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Film Index

Waldo Salt

Casting Écriture

Nationalité
 États-Unis
Mort
7 mars 1987
Âge
72 ans
Filmographie
6 films

Biographie

Waldo Miller Salt, né le 18 octobre 1914 à Chicago, dans l’Illinois, et mort le 7 mars 1987 à Los Angeles, en Californie, est un scénariste américain. Il est notamment connu pour les scénarios de Macadam Cowboy (1969), de John Schlesinger, et Le Retour (1978), de Hal Ashby, qui lui valent deux Oscars du meilleur scénario. Inscrit sur la liste noire d’Hollywood pendant le maccarthysme, il poursuit une activité d’écriture sous des pseudonymes avant de retrouver une reconnaissance professionnelle à la fin des années 1960.

Une formation à Stanford et les débuts à Hollywood

Waldo Salt est le fils de William Haslem Salt, artiste et homme d’affaires, et de Winifred Porter. Il grandit dans une famille où les activités artistiques occupent une place importante. Il entre jeune à l’université Stanford, en Californie, et obtient son diplôme en 1934, à l’âge de dix-neuf ans.

Après ses études, il rejoint Hollywood et travaille comme scénariste sous contrat avec la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) à partir de 1936. Ses premiers travaux comprennent une participation au scénario de L’Inconnue du palace (The Bride Wore Red, 1937), réalisé par Dorothy Arzner, avec Joan Crawford dans le rôle principal.

Il obtient ensuite un crédit de scénariste sur L’Ange impur (The Shopworn Angel, 1938), réalisé par H. C. Potter. Cette adaptation d’une histoire de Dana Burnet met en scène Margaret Sullavan et James Stewart, dans un récit sentimental situé pendant la Première Guerre mondiale.

Au cours de cette période, Waldo Salt travaille également sur des adaptations littéraires et théâtrales. Il participe notamment au scénario de The Wild Man of Borneo (1941), réalisé par Robert B. Sinclair, d’après une pièce de Marc Connelly et Herman J. Mankiewicz.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il exerce des fonctions de consultant civil auprès de l’Office of War Information, organisme gouvernemental américain chargé de la communication et de l’information en temps de guerre, entre 1942 et 1945.

Après la guerre, Waldo Salt poursuit son activité à Hollywood. Il écrit notamment le scénario de Rachel and the Stranger (1948), réalisé par Norman Foster, avec Loretta Young, William Holden et Robert Mitchum. Il travaille ensuite sur La Flèche et le Flambeau (The Flame and the Arrow, 1950), film d’aventures réalisé par Jacques Tourneur avec Burt Lancaster.

Le maccarthysme et l’exclusion des studios

L’engagement politique de Waldo Salt entraîne de graves conséquences professionnelles pendant la période des enquêtes anticommunistes américaines. Membre du Parti communiste des États-Unis depuis la fin des années 1930, il fait partie des scénaristes visés par les investigations de la commission des activités antiaméricaines de la Chambre des représentants, connue sous le sigle HUAC.

En 1951, il est convoqué dans le cadre de ces investigations portant sur les liens supposés entre l’industrie cinématographique et les organisations communistes. Son refus de coopérer avec les enquêteurs entraîne son inscription sur la liste noire d’Hollywood, qui prive de nombreux professionnels de contrats avec les grands studios.

À partir de cette période, Waldo Salt ne peut plus travailler ouvertement sous son nom dans les productions hollywoodiennes. Il connaît une longue interruption de ses crédits officiels au cinéma, alors que les studios évitent d’employer les personnalités concernées par les enquêtes politiques.

Pour continuer à exercer son métier, il utilise plusieurs pseudonymes, notamment Arthur Behrstock, M. L. Davenport et Mel Davenport. Il écrit des scénarios destinés à la télévision britannique, dont des épisodes des Aventures de Robin des Bois (The Adventures of Robin Hood), série diffusée à partir de 1955 avec Richard Greene dans le rôle principal.

Cette activité lui permet de conserver un revenu professionnel pendant une période de difficultés financières. Il travaille aussi sur des productions publicitaires et des projets télévisuels, loin des principaux studios qui l’employaient avant son inscription sur la liste noire.

Au début des années 1960, le producteur Harold Hecht contribue à son retour au cinéma en l’engageant sur Tarass Boulba (Taras Bulba, 1962), adaptation du récit de Nicolas Gogol réalisée par J. Lee Thompson. Waldo Salt partage le crédit du scénario avec Karl Tunberg. Cette production marque son retour à une activité officiellement reconnue sous son propre nom après plus d’une décennie d’exclusion.

Macadam Cowboy, le retour à la reconnaissance

La collaboration avec le réalisateur britannique John Schlesinger sur Macadam Cowboy (Midnight Cowboy, 1969) constitue une étape importante de la carrière de Waldo Salt. Le film adapte le roman homonyme de James Leo Herlihy, publié en 1965.

