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Film Index

Yves Robert

Casting Production Écriture

Nationalité
 France
Naissance
21 juin 1920
Mort
10 mai 2002
Âge
81 ans
Filmographie
4 films

Biographie

Yves Robert est né le 19 juin 1920 à Saumur, dans le Maine-et-Loire (France), et il s’est éteint le 10 mai 2002 à Paris. Réalisateur, scénariste, acteur et producteur, Yves Robert a marqué plusieurs générations de spectateurs français avec un cinéma à la fois populaire et intelligent, souvent drôle, toujours humain.

Il a su filmer l’amitié, l’enfance, les maladresses de l’âge adulte et les fragilités du quotidien avec une tendresse particulière, qui ne se démode pas.

Issu d’un milieu modeste, Yves Robert débute comme comédien de théâtre avant de passer derrière la caméra. Très tôt, il développe un goût prononcé pour les récits ancrés dans la vie ordinaire, les personnages attachants, et les dialogues ciselés. Son œuvre est traversée par un amour du terroir, du langage, et d’un humour qui ne cherche jamais à humilier.

Des débuts au théâtre et une passion de comédien

Avant de devenir réalisateur, Yves Robert se forme au théâtre, puis se fait un nom comme acteur de cinéma dans les années 40 et 50. Il incarne des seconds rôles souvent comiques ou décalés, tout en continuant à écrire et à mettre en scène. Ce parcours d’acteur explique en partie sa direction d’acteurs fluide et précise dans ses propres films.

Il joue dans La Guerre des boutons (1957, version de Louis Daquin), Le Colonel Chabert ou encore Les Grandes Vacances, mais c’est vraiment en tant que réalisateur qu’il acquiert la reconnaissance du public.

Le réalisateur d’un cinéma tendre et populaire

Le style Yves Robert se met en place dans les années 60 avec une série de comédies devenues des classiques. Il réalise La Guerre des boutons (1962), une adaptation du roman de Louis Pergaud qui connaît un succès phénoménal. Le film, centré sur les rivalités enfantines entre deux villages, explore avec humour et émotion les microcosmes sociaux, les rapports de force et les premières transgressions. La réplique culte "si j’aurais su, j’aurais pas venu" entre dans le patrimoine culturel français.

Il enchaîne ensuite avec Alexandre le bienheureux (1968), avec Philippe Noiret, où il célèbre le droit à la paresse et au bonheur simple, à contre-courant des injonctions modernes à la productivité. Ce film, plein de fantaisie et de philosophie douce, devient une référence pour toute une génération.

Mais c’est dans les années 70 que Yves Robert atteint une forme d’accomplissement artistique et populaire avec deux films cultes : Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977). Ces deux comédies, portées par un quatuor d’acteurs complices (Jean Rochefort, Victor Lanoux, Guy Bedos et Claude Brasseur), dressent le portrait tendre et un peu mélancolique d’hommes d’âge mûr, oscillant entre amitié virile, fidélité incertaine et crise existentielle.

Avec ces films, Yves Robert touche une corde universelle : celle des amitiés de longue date, des illusions qui s'effritent, mais aussi du plaisir de vivre malgré tout. Il filme les errances, les tentations, les petits drames avec une légèreté qui n’efface jamais la profondeur.

Un passeur de littérature et de mémoire avec Pagnol

Dans les années 90, Yves Robert adapte avec succès les souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol dans La Gloire de mon père et Le Château de ma mère (1990). Ces deux films, réalisés avec sensibilité et sans nostalgie appuyée, célèbrent l’enfance provençale, l’amour filial, et les paysages lumineux du Sud.

La fidélité à l’esprit de Pagnol, la qualité de la reconstitution, et la direction d’acteurs font de ces films des succès publics et critiques. Yves Robert, en cinéaste pudique, sait évoquer l’émotion sans pathos, et redonne à Pagnol une visibilité cinématographique sobre et respectueuse.

Un producteur attentif et un homme de troupe

En parallèle de sa carrière de réalisateur, Yves Robert crée la société La Guéville, avec sa compagne Danièle Delorme, elle-même comédienne. Ensemble, ils produisent plusieurs films importants, dont Cousin, cousine de Jean-Charles Tacchella, ou Le Mariage de Maria Braun de Rainer Werner Fassbinder. Un choix audacieux qui témoigne de leur curiosité artistique et de leur ouverture internationale.

