Film Index
Une base de données du cinéma : 14 550 films et 395 632 personnalités, reliés par leurs castings, genres, pays, collections et récompenses. À parcourir par exploration.
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Roger Allam · 73 ansRoger Allam, né le 26 octobre 1953 à Londres, au Royaume-Uni, est un acteur britannique de théâtre, de télévision, de cinéma et de radio, célèbre pour sa voix grave et enveloppante, son présence scénique imposante, et sa capacité à incarner aussi bien l’autorité que l’ironie, avec un égal bonheur. Figure respectée du théâtre anglais, Roger Allam est aussi connu du grand public pour ses rôles dans des séries populaires comme Endeavour, The Thick of It, ou encore Game of Thrones.Une formation classique et une passion pour la scèneFormé au Manchester University et imprégné très tôt de culture littéraire et dramatique, Roger Allam commence sa carrière sur les planches, dans les années 1980. Il rejoint la prestigieuse Royal Shakespeare Company, où il se fait remarquer dans des rôles classiques, de Macbeth à Les Joyeuses Commères de Windsor. Il y développe un jeu dense, articulé, très ancré dans la tradition du théâtre britannique, mais jamais figé.C’est sur scène qu’il forge l’essentiel de son style : un mélange de puissance vocale, de précision du geste et de subtilité dans l’ironie. Il devient une figure incontournable du West End londonien, et reçoit plusieurs distinctions, dont deux Olivier Awards, récompensant l’excellence dans le théâtre britannique.De la scène à l’écran : un acteur qui traverse les genresBien qu’avant tout homme de théâtre, Roger Allam multiplie les incursions à la télévision et au cinéma. Dans The Queen (2006), il incarne Robin Janvrin, le secrétaire privé de la reine, aux côtés d’Helen Mirren. Dans V for Vendetta, il joue Lewis Prothero, présentateur de télévision ultra-nationaliste, dans un registre caricatural et glaçant. Il se glisse aussi dans le monde de Game of Thrones pour un bref passage, dans le rôle de Illyrio Mopatis, marchand influent de Pentos.Mais c’est surtout à la télévision britannique qu’il s’impose durablement. Il incarne Peter Mannion, politicien centriste dans la série satirique The Thick of It, où il brille par son sens du sarcasme et du désespoir contenu. Il est aussi Fred Thursday dans Endeavour, le mentor de l’inspecteur Morse jeune, rôle dans lequel il montre toute l’étendue de son registre émotionnel, entre autorité bourrue et tendresse paternelle.Une voix comme instrument principalAu-delà de sa présence physique, Roger Allam possède un instrument redoutable : sa voix. Grave, chaude, articulée, légèrement mordante, elle fait de lui un choix naturel pour le livre audio, le théâtre radiophonique ou les commentaires documentaires. Il a enregistré de nombreux classiques littéraires, de Dickens à Trollope, ainsi que des œuvres contemporaines. Il est aussi très actif dans les productions de la BBC Radio.Cette voix, immédiatement reconnaissable, est l’une des raisons pour lesquelles Roger Allam reste aussi présent dans l’imaginaire britannique, même lorsqu’il est invisible. Elle lui permet de glisser d’un rôle à l’autre avec une grande fluidité, et d’imposer une autorité naturelle, même dans les dialogues les plus simples.
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Joachim Paul Assböck · 61 ansJoachim Paul Assböck, né le 26 octobre 1965 à Cologne, en Allemagne, est un acteur de théâtre, de télévision et de cinéma, dont le parcours illustre bien cette génération d’artistes formés sur scène, devenus indispensables aux films à caractère historique ou dramatique. Sans jamais chercher la lumière à tout prix, Joachim Paul Assböck a su imposer sa présence par un jeu sobre, précis, souvent au service de personnages d’autorité, dans des œuvres européennes comme dans des productions internationales plus visibles.Une formation exigeante au service d’un métier de fondAvant même de poser un pied sur un plateau de tournage, Joachim Paul Assböck a étudié dans l’un des établissements les plus réputés d’Europe germanophone : le Max Reinhardt Seminar, à Vienne. Il y suit une formation rigoureuse entre 1988 et 1992, façonnant un jeu ancré dans la tradition du théâtre classique. Ce passage par la scène restera un socle fort de sa carrière, visible dans son aisance avec les textes denses, les rôles hiérarchiques ou les récits à forte portée dramatique.Après ses débuts au théâtre, il commence à apparaître à l’écran, dans des rôles souvent liés à des contextes militaires, judiciaires ou politiques. Un type de personnage qu’il joue sans caricature, mais avec cette retenue et cette droiture qui donnent au moindre second rôle une forme de densité narrative.Des rôles secondaires mais essentiels dans des drames historiquesLa filmographie de Joachim Paul Assböck témoigne d’un ancrage clair dans le cinéma dramatique européen, avec une appétence particulière pour les récits inspirés de faits réels. On le retrouve ainsi dans The Pianist (2002) de Roman Polanski, dans Katyn (2007) d’Andrzej Wajda, ou encore dans The Book Thief (2013), autant de films où l’histoire s’écrit à hauteur d’humains.Dans Katyn, il incarne l’un des personnages secondaires dans une fresque retraçant un épisode dramatique de la Seconde Guerre mondiale. Son jeu y est, comme souvent, sans fioritures, tout en tension maîtrisée, dans le respect d’une ligne sobre mais expressive. Dans The Book Thief, adapté du roman de Markus Zusak, Joachim Paul Assböck est à nouveau convoqué pour camper un personnage d’autorité, figure constante de son répertoire.Ces choix de rôles reflètent non seulement un certain goût pour les récits à gravité historique, mais aussi une capacité à s’effacer au profit de l’ensemble, tout en offrant une présence solide et crédible.Un acteur de composition, entre scènes allemandes et productions internationalesLe profil de Joachim Paul Assböck est particulièrement intéressant dans le cadre des coproductions germano-européennes, où il navigue entre sa langue maternelle et des productions en anglais. Ce bilinguisme lui permet d’apparaître dans des films d’envergure tout en conservant une activité soutenue dans le paysage audiovisuel allemand, notamment dans des séries policières ou dramatiques.On le retrouve régulièrement dans des formats télévisés de type Tatort, dans des films diffusés sur les chaînes publiques, mais aussi dans des rôles pour la scène, ce qui continue d’alimenter son jeu d’une certaine rigueur héritée du théâtre. Peu d’acteurs de sa génération peuvent revendiquer une carrière aussi constante, entre disciplines et formats, avec la même fidélité à leurs lignes artistiques.