L’histoire suit Joe Buck, un jeune Texan interprété par Jon Voight, qui s’installe à New York dans l’espoir de gagner sa vie comme prostitué. Il se lie d’amitié avec Ratso Rizzo, un marginal malade incarné par Dustin Hoffman. Le récit aborde notamment les difficultés matérielles des personnages et leur relation dans un environnement urbain marqué par la pauvreté.

Waldo Salt travaille sur l’adaptation du roman avec John Schlesinger et le producteur Jerome Hellman. Il conserve les deux personnages centraux du livre, tout en élaborant une structure cinématographique qui intègre des souvenirs fragmentés et des séquences de fantasmes.

Le film reçoit un accueil critique important et remporte trois Oscars lors de la cérémonie de 1970, dont celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur. Waldo Salt obtient l’Oscar du meilleur scénario adapté, sa première récompense de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences.

Il reçoit également le BAFTA du meilleur scénario pour cette adaptation. Le succès du film lui apporte une nouvelle visibilité professionnelle, près de vingt ans après son exclusion de l’industrie cinématographique américaine.

Un travail consacré aux conflits sociaux et politiques

Parmi les collaborations importantes de Waldo Salt figure celle avec le réalisateur Sidney Lumet, qui lui confie l’écriture de Serpico (1973). Le scénario, adapté du livre de Peter Maas, est écrit avec Norman Wexler.

Le film retrace l’histoire de Frank Serpico, policier new-yorkais qui dénonce la corruption au sein du département de police. Le personnage est interprété par Al Pacino. Pour élaborer le scénario, Waldo Salt travaille à partir des événements rapportés dans le livre de Maas et de l’expérience du véritable Serpico.

La production lui vaut, avec Norman Wexler, une nomination à l’Oscar du meilleur scénario adapté en 1974. Le film reçoit également une nomination pour l’interprétation d’Al Pacino.

Waldo Salt retrouve ensuite l’univers littéraire de Nathanael West avec Le Jour du fléau (The Day of the Locust, 1975), réalisé par John Schlesinger. Il adapte le roman publié en 1939, consacré à Hollywood pendant les années de la Grande Dépression.

Le récit suit Tod Hackett, un jeune artiste travaillant dans l’industrie cinématographique, interprété par William Atherton. Le film met également en scène Donald Sutherland dans le rôle d’Homer Simpson et Karen Black dans celui de Faye Greener.

L’adaptation traite notamment des aspirations sociales de personnages installés à Los Angeles et de la violence collective décrite dans le roman. Waldo Salt avait personnellement connu l’industrie des studios pendant les années 1930, période dans laquelle se déroule l’œuvre de West.

Le Retour et un second Oscar

Avec Le Retour (Coming Home, 1978), réalisé par Hal Ashby, Waldo Salt participe à l’écriture d’un drame consacré aux conséquences de la guerre du Viêt Nam sur la société américaine.

Le scénario est développé à partir d’une histoire de Nancy Dowd, puis écrit par Waldo Salt et Robert C. Jones. Il suit Sally Hyde, interprétée par Jane Fonda, dont le mari, un officier des Marines joué par Bruce Dern, est envoyé au Viêt Nam. Pendant son absence, elle devient bénévole dans un hôpital accueillant des vétérans et noue une relation avec Luke Martin, ancien soldat paraplégique interprété par Jon Voight.

Le projet bénéficie notamment de l’engagement de Jane Fonda, qui participe à son développement en tant que productrice. Le film donne une place importante aux difficultés de réadaptation des anciens combattants et aux conséquences physiques de leurs blessures.

Lors de la 51e cérémonie des Oscars, en 1979, Le Retour reçoit huit nominations et remporte trois récompenses. Jane Fonda et Jon Voight sont distingués pour leurs interprétations, tandis que Waldo Salt, Robert C. Jones et Nancy Dowd remportent l’Oscar du meilleur scénario original.

Il s’agit du deuxième Oscar de Waldo Salt, après celui obtenu pour Macadam Cowboy. Son travail est également récompensé par la Writers Guild of America.

Une reconnaissance au sein de la profession

Dans les années 1980, Waldo Salt participe aux activités du Sundance Institute, fondé par Robert Redford pour soutenir le développement du cinéma indépendant américain.

Il intervient notamment comme conseiller artistique dans les ateliers de réalisation et de scénario organisés par l’institut. Ces rencontres permettent à de jeunes cinéastes de travailler leurs projets avec des professionnels expérimentés. Waldo Salt y partage son expérience de l’écriture cinématographique et accompagne plusieurs auteurs dans l’élaboration de leurs scénarios.

