Wu Ma

  • Casting
  • Production

Détails

Autres noms Fung Wang-yuen 馮永源
Âge
Nationalité
Filmographie 10 films

Biographie

Wu Ma, de son vrai nom Fung Wang-yuen (馮永源), est né le 22 septembre 1942 à Tianjin, en Chine, et décédé le 4 février 2014 à Hong Kong. Acteur, réalisateur et scénariste, Wu Ma est une figure incontournable du cinéma de Hong Kong, même si son nom reste souvent en marge des projecteurs.

Pourtant, avec plus de 250 films à son actif et une carrière s’étalant sur plus de 40 ans, Wu Ma a marqué de son empreinte toute une époque du cinéma asiatique, en particulier celle des années 70 à 90. Toujours reconnaissable à son regard rieur et à sa moustache bien taillée, il a incarné toutes sortes de personnages : maîtres taoïstes, vagabonds, esprits farceurs, amis fidèles ou ennemis sournois. Et il l’a toujours fait avec cette générosité de jeu propre aux grands seconds rôles qui donnent de la chair aux films sans jamais chercher à voler la vedette.

Une formation à la Shaw Brothers et les débuts derrière la caméra

Wu Ma entre dans le monde du cinéma en 1964, via la mythique Shaw Brothers Studio, alors en pleine domination sur le cinéma chinois. Il débute comme acteur, mais rapidement il s’intéresse à la mise en scène. En 1970, il réalise son premier film, devenant l’un des rares acteurs à se glisser régulièrement derrière la caméra tout en poursuivant une carrière devant.

Dans les années 70, Wu Ma enchaîne les productions de kung-fu et de drames historiques, à la fois comme réalisateur et comme acteur. Il n’atteint pas la renommée d’un Chang Cheh ou d’un Lau Kar-leung, mais son style est fluide, efficace, souvent marqué par un sens du rythme et une affection pour les personnages marginaux.

En tant que réalisateur, il signe notamment Young Vagabond et The Dead and the Deadly, films dans lesquels il mêle déjà arts martiaux et surnaturel, deux ingrédients qui deviendront sa marque de fabrique à l’écran.

Le cinéma fantastique et la consécration avec A Chinese Ghost Story

C’est dans les années 80 que Wu Ma trouve son rôle le plus emblématique : celui du prêtre taoïste Yan dans A Chinese Ghost Story (1987), réalisé par Ching Siu-tung et produit par Tsui Hark. Ce film, qui mélange habilement romantisme gothique, action débridée et comédie surnaturelle, devient un classique instantané du cinéma hongkongais.

Le personnage de Wu Ma, à la fois burlesque, héroïque et spirituel, incarne à merveille l’essence du cinéma de Hong Kong de cette époque : un mélange de tradition, de modernité, d’humour et de tragédie. Sa performance est aussi excentrique qu’attendrissante, et elle contribue largement au succès du film, aujourd’hui encore considéré comme une œuvre majeure du cinéma fantastique asiatique.

Il reprend le rôle dans les suites, tout en continuant à apparaître dans d’autres films du même genre, souvent dans des rôles de moines taoïstes, d’exorcistes ou de mentors hauts en couleur.

L’homme de confiance de Sammo Hung et de Tsui Hark

Wu Ma collabore régulièrement avec les grands noms du cinéma d’action hongkongais. Il devient un visage familier des films de Sammo Hung, avec qui il entretient une réelle complicité artistique. Ensemble, ils tournent plusieurs films, dont Encounters of the Spooky Kind, Eastern Condors ou encore The Prodigal Son. Dans chacun de ces films, Wu Ma apporte un contrepoint comique ou émotionnel, toujours juste, toujours en rythme.

Sa présence dans le cinéma de Tsui Hark, figure centrale de la modernisation du cinéma de genre à Hong Kong, renforce encore son statut d’acteur indispensable, capable de faire le lien entre les traditions du cinéma des années 60 et les innovations des années 80-90.

Une longévité remarquable et une reconnaissance tardive

Jusqu’au début des années 2000, Wu Ma continue d’apparaître régulièrement à l’écran, dans des films de plus en plus éclectiques, parfois modestes, parfois ambitieux. Il joue aussi bien dans des blockbusters que dans des productions de série B, toujours avec la même implication. Son style n’a jamais vraiment changé : expressif mais jamais outrancier, drôle sans être bouffon, sérieux sans se prendre au sérieux.

Malgré sa popularité auprès des cinéphiles, Wu Ma n’a jamais reçu de grand prix d’interprétation, ni d’hommages spectaculaires de son vivant. Il faisait partie de ces acteurs qui ne revendiquent rien, mais dont l’absence laisse un vide immédiat. Lorsqu’il meurt en 2014 des suites d’un cancer, de nombreuses figures du cinéma de Hong Kong lui rendent hommage, saluant un artiste complet, un compagnon de plateau fidèle et un pilier discret d’un âge d’or désormais révolu.

Wu Ma, pilier invisible mais indispensable du cinéma de genre

Dans une industrie dominée par les stars et les grandes figures chorégraphiques, Wu Ma a trouvé sa place comme un artisan du jeu, un passeur de récits, un homme de l’ombre capable d’éclairer une scène par sa seule présence. Il a traversé plusieurs ères du cinéma hongkongais, du wu xia pian classique au cinéma fantastique des années 80, sans jamais perdre ce mélange de malice et d’humanité qui rendait chacun de ses personnages vivant.

Aujourd’hui encore, les amateurs de cinéma asiatique repèrent instantanément sa silhouette, sa voix, son énergie légèrement cabossée. Il reste une figure culte pour ceux qui aiment les films de fantômes exubérants, les duels épiques dans la brume, et les héros qui rient en attendant la fin du monde.

Filmographie

10 sur 10 films

Film Année Durée Rôles
  • Ajouté le
  • Modifié le