Zabou Breitman
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Détails
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| Filmographie | 15 films |
Biographie
Zabou Breitman, née le 30 octobre 1959 à Paris (France), est une actrice, scénariste et réalisatrice française dont la trajectoire artistique, à la fois exigeante et éclectique, traverse avec élégance le cinéma, le théâtre et la télévision.
Fille d’artistes, elle a grandi dans un univers où les mots, les scènes et les émotions faisaient partie du quotidien. Ce terreau familial a nourri chez elle une approche sensible et humaniste de l’art dramatique, qu’elle explore depuis plus de quarante ans avec une curiosité intacte. Si le public l’a d’abord connue sous le simple nom de Zabou, dans des comédies populaires des années 80 et 90, Zabou Breitman a su progressivement imposer une image bien plus riche : celle d’une artiste complète, aussi à l’aise devant la caméra que derrière. Une carrière toute en nuances, où la légèreté n’a jamais été un frein à la profondeur.
Une enfance baignée dans le théâtre et le cinéma
Zabou Breitman naît dans une famille d’artistes. Son père, Jean-Claude Deret, était comédien, scénariste et romancier, tandis que sa mère, Céline Léger, était également actrice. Autant dire que les planches et les plateaux faisaient partie du décor domestique. Très tôt, elle développe un goût pour les textes, les personnages, et l’idée que raconter des histoires peut être un métier à part entière.
Elle débute à l’écran dès l’âge de 4 ans, dans des séries télévisées écrites par son père, mais c’est véritablement dans les années 80 qu’elle se fait connaître du grand public. Avec son ton décalé, son regard rieur et une vraie énergie comique, elle devient rapidement une figure familière du cinéma populaire français.
De comédienne pétillante à actrice exigeante
Dans les années 80 et 90, Zabou Breitman enchaîne les rôles au cinéma et à la télévision, souvent dans des comédies, où elle apporte une fantaisie joyeuse et un rythme naturel. On la retrouve notamment dans Banzaï, La Crise ou Promotion canapé, avec une aisance qui fait d’elle une actrice très présente sur les écrans.
Mais derrière la légèreté des rôles se profile une envie d’explorer autre chose. Petit à petit, Zabou Breitman prend ses distances avec l’image d’amuseuse attachée à ses débuts. Elle choisit des projets plus subtils, plus nuancés, et développe un goût affirmé pour le théâtre, où elle brille dans des pièces de Molière ou de Marivaux, mais aussi dans des textes contemporains.
Elle affirme au fil du temps une capacité rare à passer du rire à la gravité, de la fiction légère à la mise à nu émotionnelle, sans jamais trahir son style.
La révélation derrière la caméra
C’est en 2001 que Zabou Breitman opère un virage décisif en passant à la réalisation avec Se souvenir des belles choses. Ce premier long-métrage, porté par Isabelle Carré et Bernard Campan, aborde la question de la mémoire, de l’oubli, et des liens humains fragiles mais tenaces. Le film est un choc doux, salué par la critique comme par le public. Il décroche trois Césars, dont celui de la meilleure première œuvre.
Ce passage à la réalisation ne relève pas d’une reconversion, mais plutôt d’un prolongement naturel de son besoin de raconter autrement. Zabou Breitman se révèle une cinéaste sensible, attentive aux détails, capable de filmer les silences aussi bien que les mots. Elle poursuit dans cette voie avec des films comme L’Homme de sa vie, Je l’aimais (adapté d’Anna Gavalda) ou No et moi, où l’on retrouve une constante : un regard bienveillant, souvent féminin, sur la complexité des relations humaines.
Son écriture est douce, parfois mélancolique, et donne une place essentielle à l’émotion, sans jamais tomber dans le pathos. Elle fait partie de ces réalisatrices qui préfèrent la finesse au grand spectacle, et qui savent créer des univers où le spectateur peut respirer.
Théâtre, documentaire, animation : une artiste aux multiples visages
En parallèle de sa carrière d’actrice et de réalisatrice, Zabou Breitman développe un attachement profond pour la scène théâtrale, qu’elle fréquente régulièrement comme metteuse en scène. Elle s’attaque à des textes exigeants, du répertoire classique à des écritures contemporaines, avec une attention portée au jeu des acteurs et à l’intelligence du texte.
Elle explore également le documentaire, avec des projets engagés comme La Traversée, co-réalisé avec Eléa Gobbé-Mévellec, un film d’animation poignant sur des exilés afghans. Le film, présenté à Cannes en 2019, démontre une nouvelle facette de son travail, combinant narration poétique et conscience politique.
Cette diversité d’approches et de formats n’est pas un éparpillement, mais plutôt une extension logique d’une même exigence artistique. Chaque médium devient pour Zabou Breitman une manière différente d’exprimer son regard sur le monde.
Une voix singulière, fidèle à elle-même
Ce qui frappe chez Zabou Breitman, c’est cette capacité à évoluer sans jamais se renier. Elle a su se libérer des clichés de ses débuts, tout en gardant intacte cette énergie vive et curieuse. Que ce soit sur un plateau de cinéma, dans une salle de théâtre ou derrière une caméra, elle reste animée par un désir sincère de comprendre et de faire ressentir.
Discrète dans les médias, elle n’a jamais fait de sa vie privée un spectacle, préférant laisser parler ses œuvres. Et c’est sans doute cela aussi qui rend son parcours si cohérent : une constance dans l’exigence, dans l’attention aux autres, dans le refus du bavardage.
Zabou Breitman, c’est l’exemple d’une artiste complète qui a su se réinventer sans jamais chercher à faire oublier ce qu’elle a été. Une voix douce mais ferme, un regard lumineux posé sur la complexité humaine, et une œuvre qui, sans bruit, continue de creuser son sillon avec élégance.
Filmographie
15 sur 15 films