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Mary Black · 91 ansMary Black, née Mary Carter Walsh le 26 octobre 1935 à Oshawa, dans l’Ontario, est une actrice canadienne de théâtre, de cinéma et de télévision. Elle est notamment connue pour ses rôles dans The Wicker Man (2006), Fido (2006) et Man of Steel (2013). Après une interruption de sa carrière pour élever ses enfants, elle reprend son activité artistique à Vancouver au milieu des années 1990.Une formation musicale et des débuts au théâtreIssue d’une famille dans laquelle les arts de la scène occupent une place importante, Mary Black grandit auprès d’un père britannique lui-même acteur et chanteur. Elle étudie le chant au Royal Conservatory of Music de Toronto, institution spécialisée dans la formation musicale.Elle commence à travailler comme comédienne au théâtre et développe une activité professionnelle qu’elle interrompt en 1970 pour se consacrer à l’éducation de ses enfants. Elle reste éloignée du métier d’actrice pendant environ vingt-cinq ans.En 1995, Mary Black quitte Toronto pour s’installer à Vancouver, en Colombie-Britannique. Elle décide d’y reprendre sa carrière de comédienne et obtient de nouveaux engagements, principalement dans les productions cinématographiques et télévisuelles tournées dans la région.Le retour au métier et la diversité des personnagesInstallée à Vancouver, Mary Black retrouve les plateaux de tournage dans une période où la Colombie-Britannique accueille de nombreuses productions américaines. En 1996, elle interprète Mme Nesmith dans un épisode de Millennium, série policière créée par Chris Carter et consacrée aux enquêtes d’un ancien profiler du FBI.Son travail l’amène notamment à interpréter des personnages de magistrates et de religieuses. Dans The Exorcism of Emily Rose (2005), film réalisé par Scott Derrickson, elle joue le docteur Vogel. Le récit, qui associe procès judiciaire et phénomènes surnaturels, met en scène Laura Linney dans le rôle d’une avocate chargée de défendre un prêtre accusé d’homicide par négligence.En 2006, Mary Black incarne sœur Oak dans The Wicker Man, réalisé par Neil LaBute avec Nicolas Cage. Elle joue l’une des habitantes de Summersisle, communauté insulaire au sein de laquelle un policier enquête sur la disparition d’une fillette.La même année, elle interprète Mme Henderson dans Fido, comédie fantastique canadienne réalisée par Andrew Currie. L’intrigue se déroule dans une société alternative des années 1950 où les zombies ont été domestiqués et employés comme serviteurs. Le film réunit notamment Billy Connolly et Carrie-Anne Moss.Une apparition dans l’univers de SupermanEn 2013, Mary Black interprète Ro-Zar dans Man of Steel, réalisé par Zack Snyder. Son personnage siège au conseil dirigeant de Krypton, la planète natale de Superman. Lors d’une réunion consacrée à la destruction imminente de la planète, Ro-Zar s’oppose au général Zod, interprété par Michael Shannon, qui vient de prendre le pouvoir par la force. Celui-ci l’abat devant les autres membres du conseil.Le film réunit notamment Henry Cavill dans le rôle de Superman et Russell Crowe dans celui de Jor-El, son père biologique. La participation de Mary Black concerne les séquences d’ouverture situées sur Krypton, avant l’arrivée de Kal-El sur Terre.Le théâtre et la reconnaissance professionnelleMary Black conserve une activité théâtrale parallèlement à ses engagements à l’écran. Elle participe à des créations contemporaines ainsi qu’à des représentations de pièces classiques, notamment des lectures publiques de Shakespeare organisées par la compagnie Savage God, à Vancouver.En 2015, elle reçoit le titre de membre honoraire à vie de l’Union of British Columbia Performers (UBCP/ACTRA), organisation syndicale représentant les artistes-interprètes du cinéma et de la télévision en Colombie-Britannique.L’année suivante, Mary Black est distinguée par le Sam Payne Lifetime Achievement Award, décerné par UBCP/ACTRA. Créé en hommage au comédien canadien Sam Payne, ce prix récompense l’ensemble du travail accompli par un artiste au cours de sa carrière dans les arts du spectacle. Il lui est attribué en 2016, plus de vingt ans après son retour à la profession de comédienne.
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Manolo Bolognini · 92 ansManolo Bolognini est un producteur de cinéma italien, né le 26 octobre 1925 à Pistoia, en Toscane, et mort le 23 décembre 2017 à Rome, à l’âge de 92 ans. Frère cadet du réalisateur Mauro Bolognini, il participe pendant plus de cinquante ans à la production de films italiens et internationaux. Il travaille notamment avec Pier Paolo Pasolini, Sergio Corbucci et Andreï Tarkovski. Son nom est particulièrement associé au western Django (1966) et au drame Théorème (1968).Du football aux métiers de la production cinématographiqueOriginaire de Pistoie, Manolo Bolognini pratique le football au sein de l’équipe de sa ville, l’US Pistoiese. Au début des années 1950, il rejoint son frère Mauro à Rome et commence à travailler dans l’industrie cinématographique italienne. Il occupe d’abord un poste d’aide-secrétaire de production sur Deux Nuits avec Cléopâtre (1954), comédie de Mario Mattoli avec Sophia Loren et Alberto Sordi.Ses premiers engagements lui permettent d’exercer successivement les fonctions de secrétaire, d’inspecteur et de directeur de production. Il travaille auprès de Federico Fellini sur Le Bidon (1955) et Les Nuits de Cabiria (1957). Avec Roberto Rossellini, il participe à la réalisation du Général Della Rovere (1959), interprété par Vittorio De Sica, puis à celle de Vanina Vanini (1961).Les collaborations avec Mauro Bolognini comprennent Le Bel Antonio (1960), adaptation d’un roman de Vitaliano Brancati avec Marcello Mastroianni et Claudia Cardinale, ainsi que Senilità (1962), inspiré du roman d’Italo Svevo. Il assure également la direction de production d’œuvres réalisées par René Clément et Antonio Pietrangeli.Cette expérience lui permet d’acquérir une connaissance des différentes étapes de fabrication d’un film, depuis l’organisation des tournages jusqu’à la coordination des équipes. Au cours des années 1960, il commence à produire des films sous sa propre responsabilité.La collaboration avec Pier Paolo PasoliniLa relation professionnelle entre Manolo Bolognini et Pier Paolo Pasolini commence au début des années 1960. Il participe à la production de La Ricotta, épisode du film collectif Ro.Go.Pa.G. (1963). Pasolini y met en scène Orson Welles dans le rôle d’un réalisateur tournant un film consacré à la Passion du Christ. L’œuvre provoque des poursuites judiciaires pour outrage à la religion.L’année suivante, Manolo Bolognini travaille à la production de L’Évangile selon saint Matthieu (1964), tourné principalement dans le sud de l’Italie. Pasolini confie le rôle de Jésus à Enrique Irazoqui, étudiant espagnol sans expérience professionnelle du cinéma. Le film reçoit le prix spécial du jury à la Mostra de Venise en 1964.Leur collaboration se poursuit avec Théorème (1968), que Manolo Bolognini produit avec Franco Rossellini. Interprété notamment par Terence Stamp et Silvana Mangano, le film raconte l’arrivée d’un mystérieux visiteur dans une famille de la bourgeoisie milanaise et les bouleversements provoqués par son départ. Présenté à la Mostra de Venise en 1968, il suscite une importante controverse en Italie.En février 2016, Manolo Bolognini participe à une projection de Théorème organisée par la Cineteca di Bologna, au cours de laquelle il évoque son travail avec Pasolini. Il intervient ainsi personnellement dans la transmission de l’histoire de cette collaboration, plus de quarante ans après la mort du cinéaste.Un rôle déterminant dans le western italienEn 1966, Manolo Bolognini produit Django, réalisé par Sergio Corbucci avec Franco Nero dans le rôle principal. Le film raconte l’arrivée d’un ancien soldat dans une petite ville proche de la frontière mexicaine, où s’affrontent deux groupes armés. Son personnage, qui transporte un cercueil contenant une mitrailleuse, devient l’une des figures les plus reconnaissables du western italien.Le succès commercial international de Django contribue à faire connaître Franco Nero au-delà de l’Italie. Le titre est ensuite repris par de nombreuses productions, parfois sans lien narratif avec le film original. Il participe également à l’évolution du western européen vers des représentations plus violentes que celles du western américain classique.La même année, Manolo