Yasuomi Umetsu
- Réalisation
- Écriture
Détails
| Autre nom | 梅津 泰臣 |
|---|---|
| Âge |
|
Nationalité |
| Filmographie | 4 films |
Biographie
Yasuomi Umetsu, né le 19 décembre 1960 au Japon, est un animateur, réalisateur, character designer et storyboarder japonais, reconnu pour son style graphique intense, souvent à la frontière entre l’élégance artistique et la provocation. Actif depuis les années 1980 dans l’industrie de l’animation japonaise, Yasuomi Umetsu s’est fait un nom dans des productions au ton sombre et mature, avec une patte visuelle immédiatement identifiable : personnages longilignes, animation détaillée, scènes d’action stylisées… et une forte dose de violence, parfois érotisée.
Une formation classique et une technique impressionnante
Comme beaucoup de créateurs de sa génération, Yasuomi Umetsu débute comme animateur clé (key animator) sur des séries et films d’animation dans les années 1980, période durant laquelle il forge un savoir-faire technique très poussé. Il travaille notamment sur Megazone 23 Part II (1986) et Robot Carnival (1987), deux projets majeurs de la SF animée japonaise, où il commence à se faire remarquer par la qualité de ses mouvements et son sens de la mise en scène.
C’est dans ces années-là qu’il développe son goût pour les scènes d’action chorégraphiées, souvent violentes, mais toujours soignées dans leur exécution. Il travaille comme animateur ou designer sur de nombreux projets, jusqu’à ce qu’il passe à la réalisation dans les années 1990.
Kite (1998) : film culte et controverse assumée
Le nom de Yasuomi Umetsu devient vraiment connu à l’international avec Kite, un OAV sorti en 1998 qui met en scène une jeune tueuse à gages évoluant dans un univers urbain ultraviolent, corrompu, et franchement dérangeant. L’œuvre est aussi réputée pour son contenu sexuellement explicite dans sa version non censurée, ce qui lui vaudra des interdictions et censures dans plusieurs pays, mais aussi une forme de statut culte, notamment auprès d’un public adulte amateur d’animation hors normes.
Visuellement, Kite impressionne par sa fluidité d’animation, la précision de son découpage et son ambiance noir néon digne d’un thriller post-cyberpunk. Yasuomi Umetsu y impose son style : esthétique léchée, violence frontale, héroïne ambivalente et sexualisation assumée, dans une mise en scène qui flirte avec la transgression sans jamais tomber dans la gratuité pure. Enfin… presque jamais.
Le film aura droit à une suite, Kite: Liberator (2008), moins sulfureuse mais toujours marquée par la même signature visuelle. Un remake en prise de vues réelles est également sorti en 2014, avec India Eisley et Samuel L. Jackson, mais il s’éloigne largement du matériau d’origine et n’a pas marqué les esprits.
Un style graphique reconnaissable et influent
Outre Kite, Yasuomi Umetsu travaille comme character designer ou animateur principal sur d'autres titres marquants. Il signe notamment le design des personnages de Mezzo Forte (2001), un autre OAV chargé en action et en érotisme, produit avec la même équipe que Kite. Il poursuit cette veine dans la série Mezzo DSA (2004), plus grand public, mais toujours fidèle à son univers esthétique.
Il collabore aussi à de nombreux projets de styles différents : Galilei Donna (2013), qu’il réalise dans une veine plus science-fiction familiale, ou encore Wizard Barristers (2014), où il mêle procès, magie et combats ultra stylisés dans un Tokyo alternatif. On retrouve dans toutes ces œuvres un amour du détail, une animation précise et une fascination pour les héroïnes puissantes, souvent prises dans des contextes moralement ambigus.
Une figure marginale mais respectée de l’animation japonaise
Yasuomi Umetsu ne fait pas partie du cercle des réalisateurs d’anime les plus exposés, comme Mamoru Hosoda, Makoto Shinkai ou Shinichirō Watanabe, mais il conserve un statut à part, entre cinéaste culte underground et artisan respecté de l’animation japonaise. Ses œuvres ne visent jamais un large public, mais elles fascinent ceux qui cherchent une esthétique forte, des récits à la limite du moralement acceptable, et une vraie maîtrise de la narration visuelle.
Il ne cherche pas à lisser son propos ni à rentrer dans le cadre de l’animation "grand public". Son œuvre assume sa marginalité, son ambiguïté morale et son mélange constant de beauté et de brutalité.
Filmographie
4 sur 4 films