Yasuyoshi Tokuma
- Production
Détails
| Autre nom | 徳間康快 |
|---|---|
| Âge |
|
Nationalité |
| Filmographie | 11 films |
Biographie
Yasuyoshi Tokuma, né le 25 octobre 1928 à Tokyo, au Japon, et décédé le 20 septembre 2000, est un éditeur et producteur japonais dont le nom reste intimement lié à l’histoire de l’animation japonaise, en particulier à travers sa contribution fondatrice au Studio Ghibli. Si son visage n’est pas connu du grand public, Yasuyoshi Tokuma est pourtant un acteur-clé de l’ombre, qui a su reconnaître le potentiel artistique de Hayao Miyazaki et Isao Takahata bien avant que leurs œuvres ne deviennent des classiques internationaux.
Du monde de l’édition à la production cinématographique
Yasuyoshi Tokuma commence sa carrière dans le monde de l’édition. En 1954, il fonde Tokuma Shoten, une maison d’édition japonaise qui publie aussi bien des romans, des mangas que des magazines culturels ou techniques. La maison se développe rapidement et devient l’une des plus importantes au Japon, notamment grâce à des titres populaires comme Animage, un magazine spécialisé dans l’animation japonaise.
C’est à travers Animage que Yasuyoshi Tokuma entre en contact avec Hayao Miyazaki et Isao Takahata, deux réalisateurs encore relativement peu connus à l’époque, mais déjà respectés dans le milieu de l’animation. Séduit par leur univers, Tokuma décide d’aller au-delà de l’édition papier pour les soutenir dans un projet plus ambitieux : faire des films.
Naissance du Studio Ghibli : le pari de Tokuma
En 1984, Yasuyoshi Tokuma produit Nausicaä de la Vallée du Vent, réalisé par Hayao Miyazaki. Le film est techniquement produit par Topcraft, mais c’est Tokuma Shoten qui en assure le financement et la distribution. Le succès critique et commercial de Nausicaä permet à Tokuma de convaincre ses partenaires de créer un studio d’animation dédié à la vision de Miyazaki et Takahata. C’est ainsi que naît officiellement le Studio Ghibli en 1985, avec Yasuyoshi Tokuma comme soutien financier et figure tutélaire.
En tant que producteur exécutif, Tokuma joue un rôle crucial dans le développement du studio. Il laisse une grande liberté artistique aux réalisateurs, tout en assurant les conditions matérielles nécessaires à la production. Grâce à lui, Ghibli devient un espace d’expression unique, capable de produire des films ambitieux comme Le Château dans le ciel, Mon voisin Totoro, Kiki la petite sorcière ou Le Tombeau des lucioles.
Une vision entrepreneuriale tournée vers la culture
Yasuyoshi Tokuma ne se contente pas de financer les films : il imagine une stratégie culturelle complète autour du studio. Il développe des produits dérivés, des publications, des livres, des expositions, contribuant à inscrire Ghibli dans l’imaginaire collectif japonais et au-delà. Il comprend très tôt que les œuvres de Miyazaki et Takahata peuvent toucher un public bien plus large que celui des seuls fans d’animation.
Sous sa direction, Tokuma Shoten devient une entreprise culturelle à part entière, mêlant édition, production audiovisuelle et gestion de droits. Il est aussi à l’origine de la création du Musée Ghibli, qui ouvrira ses portes à Mitaka après sa mort, mais selon une vision qu’il avait largement contribué à définir avec Miyazaki lui-même.
Une influence durable sur le cinéma japonais
Le travail de Yasuyoshi Tokuma dépasse largement les frontières du studio. Il participe à la reconnaissance du cinéma d’animation comme art à part entière, bien avant que cela ne devienne une évidence à l’international. Il est aussi un pionnier de la collaboration entre médias, édition, télévision, cinéma, dans un modèle intégré qui inspirera plus tard de nombreuses structures au Japon.
Il décède en 2000, juste avant la sortie de Le Voyage de Chihiro, qui remportera l’Ours d’or à Berlin et l’Oscar du meilleur film d’animation, devenant ainsi le symbole du rayonnement international de Ghibli. Ce succès posthume reste sans doute le plus bel hommage à l’intuition de Yasuyoshi Tokuma, qui avait cru dès le début au pouvoir universel de ces histoires animées.
Grâce à lui, les films de Ghibli ont pu exister dans les conditions qu’ils méritaient, avec le temps, le soin et la liberté indispensables à leur qualité. Yasuyoshi Tokuma n’était pas seulement un financier. Il était un passeur, un facilitateur d’imaginaires, un homme qui a su écouter les artistes… et leur faire confiance.