Bolognini produit Texas, adios, réalisé par Ferdinando Baldi, dans lequel Franco Nero interprète un shérif poursuivant l’assassin de son père. Les deux films rencontrent un important succès commercial.Il poursuit sa collaboration avec le western italien, notamment auprès du réalisateur Enzo G. Castellari, avec lequel il produit Keoma (1976). Franco Nero y joue un métis de retour dans sa ville natale après la guerre de Sécession. La bande originale est composée par Guido et Maurizio De Angelis. Manolo Bolognini produit également California (1977), autre western de Castellari consacré aux conséquences de la guerre civile américaine.Au total, il produit sept westerns italiens, dont plusieurs connaissent une diffusion internationale. En 2010, il entre au Hall of Fame des producteurs du Spaghetti Western Database, consacré aux professionnels qui ont contribué au développement du genre.Des collaborations internationales et un rôle auprès de GaumontL’activité de Manolo Bolognini s’étend également aux coproductions européennes. Il travaille notamment avec le réalisateur belge André Delvaux et le cinéaste soviétique Andreï Tarkovski, pour lequel il participe à la production de Nostalghia (1983).Tourné en Italie, Nostalghia est le premier long métrage réalisé par Tarkovski hors d’Union soviétique. Le film met en scène Oleg Yankovski dans le rôle d’un écrivain russe voyageant en Toscane pour effectuer des recherches sur un compositeur de son pays. Il est présenté au Festival de Cannes en 1983, où Tarkovski reçoit notamment le prix de la mise en scène, partagé avec Robert Bresson pour L’Argent.En Italie, la société française Gaumont confie à Manolo Bolognini et Renzo Rossellini, fils du réalisateur Roberto Rossellini, des responsabilités dans ses activités de production. Cette collaboration fait intervenir Manolo Bolognini dans le développement de projets cinématographiques impliquant plusieurs partenaires européens.Son travail de producteur exécutif se poursuit notamment avec Nanni Moretti sur Sogni d’oro (1981), film dans lequel le réalisateur italien interprète un jeune cinéaste confronté aux difficultés de son métier. Présenté à la Mostra de Venise, le film remporte le Grand Prix spécial du jury. Manolo Bolognini collabore également avec Liliana Cavani sur La Peau (1981), adaptation du roman de Curzio Malaparte, interprétée notamment par Marcello Mastroianni et Burt Lancaster.La transmission d’une expérience professionnelleEn 2014, Manolo Bolognini publie Manolo Bolognini. La mia vita nel cinema. Cinquant’anni di ricordi, ouvrage de souvenirs recueillis par sa fille Carlotta Bolognini. Le livre revient sur ses expériences professionnelles et ses rencontres avec les personnalités du cinéma italien et international.L’ouvrage est présenté en novembre 2014 lors d’une rétrospective organisée à Rome par le Centro Sperimentale di Cinematografia, au Cinema Trevi. La manifestation comprend une rencontre publique avec le producteur et sa fille, en présence notamment de Lina Wertmüller, Sandra Milo et George Hilton.Manolo Bolognini entretient également des liens avec le Centro Mauro Bolognini de Pistoie, institution consacrée à la mémoire et à l’œuvre de son frère, mort en 2001. Il participe à ses activités et à différentes manifestations consacrées à l’histoire du cinéma.Il est père de trois enfants, Andrea, Carlotta et Giada. Andrea Bolognini, né en 1962, exerce lui aussi le métier de réalisateur. Il dirige notamment Raul : Diritto di uccidere (2005), adaptation libre de Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski, produite par son père. Le scénario reprend un projet initialement élaboré dans les années 1970 pour Mauro Bolognini.
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Antoine Bonfanti · 82 ansAntoine Bonfanti est un ingénieur du son, chef opérateur du son et mixeur français, né le 26 octobre 1923 à Ajaccio, en Corse, et mort le 4 mars 2006 à Montpellier, à l’âge de 82 ans. Considéré comme l’un des pionniers du son direct au cinéma, il a travaillé sur plus de 400 films, notamment avec Jean-Luc Godard, Alain Resnais et Chris Marker. Ancien résistant, engagé dans le cinéma militant, il a également consacré une partie de son activité à la formation de techniciens du son en France et à l’étranger.De la Résistance aux studios de cinémaNé en Corse, Antoine Bonfanti passe une partie de son enfance en Afrique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à la Résistance en Corse, puis sert dans le Bataillon de choc entre 1943 et 1945. Son engagement politique se prolonge après la guerre dans les mouvements communistes et les organisations professionnelles du cinéma.Il découvre les métiers du son en 1945, comme stagiaire perchman sur le tournage de La Belle et la Bête, réalisé par Jean Cocteau. Le travail du perchman consiste à placer et à déplacer les microphones pour enregistrer les dialogues tout en les maintenant hors du cadre. Il assiste également au mixage de La Bataille du rail de René Clément, expérience qui lui permet de découvrir le travail en auditorium.Au cours des années 1950, Antoine Bonfanti se forme aux différentes opérations de prise de son et de postproduction. Il travaille notamment pour la Radiodiffusion-télévision française (RTF) et la branche française de la Metro-Goldwyn-Mayer. En 1956, il rejoint les auditoriums SIMO, où il participe au mixage de films documentaires.C’est dans ce cadre qu’il rencontre Chris Marker, avec lequel il entame une collaboration durable. Il travaille notamment au mixage de Description d’un combat, documentaire consacré à Israël. En 1961, il quitte les auditoriums SIMO pour rejoindre le tournage de L’Oiseau de paradis, réalisé par Marcel Camus au Cambodge.Le développement du son directL’activité professionnelle d’Antoine Bonfanti accompagne les transformations techniques du cinéma à la fin des années 1950 et au début des années 1960. L’apparition d’équipements portables, notamment des magnétophones Nagra, facilite l’enregistrement synchrone des voix et des ambiances sonores en dehors des studios.Il contribue à développer une pratique du son direct en décors naturels, fondée sur la captation des voix et des bruits présents au moment du tournage. Cette démarche permet d’intégrer les caractéristiques acoustiques des lieux à la matière sonore du film. Il accorde une attention particulière au placement des microphones, à la dynamique des voix et aux ambiances, qui peuvent être enregistrées indépendamment des dialogues.Sa méthode associe la prise de son sur le plateau au travail de montage et de mixage. Antoine Bonfanti intervient fréquemment à plusieurs étapes de la création sonore d’une même œuvre, en collaborant directement avec le réalisateur sur les choix d’enregistrement et de restitution.Le développement de ces techniques accompagne l’émergence de la Nouvelle Vague et du cinéma documentaire moderne. Antoine Bonfanti travaille notamment avec Jean Rouch, dont les recherches sur les rapports entre la caméra, les personnes filmées et la parole enregistrée contribuent à renouveler le cinéma ethnographique.L’ingénieur du son Jean-Pierre Ruh lui attribuera une place fondatrice dans l’émergence de l’école française du son direct, dont les méthodes influenceront durablement la formation des professionnels du cinéma.Une collaboration durable avec Chris MarkerLa relation professionnelle entre Antoine Bonfanti et Chris Marker se développe autour de projets documentaires et expérimentaux. Elle se caractérise par un intérêt commun pour les possibilités expressives du montage sonore, particulièrement dans les films associant commentaires, témoignages et documents d’archives.Dans Le Joli Mai (1963), réalisé par Chris Marker et Pierre Lhomme, Antoine Bonfanti participe à l’élaboration de la bande sonore d’un documentaire constitué de rencontres et d’entretiens avec des habitants de Paris. Le tournage, réalisé au printemps 1962, peu après les accords d’Évian, recueille les témoignages de personnes appartenant à différents milieux sociaux.Les échanges avec Marker concernent aussi bien l’enregistrement des paroles que l’organisation des éléments sonores au montage. Antoine Bonfanti travaille notamment sur La Jetée (1962), court métrage de science-fiction composé presque exclusivement de photographies fixes, dont il assure le montage sonore.Leur collaboration se poursuit avec Sans soleil (1983), essai documentaire dans lequel une correspondance fictive accompagne des images tournées notamment au Japon et en Afrique. Antoine Bonfanti participe au mixage de cette œuvre, construite autour des relations entre les images, la mémoire et les sons enregistrés.Dans un texte publié à l’occasion des quatre-vingts ans de l’ingénieur du son, puis repris après sa mort, Chris Marker rend hommage à leur travail commun et au rôle joué par les innovations techniques dans le développement de leurs collaborations.Le cinéma militant et les groupes MedvedkineL’engagement politique d’Antoine Bonfanti prend une dimension collective dans les années 1960. Il participe à la coopérative SLON (Société pour le lancement des œuvres nouvelles), fondée en 1968 et devenue par la suite ISKRA. Cette structure contribue à produire et à diffuser des films documentaires consacrés aux mouvements sociaux et aux luttes politiques.