Will Beall

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Filmographie 4 films

Biographie

Will Beall, né le 10 décembre 1971 à Los Angeles, en Californie, incarne un profil plutôt rare dans l’univers du cinéma américain : celui d’un ancien détective de la police de Los Angeles reconverti en scénariste de films et de séries policières. Avec un parcours atypique et une plume musclée, il s’est taillé une place de choix dans l’écriture de récits d’action, de crime et de justice, tout en gardant une approche réaliste héritée du terrain.

De la police à l’écriture : un virage à 180 degrés

Avant de poser les doigts sur un clavier, Will Beall a porté l’uniforme pendant près d’une décennie. Officier au LAPD, il a été affecté au service des homicides, une expérience qui allait profondément marquer sa vision du storytelling. Contrairement à beaucoup de scénaristes qui imaginent le crime depuis un bureau, Will Beall l’a vécu, interrogé, documenté, souvent dans ses formes les plus brutes.

Cette immersion dans les réalités du terrain va nourrir son écriture d’un ton authentique et sans fioritures. En 2009, il publie L.A. Rex, un roman noir ultra-violent et sans concession, dans lequel la ville de Los Angeles devient presque un personnage à part entière. L’ouvrage n’est pas destiné à rassurer, mais à donner une idée crue de ce qu’est la criminalité à grande échelle. Le style est direct, presque sec, mais efficace. Et surtout, il attire l’attention d’Hollywood.

Gangster Squad et les débuts sur grand écran

Le premier vrai coup d’éclat de Will Beall en tant que scénariste survient avec Gangster Squad (2013), un film réalisé par Ruben Fleischer avec Josh Brolin, Ryan Gosling et Sean Penn. Inspiré d’une histoire vraie, le scénario raconte la lutte clandestine d’une unité spéciale de la police de L.A. contre le célèbre parrain Mickey Cohen. Le ton est résolument noir, à la frontière du film de mafia et du polar classique.

Même si Gangster Squad divise la critique, le style Will Beall est bien là : dialogues ciselés, brutalité assumée, flics en proie à leurs démons, le tout emballé dans une esthétique vintage. Ce n’est pas une reconstitution historique, c’est une vision stylisée, nerveuse et à haute tension.

Une place dans les grosses franchises hollywoodiennes

Après Gangster Squad, Will Beall se voit confier l’écriture de plusieurs projets à gros budget. Il participe au scénario d’Aquaman (2018), réalisé par James Wan, l’un des films les plus spectaculaires du DCEU. Le ton y est évidemment très différent : moins sombre, plus fantastique, mais Will Beall apporte une solidité structurelle à l’histoire, avec des enjeux clairs et une narration fluide malgré l’ampleur visuelle du projet.

Il a aussi été brièvement associé à l’écriture d’un script pour Justice League (version abandonnée), et d’un possible reboot de Lethal Weapon, même si ces projets n’ont pas forcément abouti dans la version qu’il avait imaginée. Hollywood est parfois un labyrinthe, et tous les scripts ne sortent pas vivants.

La télévision, terrain de jeu idéal pour ses obsessions

C’est dans le monde de la télévision que Will Beall trouve un autre espace d’expression particulièrement adapté à ses thèmes de prédilection. Il est notamment créateur et scénariste de la série Training Day (2017), adaptation télévisée du film culte de 2001. La série, portée par Bill Paxton et Justin Cornwell, tente de prolonger l’esprit du film en explorant les zones grises de la police et les dilemmes moraux qu’elle soulève. Le show ne dure qu’une saison, en partie à cause du décès de Paxton, mais il confirme la capacité de Will Beall à écrire des personnages ambivalents et tendus.

Il collabore également à Castle ou encore CSI: Crime Scene Investigation, apportant son expertise de terrain pour renforcer la crédibilité des intrigues policières. Ses scripts sont souvent marqués par une certaine précision procédurale et un refus du sensationnalisme gratuit.

Un style ancré dans le réel, mais capable de s’adapter

Ce qui distingue Will Beall, c’est cette capacité à passer d’un polar urbain à un blockbuster aquatique en gardant un style cohérent. Il sait rendre un univers crédible, qu’il s’agisse de la mafia de Los Angeles ou d’un royaume sous-marin. Cette polyvalence, doublée d’une vraie expérience de la rue, donne à ses récits une base solide qui évite souvent les clichés faciles.

Loin de l’image glamour du scénariste star, Will Beall continue de travailler dans l’ombre, peaufinant des scénarios, participant à des réécritures, prêt à intervenir dans des projets complexes. Il reste une plume respectée dans les cercles hollywoodiens, notamment pour sa capacité à donner une tension réaliste à des histoires qui pourraient autrement basculer dans l’excès.

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