisateur espagnol fait appel à lui dans une œuvre dont le récit mêle scènes réalistes, rêves et situations absurdes.Jean-Pierre Cassel collabore également avec Jean-Pierre Melville dans L’Armée des ombres (1969), où il interprète Jean-François Jardie, jeune résistant engagé dans un réseau clandestin sous l’Occupation. Il travaille avec Michel Deville, notamment dans Le Mouton enragé (1974), où il campe un personnage manipulateur qui utilise les ambitions d’un employé de banque pour servir ses propres intérêts.Sa carrière internationale comprend plusieurs productions britanniques et américaines. Dans Les Trois Mousquetaires (1973) de Richard Lester, il interprète Louis XIII. Sidney Lumet le dirige dans Le Crime de l’Orient-Express (1974), adaptation du roman d’Agatha Christie réunissant une importante distribution internationale. Il tourne également sous la direction de Robert Altman et de Joseph Losey.Les retrouvailles avec Claude Chabrol donnent lieu à une distinction. Dans La Cérémonie (1995), adaptation du roman L’Analphabète de Ruth Rendell, il interprète Georges Lelièvre, bourgeois breton dont la famille engage une nouvelle employée de maison. Cette prestation lui vaut une nomination au César du meilleur acteur dans un second rôle en 1996.Le théâtre et la passion de la scèneTout au long de sa carrière, Jean-Pierre Cassel conserve une activité théâtrale importante. Il travaille notamment avec Jean Vilar, qui le dirige dans L’Avare de Molière, et Roger Planchon, dont il interprète Bleu, blanc, rouge ou les libertins en 1967. Son répertoire comprend également des pièces contemporaines, dont Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee, mise en scène par Pierre Constant, et Festen, adapté du scénario de Thomas Vinterberg et mis en scène par Daniel Benoin.L’intérêt de Jean-Pierre Cassel pour la comédie musicale se concrétise dans plusieurs spectacles personnels. En 1994, il crée Jean-Pierre Cassel chante et danse Fred Astaire, hommage à l’artiste américain qu’il admire depuis sa jeunesse. Il y interprète des chansons accompagnées de numéros chorégraphiques, renouant avec les claquettes qu’il pratique depuis ses débuts.En 2003, il présente Je n’peux pas vivre sans amour, spectacle musical dans lequel il interprète notamment des chansons de Serge Gainsbourg. Deux ans plus tard, il consacre à ce dernier Jean-Pierre Cassel chante et danse Gainsbourg Suite, présenté au Petit Journal Montparnasse, à Paris. Le programme réunit vingt-cinq chansons, parmi lesquelles figurent des titres du répertoire jazz du compositeur.Les deux artistes s’étaient rencontrés à Paris dans les années 1950. Serge Gainsbourg avait écrit pour Jean-Pierre Cassel plusieurs chansons destinées à l’émission télévisée Top à Cassel, diffusée le 14 mars 1964 et produite par Maritie et Gilbert Carpentier. Le spectacle de 2005 reprend notamment trois de ces compositions, restées longtemps inédites.Une vie familiale liée au monde artistiqueJean-Pierre Cassel épouse en 1966 Sabine Litique, avec laquelle il a trois enfants. Leur fils Vincent Cassel, né en 1966, devient acteur et acquiert une notoriété internationale. Mathias Cassel, né en 1969, se fait connaître dans la musique sous le nom de Rockin' Squat, notamment comme membre fondateur du groupe de rap Assassin. Le couple divorce en 1980.En 1981, Jean-Pierre Cassel épouse Anne Célérier. Leur fille, Cécile Cassel, née en 1982, devient actrice avant de développer une carrière musicale sous le pseudonyme Hollysiz.L’acteur publie en 2004 ses souvenirs sous le titre À mes amours, aux éditions Stock. Il y évoque sa vie et ses rencontres dans le milieu du spectacle, en accordant une place particulière à la comédie musicale et aux personnalités qu’il a côtoyées pendant sa carrière.Atteint d’un cancer, Jean-Pierre Cassel meurt à Paris le 19 avril 2007, à l’âge de 74 ans.