À partir de 1967, il travaille avec les groupes Medvedkine, collectifs réunissant des ouvriers et des cinéastes, notamment à Besançon et à Sochaux. Leur activité est liée aux mouvements revendicatifs dans les usines Rhodiacéta et Peugeot. Les ouvriers participent directement à la réalisation de films consacrés à leur vie quotidienne et à leurs conditions de travail.Antoine Bonfanti contribue aux travaux de ces collectifs en apportant ses compétences techniques et en participant aux enregistrements. Dans La Charnière (1968), il enregistre un débat entre ouvriers et cinéastes à propos de la représentation du monde du travail. Cet échange est l’un des événements à l’origine de la constitution du groupe Medvedkine de Besançon.Il apparaît également dans Lettre à mon ami Pol Cèbe (1971), réalisé par Michel Desrois, où sa Citroën DS est utilisée comme espace d’expérimentation cinématographique. Le véhicule accueille du matériel de prise de vues et de son pendant un déplacement nocturne.Cette participation au cinéma militant s’étend à des collaborations avec René Vautier, réalisateur engagé notamment contre le colonialisme, et Joris Ivens, documentariste néerlandais dont plusieurs films sont consacrés aux luttes de libération nationale. Il participe ainsi au mixage du 17e Parallèle : La Guerre du peuple (1968), documentaire tourné au Nord-Vietnam par Ivens et Marceline Loridan.La reconnaissance de son travail sonoreLes méthodes de prise de son développées par Antoine Bonfanti sont utilisées dans de nombreux films de fiction. Il collabore notamment avec Jean-Luc Godard sur Pierrot le Fou (1965), dont il assure la prise de son. Son activité auprès du réalisateur comprend également Bande à part (1964) et Deux ou trois choses que je sais d’elle (1967).Il travaille avec Alain Resnais sur Muriel ou le Temps d’un retour (1963). Le film, dont l’action se déroule à Boulogne-sur-Mer, associe les dialogues à un travail de montage sonore lié aux souvenirs de la guerre d’Algérie.Dans India Song (1975), réalisé par Marguerite Duras, Antoine Bonfanti participe au mixage d’une bande sonore dans laquelle les dialogues et les voix sont dissociés de l’image. Cette organisation donne une place importante aux paroles hors champ et aux ambiances.Son travail sur Je t’aime moi non plus (1976), premier long métrage réalisé par Serge Gainsbourg, lui vaut une nomination au César du meilleur son en 1977. Il figure parmi les professionnels distingués lors de la deuxième cérémonie des César du cinéma.L’enseignement et la transmission internationaleAntoine Bonfanti enseigne les techniques du son dans plusieurs écoles de cinéma. Il intervient régulièrement à l’INSAS, à Bruxelles, établissement de formation aux arts du spectacle et aux techniques audiovisuelles. En France, il enseigne notamment à la Fémis et à l’École nationale supérieure Louis-Lumière.Son activité pédagogique s’étend à l’Amérique latine, particulièrement à Cuba, où il travaille à l’École internationale de cinéma et de télévision de San Antonio de los Baños (EICTV). Fondée en 1986, cette école accueille des étudiants de nombreux pays et propose un enseignement fondé sur la pratique de la réalisation.Il participe également à des formations professionnelles en Afrique, notamment en Algérie, en Angola et au Mozambique. En Amérique latine, ses interventions comprennent des ateliers au Chili et au Pérou.Lors de ces enseignements, Antoine Bonfanti accorde une place essentielle aux exercices d’écoute et à la manipulation directe des équipements. Il montre aux étudiants comment capter les voix à la perche, enregistrer des ambiances et organiser les différentes composantes sonores d’une scène. Ses ateliers abordent également les opérations de montage et de mixage, afin de relier le travail réalisé sur le terrain à la construction de la bande sonore.Un témoignage filmé sur sa pratiqueEn 2002, la réalisatrice Suzanne Durand consacre à Antoine Bonfanti le documentaire Antoine Bonfanti, traces sonores d’une écoute engagée. Ce portrait retrace son parcours professionnel à travers des entretiens et des séquences de travail, notamment lors de formations à Cuba et en Afrique.Plusieurs cinéastes avec lesquels il a collaboré participent au film, parmi lesquels René Vautier, André Delvaux et Paul Vecchiali. Le documentaire montre également Antoine Bonfanti au travail avec des étudiants, détaillant les gestes nécessaires à l’enregistrement des sons et les possibilités offertes par les équipements portables.En 1993, il contribue avec Pierre Ley à l’ouvrage collectif Le Livre des techniques du son, publié aux éditions Eyrolles. Leur chapitre consacré au film porte sur les procédés d’enregistrement et de restitution sonore dans la production cinématographique.Le 20 août 1997, Antoine Bonfanti participe à l’émission Mémoire du siècle sur France Culture, au cours d’un entretien avec Noël Simsolo. Il y évoque son enfance, son engagement dans la Résistance et son apprentissage des métiers du cinéma. Il revient également sur les transformations techniques de l’enregistrement sonore au cours de sa carrière.
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Brian Bovell · 67 ansBrian Bovell est un acteur britannique, né le 26 octobre 1959 à Londres, en Angleterre. Actif au théâtre, au cinéma et à la télévision depuis la fin des années 1970, il est notamment connu pour avoir interprété le détective Rob Thatcher dans la série policière The Bill (2003-2004) et Leo Valentine dans le feuilleton Hollyoaks (2006-2010). Il a également travaillé avec les réalisateurs Franco Rosso, Mike Leigh et Horace Ové. En 1982, il reçoit une distinction du London Critics' Circle pour son interprétation dans la pièce Where There Is Darkness.Une formation théâtrale et une première distinctionBrian Bovell se forme au métier d’acteur auprès des Activists et du Young People’s Theatre, deux groupes liés au Royal Court Theatre de Londres. Il participe au mouvement du théâtre noir britannique, qui connaît un important développement à partir des années 1970 avec la création de compagnies et la représentation de pièces consacrées à l’expérience des populations issues de l’immigration.Au début des années 1980, il joue dans Where There Is Darkness, pièce de l’écrivain britannico-caribéen Caryl Phillips, présentée au Lyric Hammersmith de Londres dans une mise en scène de Peter James. Il incarne Remi Williams, fils d’Albert Williams, interprété par Rudolph Walker. L’intrigue suit un homme originaire des Caraïbes qui envisage de retourner dans son pays natal après vingt-cinq années passées en Grande-Bretagne. La distribution comprend également Marion Bailey et Dearbhla Molloy.Cette interprétation vaut à Brian Bovell le London Critics' Circle Theatre Award du meilleur acteur dans un second rôle, décerné en 1982 pour la saison précédente. La production est également présentée au Mexique.Son travail théâtral comprend plusieurs pièces de William Shakespeare. En 1984, il incarne Malcolm dans Macbeth, au Young Vic de Londres. Il interprète ensuite le rôle-titre d’Othello pour la compagnie écossaise TAG Theatre en 1987. La même année, il retrouve Macbeth au National Theatre, où il joue notamment Banquo. En 1988, il interprète Alcibiade dans Timon d’Athènes, au Haymarket Theatre de Leicester.Le cinéma britannique et les questions socialesEn 1980, Brian Bovell participe à Babylon, réalisé par Franco Rosso sur un scénario écrit avec Martin Stellman. Le film suit les difficultés rencontrées par de jeunes Britanniques d’origine jamaïcaine dans le sud de Londres, sur fond de racisme et de culture musicale reggae. Il interprète Spark, membre de l’entourage du personnage principal, Blue, joué