William D. Wittliff
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
William D. Wittliff est né le 11 janvier 1940 à Taft, au Texas, et s’est éteint le 9 juin 2019. Il fut scénariste, romancier, producteur, éditeur et photographe, mais aussi un gardien passionné de la mémoire texane. Auteur de scénarios marquants du cinéma américain, notamment dans le registre du western et du drame rural, William D. Wittliff a contribué à façonner une certaine image du Sud des États-Unis, entre légende et réalisme. Figure respectée dans les milieux littéraires et cinématographiques, il laisse une œuvre profondément enracinée dans les paysages, les voix et les contradictions de son Texas natal. Et surtout, il laisse une empreinte narrative singulière, entre lyrisme sobre et attachement viscéral à la terre.
Un Texan aux multiples casquettes
William D. Wittliff n'était pas simplement un homme de lettres ou un artisan d’Hollywood. Il était aussi éditeur de livres rares, photographe documentaire, et cofondateur de la maison Encino Press, spécialisée dans les ouvrages consacrés à l’histoire et à la culture du Texas. Il défendait, dès les années 60, l’idée que le patrimoine du Sud américain méritait d’être raconté, édité, archivé, bien au-delà des clichés.
Cette sensibilité aux récits du quotidien, aux traditions locales, à l’oralité des histoires transmises, se retrouvera plus tard dans ses scénarios et romans. Le Texas, pour lui, n'était pas qu'un décor : c'était un personnage en soi, vaste, rude, poétique.
Lonesome Dove : la série qui l’inscrit dans la légende du western
S’il fallait ne retenir qu’un titre de sa filmographie, ce serait Lonesome Dove. Adaptée du roman de Larry McMurtry, cette mini-série diffusée en 1989 est l’un des sommets de la télévision américaine. William D. Wittliff en signe l’adaptation, capturant avec justesse la grandeur épique du western, tout en creusant l’humanité des personnages.
Grâce à lui, le western télévisuel gagne en densité psychologique et en authenticité. Portée par Robert Duvall et Tommy Lee Jones, Lonesome Dove devient culte, et Wittliff est nommé aux Emmy Awards. Plus qu’un hommage au genre, la série devient une œuvre-somme sur l’amitié, la mort, la terre et la mémoire. Des thèmes chers à son univers.
Un scénariste de cinéma au regard d’auteur
Au cinéma, William D. Wittliff se distingue aussi par des scénarios puissants et élégants, souvent centrés sur la famille, l’exil, le retour aux origines, ou encore les liens entre l’homme et la nature. Il écrit notamment Country (1984), drame social sur les fermiers américains, avec Jessica Lange et Sam Shepard, et The Perfect Storm (2000), adaptation du livre de Sebastian Junger, réalisée par Wolfgang Petersen, avec George Clooney et Mark Wahlberg.
Son travail sur ce dernier film, inspiré d’un fait réel, illustre bien son goût pour les histoires vraies transformées en récits mythiques, tout en gardant une grande attention au détail humain.
Il signe aussi The Black Stallion (1979), dans un style plus poétique, et coécrit Legends of the Fall (1994), avec Brad Pitt, fresque tragique mêlant drame familial et paysages sauvages. Autant de récits où le souffle romanesque n’efface jamais la fragilité des émotions.
Écrivain tardif, mais pas secondaire
En parallèle de sa carrière hollywoodienne, William D. Wittliff se lance dans l’écriture de romans avec une plume à la fois vive, drôle et imprégnée de philosophie populaire. Sa trilogie autour du personnage d’Allison “Sundance” Skiles, à mi-chemin entre le western comique et la fable existentielle, a été saluée pour sa voix narrative originale, entre folklore et profondeur.
Avec The Devil’s Backbone et The Devil’s Sinkhole, il donne corps à un Texas mi-réel, mi-mythologique, où les morts parlent et les vivants cherchent un sens dans le chaos. Il y règne un ton à la fois ironique et tendre, reflet de l’homme qu’il était : un conteur sans emphase, mais jamais sans émotion.
Un passeur de mémoire, autant qu’un artiste
Au-delà de ses œuvres, William D. Wittliff est aussi connu pour avoir fondé le Wittliff Collections, un centre d’archives, d’arts et de lettres situé à la Texas State University. Ce lieu accueille des manuscrits, des photographies, des documents liés à la culture du Sud-Ouest américain, notamment des collections autour de la musique texane, de la littérature chicano ou des photographes mexicains.
C’était là une autre facette de Wittliff : celle du passeur, du conservateur, du bâtisseur d’héritage. Il croyait que l’art devait transmettre, et il l’a mis en œuvre toute sa vie, par ses histoires, ses images et ses actions concrètes.
William D. Wittliff, la voix tranquille du Sud
William D. Wittliff n’était pas une figure tapageuse d’Hollywood. Mais il a construit, avec patience et fidélité, une œuvre profondément ancrée dans l’âme du Texas et des États-Unis ruraux. Scénariste de talents, romancier inspiré, éditeur engagé, photographe du réel… il fut tout cela à la fois, sans jamais perdre de vue le pouvoir du récit comme trait d’union entre les époques, les gens, les paysages.
Un homme du Sud, oui, mais un Sud complexe, peuplé d’histoires à raconter, ce qu’il a fait, magnifiquement, jusqu’au bout.
Filmographie
3 sur 3 films