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John Cleese · 87 ansJohn Cleese, né le 27 octobre 1939 à Weston-super-Mare, dans le Somerset, est un acteur, humoriste, scénariste et producteur britannique. Membre fondateur des Monty Python, il est notamment connu pour la série Monty Python’s Flying Circus (1969-1974), dont il est l’un des principaux auteurs et interprètes, ainsi que pour L’Hôtel en folie (Fawlty Towers, 1975-1979). Il a également écrit et interprété Un poisson nommé Wanda (1988), qui lui vaut un BAFTA du meilleur acteur et une nomination à l’Oscar du meilleur scénario original.Cambridge et les premières collaborations comiquesFils unique d’un représentant en assurances, John Cleese grandit à Weston-super-Mare, station balnéaire du sud-ouest de l’Angleterre. Son père, Reginald Francis Cleese, portait initialement le nom de Cheese, qu’il fait officiellement modifier en 1923. Après sa scolarité à la St Peter’s Preparatory School, le jeune John poursuit ses études à Clifton College, à Bristol. Il enseigne ensuite pendant deux ans dans son ancienne école préparatoire avant d’entrer à l’université de Cambridge, où il étudie le droit au Downing College.À Cambridge, John Cleese rejoint les Footlights, troupe universitaire spécialisée dans les spectacles satiriques. Il y rencontre Graham Chapman, étudiant en médecine avec lequel il commence à écrire des sketches. En 1963, ils participent à la revue A Clump of Plinths, présentée au Festival d’Édimbourg avant d’être reprise à Londres, puis à Broadway sous le titre Cambridge Circus. Cette production contribue à faire connaître plusieurs membres de la troupe au-delà du milieu universitaire britannique.Après ses études, John Cleese travaille comme auteur pour la BBC. Il participe à l’émission radiophonique I’m Sorry, I’ll Read That Again, issue de l’expérience des Footlights, puis rejoint l’équipe de The Frost Report, programme satirique présenté par David Frost à partir de 1966. Il y rencontre notamment Michael Palin, Terry Jones et Eric Idle. Dans un sketch devenu célèbre, il apparaît aux côtés de Ronnie Barker et Ronnie Corbett pour illustrer les différences de classes sociales à travers la taille respective des trois comédiens.En 1967, il crée avec Graham Chapman, Tim Brooke-Taylor et Marty Feldman l’émission At Last the 1948 Show, diffusée sur ITV. Le programme adopte un humour fondé sur l’absurde et les ruptures de logique, que John Cleese approfondit ensuite avec les Monty Python.La naissance des Monty Python et un humour de l’absurdeEn 1969, John Cleese fonde les Monty Python avec Graham Chapman, Michael Palin, Terry Jones, Eric Idle et Terry Gilliam. Leur émission Monty Python’s Flying Circus débute sur BBC1 le 5 octobre 1969. Composée de sketches qui se succèdent sans toujours respecter les transitions traditionnelles des émissions comiques, elle associe les performances des acteurs aux animations graphiques de Terry Gilliam.John Cleese écrit principalement avec Graham Chapman, tandis que Michael Palin et Terry Jones forment un autre tandem d’écriture régulier. Sa grande taille, sa diction précise et sa capacité à incarner des personnages autoritaires nourrissent plusieurs sketches célèbres. Dans « The Dead Parrot », il interprète un client qui tente d’obtenir le remboursement d’un perroquet mort, face au vendeur joué par Michael Palin. Dans « The Ministry of Silly Walks », il incarne un fonctionnaire chargé d’administrer un ministère consacré aux démarches absurdes, dont les déplacements reposent sur des mouvements volontairement extravagants.Le groupe développe également une activité cinématographique. Après La Première Folie des Monty Python (1971), composé de reprises de sketches télévisés, John Cleese participe à l’écriture et à l’interprétation de Monty Python : Sacré Graal ! (1975). Ce film, réalisé par Terry Gilliam et Terry Jones, détourne la légende arthurienne. Il y joue notamment le Chevalier noir, qui continue de combattre malgré la perte successive de ses membres.En 1979, il retrouve la troupe pour Monty Python : La Vie de Brian, satire consacrée à un homme né à la même époque que Jésus et constamment pris pour un personnage messianique. John Cleese y incarne notamment Reg, chef d’un groupe révolutionnaire opposé à l’occupation romaine. Le film suscite des controverses religieuses et fait l’objet d’interdictions de projection dans plusieurs territoires.John Cleese quitte la distribution