Les coulisses du rêve
121 filmsLe cinéma musical américain est l'épine dorsale de cet ensemble, avec une lignée qui court de l'âge d'or hollywoodien, Un Américain à Paris, My Fair Lady, West Side Story, jusqu'aux réinterprétations contemporaines de La La Land ou Tick, Tick... Boom!. Moulin Rouge! de Luhrmann, Chicago de Rob Marshall, Sweeney Todd de Tim Burton ont montré que le genre peut porter les thèmes les plus graves. La danse y occupe une place parallèle, de Flashdance et Hair à Billy Elliot et Footloose.
Une seconde veine explore le monde du spectacle depuis ses coulisses les plus sombres. Boogie Nights de Paul Thomas Anderson plonge dans l'industrie du film pour adultes comme métaphore de l'Amérique des seventies. Babylon de Damien Chazelle filme l'Hollywood des années folles comme une fête qui ne peut que finir mal. Maps to the Stars de Cronenberg et Birdman d'Iñárritu regardent le showbiz comme espace de délires narcissiques. Showgirls de Verhoeven reste l'emblème de tout ce que l'ambition des planches peut avoir de destructeur.
Dancer in the Dark de Von Trier pousse la logique du spectacle jusqu'à la tragédie pure ; Billy Elliot en fait une porte vers la liberté. Ce que ces films partagent, c'est l'ambivalence du rêve de scène : un espace de transfiguration où l'on peut tout gagner ou tout perdre, souvent en même temps.