Wilfrid Hyde-White
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Détails
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| Filmographie | 2 films |
Biographie
Wilfrid Hyde‑White, né le 12 mai 1903 à Bourton-on-the-Water, dans le Gloucestershire, et mort le 6 mai 1991 à Woodland Hills, Californie (États-Unis), était un acteur britannique reconnu pour son élégance, son phrasé raffiné et son flegme typiquement anglais. Avec une carrière s’étalant sur plus de cinquante ans, il est devenu l’une des figures les plus familières du cinéma et de la télévision britanniques, et au-delà, notamment dans des rôles de gentlemen érudits, excentriques ou ironiques, souvent dotés d’un humour pince‑sans‑rire irrésistible.
Une formation classique au service d’une longue carrière
Issu d’une famille de la bonne société britannique, Wilfrid Hyde‑White fait ses études à Marlborough College, avant d’entrer brièvement à Oxford, puis de se former à l’art dramatique à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA) à Londres. Il débute sa carrière sur scène dans les années 1920, travaillant dans des répertoires classiques et contemporains, avant d’interrompre brièvement sa carrière pour servir dans la Royal Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale.
À partir des années 1940, il apparaît dans des productions cinématographiques britanniques, souvent dans des rôles secondaires, mais sa voix douce, son port distingué et son sens du timing comique le font rapidement remarquer des réalisateurs. Il devient l’un des visages récurrents du cinéma britannique d’après-guerre, très demandé dans les adaptations littéraires, les comédies de mœurs et les films à costumes.
My Fair Lady et la consécration hollywoodienne
Le rôle qui reste le plus emblématique de sa carrière est sans doute celui du colonel Hugh Pickering dans la comédie musicale My Fair Lady (1964), aux côtés de Audrey Hepburn et Rex Harrison. Dans cette adaptation du Pygmalion de George Bernard Shaw, Wilfrid Hyde‑White incarne un personnage à la fois bienveillant, aristocratique et légèrement distrait, devenant l’un des piliers comiques du film.
Cette performance lui vaut une notoriété internationale, et lui ouvre les portes du cinéma américain, où il multiplie les apparitions dans des productions hollywoodiennes tout en conservant son style très "British". On le retrouve dans The Third Man (1949), The Browning Version (1951), The VIPs (1963), Tom Jones (1963), The Toy (1982), ou encore Firefox (1982), où il interprète des rôles d’ambassadeurs, de professeurs ou d’ecclésiastiques.
Télévision, théâtre et la fidélité au personnage
À partir des années 1970, Wilfrid Hyde‑White est également très actif à la télévision, avec des rôles dans des séries populaires comme Columbo, Buck Rogers in the 25th Century, ou encore The Associates, pour laquelle il est nommé aux Golden Globes. Il incarne dans cette dernière un avocat senior, toujours avec la même distinction calme et un brin d’ironie douce qui caractérise son style.
Sur scène, il continue de se produire dans des pièces classiques, notamment des comédies anglaises, et reste fidèle à l’élégance du théâtre de répertoire. Son jeu, très ancré dans les techniques de la scène, lui permet de traverser les époques sans jamais devenir désuet.
Un héritage d’élégance et de constance
Marié deux fois, Wilfrid Hyde‑White est le père de l’acteur Alex Hyde‑White, perpétuant ainsi une certaine tradition familiale dans les arts du spectacle. Malgré son image de gentleman impeccable, il était connu pour son humour mordant, son amour des bons mots, et sa capacité à se moquer de lui-même et des travers de la société britannique.
Jusqu’à la fin de sa vie, il demeure une figure respectée du cinéma anglo-saxon, apprécié pour sa capacité à donner relief et profondeur à des personnages souvent secondaires, mais jamais anecdotiques. Son nom reste attaché à une époque du cinéma où le verbe, le maintien et la subtilité de jeu primaient sur le spectaculaire.
Mort quelques jours avant son 88e anniversaire, Wilfrid Hyde‑White laisse derrière lui un héritage fait de classe, d’esprit et de constance, une incarnation parfaite de ce que le cinéma britannique a su offrir de plus raffiné au XXe siècle.