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Film Index

Yoshirō Muraki

Décors Costumes et maquillages

Nationalité
 Japon
Mort
26 octobre 2009
Âge
85 ans
Autre nom
村木与四郎
Filmographie
6 films

Biographie

Yoshirō Muraki est un chef décorateur, directeur artistique et créateur de costumes japonais né le 15 août 1924 à Tokyo et mort le 26 octobre 2009 à Setagaya, à Tokyo. Collaborateur régulier d’Akira Kurosawa pendant près de quarante ans, il travaille également avec Masaki Kobayashi et plusieurs autres réalisateurs japonais. Son parcours lui vaut quatre nominations aux Oscars.

L’architecture avant les studios de la Tōhō

Yoshirō Muraki étudie l’architecture et obtient son diplôme en 1944. La même année, il entre aux studios Tōhō et commence à travailler au département artistique. Il exerce d’abord comme assistant décorateur, fonction qu’il occupe notamment lorsque Takashi Matsuyama assure la direction artistique de L’Ange ivre d’Akira Kurosawa en 1948.

Promu directeur artistique au milieu des années 1950, Yoshirō Muraki prend en charge les décors d’Une chronique d’un être vivant en 1955. Ce film ouvre une collaboration particulièrement durable avec Kurosawa. À partir de cette production et jusqu’à Madadayo en 1993, il travaille sur tous les longs métrages du cinéaste à l’exception de Dersou Ouzala, tourné en Union soviétique.

Cette relation professionnelle fait de Yoshirō Muraki l’un des principaux collaborateurs techniques de Kurosawa. Son travail concerne aussi bien la conception architecturale des décors que leur implantation et leur adaptation aux exigences visuelles du réalisateur. Sur Le Château de l’araignée, sorti en 1957, il est responsable des décors du Japon féodal imaginé par Kurosawa à partir de Macbeth. Le film reçoit cette année-là le prix des meilleurs décors au concours Mainichi.

Décors et costumes dans Yojimbo

Avec Yojimbo, Yoshirō Muraki cumule le travail de décorateur et celui de créateur de costumes. Pour ce film en noir et blanc sorti en 1961, il conçoit les vêtements portés dans la petite ville où arrive le samouraï Sanjūrō, interprété par Toshirō Mifune. Cette contribution lui vaut sa première nomination aux Oscars, dans la catégorie des meilleurs costumes en noir et blanc lors de la cérémonie de 1962.

La collaboration avec Kurosawa se poursuit sur plusieurs films où l’espace architectural joue un rôle précis dans l’action. Yoshirō Muraki assure notamment les décors de Entre le ciel et l’enfer puis de Barberousse. Il accompagne ainsi la période durant laquelle Kurosawa alterne récits contemporains et reconstitutions historiques.

Masaki Kobayashi et le Japon féodal

Le travail de Yoshirō Muraki ne se limite pas aux films de Kurosawa. Masaki Kobayashi lui confie les décors de Rébellion, sorti en 1967 avec Toshirō Mifune et Tatsuya Nakadai. Le récit se déroule dans un domaine féodal soumis à l’autorité du clan Aizu, et Muraki prend en charge l’organisation visuelle des résidences et des espaces où se déroule le conflit familial au centre du film.

Au cours des années 1970, Yoshirō Muraki travaille également sur Tora ! Tora ! Tora !, production américano-japonaise consacrée à l’attaque de Pearl Harbor. Il partage la direction artistique avec Jack Martin Smith, Richard Day et Taizō Kawashima. Leur travail est nommé à l’Oscar de la meilleure direction artistique lors de la cérémonie de 1971.

Cette période comprend aussi Les Petits Soldats, réalisé par Tadashi Imai en 1972. Yoshirō Muraki reçoit pour ce film le prix des meilleurs décors au concours Mainichi. Le projet est consacré aux adolescents incorporés dans la marine impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

Kagemusha et le retour de Kurosawa aux grandes reconstitutions

Après plusieurs années sans long métrage japonais de Kurosawa, Yoshirō Muraki retrouve le réalisateur sur Kagemusha, sorti en 1980. Le film reconstitue le Japon du XVIe siècle et les guerres opposant les clans Takeda, Tokugawa et Oda. Muraki en assure la direction artistique.

Son travail lui vaut une nouvelle nomination à l’Oscar de la meilleure direction artistique lors de la cérémonie de 1981. Kagemusha reçoit également une nomination comme meilleur film en langue étrangère après avoir obtenu la Palme d’or au Festival de Cannes.

Cette collaboration intervient alors que Kurosawa recommence à réaliser des productions historiques de grande ampleur. Yoshirō Muraki poursuit avec lui sur les films suivants et retrouve également plusieurs techniciens présents depuis longtemps dans l’équipe du réalisateur.

Yoshirō et Shinobu Muraki sur Ran

Pour Ran, sorti en 1985, Yoshirō Muraki partage la direction artistique avec son épouse Shinobu Muraki, elle-même cheffe décoratrice. Le film transpose librement Le Roi Lear dans le Japon féodal et mobilise de vastes décors militaires et résidentiels conçus pour les différentes familles qui s’affrontent dans le récit.