Homme de troupe, Yves Robert est connu pour sa fidélité aux comédiens. Il travaille à plusieurs reprises avec des acteurs comme Jean Rochefort, Philippe Noiret, ou encore Jean Carmet. Il crée autour de lui un climat de confiance et de camaraderie qui se ressent à l’écran.

Un style profondément français, accessible et sincère

Le cinéma de Yves Robert est souvent qualifié de "populaire" au meilleur sens du terme. Il ne cherche ni l’avant-garde, ni la provocation, mais assume une forme classique, chaleureuse, et finement observée du quotidien. Il aime les gens, leurs maladresses, leurs contradictions, et cela se voit.

Il excelle dans l’art des dialogues qui sonnent vrai, des scènes de repas qui disent plus que des discours, des silences partagés entre amis. Il ne juge pas ses personnages, il les accompagne. On sourit souvent, on s’émeut parfois, on se retrouve toujours un peu dans ses films.

Une trace durable dans la mémoire collective

Yves Robert laisse une œuvre profondément humaine, fidèle à l’idée d’un cinéma du plaisir, de l’émotion et de la simplicité bien pensée. Ses films continuent d’être diffusés, étudiés, cités, notamment parce qu’ils offrent une forme de consolation douce dans un monde souvent plus rude.

Loin du clinquant ou du cynisme, Yves Robert a construit un univers où l’humour côtoie la tendresse, où l’on célèbre les liens, les failles, les amitiés longues comme des vies. Un cinéma d’auteur populaire, ce qui est sans doute la chose la plus difficile à réussir, et qu’il a su faire... avec le sourire.

Filmographie

  • Le Peuple migrateur
    Tout public

    Quatre ans après « Microcosmos », le producteur et réalisateur Jacques Perrin a parcouru la planète entière pour suivre le vol d'une trentaine d'espèces d'oiseaux migrateurs : grues, oies, cygnes, cigognes, canards... et découvrir leurs escales saisonnières. Avec ce conte réel, il a également voulu montrer la précarité de leur vie et leur inaltérable beauté.

    2001 1h38 Producteur associé

  • La Fille en rouge
    Tout public

    Teddy Pierce, la cinquantaine, vit une existence paisible et bien remplie. Marié, père de famille, il est en outre parfaitement heureux au niveau professionnel. Rien ne devrait perturber son quotidien. Pourtant, un jour, il croise une femme vêtue d'une robe rouge. C'est le coup de foudre. Les ennuis vont commencer…

    1984 1h26 Scénariste (original)

  • Section spéciale
    Tout public

    À Paris, en août 1941. Un militant communiste assassine un officier allemand dans une station de métro. Le soir même, à Vichy, le gouvernement accorde les pleins pouvoirs au ministre de l'Intérieur, Pucheu, qui brûle depuis quelque temps déjà de faire voter une loi d'exception instaurant des tribunaux spéciaux. La pression allemande accélère la promulgation de cette loi que les lâches adopteront avec effet rétroactif : du jamais vu dans la Justice française. Quelques militants communistes déjà emprisonnés sont aussitôt rejugés par ces cours spéciales de collaborateurs actifs qui sont mises en place, malgré l'opposition de rares magistrats. Une semaine après le meurtre du métro, trois soi-disant « terroristes » communistes sont exécutés... À la Libération, aucun magistrat ne fut inquiété d'avoir participé à ces assassinats sous couvert de la Justice.

    1975 1h58 Émile Bastard

  • Juliette ou La Clef des songes
    Tout public

    Michel a volé dans la caisse du grand magasin dans lequel il travaille. Il a besoin de l'argent pour réaliser son projet : faire un voyage avec Juliette, dont il est très amoureux. Mais il se retrouve en prison. Ses rêves l'emmènent dans un village provençal dont personne ne sait le nom et où personne ne se souvient de rien. Il ne tarde pas à y retrouver Juliette, qui elle, est courtisée par un châtelain mystérieux et inquiétant qui s'avèrera être Barbe-Bleue. Juliette s'apprête à épouser le châtelain lorsque la sonnerie de la prison retentit, tirant Michel de ses rêves. Une fois éveillé, Michel apprend que la plainte déposée contre lui a été annulée par son patron, M. Bellanger, qui a les traits du châtelain / Barbe-Bleue. Il apprend également que la libération de Michel est le fruit de l'insistance de Juliette et que cette même juliette s'apprête à donner sa main à M. Bellanger. Désespéré, Michel décide de retourner dans le pays de l'oubli dont le réveil l'avait extrait.

    1951 1h46 Accordionist