par Brinsley Forde, chanteur du groupe Aswad.Il retrouve les thèmes de l’identité et des relations sociales dans Burning an Illusion (1981), réalisé par Menelik Shabazz. Le film raconte l’évolution de Pat Williams, jeune Londonienne d’origine antillaise interprétée par Cassie McFarlane, dont la relation avec Del, joué par Victor Romero Evans, est bouleversée par la violence policière. Brian Bovell y tient le rôle de Nat West.La collaboration avec Horace Ové, réalisateur britannique originaire de Trinité-et-Tobago, se concrétise dans Playing Away (1987). Cette comédie dramatique raconte la rencontre entre une équipe de cricket issue de la communauté antillaise de Londres et les habitants d’un village anglais qui l’ont invitée à participer à un match. Brian Bovell interprète Stuart, l’un des joueurs. Le film aborde les préjugés raciaux à travers les relations entre les deux équipes.En 1996, Brian Bovell apparaît dans Secrets et Mensonges, réalisé par Mike Leigh. Il interprète le frère d’Hortense Cumberbatch, personnage incarné par Marianne Jean-Baptiste. L’intrigue suit les recherches de cette jeune femme adoptée, qui découvre l’identité de sa mère biologique, jouée par Brenda Blethyn. Présenté au Festival de Cannes, le film remporte la Palme d’or en 1996, tandis que Brenda Blethyn reçoit le prix d’interprétation féminine.Des personnages récurrents dans les séries britanniquesL’un des premiers rôles importants de Brian Bovell à la télévision est celui de Billy Pearson dans Prospects (1986), série créée par Alan Janes. Aux côtés de Gary Olsen, qui interprète Pincey, il joue un jeune Londonien vivant dans le quartier des Docklands. Les deux personnages cherchent à gagner leur vie en multipliant les activités et les projets professionnels. Diffusée sur Channel 4, la série compte douze épisodes.Il incarne ensuite le policier Charlie Webb dans The Chief, série dramatique consacrée au fonctionnement de la police britannique, diffusée sur ITV à partir de 1990. Son personnage intervient dans les enquêtes et les tensions professionnelles au sein d’un commissariat.En 2003, Brian Bovell rejoint la distribution régulière de The Bill, autre série policière d’ITV, dans le rôle du détective Rob Thatcher. Affecté au commissariat fictif de Sun Hill, ce personnage participe aux enquêtes criminelles de l’équipe. Il apparaît dans plus de cinquante épisodes, jusqu’à sa mort au cours d’une intrigue diffusée en décembre 2004.Son engagement le plus long dans un feuilleton quotidien est celui de Leo Valentine, personnage de Hollyoaks qu’il interprète entre 2006 et 2010. Père de Calvin, Sonny et Sasha Valentine, Leo rejoint la petite ville fictive de Chester après la mort de son épouse Diane, jouée par Pauline Black. Son personnage travaille comme concierge et doit faire face aux conflits qui traversent sa famille.La distribution comprend notamment Ricky Whittle, qui incarne Calvin Valentine, et Nathalie Emmanuel, qui interprète Sasha. L’arrivée de deux autres enfants de Leo, Danny et Lauren, introduit de nouvelles tensions familiales. Brian Bovell quitte la série en août 2010.De nouvelles collaborations théâtralesEn 2014, Brian Bovell revient sur scène dans Kingston 14, pièce du dramaturge britannique Roy Williams, présentée au Theatre Royal Stratford East, à Londres, dans une mise en scène de Clint Dyer.L’action se déroule en Jamaïque, où un détective britannique d’origine jamaïcaine est envoyé pour enquêter sur le meurtre d’un policier. Brian Bovell interprète Marcus Blake, un policier local compromis dans les affaires criminelles du pays. La distribution comprend notamment le musicien Goldie, qui joue le chef de gang Joker, ainsi que Trevor Laird et Charles Venn.La pièce aborde les pratiques policières et la corruption en Jamaïque, en confrontant les méthodes de l’enquêteur venu de Grande-Bretagne à celles de ses collègues locaux. La production est présentée au printemps 2014, avec une utilisation du surtitrage pour rendre accessibles aux spectateurs certains dialogues en patois jamaïcain.Une participation à des créations radiophoniques et à une émission culinaireBrian Bovell travaille également pour la radio britannique. Le 7 mai 1998, il interprète Antonio dans une adaptation de La Nuit des rois de William Shakespeare, réalisée par Eoin O’Callaghan et diffusée sur BBC Radio 3. Cette production radiophonique transpose la pièce dans un dispositif exclusivement sonore, dans lequel les dialogues et l’interprétation vocale remplacent la représentation scénique.Il prête par ailleurs sa voix au personnage d’Uncle Hairy dans Humf, série d’animation britannique destinée aux jeunes enfants. Son personnage est l’oncle du héros, une petite créature violette qui découvre la vie quotidienne avec sa famille et ses amis.En 2017, Brian Bovell participe à la douzième saison de Celebrity MasterChef, adaptation britannique du concours de cuisine télévisé réunissant des personnalités publiques. Il prend part aux épreuves culinaires devant les jurés John Torode et Gregg Wallace et atteint les demi-finales de la compétition.
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Patrick Breen · 66 ansPatrick Breen est un acteur, dramaturge, scénariste et réalisateur américain, né le 26 octobre 1960 à Brooklyn, dans l’État de New York. Il est notamment connu pour ses rôles dans les films Men in Black (1997) et Galaxy Quest (1999), ainsi que pour son interprétation d’Adam dans la pièce Next Fall, présentée à Broadway en 2010.Une formation théâtrale à New YorkÉlevé à Staten Island, Patrick Breen fréquente la Tottenville High School, où il participe à plusieurs productions théâtrales. Il entreprend ensuite des études au Hunter College, avant de rejoindre le département d’art dramatique de la New York University. Il suit également les cours de l’Actors and Directors Lab, dirigé par Jack Garfein à Manhattan.Durant sa formation, il travaille notamment avec Bobby LuPone et rencontre Bernie Telsey, avec lequel il participe, après ses études, à la création du Manhattan Class Company, devenu MCC Theater. Il prend également part à la fondation de Naked Angels, compagnie théâtrale new-yorkaise créée en 1986. Parmi les autres membres fondateurs figurent Matthew Broderick, Sarah Jessica Parker et Fisher Stevens. La compagnie développe des œuvres contemporaines dans son théâtre de la 17e Rue, à Manhattan.À Broadway, Patrick Breen interprète Stanley Jerome dans Brighton Beach Memoirs, pièce autobiographique de Neil Simon, à partir d’août 1983. Il participe ensuite à la comédie musicale Big River, adaptation des Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, composée par Roger Miller. Cette production remporte notamment le Tony Award de la meilleure comédie musicale en 1985.La reconnaissance sur les scènes de BroadwayEn 2009, Patrick Breen tient le rôle principal de Next Fall, pièce de Geoffrey Nauffts produite par Naked Angels. Il incarne Adam, un homme athée dont le compagnon, Luke, est un chrétien pratiquant. Leur relation et leurs divergences religieuses constituent le cœur de l’intrigue, qui aborde également les liens familiaux et la confrontation à la maladie.Créée Off-Broadway, la pièce est transférée au Helen Hayes Theatre de Broadway en mars 2010, dans une mise en scène de Sheryl Kaller. Patrick Breen y retrouve Patrick Heusinger, qui interprète Luke. La production reçoit deux nominations aux Tony Awards 2010, dont celle de la meilleure pièce. L’année suivante, il reprend son rôle dans une adaptation radiophonique enregistrée par L.A. Theatre Works, aux côtés de Jean Smart.En 2011, il participe à la reprise de The Normal Heart, pièce de Larry Kramer consacrée aux premières années de l’épidémie de sida à New York. Il interprète Mickey Marcus, l’un des militants engagés dans la lutte contre la maladie. Présentée au John Golden Theatre, la production réunit notamment Joe Mantello, Ellen Barkin et Jim Parsons, sous la direction de Joel Grey et George C. Wolfe.La distribution reçoit le Drama Desk Award 2011 de la meilleure interprétation collective, tandis que la production remporte le Tony Award de la meilleure reprise d’une pièce. Patrick Breen participe ensuite à la tournée américaine de The Normal Heart en 2012, cette fois dans le rôle principal de Ned Weeks.Un acteur de caractère à l’écranÀ partir du milieu des années 1980, Patrick Breen travaille régulièrement pour la télévision américaine. Il obtient l’un de ses premiers rôles dans la série policière Spenser: For Hire. Il devient ensuite membre de la distribution régulière de plusieurs séries, notamment Just in Time (1988), Sunday Dinner (1991) et Big Wave Dave’s (1993).Au cinéma, il se fait remarquer dans Men in Black, réalisé par Barry Sonnenfeld en 1997, où il interprète M. Redgick, un extraterrestre qui voyage sous une apparence humaine. Deux ans plus tard, il incarne Quellek dans Galaxy Quest, comédie de science-fiction réalisée par Dean Parisot. Son personnage appartient au peuple des Thermians et voue une admiration particulière à l’acteur Alexander Dane, interprété par Alan Rickman. Les scènes qu’ils partagent donnent lieu à une relation entre les deux personnages, dont l’un des moments importants est la mort de Quellek.