Le travail de Yoshirō Muraki et Shinobu Muraki est nommé à l’Oscar de la meilleure direction artistique en 1986. La même année, Ran reçoit quatre nominations aux Oscars et remporte celui des meilleurs costumes pour Emi Wada.

Cette nomination porte à quatre le nombre de sélections de Yoshirō Muraki aux Oscars, après celle obtenue pour les costumes de Yojimbo et celles attribuées aux décors de Tora ! Tora ! Tora ! et Kagemusha.

Les dernières collaborations avec Kurosawa

Yoshirō Muraki poursuit son travail avec Kurosawa sur Rêves, puis sur Rhapsodie en août. Pour ce dernier film, il reçoit le Japan Academy Prize des meilleurs décors lors de la quinzième cérémonie des récompenses japonaises.

En 1993, il assure les décors de Madadayo, dernier long métrage réalisé par Kurosawa, tout en travaillant la même année sur Niji no hashi. Ces deux films lui valent le Japan Academy Prize des meilleurs décors en 1994. La récompense est alors présentée comme son quatrième prix dans cette catégorie.

Le gouvernement japonais distingue également Yoshirō Muraki par la Médaille au ruban pourpre en 1994, puis par l’ordre du Soleil levant de quatrième classe en 1999. Il poursuit encore son activité après la mort de Kurosawa, notamment avec Takashi Koizumi, ancien assistant du cinéaste. Yoshirō Muraki meurt d’une insuffisance cardiaque le 26 octobre 2009 à son domicile de Setagaya, à l’âge de 85 ans.

Filmographie

  • Ran
    Interdit aux moins de 16 ans

    Dans le Japon du XVIème siècle, le seigneur Hidetora Ichimonji décide de se retirer et de partager son domaine entre ses trois fils, Taro, Jiro et Saburo. Mais la répartition de cet héritage va déchirer la famille.

    1985 2h42 Décors et design

  • Kagemusha, l'ombre du guerrier
    Tout public

    En 1573, le Japon est le théâtre de guerres incessantes entre clans rivaux. Le plus puissant de ces clans est commandé par Shingen Takeda. Au cours du siège du château de Noda, Takeda est blessé à mort par un tireur embusqué. Pour éviter que son clan perde de sa cohésion dans des luttes intestines, Shingen demande que sa mort reste cachée pendant trois ans. Un ancien voleur, épargné pour sa ressemblance avec le seigneur de la guerre, fait alors office de doublure avec la complicité des généraux, afin de duper leurs nombreux ennemis à l'affût.

    1980 2h40 Supervision artistique

  • Tora ! Tora ! Tora !
    Tout public

    Washington, 1939. Grâce à une machine de décryptage, les États-Unis déchiffrent le code radio japonais. Cependant, le colonel Bratton se plaint que les commandants n'y aient pas accès. Malgré les signes d'une attaque japonaise imminente, ces rapports ne sont pas pris au sérieux. Le 7 décembre 1941, l'impensable se produit : les Japonais attaquent la base américaine de Pearl Harbor.

    1970 2h24 Supervision artistique

  • Entre le ciel et l'enfer
    Tout public

    Lorsque des criminels veulent kidnapper l'enfant d'un riche manager, mais le confondent avec le fils du chauffeur, le manager paie quand même. En conséquence, il perd ses biens et se retrouve dans de graves ennuis, alors que le ravisseur n'a pas encore été attrapé.

    1963 2h23 Décors et design

  • Les Bas-fonds
    Tout public

    Le film se déroule dans un refuge de nuit où trouvent asile plusieurs personnes démunies (une prostituée, un érudit condamné, un samouraï déshonoré, un acteur alcoolique, un voleur et un artisan dont la femme est atteinte d'une maladie incurable). C'est l'histoire de personnes misérables, exploitées et humiliées, qui aspirent toutes à une vie meilleure, mais qui n'ont pas la force intérieure de changer leur sort. Au cœur du récit se trouve un moine bouddhiste bienveillant qui trouve lui aussi refuge dans ce lieu. Il tente d'aider ces personnages à se retrouver et à les guider vers une vie meilleure. Cependant, ayant mal évalué leurs dépendances physiques et psychologiques, il échoue et ne fait qu'aggraver leur situation.

    1957 2h01 Décors et design

  • Le Château de l'araignée
    Tout public

    Grâce aux efforts des deux capitaines, Washizu et Miki, une rébellion contre le seigneur Tsuzuki est réprimée. Sur le chemin du château de Tsuzuki, dans la Forêt de la Toile d'Araignée, ils rencontrent une apparition mystérieuse qui prophétise que Washizu deviendra bientôt seigneur du château, tout comme le fils de Miki plus tard. Après quelques doutes initiaux, d'autres aspects de la prophétie se réalisent, plongeant Washizu dans un conflit intérieur entre sa loyauté et ses ambitions. Poussé par sa femme, il finit par assassiner Tsuzuki. Il devient seigneur du Château de la Toile d'Araignée, mais est aussi de plus en plus rongé par les peurs et les doutes…

    1957 1h50 Décors et design Costumes