régulière de Monty Python’s Flying Circus après la troisième saison, en 1973. Il continue néanmoins à collaborer aux productions cinématographiques du groupe, notamment Monty Python : Le Sens de la vie (1983), récompensé par le Grand Prix du jury au Festival de Cannes. Basil Fawlty et la création de L’Hôtel en folieLa rencontre avec l’actrice et scénariste américaine Connie Booth conduit John Cleese à créer l’une de ses œuvres les plus connues. Les deux artistes se marient en 1968 et collaborent à plusieurs productions comiques avant de concevoir Fawlty Towers, série diffusée par la BBC en 1975 et en 1979.Le personnage principal, Basil Fawlty, est le propriétaire irascible d’un petit hôtel de Torquay, dans le Devon. L’idée de la série naît d’un séjour des Monty Python dans un établissement de cette ville, dirigé par un hôtelier dont le comportement envers ses clients avait particulièrement frappé John Cleese. L’acteur transforme ce modèle en un personnage obsédé par le rang social de ses visiteurs, dont les tentatives pour maintenir les apparences provoquent régulièrement des catastrophes.Connie Booth incarne Polly Sherman, employée de l’établissement, tandis que Prunella Scales joue Sybil Fawlty, l’épouse de Basil. Andrew Sachs interprète Manuel, serveur espagnol dont la maîtrise imparfaite de l’anglais entraîne de nombreux malentendus. John Cleese et Connie Booth écrivent ensemble les douze épisodes de la série, répartis en deux saisons de six épisodes.La construction des intrigues repose sur une accumulation de mensonges et de contretemps qui obligent Basil Fawlty à multiplier les explications contradictoires. Dans l’épisode « The Germans », diffusé en 1975, ses efforts pour éviter toute référence à la Seconde Guerre mondiale devant des touristes allemands produisent précisément l’effet inverse.Bien que John Cleese et Connie Booth divorcent en 1978, ils poursuivent leur collaboration pour la seconde saison. En 1980, l’acteur reçoit le BAFTA Television Award de la meilleure interprétation dans une émission de divertissement. La série obtient également le prix de la meilleure comédie de situation. Un poisson nommé Wanda et la collaboration avec Charles CrichtonLa collaboration avec le réalisateur Charles Crichton permet à John Cleese de développer un projet cinématographique personnel. En 1988, il écrit et interprète Un poisson nommé Wanda (A Fish Called Wanda), dont il élabore l’histoire avec Crichton. Cette comédie policière réunit Jamie Lee Curtis, Kevin Kline et Michael Palin. John Cleese y incarne Archie Leach, un avocat londonien impliqué malgré lui dans les intrigues d’un groupe de criminels cherchant à récupérer des diamants volés. Le nom de son personnage reprend le véritable nom de naissance de Cary Grant, Archibald Leach.Le film associe les traditions de la comédie britannique aux ressorts du burlesque américain. Kevin Kline interprète Otto, un criminel américain qui se prétend spécialiste de Nietzsche, tandis que Michael Palin joue Ken, un homme bègue passionné par les animaux. Le tournage se déroule principalement à Londres en 1987. John Cleese participe également à la production exécutive du film.Un poisson nommé Wanda obtient trois nominations aux Oscars en 1989. Kevin Kline remporte celui du meilleur acteur dans un second rôle, tandis que Charles Crichton est nommé pour la réalisation. John Cleese reçoit une nomination à l’Oscar du meilleur scénario original et remporte le BAFTA du meilleur acteur. Michael Palin reçoit également le BAFTA du meilleur acteur dans un second rôle. Le film donne lieu à une nouvelle collaboration entre les quatre interprètes principaux dans Créatures féroces (1997), dont John Cleese signe le scénario avec Iain Johnstone. Vidéos pédagogiques, écriture et engagement associatifEn 1972, John Cleese participe avec Antony Jay, scénariste britannique et futur coauteur de la série Yes Minister, à la fondation de Video Arts, une société spécialisée dans les films de formation professionnelle. Leurs productions utilisent des situations comiques pour aborder les comportements au travail et les problèmes de communication. John Cleese joue