À la télévision, Patrick Breen incarne George Weiss dans Kevin Hill, série judiciaire diffusée entre 2004 et 2005, avec Taye Diggs dans le rôle principal. Il interprète également Andrew Munsey, directeur de la CIA, dans la série politique Madam Secretary, aux côtés de Téa Leoni.Parmi ses autres personnages figure Paul W. Pickelle dans Show Me a Hero (2015), minisérie de David Simon et William F. Zorzi réalisée par Paul Haggis. Inspirée de faits réels, elle retrace les conflits autour de la construction de logements sociaux à Yonkers, dans l’État de New York, à la fin des années 1980.L’écriture dramatique et la collaboration avec Fisher StevensParallèlement à son métier d’acteur, Patrick Breen écrit pour le théâtre. Ses pièces sont notamment produites par Naked Angels, MCC Theater et l’Atlantic Theater Company. Naked Angels présente ainsi Saturday Mourning Cartoons, un ensemble de courtes pièces dont il est l’auteur.Son texte Marking est adapté au cinéma sous le titre Just a Kiss (2002), dans une réalisation de Fisher Stevens. Le film, qui mêle prises de vues réelles et animation rotoscopique, s’intéresse aux relations sentimentales d’un groupe de jeunes adultes new-yorkais. La distribution comprend notamment Ron Eldard, Kyra Sedgwick et Marisa Tomei. Patrick Breen signe le scénario et interprète le personnage de Peter.Sa collaboration avec Fisher Stevens s’étend également à d’autres projets. Les deux hommes appartiennent au collectif théâtral Naked Angels et poursuivent leurs activités communes dans le cinéma indépendant américain.En 2011, Patrick Breen participe à la création de la websérie comique Whole Day Down, dans laquelle il interprète un personnage portant son prénom. Il contribue également à l’écriture de cette production, qui suit deux amis tentant de faire fonctionner une galerie d’art à Los Angeles.Sur le plan familial, Patrick Breen est marié depuis 1992 à l’actrice et scénariste canadienne Nadine Van der Velde, avec laquelle il a deux enfants.
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Tom Brittney · 36 ansTom Brittney est un acteur, réalisateur et producteur britannique, né le 26 octobre 1990 à Gravesend, dans le Kent, en Angleterre. Il est principalement connu pour avoir interprété le révérend Will Davenport dans la série policière britannique Grantchester, entre 2019 et 2024.Une formation artistique encouragée dès l’enfanceÀ l’âge de douze ans, Tom Brittney quitte le Kent avec sa famille pour s’installer dans le Devon. Sa mère, Lynn Brittney, est romancière et auteure dramatique. Elle enseigne également le théâtre et encourage très tôt son fils à jouer la comédie. Sa sœur cadette, Rose, suit une formation de danseuse.Élève à la Colyton Grammar School, Tom Brittney développe son intérêt pour le jeu d’acteur avec l’aide de ses professeurs. Il poursuit ses études à Exeter College, puis intègre la Royal Central School of Speech and Drama, à Londres, où il reçoit une formation professionnelle d’interprétation. Il envisage un temps de devenir journaliste ou photographe avant de privilégier le métier d’acteur, vers l’âge de seize ou dix-sept ans.En mai 2022, il retourne à la Colyton Grammar School pour rencontrer les élèves. Il y anime un atelier consacré à l’interprétation, en s’appuyant sur des scènes de Grantchester, et échange avec les lycéens sur son expérience professionnelle.La reconnaissance avec GrantchesterTom Brittney fait ses premières apparitions à la télévision en 2013 dans le feuilleton médical britannique Doctors. Il obtient l’année suivante le rôle du lieutenant Jeremy Foster dans Outlander, série historique adaptée des romans de Diana Gabaldon. Il interprète ensuite Ken Howells dans The Five (2016), série policière créée par l’écrivain Harlan Coben et scénarisée par Danny Brocklehurst.En 2018, il est choisi pour succéder à James Norton dans Grantchester, dont l’intrigue se déroule dans un village du Cambridgeshire au cours des années 1950. Son personnage, le révérend Will Davenport, remplace progressivement Sidney Chambers, incarné par Norton, à partir de la quatrième saison diffusée en 2019.Passionné de motocyclette, amateur de boxe et ancien militaire, Will Davenport est un pasteur anglican qui collabore avec l’inspecteur Geordie Keating, interprété par Robson Green, pour résoudre des affaires criminelles. Sa personnalité et son rapport à la religion le différencient de son prédécesseur. La relation entre les deux personnages constitue l’un des ressorts principaux de la série.Tom Brittney partage l’affiche avec Robson Green pendant six saisons. Son personnage connaît plusieurs évolutions importantes, notamment son mariage avec Bonnie Evans, interprétée par Charlotte Ritchie. Après avoir participé à la neuvième saison, diffusée en 2024, l’acteur quitte la série. Le révérend Alphy Kottaram, incarné par Rishi Nair, lui succède auprès de Geordie Keating.Cette interprétation lui apporte une notoriété internationale, notamment auprès du public américain, qui découvre Grantchester dans le cadre de la collection Masterpiece diffusée par PBS.Des collaborations avec Tom Hanks et Reggie YatesEn 2020, Tom Brittney interprète le lieutenant Watson dans USS Greyhound : La Bataille de l’Atlantique, film de guerre réalisé par Aaron Schneider, avec Tom Hanks dans le rôle principal. Adapté du roman The Good Shepherd de C. S. Forester, le film raconte la mission d’un commandant américain chargé de protéger un convoi allié contre les sous-marins allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.La même année, l’acteur tient le rôle principal de Make Me Famous, téléfilm britannique écrit par Reggie Yates et réalisé par Peter King. Il y incarne Billy, un jeune homme qui accède à la célébrité grâce à une émission de téléréalité. Un an après sa diffusion, Billy doit affronter les conséquences de sa médiatisation et les difficultés psychologiques liées à son image publique. Amanda Abbington interprète sa mère, tandis que Nina Sosanya joue une productrice de l’émission. Diffusé par BBC Three en juin 2020, le téléfilm aborde notamment les rapports entre célébrité et santé mentale.En 2026, Tom Brittney tient l’un des rôles principaux de The Westies, série criminelle américaine créée par Chris Brancato et Michael Panes. Il y interprète Jimmy Roarke, membre d’un gang irlando-américain actif dans le quartier new-yorkais de Hell’s Kitchen. L’intrigue se déroule dans les années 1980, sur fond de rivalités avec la mafia italienne. Il partage notamment l’affiche avec J. K. Simmons et Titus Welliver.La réalisation et la création de Wild Nest PicturesL’intérêt de Tom Brittney pour la réalisation se concrétise pendant sa participation à Grantchester. Après avoir réalisé des courts métrages durant ses études, il passe derrière la caméra pour diriger le troisième épisode de la septième saison, diffusé en 2022. Cette première expérience de réalisation sur une série télévisée lui permet de travailler avec des comédiens qu’il côtoie depuis plusieurs années, notamment Robson Green. Il participe également à la réalisation de certaines séquences de la neuvième saison.Son activité de réalisateur comprend deux courts métrages, Joe et Foxhole, tous deux primés. Il exerce aussi des fonctions de production sur Grantchester, notamment comme producteur délégué.Pendant le premier confinement lié à la pandémie de Covid-19, en 2020, Tom Brittney fonde avec son ami Oliver Powell la société britannique Wild Nest Pictures. Les deux associés développent des projets de films et de séries télévisées en collaboration avec des scénaristes et des réalisateurs. Brittney y exerce les fonctions de codirecteur, tandis que Powell, également acteur et scénariste, participe au développement des scénarios et à la constitution des équipes artistiques.
