Wong Kar-wai

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Détails

Autre nom 王家衛
Âge
Nationalité
Filmographie 5 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Wong Kar-wai (王家衛, Wong Gaa-wai en cantonais) est né le 17 juillet 1958 à Shanghai, en Chine, mais il grandit à Hong Kong où il s’installe avec sa famille dès l’âge de cinq ans. Réalisateur, scénariste et producteur, Wong Kar-wai est devenu l’un des noms les plus emblématiques du cinéma d’auteur asiatique, admiré à la fois pour son style visuel très reconnaissable et sa manière mélancolique d’explorer les thèmes de l’amour, du temps qui passe et de la solitude urbaine.

Dès les années 1990, son cinéma devient culte, porté par une esthétique ultra-stylisée, une narration fragmentée et des performances habitées, souvent dominées par des silences et des gestes plus éloquents que les mots.

Si Hong Kong est sa ville de cœur, Wong Kar-wai a su faire vibrer les spectateurs du monde entier avec une œuvre profondément sensorielle, à la croisée du rêve éveillé et de la chronique sentimentale.

Des débuts dans l’écriture avant la révolution formelle

Avant de devenir cinéaste, Wong Kar-wai travaille comme scénariste pour la télévision hongkongaise, puis pour le cinéma, notamment dans le cadre de la New Wave hongkongaise des années 1980. Il coécrit des films d’action et des comédies commerciales, jusqu’à ce qu’il passe à la réalisation avec As Tears Go By (1988), une variation sur le polar urbain hongkongais influencée par Mean Streets de Scorsese.

Le film est remarqué pour son style visuel déjà très marqué, entre néons, ralentis, et atmosphères moites, mais c’est surtout avec Days of Being Wild (1990) qu’il affirme un tournant plus introspectif, en s’éloignant du genre pour plonger dans des récits sentimentaux à la structure éclatée.

Chungking Express et Fallen Angels, chroniques d’un monde en accéléré

En 1994, Wong Kar-wai signe Chungking Express, une œuvre fondatrice de son style : narration morcelée, caméra portée, personnages solitaires errant dans une ville devenue labyrinthe. Le film suit deux histoires d’amour impossibles, entre accélérés urbains et instants suspendus. Il devient un film culte, notamment auprès de la critique occidentale, séduit par ce mélange de modernité pop et de romantisme postmoderne.

L’année suivante, Fallen Angels (1995) prolonge cet univers nocturne, en poussant encore plus loin l’esthétique néon-noire, avec des travellings étouffants, des personnages désorientés, des monologues intérieurs hypnotiques. C’est un cinéma du ressenti, de la sensation, où la narration devient presque secondaire.

Et pourtant, l’émotion surgit, presque malgré les filtres, dans les regards furtifs, les gestes répétés, les dialogues minimalistes.

In the Mood for Love, sommet de la mélancolie

En 2000, Wong Kar-wai atteint un sommet avec In the Mood for Love, unanimement considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du cinéma contemporain. Le film, situé dans le Hong Kong des années 1960, raconte l’histoire de deux voisins (incarnés par Tony Leung Chiu-wai et Maggie Cheung) dont les conjoints respectifs ont une liaison. Peu à peu, un lien silencieux se tisse entre eux, fait de retenue, de non-dits, de regards évités.

La mise en scène y est d’une précision absolue : cadres fixes, ralentis, répétitions musicales (le fameux Yumeji's Theme), robes qipao qui deviennent des objets de mémoire… Tout dans le film évoque le temps figé, le désir contenu, et l’impossibilité de l’amour.

Ce film propulse Wong Kar-wai au sommet du cinéma d’auteur international. Le style est reconnaissable entre mille, mais c’est surtout la douleur belle et feutrée de ses personnages qui touche profondément.

Une œuvre marquée par le temps, le désir, et la mémoire

Le cinéma de Wong Kar-wai ne suit pas une logique linéaire. Il aime les narrations fragmentées, les histoires d’amour non consommées, les personnages en fuite, les répétitions, les ellipses, les chansons lancinantes, les néons mouillés.

2046 (2004) prolonge l’univers de In the Mood for Love dans une forme plus abstraite, mêlant science-fiction et journal intime. Le film est plus déroutant, plus opaque aussi, mais conserve cette beauté formelle et ce vertige émotionnel qui font sa signature.

Même dans ses rares incursions hors d’Asie, comme My Blueberry Nights (2007) avec Norah Jones et Jude Law, on retrouve cette obsession du manque, du souvenir et de la lenteur amoureuse.

Un cinéaste rare, presque mythique

Depuis The Grandmaster (2013), biopic stylisé sur Ip Man (le maître de Bruce Lee), Wong Kar-wai se fait plus discret. Il travaille souvent sur des projets longs, en gestation pendant des années, comme ce fut déjà le cas dans le passé. Il a également été producteur pour d’autres réalisateurs asiatiques, et son influence se fait sentir chez de nombreux cinéastes, de Barry Jenkins à Sofia Coppola.

Wong Kar-wai est aujourd’hui perçu comme un auteur culte, dont chaque film est un monde en soi. Son style, imité mais jamais égalé, continue d’inspirer tout un pan du cinéma mondial. On lui attribue souvent une forme de romantisme moderne, désabusé, mais toujours élégant.

Il n’est pas rare que son œuvre soit comparée à de la poésie visuelle : le sens est parfois flou, mais le sentiment, lui, est immédiat.

Filmographie

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