William Forsythe
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 8 films |
Biographie
William Forsythe, né le 7 juin 1955 à Bedford-Stuyvesant, dans le quartier de Brooklyn à New York (États-Unis), est un acteur américain dont la carrière est indissociable du cinéma de genre, en particulier les films policiers, les thrillers et autres récits musclés de la rue ou de la mafia. Avec son regard dur, sa mâchoire carrée et une capacité étonnante à incarner aussi bien les brutes épaisses que les hommes d’honneur au passé trouble, William Forsythe est devenu, au fil des décennies, un visage incontournable du cinéma américain indépendant... et du vidéoclub des années 90.
Des débuts typiques d’un enfant de New York
Issu d’une famille d’origines italienne et allemande, William Forsythe grandit dans un environnement urbain où les personnalités fortes ne manquent pas. Il s’intéresse au théâtre dès le lycée et, contrairement à beaucoup d’acteurs de sa génération, il ne passe pas par les écoles prestigieuses ou les stages chez les grands professeurs de comédie. Il entre plutôt dans le métier par la petite porte, avec des apparitions dans des séries ou des films de second plan, avant de se faire remarquer pour son intensité et sa présence physique.
Il faut dire qu’il n’a pas le profil du gendre idéal hollywoodien. William Forsythe, c’est plutôt la carrure d’un videur de boîte de nuit avec l’intelligence d’un flic fatigué. Et c’est exactement ce mélange qui va faire de lui un acteur très demandé dans un certain type de cinéma.
Une galerie de durs à cuire : flics, gangsters, ou les deux
La filmographie de William Forsythe est dense, riche de plus de 100 rôles, souvent dans des productions qui ne prétendent pas changer le monde, mais qui respirent la poussière, la sueur et la tension dramatique. Son rôle dans Once Upon a Time in America (1984) le place rapidement dans l’univers du film de gangsters. Il y incarne Philip "Cockeye" Stein, un personnage secondaire mais haut en couleur, dans ce monument du genre signé Sergio Leone.
En 1990, il donne la réplique à Steven Seagal dans Out for Justice (Justice sauvage en VF), où il joue Richie Madano, un psychopathe new-yorkais incontrôlable. Son interprétation, complètement habitée, fait littéralement froid dans le dos. C’est probablement l’un de ses rôles les plus mémorables : William Forsythe y est sauvage, imprévisible, intense, et presque plus effrayant que le héros lui-même.
Mais il ne se contente pas de jouer les méchants de service. Dans The Rock (1996), il campe un agent du FBI qui, sans être le personnage central, apporte une touche de réalisme et de cynisme à une intrigue explosive. Et dans American Me (1992), réalisé par Edward James Olmos, il livre une performance sobre et marquante dans un récit profondément ancré dans le système carcéral et les tensions ethniques. Encore une fois, il apporte une gravité sans jamais en faire trop.
Une carrière ancrée dans le cinéma de genre, mais sans caricature
Si William Forsythe a souvent été catalogué comme un acteur de "films de mecs", ce serait une erreur de ne le résumer qu’à cela. Il sait injecter une réelle humanité dans ses personnages, même les plus violents. Il peut être brutal, bien sûr, mais aussi vulnérable, mélancolique, et même émouvant. Ce mélange rare explique pourquoi il continue d’être régulièrement sollicité, notamment dans des productions indépendantes ou des projets plus confidentiels.
Et puis il y a sa voix, ce timbre grave et traînant, immédiatement reconnaissable, qui donne à ses dialogues une force singulière. Qu’il joue un mafieux, un détective ou un type louche dans un diner du New Jersey, William Forsythe parle toujours comme quelqu’un qui a vécu, qui a vu des choses, et qui ne va pas s’en excuser.
Une figure culte du petit écran et du direct-to-video
Dans les années 2000 et 2010, William Forsythe poursuit sa carrière principalement dans des films à petit budget, des thrillers urbains ou des séries policières. Il apparaît notamment dans Boardwalk Empire, dans le rôle d’un puissant mafieux italo-américain, Manny Horvitz. Là encore, il confirme qu’il est taillé pour les rôles de figures d’autorité ambiguës, à la fois effrayantes et charismatiques.
Et même si nombre de ses films ne sortent pas en salles, cela ne l’empêche pas d’y livrer des performances solides. Dans l’univers du direct-to-video, il est presque une légende. Il a tourné avec un grand nombre de réalisateurs spécialisés dans le polar noir et les récits criminels rugueux, souvent pour des films sans prétention, mais qui trouvent leur public chez les amateurs du genre.
Un acteur de caractère, fidèle à son style
Ce qui définit William Forsythe, ce n’est pas une collection de trophées ou une renommée planétaire. C’est une régularité, une intégrité artistique, et une capacité à toujours sonner juste, même dans des films oubliés. Il n’a jamais cherché à être une star, mais plutôt à être un acteur fiable, solide, crédible. Et en cela, il a largement réussi.
Il ne tourne pas pour séduire les foules, mais pour donner vie à des personnages qui ont du poids, souvent abîmés, parfois menaçants, toujours vrais. Que ce soit dans une scène de bagarre dans une ruelle sombre, ou autour d’un verre dans un bar miteux, William Forsythe sait capter l’attention sans élever la voix.
Bref, une gueule, une voix, et une carrière qui impose le respect, sans bruit, mais avec beaucoup de plomb dans les dialogues.