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François Chau · 67 ansFrançois Chau est un acteur américano-cambodgien, né le 26 octobre 1959 à Phnom Penh, au Cambodge. Il est notamment connu pour son interprétation du docteur Pierre Chang dans la série Lost : Les Disparus, de Shredder dans Les Tortues Ninja 2 : Les héros sont de retour (1991) et de Jules-Pierre Mao dans la série de science-fiction The Expanse.Une enfance entre l’Asie, l’Europe et les États-UnisNé dans une famille d’origines chinoise et vietnamienne, François Chau passe ses premières années au Cambodge. Vers l’âge de six ans, il s’installe avec sa famille à Saïgon, au Sud-Vietnam. La guerre du Vietnam conduit ensuite sa famille à quitter le pays pour la France, avant de rejoindre les États-Unis. Il grandit à Washington, où il poursuit sa scolarité.Après ses études universitaires, François Chau s’établit à Los Angeles. Il commence sa carrière professionnelle de comédien au théâtre, avant de travailler pour la télévision et le cinéma. Il parle couramment le français et l’anglais.Des personnages marquants dans la fiction américaineParmi ses premiers rôles figure celui de Quick Kick, spécialiste des arts martiaux dans la série d’animation G.I. Joe: A Real American Hero, auquel François Chau prête sa voix au milieu des années 1980. Il incarne ensuite Shredder, adversaire des Tortues Ninja, dans le deuxième long métrage de la franchise, réalisé par Michael Pressman en 1991.Sa participation à Lost : Les Disparus lui apporte une importante visibilité auprès du public télévisuel. Introduit en 2005, son personnage, le docteur Pierre Chang, est un scientifique de l’initiative Dharma. Il apparaît initialement dans des films d’orientation découverts par les survivants du vol Oceanic 815. Présenté sous plusieurs identités, notamment Marvin Candle, Edgar Halliwax et Mark Wickmund, il occupe une place croissante dans l’intrigue. Durant la cinquième saison, François Chau interprète directement le scientifique dans les événements qui se déroulent sur l’île en 1977. Son personnage est également lié à celui de Miles Straume, dont il est le père.Dans The Expanse, il incarne Jules-Pierre Mao, un puissant industriel impliqué dans les recherches sur la protomolécule et père de Julie Mao, l’un des personnages autour desquels se construit l’intrigue initiale. François Chau interprète également Walter dans la série de super-héros The Tick. En 2024, il tient le rôle de Feng Zhao, chef d’une famille criminelle, dans The Penguin, série située dans l’univers de Batman.Le travail de la voix et l’interprétation de personnages numériquesFrançois Chau participe aussi à plusieurs productions de jeux vidéo. Dès 1994, il interprète le lieutenant Winston « Vagabond » Chang dans Wing Commander III: Heart of the Tiger, jeu de science-fiction utilisant des séquences filmées avec des acteurs, dont Mark Hamill et Malcolm McDowell. Il reprend ce personnage dans Wing Commander IV: The Price of Freedom.En 2012, il prête sa voix au docteur Raymond Shen, ingénieur en chef de l’organisation XCOM, dans XCOM: Enemy Unknown. Il retrouve cet univers dans XCOM 2 (2016). En 2020, il interprète le maître archer Ishikawa dans Ghost of Tsushima, jeu d’action situé dans le Japon du XIIIe siècle. Sa participation comprend le doublage anglais du personnage et la capture de mouvements. Il reprend par ailleurs le personnage de Jules-Pierre Mao dans le jeu narratif The Expanse: A Telltale Series (2023).Un parcours théâtral et une nomination aux Ovation AwardsLe théâtre occupe une place importante dans le parcours de François Chau. Il joue notamment au Berkeley Repertory Theatre dans In Perpetuity Throughout the Universe, au Public Theater de New York dans The Ballad of Yachiyo et à l’Almeida Theatre de Londres dans The L.A. Plays. À Los Angeles, il participe également à une production de Art montée par la compagnie East West Players, spécialisée dans la représentation des artistes américains d’origine asiatique.En 2011, François Chau interprète le docteur Heng dans Extraordinary Chambers, pièce de David Wiener créée au Geffen Playhouse de Los Angeles dans une mise en scène de Pam MacKinnon. L’action se déroule au Cambodge et aborde les conséquences du régime des Khmers rouges à travers la rencontre d’un couple américain avec des personnages confrontés au passé du pays. La distribution réunit notamment Marin Hinkle et Greg Watanabe. Présentée du 24 mai au 3 juillet 2011, cette production vaut à François Chau une nomination aux Ovation Awards 2011, dans la catégorie du meilleur acteur dans un second rôle pour une pièce de théâtre.
