Yorgos Mavropsaridis

  • Montage

Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 6 films
Récompenses 4 nominations et 0 victoire

Biographie

Yorgos Mavropsaridis, né le 21 novembre 1954 à Athènes, est un monteur grec dont le travail est indissociable de l’univers cinématographique du réalisateur Yórgos Lánthimos.

Figure essentielle du cinéma d’auteur européen contemporain, Yorgos Mavropsaridis s’est imposé par son approche du montage à la fois rigoureuse, dérangeante et profondément narrative, qui participe à créer l’étrangeté si caractéristique des films sur lesquels il travaille. Longtemps resté dans l’ombre, il est aujourd’hui reconnu comme l’un des monteurs les plus influents du cinéma d’art et d’essai, capable de faire surgir le malaise ou l’ironie d’un simple décalage de rythme ou de coupe inattendue.

Une formation transatlantique, un regard affûté

Avant de s’imposer dans le paysage cinématographique grec, Yorgos Mavropsaridis étudie le montage à la London Film School. Cette formation britannique lui offre un cadre exigeant, orienté vers la technique pure, mais aussi une ouverture internationale qui marquera toute sa carrière. De retour en Grèce, il commence par monter des publicités, ce qui lui permet d’aiguiser son sens du rythme et de la synthèse visuelle.

Mais c’est sa collaboration avec Yórgos Lánthimos qui donne à son travail une reconnaissance internationale. Ensemble, ils vont construire un langage cinématographique unique, froid, distancié, absurde, et en même temps profondément humain. Et dans cette alchimie, le montage joue un rôle central.

Un style reconnaissable entre tous

Dès Canine (Kynodontas, 2009), le style Yorgos Mavropsaridis s’impose : des coupes sèches, un montage minimaliste, un refus du rythme classique hollywoodien. Il privilégie les silences, les respirations étranges, les dialogues en plan fixe qui mettent le spectateur mal à l’aise. Son montage ne cherche pas à séduire mais à construire un univers, à faire ressentir l’absurde par l’image autant que par le texte.

Avec The Lobster (2015), The Killing of a Sacred Deer (2017) et surtout The Favourite (2018), il affine encore ce style. Dans ce dernier, il parvient à marier les exigences d’un film historique à celles d’un cinéma résolument moderne, jouant sur les ellipses, les transitions abruptes et les ruptures de ton. Ce travail lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur montage, une reconnaissance rare pour un technicien européen dans ce domaine.

Une collaboration symbiotique avec Yórgos Lánthimos

La relation entre Yorgos Mavropsaridis et Yórgos Lánthimos dépasse celle d’un simple réalisateur et de son monteur. Il s’agit d’une véritable co-construction artistique. Mavropsaridis est souvent impliqué dès les premières étapes du projet, et son travail de montage est pensé non pas comme une correction du tournage, mais comme une écriture parallèle. L’un cadre, l’autre découpe, et ensemble, ils sculptent un film qui joue avec les attentes du spectateur, souvent pour les frustrer avec style.

C’est particulièrement visible dans Poor Things (2023), où le montage accompagne les déformations de perception du personnage principal en flirtant avec la fragmentation, la temporalité instable et les sautes de ton. À chaque film, Yorgos Mavropsaridis se réinvente tout en conservant cette cohérence esthétique radicale qui fait de ses montages des œuvres à part entière.

Un artisan du contretemps

Dans un cinéma souvent dominé par le montage rapide, le rythme frénétique ou les effets narratifs attendus, Yorgos Mavropsaridis prend le contrepied. Il ralentit, laisse respirer, crée l’inconfort, et oblige le spectateur à se confronter à l’image au lieu de la consommer. Ce n’est pas un style spectaculaire, c’est un style qui dérange, qui stimule, et qui laisse une empreinte durable.

Il fait partie de ces artisans qui réhabilitent le montage comme geste créatif à part entière, et non comme simple outil de finition. Grâce à lui, le montage devient un langage, parfois même un personnage du film.

Filmographie

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