lui-même dans plusieurs de ces films, qui sont diffusés auprès d’entreprises et d’organismes de formation.Il s’engage également auprès d’Amnesty International. En 1976, il participe à l’organisation du spectacle de bienfaisance A Poke in the Eye (With a Sharp Stick), réunissant plusieurs humoristes britanniques. Cette initiative donne naissance à une série de manifestations dont The Secret Policeman’s Ball, organisée en 1979. Les spectacles associent sketches et prestations musicales au profit de la défense des droits humains.Son intérêt pour la psychologie conduit John Cleese à collaborer avec le psychiatre et psychothérapeute Robin Skynner. Ils publient ensemble Families and How to Survive Them (1983), traduit en français sous le titre La Famille, comment s’en dépêtrer, puis Life and How to Survive It (1993). Construits sous forme de dialogues, ces ouvrages présentent au grand public des questions relatives aux relations familiales et à la psychothérapie.En 2014, John Cleese publie son autobiographie, So, Anyway…, consacrée principalement à son enfance et à ses premières expériences professionnelles jusqu’à la naissance des Monty Python. Il y revient notamment sur sa rencontre avec Graham Chapman et sur ses collaborations avec David Frost.Vie familialeJohn Cleese et Connie Booth ont une fille, Cynthia, née en 1971. Celle-ci devient actrice et joue notamment dans Un poisson nommé Wanda. Après son divorce avec Connie Booth en 1978, il épouse l’actrice américaine Barbara Trentham en 1981. Leur fille Camilla naît en 1984. Le couple divorce en 1990.Il se marie ensuite avec la psychothérapeute américaine Alyce Faye Eichelberger en 1992. Leur divorce, prononcé en 2008, donne lieu à un règlement financier largement médiatisé. En 2012, John Cleese épouse Jennifer Wade, créatrice de bijoux britannique.Ses liens avec le monde universitaire se prolongent au-delà de Cambridge. Il exerce notamment la fonction honorifique de recteur de l’université de St Andrews, en Écosse, de 1973 à 1976. Il est également nommé professeur itinérant Andrew D. White à l’université Cornell, aux États-Unis, où il intervient entre 1999 et 2004.
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Caitlin Cronenberg · 42 ansCaitlin Cronenberg, née le 27 octobre 1984 à Toronto, est une photographe et réalisatrice canadienne. Connue pour ses portraits de célébrités et ses photographies éditoriales, elle a également travaillé comme photographe de plateau avant de réaliser son premier long métrage, Humane, sorti en 2024.Une formation dans la mode et des débuts dans la photographieFille du cinéaste David Cronenberg et de Carolyn Zeifman, Caitlin Cronenberg grandit à Toronto. Son frère Brandon Cronenberg devient également réalisateur. Elle étudie le design de mode à l’université Ryerson, aujourd’hui Toronto Metropolitan University, où elle obtient son diplôme. Elle pratique déjà la photographie pendant ses études, notamment en réalisant des portraits.À 19 ans, elle photographie le chanteur canadien Ryan Malcolm. L’un de ses portraits est acheté pour la couverture d’un magazine torontois, qui l’engage ensuite comme photographe. Elle réalise des portraits de personnalités locales, tout en poursuivant sa formation universitaire. Elle travaille également dans la photographie événementielle, qui lui permet de développer une clientèle pour ses portraits.Son activité s’étend ensuite aux magazines de mode et aux publications consacrées aux célébrités. Elle photographie notamment Michael Fassbender pour une couverture de L’Uomo Vogue, lors d’une séance réalisée à Los Angeles en décembre 2011. Ses photographies paraissent également dans Vanity Fair, W Magazine et Harper’s Bazaar. Elle réalise des portraits d’acteurs et de musiciens, ainsi que des images destinées à la promotion de films et de séries télévisées. Elle travaille notamment pour le Festival international du film de Toronto.Les livres photographiques et la mise en scène des émotionsEn 2010, Caitlin Cronenberg publie à compte d’auteur Poser, son premier livre de photographies. L’ouvrage réunit des portraits de personnes nues, photographiées dans un cadre commun. Chaque