Yves Robert
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Détails
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Biographie
Yves Robert est né le 19 juin 1920 à Saumur, dans le Maine-et-Loire (France), et il s’est éteint le 10 mai 2002 à Paris. Réalisateur, scénariste, acteur et producteur, Yves Robert a marqué plusieurs générations de spectateurs français avec un cinéma à la fois populaire et intelligent, souvent drôle, toujours humain.
Il a su filmer l’amitié, l’enfance, les maladresses de l’âge adulte et les fragilités du quotidien avec une tendresse particulière, qui ne se démode pas.
Issu d’un milieu modeste, Yves Robert débute comme comédien de théâtre avant de passer derrière la caméra. Très tôt, il développe un goût prononcé pour les récits ancrés dans la vie ordinaire, les personnages attachants, et les dialogues ciselés. Son œuvre est traversée par un amour du terroir, du langage, et d’un humour qui ne cherche jamais à humilier.
Des débuts au théâtre et une passion de comédien
Avant de devenir réalisateur, Yves Robert se forme au théâtre, puis se fait un nom comme acteur de cinéma dans les années 40 et 50. Il incarne des seconds rôles souvent comiques ou décalés, tout en continuant à écrire et à mettre en scène. Ce parcours d’acteur explique en partie sa direction d’acteurs fluide et précise dans ses propres films.
Il joue dans La Guerre des boutons (1957, version de Louis Daquin), Le Colonel Chabert ou encore Les Grandes Vacances, mais c’est vraiment en tant que réalisateur qu’il acquiert la reconnaissance du public.
Le réalisateur d’un cinéma tendre et populaire
Le style Yves Robert se met en place dans les années 60 avec une série de comédies devenues des classiques. Il réalise La Guerre des boutons (1962), une adaptation du roman de Louis Pergaud qui connaît un succès phénoménal. Le film, centré sur les rivalités enfantines entre deux villages, explore avec humour et émotion les microcosmes sociaux, les rapports de force et les premières transgressions. La réplique culte "si j’aurais su, j’aurais pas venu" entre dans le patrimoine culturel français.
Il enchaîne ensuite avec Alexandre le bienheureux (1968), avec Philippe Noiret, où il célèbre le droit à la paresse et au bonheur simple, à contre-courant des injonctions modernes à la productivité. Ce film, plein de fantaisie et de philosophie douce, devient une référence pour toute une génération.
Mais c’est dans les années 70 que Yves Robert atteint une forme d’accomplissement artistique et populaire avec deux films cultes : Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977). Ces deux comédies, portées par un quatuor d’acteurs complices (Jean Rochefort, Victor Lanoux, Guy Bedos et Claude Brasseur), dressent le portrait tendre et un peu mélancolique d’hommes d’âge mûr, oscillant entre amitié virile, fidélité incertaine et crise existentielle.
Avec ces films, Yves Robert touche une corde universelle : celle des amitiés de longue date, des illusions qui s'effritent, mais aussi du plaisir de vivre malgré tout. Il filme les errances, les tentations, les petits drames avec une légèreté qui n’efface jamais la profondeur.
Un passeur de littérature et de mémoire avec Pagnol
Dans les années 90, Yves Robert adapte avec succès les souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol dans La Gloire de mon père et Le Château de ma mère (1990). Ces deux films, réalisés avec sensibilité et sans nostalgie appuyée, célèbrent l’enfance provençale, l’amour filial, et les paysages lumineux du Sud.
La fidélité à l’esprit de Pagnol, la qualité de la reconstitution, et la direction d’acteurs font de ces films des succès publics et critiques. Yves Robert, en cinéaste pudique, sait évoquer l’émotion sans pathos, et redonne à Pagnol une visibilité cinématographique sobre et respectueuse.
Un producteur attentif et un homme de troupe
En parallèle de sa carrière de réalisateur, Yves Robert crée la société La Guéville, avec sa compagne Danièle Delorme, elle-même comédienne. Ensemble, ils produisent plusieurs films importants, dont Cousin, cousine de Jean-Charles Tacchella, ou Le Mariage de Maria Braun de Rainer Werner Fassbinder. Un choix audacieux qui témoigne de leur curiosité artistique et de leur ouverture internationale.
Homme de troupe, Yves Robert est connu pour sa fidélité aux comédiens. Il travaille à plusieurs reprises avec des acteurs comme Jean Rochefort, Philippe Noiret, ou encore Jean Carmet. Il crée autour de lui un climat de confiance et de camaraderie qui se ressent à l’écran.
Un style profondément français, accessible et sincère
Le cinéma de Yves Robert est souvent qualifié de "populaire" au meilleur sens du terme. Il ne cherche ni l’avant-garde, ni la provocation, mais assume une forme classique, chaleureuse, et finement observée du quotidien. Il aime les gens, leurs maladresses, leurs contradictions, et cela se voit.
Il excelle dans l’art des dialogues qui sonnent vrai, des scènes de repas qui disent plus que des discours, des silences partagés entre amis. Il ne juge pas ses personnages, il les accompagne. On sourit souvent, on s’émeut parfois, on se retrouve toujours un peu dans ses films.
Une trace durable dans la mémoire collective
Yves Robert laisse une œuvre profondément humaine, fidèle à l’idée d’un cinéma du plaisir, de l’émotion et de la simplicité bien pensée. Ses films continuent d’être diffusés, étudiés, cités, notamment parce qu’ils offrent une forme de consolation douce dans un monde souvent plus rude.
Loin du clinquant ou du cynisme, Yves Robert a construit un univers où l’humour côtoie la tendresse, où l’on célèbre les liens, les failles, les amitiés longues comme des vies. Un cinéma d’auteur populaire, ce qui est sans doute la chose la plus difficile à réussir, et qu’il a su faire... avec le sourire.