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Hillary Clinton · 79 ansHillary Clinton, née Hillary Diane Rodham le 26 octobre 1947 à Chicago, dans l’Illinois, est une femme politique, avocate et diplomate américaine, membre du Parti démocrate. Première dame des États-Unis de 1993 à 2001, sénatrice de l’État de New York de 2001 à 2009, puis secrétaire d’État de 2009 à 2013 sous la présidence de Barack Obama, elle devient en 2016 la première femme investie comme candidate à la présidence des États-Unis par l’un des deux grands partis américains.Formation et premiers engagementsHillary Clinton grandit à Park Ridge, dans la banlieue de Chicago, au sein d’une famille de trois enfants. Son père, Hugh Rodham, dirige une entreprise de l’industrie textile, tandis que sa mère, Dorothy Howell Rodham, s’occupe du foyer. Élevée dans un milieu républicain, elle s’intéresse très tôt à la politique et participe à des campagnes électorales conservatrices. Son engagement évolue pendant ses études, dans le contexte du mouvement des droits civiques et de la contestation de la guerre du Vietnam.À Wellesley College, dans le Massachusetts, elle étudie les sciences politiques et préside l’association des étudiants républicains avant de se rapprocher du Parti démocrate. En 1969, elle devient la première étudiante invitée à prononcer un discours lors de la cérémonie de remise des diplômes de Wellesley. Elle poursuit sa formation à la faculté de droit de l’université Yale, où elle rencontre Bill Clinton, également étudiant en droit. Diplômée en 1973, elle travaille pour le Children’s Defense Fund, organisation fondée par Marian Wright Edelman pour défendre les droits des enfants défavorisés.En 1974, elle participe aux travaux de la commission judiciaire de la Chambre des représentants chargée d’examiner les éléments susceptibles de justifier une procédure de destitution contre le président Richard Nixon, dans le contexte du scandale du Watergate. Elle s’installe ensuite dans l’Arkansas, où elle enseigne le droit à l’université de Fayetteville. Le 11 octobre 1975, elle épouse Bill Clinton, qui entreprend une carrière politique dans cet État. Elle rejoint l’année suivante le cabinet d’avocats Rose Law Firm, à Little Rock, et devient progressivement une personnalité reconnue du barreau de l’Arkansas.La défense des droits sociaux et le rôle de Première dameL’élection de Bill Clinton au poste de gouverneur de l’Arkansas en 1978 conduit Hillary Clinton à exercer des responsabilités publiques parallèlement à sa profession d’avocate. Elle préside notamment une commission chargée d’améliorer les normes de l’enseignement public dans cet État. Elle participe aussi à la création de l’Arkansas Advocates for Children and Families, association consacrée à la protection de l’enfance. Nommée par le président Jimmy Carter au conseil d’administration de la Legal Services Corporation, organisme fédéral chargé de financer l’assistance juridique des personnes modestes, elle en devient la présidente en 1978. Le couple Clinton a une fille, Chelsea, née en 1980.Après l’élection de son mari à la présidence des États-Unis en novembre 1992, Hillary Clinton devient Première dame en janvier 1993. Bill Clinton lui confie la direction d’un groupe de travail chargé de préparer une réforme du système américain d’assurance maladie. Le projet prévoit une couverture sanitaire largement étendue, mais rencontre une forte opposition des républicains et de plusieurs acteurs du secteur de la santé. Il est abandonné en 1994, sans avoir été soumis à un vote final du Congrès.Elle poursuit son action en faveur des familles et contribue aux initiatives aboutissant à la création, en 1997, du Children’s Health Insurance Program (CHIP), destiné à faciliter l’accès à l’assurance maladie pour les enfants de familles dont les revenus dépassent les seuils d’éligibilité à Medicaid. Son discours prononcé à Pékin en septembre 1995, lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes organisée par les Nations unies, affirme que les droits des femmes font partie intégrante des droits humains. Cette intervention devient l’une des références internationales de son engagement pour l’égalité entre les sexes.La vie politique des Clinton est également marquée par plusieurs controverses, dont l’affaire Whitewater, liée à d’anciens investissements immobiliers dans l’Arkansas, et l’affaire Monica Lewinsky, qui conduit à la mise en accusation de Bill Clinton par la Chambre des représentants en 1998. Hillary Clinton soutient publiquement son mari, acquitté par le Sénat en février 1999. Elle publie par ailleurs It Takes a Village (1996), ouvrage consacré à l’éducation des enfants et à la responsabilité collective des adultes dans leur développement.Une carrière politique indépendanteEn novembre 2000, Hillary Clinton remporte l’élection sénatoriale dans l’État de New York face au républicain Rick Lazio. Elle devient la première ancienne Première dame américaine élue à une fonction fédérale et la première femme à représenter cet État au Sénat. Entrée en fonction le 3 janvier 2001, elle siège notamment à la commission des forces armées et travaille sur les questions de santé publique. Après les attentats du 11 septembre 2001, elle défend l’attribution de financements fédéraux pour la reconstruction de New York et l’assistance aux personnes touchées par les attaques.En octobre 2002, elle vote en faveur de la résolution autorisant le président George W. Bush à employer la force contre l’Irak. Cette décision lui sera reprochée pendant la campagne présidentielle démocrate de 2008, alors que la guerre suscite une opposition croissante. Réélue sénatrice en 2006, elle annonce sa candidature à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle suivante. Elle affronte principalement Barack Obama dans une compétition prolongée jusqu’en juin 2008. Après la victoire de ce dernier aux primaires, elle lui apporte son soutien et participe à sa campagne contre le candidat républicain John McCain.Élu président en novembre 2008, Barack Obama lui propose de prendre la tête de la diplomatie américaine. Hillary Clinton quitte le Sénat et devient, le 21 janvier 2009, la 67e secrétaire d’État des États-Unis. Elle conduit la politique diplomatique de l’administration Obama dans le contexte des guerres d’Irak et d’Afghanistan, des tensions autour du programme nucléaire iranien et de la montée en puissance de la Chine. Elle participe notamment à la mise en œuvre du rééquilibrage stratégique américain vers l’Asie-Pacifique et soutient les sanctions internationales adoptées contre l’Iran.Lors des soulèvements arabes de 2011, elle défend une intervention internationale en Libye visant à protéger les populations civiles menacées par les forces de Mouammar Kadhafi. L’attaque du 11 septembre 2012 contre la mission diplomatique américaine de Benghazi, en Libye, au cours de laquelle quatre Américains sont tués, dont l’ambassadeur Christopher Stevens, entraîne plusieurs enquêtes parlementaires sur les conditions de sécurité et la réponse des autorités américaines. Son audition devant le Congrès, en janvier 2013, constitue l’un des derniers épisodes de son mandat, qui prend fin le 1er février 2013.La candidature présidentielle de 2016Hillary Clinton annonce en avril 2015 sa seconde candidature à la présidence des États-Unis. Elle remporte les primaires démocrates face au sénateur du Vermont Bernie Sanders et reçoit officiellement l’investiture de son parti lors de la convention nationale de Philadelphie, en juillet 2016. Elle choisit le sénateur de Virginie Tim Kaine comme candidat à la vice-présidence.Sa campagne contre Donald Trump porte notamment sur l’accès aux soins, les inégalités économiques et la défense des droits des femmes. Elle propose également de développer les investissements dans les infrastructures et de faciliter l’accès à l’enseignement supérieur. L’élection est marquée par les controverses entourant son utilisation d’une messagerie électronique privée lorsqu’elle dirigeait le département d’État. En juillet 2016, le directeur du FBI, James Comey, critique la négligence dans le traitement d’informations classifiées, tout en recommandant de ne pas engager de poursuites pénales. Le département de la Justice clôt l’enquête sans inculpation.Le 8 novembre 2016, Hillary Clinton est battue par Donald Trump au scrutin présidentiel. Elle recueille environ 65, 9 millions de voix, soit près de 2, 9 millions de plus que son adversaire, mais perd l’élection au collège électoral, décisif dans le système constitutionnel américain. Elle reconnaît sa défaite le lendemain du scrutin et appelle ses partisans à accepter le résultat électoral.En 2017, elle publie What Happened, récit de sa campagne et de sa défaite. Elle y revient notamment sur les divisions du Parti démocrate, les interventions du FBI pendant la campagne et les opérations d’ingérence russe dans le processus électoral.Écriture, enseignement et distinctionsL’activité éditoriale de Hillary Clinton comprend plusieurs ouvrages autobiographiques, parmi lesquels Living History (2003), consacré notamment à ses années à la Maison-Blanche, et Hard Choices (2014), sur son expérience à la tête du département d’État. Avec sa fille Chelsea Clinton, elle publie The Book of Gutsy Women (2019), consacré à des femmes ayant joué un rôle dans l’histoire ou la société contemporaine. En 2021, elle cosigne avec la romancière canadienne Louise Penny le thriller politique State of Terror. Elle publie également Something Lost, Something Gained en 2024.En 2020, elle est nommée chancelière de la Queen’s University de Belfast, devenant la première femme à occuper cette fonction. En 2023, elle rejoint l’université Columbia, à New York, en qualité de professeure associée à la pratique professionnelle au sein de la School of International and Public Affairs. Elle participe à la fondation de l’Institute of Global Politics et enseigne avec Keren Yarhi-Milo un cours intitulé Inside the Situation Room, consacré aux mécanismes de décision en matière de sécurité nationale et de politique étrangère. Elle développe également une activité de production audiovisuelle à travers la société HiddenLight Productions. Avec Chelsea Clinton, elle présente la série documentaire Gutsy (2022), consacrée à des femmes engagées dans la vie publique et culturelle. En 2024, elle figure parmi les producteurs de la comédie musicale Suffs, créée à Broadway, qui retrace le combat des suffragistes américaines pour l’obtention du droit de vote. Le spectacle reçoit deux Tony Awards, récompensant son livret et sa musique.Le 4 janvier 2025, Hillary Clinton reçoit la Presidential Medal of Freedom, plus haute distinction civile américaine, des mains du président Joe Biden, lors d’une cérémonie organisée à la Maison-Blanche.