image est accompagnée d’un récit présentant les circonstances de la rencontre entre la photographe et son modèle. Elle finance elle-même l’impression des 1 500 exemplaires de cette première édition.Son deuxième livre, The Endings, paraît en 2018 chez Chronicle Books. Réalisé avec la directrice artistique Jessica Ennis, il présente des histoires de ruptures amoureuses racontées à travers des séries de photographies. Les deux autrices élaborent des situations inspirées d’expériences personnelles ou entièrement fictives, puis les font interpréter par des actrices. Julianne Moore, Keira Knightley et Juno Temple participent notamment au projet.La réalisation de The Endings s’étend sur sept années et donne lieu à des séances photographiques à New York, Londres et Los Angeles. Pour chaque histoire, les participantes reçoivent un scénario et des indications sur leur personnage. Caitlin Cronenberg les photographie pendant qu’elles interprètent les situations imaginées, en privilégiant les mouvements et les expressions spontanées. Elle réalise également un court métrage lié à cet ouvrage, qui transpose le principe des récits photographiques à l’image animée.La réalisation cinématographiquePhotographe de plateau sur plusieurs productions, notamment Cosmopolis (2012) de David Cronenberg, Caitlin Cronenberg développe parallèlement une activité de réalisatrice de publicités et de vidéos musicales.En 2021, elle réalise The Death of David Cronenberg, un court métrage d’environ une minute écrit et interprété par son père. David Cronenberg y découvre une représentation de son propre cadavre, qu’il rejoint dans un lit. L’œuvre est notamment proposée à la vente sous la forme d’un jeton numérique non fongible (NFT).Son premier long métrage, Humane (2024), est un thriller dystopique écrit par Michael Sparaga. Le scénariste, qu’elle connaît depuis ses premières années de photographe professionnelle, lui propose de mettre en scène son scénario. Le film imagine une société confrontée à une crise environnementale mondiale, dans laquelle les autorités organisent un programme de réduction volontaire de la population. Une réunion familiale dégénère lorsque le père annonce son intention de participer au programme.Caitlin Cronenberg dirige notamment Jay Baruchel, Emily Hampshire et Peter Gallagher. Elle avait déjà travaillé avec les deux premiers dans le cadre de séances photographiques. Le film sort en Amérique du Nord le 26 avril 2024. Il aborde les tensions familiales provoquées par une politique de sacrifice individuel, en associant anticipation et violence.Créations visuelles et activités éditorialesOutre ses réalisations pour le cinéma, Caitlin Cronenberg conçoit des photographies destinées à des pochettes de disques et à des campagnes promotionnelles. Elle réalise notamment l’image utilisée pour la pochette de Views (2016), album du rappeur canadien Drake, qui représente l’artiste assis au sommet de la tour CN à Toronto.Elle poursuit également son travail de portraitiste pour les publications internationales et les productions audiovisuelles. Ses photographies sont utilisées dans des campagnes publicitaires ainsi que pour des affiches de films et de séries. En 2024, elle crée avec Tabitha Vallierie et Andrea Dart la marque Words of Mouth Inc., consacrée à des tirages en édition limitée et à des objets pour la maison.
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Ruby Dee · 91 ansRuby Dee, née le 27 octobre 1922 à Cleveland, dans l’Ohio, et morte le 11 juin 2014 à New Rochelle, dans l’État de New York, est une actrice, dramaturge et militante américaine pour les droits civiques. Épouse de l’acteur et réalisateur Ossie Davis, elle a notamment interprété Ruth Younger dans Un raisin au soleil (1961) et remporté un Emmy Award pour Decoration Day (1990). Elle a également été nommée à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour American Gangster (2007).Une enfance à Harlem et une formation théâtraleRuby Dee grandit dans le quartier de Harlem, à New York, où sa famille s’installe alors qu’elle est encore enfant. Elle fréquente le Hunter College, dont elle sort diplômée en 1945, après