Aïssa Maïga

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Filmographie 9 films

Biographie

Aïssa Maïga, née le 25 mai 1975 à Dakar, au Sénégal, est une actrice, réalisatrice, écrivaine et militante franco-sénégalaise. De nationalité française, elle a grandi en France après le décès de son père, journaliste et militant originaire du Mali. Au fil des années, Aïssa Maïga est devenue une figure incontournable du cinéma français contemporain, non seulement par ses rôles à l’écran mais aussi par sa parole engagée sur la question des discriminations et de la diversité dans le monde de la culture.

Son parcours mêle exigence artistique et prise de position publique, dans un équilibre souvent difficile à tenir, mais qu’elle assume avec lucidité. Formée au cours Simon et très tôt attirée par la scène, Aïssa Maïga navigue entre théâtre, télévision et cinéma, refusant d’être cantonnée à une case. Très vite, elle comprend que son image, ses origines, sa couleur de peau peuvent autant ouvrir des portes qu’en fermer. Elle choisit alors d’en faire un moteur plutôt qu’un frein.

Une carrière bâtie sur la rigueur et la pluralité des rôles

Aïssa Maïga commence à se faire remarquer dans les années 1990, avec des apparitions à la télévision et dans quelques courts métrages. Mais c’est au début des années 2000 qu’elle émerge vraiment sur la scène cinématographique, notamment avec son rôle dans L’Afrance d’Alain Gomis, un film qui aborde de front les tensions identitaires et la condition des immigrés. Ce rôle préfigure un certain type de personnage qu’elle affectionne : entre deux cultures, entre deux mondes, entre l’intime et le politique.

Elle gagne une reconnaissance plus large avec Bamako d’Abderrahmane Sissako, et surtout Les Poupées russes de Cédric Klapisch, où elle incarne une journaliste solaire et cultivée. Ce rôle, loin des stéréotypes, fait date. Elle y incarne une femme noire, parisienne, diplômée, moderne, sans que sa couleur de peau soit un sujet. Et ça, dans le paysage du cinéma français des années 2000, c’est encore trop rare pour passer inaperçu.

En 2007, elle est nommée au César du meilleur espoir féminin pour Bamako, une reconnaissance institutionnelle qui confirme son statut d’actrice montante, capable de conjuguer justesse de jeu, élégance et présence à l’écran. Mais au lieu de capitaliser sur une trajectoire toute tracée, Aïssa Maïga continue de choisir ses projets avec soin, privilégiant les films à portée humaine ou politique, plutôt que les simples tremplins de carrière.

Une parole de plus en plus nécessaire dans le débat public

Ce qui distingue Aïssa Maïga dans le paysage culturel français, c’est la combinaison entre talent artistique et engagement militant. À partir des années 2010, elle prend de plus en plus la parole sur les questions de représentation, de racisme structurel et de manque de diversité dans le cinéma. Elle n’hésite pas à mettre en lumière l’entre-soi, les clichés récurrents et l’invisibilisation des artistes noirs en France.

Sa prise de parole marquante aux César en 2020, où elle pointe avec ironie et gravité le manque de diversité dans la salle, crée un électrochoc. Le moment est glaçant pour certains, libérateur pour d’autres, mais surtout nécessaire. Elle y dit tout haut ce que beaucoup vivent en silence depuis des années. Ce discours devient rapidement viral, et relance une réflexion sur les mécanismes de reproduction du milieu culturel français.

Dans la foulée, elle coordonne et participe à l’ouvrage Noire n’est pas mon métier (2018), écrit à plusieurs mains par des actrices noires françaises. Ce livre, à la fois manifeste et témoignage collectif, met en lumière les stéréotypes encore présents dans les castings, les rôles écrits sans nuance, et l’exclusion systémique. Pour Aïssa Maïga, la visibilité n’a de sens que si elle permet de faire bouger les lignes. Et elle le prouve.

Une artiste complète, réalisatrice et exploratrice du réel

Au-delà de son travail d’actrice, Aïssa Maïga développe aussi une carrière de réalisatrice. Son documentaire Marcher sur l’eau, présenté au Festival de Cannes en 2021, suit une communauté nigérienne confrontée aux effets du dérèglement climatique. Là encore, elle mêle l’intime au politique, en posant la caméra là où peu s’arrêtent : dans des lieux où l’urgence écologique est une réalité quotidienne, bien loin des discours occidentaux.

Son travail derrière la caméra prolonge son engagement : donner la parole à ceux qu’on entend rarement, raconter autrement, proposer d’autres images. Ce n’est pas un simple virage professionnel, mais une logique de continuité. Comme actrice, elle questionne les rôles qu’on lui propose ; comme réalisatrice, elle propose ses propres récits.

Aïssa Maïga ne se contente pas de dénoncer : elle construit, elle transmet, elle crée. Dans un système souvent frileux, elle incarne une alternative crédible, une autre façon de faire du cinéma, plus inclusive, plus juste, plus curieuse.

Filmographie

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