des études de français et d’espagnol. Attirée par le théâtre dès l’adolescence, elle rejoint l’American Negro Theatre, troupe fondée à Harlem en 1940 pour offrir aux artistes afro-américains de nouvelles possibilités de formation et de création. Cette compagnie accueille également de futurs acteurs comme Sidney Poitier et Harry Belafonte.En 1943, elle fait ses débuts à Broadway dans South Pacific, une pièce distincte de la comédie musicale homonyme créée quelques années plus tard par Rodgers et Hammerstein. Elle poursuit son apprentissage auprès de comédiens et de metteurs en scène, notamment Paul Mann et Morris Carnovsky.La pièce Jeb, de Robert Ardrey, constitue une étape importante de sa vie personnelle. En 1946, Ruby Dee y rencontre Ossie Davis, acteur débutant qui interprète un ancien combattant noir confronté au racisme à son retour de la Seconde Guerre mondiale. Les deux artistes se marient le 9 décembre 1948. Ils auront trois enfants, Nora, Guy et Hasna. Leur union durera jusqu’à la mort d’Ossie Davis, en février 2005.Un raisin au soleil et le théâtre afro-américainLa création de A Raisin in the Sun (Un raisin au soleil), de Lorraine Hansberry, marque une étape majeure dans la carrière de Ruby Dee. Présentée à Broadway en mars 1959 dans une mise en scène de Lloyd Richards, la pièce raconte les aspirations et les difficultés d’une famille afro-américaine de Chicago qui cherche à améliorer sa condition sociale. Elle est l’une des premières œuvres écrites par une femme noire à connaître un succès durable sur les scènes de Broadway.Ruby Dee interprète Ruth Younger, épouse de Walter Lee Younger, joué par Sidney Poitier. Claudia McNeil incarne Lena Younger, la mère de Walter. Le spectacle obtient plusieurs nominations aux Tony Awards, dont celle de la meilleure pièce, et contribue à faire connaître l’œuvre de Lorraine Hansberry.En 1961, Ruby Dee retrouve le personnage de Ruth Younger dans l’adaptation cinématographique réalisée par Daniel Petrie. Le film reprend une grande partie de la distribution originale de Broadway. Son interprétation lui vaut, avec plusieurs partenaires du film, une distinction du National Board of Review.Elle poursuit son travail sur des textes consacrés aux rapports raciaux et aux inégalités sociales. En 1971, son interprétation dans Boesman and Lena, du dramaturge sud-africain Athol Fugard, est récompensée par un Obie Award. La pièce met en scène un couple de métis sud-africains déplacés par la politique d’apartheid. Elle reçoit également un Drama Desk Award pour Wedding Band, pièce d’Alice Childress consacrée à une relation amoureuse entre une femme noire et un homme blanc dans la Caroline du Sud du début du XXe siècle.Le combat pour les droits civiques avec Ossie DavisL’engagement politique de Ruby Dee se développe au sein du mouvement américain pour les droits civiques. Avec Ossie Davis, elle soutient plusieurs organisations qui luttent contre la ségrégation raciale, notamment la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) et la Southern Christian Leadership Conference (SCLC), dirigée par Martin Luther King.Proches de Martin Luther King, les deux acteurs participent à des initiatives destinées à financer et à faire connaître les campagnes pour l’égalité des droits. Le 28 août 1963, ils prennent part à l’organisation et à la présentation de la marche sur Washington pour l’emploi et la liberté. Cette manifestation rassemble plus de 250 000 personnes devant le Lincoln Memorial, où Martin Luther King prononce son discours « I Have a Dream ».Ruby Dee et son mari entretiennent également des relations avec Malcolm X. Après son assassinat en février 1965, Ossie Davis prononce son éloge funèbre à Harlem. Les deux artistes participent aussi aux mobilisations en faveur de la militante Angela Davis, emprisonnée en 1970 puis acquittée en 1972.Leur engagement commun est reconnu par plusieurs institutions américaines. En 1995, le président Bill Clinton leur remet la National Medal of Arts. Ils reçoivent ensuite un prix honorifique pour l’ensemble de leur carrière décerné par la Screen Actors Guild en 2000, puis les Kennedy Center Honors en 2004. Ces distinctions récompensent leur contribution aux arts du spectacle ainsi que leur action publique.Une longue collaboration avec Spike LeeÀ la fin des années 1980, Ruby Dee et Ossie Davis entament une collaboration avec le réalisateur Spike Lee. Ils jouent ensemble dans Do the Right Thing (1989), qui se déroule au cours d’une journée de forte chaleur dans le quartier de Bedford-Stuyvesant, à Brooklyn. Elle interprète Mother Sister, une habitante âgée qui observe la vie du voisinage depuis sa fenêtre, tandis que son mari incarne Da Mayor, un homme marginalisé par son alcoolisme. Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes en 1989 et reçoit deux nominations aux Oscars.En 1991, Ruby Dee retrouve Spike Lee pour Jungle Fever, consacré à une relation amoureuse entre un architecte afro-américain, interprété par Wesley Snipes, et une secrétaire italo-américaine jouée par Annabella Sciorra. Elle y incarne Lucinda Purify, la mère du personnage principal, face à Ossie Davis dans le rôle de son époux, un pasteur profondément religieux.Elle participe également au film Malcolm X (1992), biographie du militant afro-américain réalisée par Spike Lee avec Denzel Washington dans le rôle-titre. Elle y apparaît dans son propre rôle, comme Ossie Davis, dans les séquences consacrées aux funérailles de Malcolm X.Écriture et productions avec Ossie DavisRuby Dee développe une activité d’écrivaine parallèlement à son travail d’interprète. Elle publie notamment des livres destinés à la jeunesse, parmi lesquels Two Ways to Count to Ten, inspiré d’un conte africain, ainsi que My One Good Nerve, recueil de textes poétiques et de récits personnels qu’elle adapte également pour la scène.Avec Ossie Davis, elle fonde en 1980 la société de production Emmalyn II Productions. Le couple produit et présente plusieurs émissions télévisées, notamment With Ossie & Ruby, programme mêlant entretiens et performances artistiques, diffusé au début des années 1980 sur la télévision publique américaine.En 1998, les deux artistes publient leur autobiographie commune, With Ossie and Ruby: In This Life Together. Ils y racontent leur rencontre, leur vie familiale et leur engagement politique. L’enregistrement sonore de cette autobiographie leur vaut un Grammy Award en 2007, attribué à titre posthume à Ossie Davis, mort deux ans auparavant.Les distinctions de la fin de carrièreEn 1991, Ruby Dee reçoit le Primetime Emmy Award de la meilleure actrice dans un second rôle dans une mini-série ou un téléfilm pour Decoration Day, dans lequel elle joue aux côtés de James Garner. Elle avait auparavant obtenu plusieurs nominations aux Emmy Awards, notamment pour Roots: The Next Generations (1979).Le film American Gangster (2007), réalisé par Ridley Scott, lui apporte une nouvelle reconnaissance. Elle y incarne Mahalee Lucas, la mère de Frank Lucas, trafiquant de drogue interprété par Denzel Washington. Bien que son temps de présence à l’écran soit limité, elle remporte le Screen Actors Guild Award de la meilleure actrice dans un second rôle et obtient, à 85 ans, sa première nomination aux Oscars, dans la même catégorie.En 2011, le Dartmouth College lui décerne un doctorat honorifique en reconnaissance de son travail artistique et de son engagement pour les droits civiques. Deux ans plus tard, elle prête sa voix au téléfilm Betty and Coretta (2013), consacré à Betty Shabazz et Coretta Scott King, les veuves de Malcolm X et de Martin Luther King. Le récit réunit Angela Bassett et Mary J. Blige dans les rôles principaux. Ruby Dee meurt l’année suivante, à l’âge de 91 ans, à son domicile de New Rochelle.
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Lorànt Deutsch · 51 ansLorànt Deutsch est né le 27 octobre 1975 à Alençon, dans l’Orne (France). Acteur, écrivain et touche-à-tout curieux, Lorànt Deutsch s’est d’abord fait connaître par son énergie débordante sur scène et à l’écran, avant de surprendre le public en devenant l’un des auteurs populaires les plus lus dans le domaine de l’Histoire.Avec son allure d’éternel adolescent, son débit rapide et sa passion communicative pour les anecdotes historiques, Lorànt Deutsch occupe une place singulière dans le paysage culturel français. À cheval entre fiction, vulgarisation et théâtre, il cultive depuis le début une image atypique, parfois clivante, mais toujours vive.Un comédien formé sur les planchesAvant d’écrire des livres à succès, Lorànt Deutsch est avant tout un homme de théâtre. Passionné par le jeu dès l’adolescence, il suit une formation classique et débute sa carrière sur scène dans les années 1990. Très vite, il se distingue par son énergie et sa diction rapide, qui deviennent sa signature.Il multiplie les rôles dans des pièces de Molière, Marivaux ou encore Beaumarchais, sans jamais renier une certaine légèreté dans le ton. Le théâtre, pour lui, n’est pas un monument figé mais un espace de jeu vivant, populaire, parfois même un peu foutraque, et c’est précisément ce qui l’attire.On le retrouve également dans des mises en scène modernes, voire iconoclastes, ce qui contribue à installer Lorànt Deutsch comme un acteur capable d’équilibrer tradition et fantaisie.Percée à l’écran : de comédie romantique en drames historiquesCôté télévision et cinéma, Lorànt Deutsch connaît un début de notoriété au début des années 2000. Il apparaît dans des films comme Le Cœur des hommes, 3 zéros, Jean-Philippe, ou Ripoux 3. Il alterne les genres, souvent dans des rôles de jeunes hommes attachants, parfois maladroits, mais toujours dynamiques. Sa diction mitraillette et son ton enthousiaste plaisent au public comme aux réalisateurs.Il interprète également Jean de La Fontaine dans Jean de La Fontaine, le défi (2007), un rôle plus sérieux, qui montre qu’il peut aussi s’attaquer à des figures historiques avec une certaine gravité. Il prête régulièrement sa voix à des films d’animation, avec un enthousiasme non feint pour cet exercice, qu’il considère comme une forme de jeu pur.Métronome : l’irruption de l’Histoire dans sa trajectoireEn 2009, Lorànt Deutsch surprend tout le monde avec la publication de Métronome, un ouvrage mêlant Histoire de France et balade à travers les stations du métro parisien. Le livre, qui raconte l’évolution de la capitale à travers les siècles, devient rapidement un best-seller, atteignant plusieurs centaines de milliers d’exemplaires vendus.L’adaptation en documentaire pour la télévision amplifie encore sa visibilité. Vulgarisateur passionné, Lorànt Deutsch y incarne un promeneur érudit, mélange de professeur enthousiaste et de flâneur parisien. Le ton est léger, le fond documenté (bien que certains historiens le contestent), et le succès populaire au rendez-vous.Il poursuit dans cette veine avec d’autres ouvrages comme Hexagone, Romanesque ou De la Gaule à la France, poursuivant cette idée d’un récit historique vivant, incarné, parfois idéalisé, toujours destiné à un large public.Un auteur populaire, parfois au cœur de la polémiqueLe succès de ses livres ne s’est pas fait sans débats. Certains historiens lui reprochent une lecture parfois trop romancée, voire biaisée, des faits. D’autres saluent sa capacité à ramener l’Histoire dans les mains du grand public, sans jargon ni snobisme.Lorànt Deutsch, lui, assume une approche subjective, teintée de passion. Il se défend de vouloir faire œuvre d’historien, préférant se définir comme un conteur, un passeur de récits. Cette position, entre érudition et storytelling, contribue à la singularité de son parcours.Au-delà de la polémique, il faut reconnaître que Lorànt Deutsch a redonné à beaucoup le goût de s’intéresser à l’Histoire de France, ce qui n’est pas une mince affaire à une époque où la mémoire nationale peine parfois à séduire.Une personnalité aux multiples facettesParallèlement à sa carrière artistique et littéraire, Lorànt Deutsch est un passionné d’histoire médiévale, de langue française, de monarchie, de patrimoine… et même de jeux de société. Il incarne cette figure à l’ancienne du comédien curieux de tout, qui ne cloisonne pas les disciplines.Il a également animé des émissions de vulgarisation, prêté sa voix à des audioguides de musées, participé à des lectures publiques et s’est impliqué dans diverses initiatives culturelles locales, notamment liées à la défense du patrimoine.