En 1986, la Writers Guild of America lui attribue le Laurel Award for Screenwriting Achievement, une distinction honorifique récompensant l’ensemble de son œuvre. Il reçoit ce prix quelques mois avant sa mort.

Son parcours est ensuite retracé dans le documentaire Waldo Salt: A Screenwriter’s Journey, réalisé par Robert Hillmann et Eugene Corr. Présenté en 1990, le film réunit notamment des témoignages de Dustin Hoffman et de Robert Redford. Il reçoit une nomination à l’Oscar du meilleur film documentaire en 1991.

Depuis 1991, le Festival du film de Sundance décerne le Waldo Salt Screenwriting Award, récompense attribuée à un scénario de long métrage américain présenté en compétition. Parmi les premiers lauréats figurent Joseph Vásquez pour Hangin' with the Homeboys et Hal Hartley pour Trust.

Vie familiale et dernières années

Waldo Salt se marie à quatre reprises. Sa première épouse est Ambur Dana, qu’il épouse en 1938. Leur mariage prend fin en 1941.

En 1942, il épouse Mary Davenport, également scénariste, avec laquelle il a trois enfants, dont Jennifer Salt, née en 1944, qui devient actrice et scénariste. Elle joue notamment dans Sœurs de sang (Sisters, 1972), réalisé par Brian De Palma, et participe plus tard à l’écriture du film Mange, prie, aime (Eat Pray Love, 2010), réalisé par Ryan Murphy.

Après son divorce avec Mary Davenport, Waldo Salt épouse Gladys Schwartz en 1969. Leur mariage se termine avec la mort de celle-ci en 1981.

Le 22 octobre 1983, il épouse la poétesse et dramaturge américaine Eve Merriam, auteure notamment de recueils de poésie destinés aux enfants et de textes pour le théâtre.

Waldo Salt meurt le 7 mars 1987, à l’âge de 72 ans, au Cedars-Sinai Medical Center de Los Angeles, des suites d’un cancer du poumon. Une cérémonie commémorative est organisée le 14 mars à la First Unitarian Church of Los Angeles.

Filmographie

  • Le retour
    Tout public

    1968, Bob Hyde, un capitaine de l’armée américaine, décide de se porter volontaire pour la guerre du Viêtnam. Sa femme, Sally, reste au pays. Afin de trouver un sens à sa vie, elle devient bénévole à l’hôpital des vétérans. Là-bas elle y rencontre Luke, un ancien combattant devenu tétraplégique. Sally apprend à le connaître et progressivement, tombe amoureuse de celui-ci. Pourtant lorsque Bob reviendra, elle devra faire un choix.

    1978 2h06 Scénario

  • Le Jour du fléau
    Interdit aux moins de 12 ans

    Hollywood, années 1930. Tod Hackett, un jeune peintre qui tente de trouver son chemin en tant que directeur artistique dans le monde rude de l’industrie cinématographique, tombe amoureux de sa voisine Faye Greener, une actrice en herbe qui préfère la vie que Homer Simpson, un comptable solitaire, peut lui offrir.

    1975 2h25 Scénario

  • Serpico
    Tout public

    Dans les années 70, Frank Serpico, un jeune policier, est fréquemment affecté à des missions d’infiltration dans le milieu de la drogue, où il fait ses preuves. Homme intègre, il refuse toutefois de céder aux tentatives de corruption auxquelles la plupart de ses collègues succombent. Lorsqu’il dénonce cette corruption, ses supérieurs tentent d’étouffer l’affaire. Mais Serpico ne renonce pas et parvient à faire mettre en place une commission d’enquête chargée d’examiner les pratiques au sein de la police. Il se heurte alors à l’hostilité ouverte de ses anciens amis…

    1973 2h10 Scénario

  • Macadam Cowboy
    Tout public

    Joe Buck, blond et beau gosse, quitte sa petite bourgade du Texas pour monter à New York, où il espère se faire entretenir par des femmes riches. Mais la dureté de la ville lui fait rapidement perdre ses illusions. Seul, sans un sou, il fait la connaissance de Ratso Rizzo, un petit Italien chétif, boiteux et tuberculeux. Parce que ce dernier a l’air encore plus seul que lui, Joe accepte de partager son appartement miteux. À l’opposé l’un de l’autre, ils partagent pourtant la même misère dans les bas-fonds new-yorkais, s’accrochant au même rêve : partir vivre sous le soleil de Floride…

    1969 1h48 Joe Pyne on TV Show (non-crédité) Scénario

  • Taras Bulba
    Tout public

    Taras, un paysan ukrainien, envoie son fils dans une école polonaise pour qu’il reçoive la meilleure formation chez ceux qui occupent son peuple et qu’il espère un jour renverser. Sur place, tout ne se passe pas comme prévu. Le fils tombe amoureux de la fille d’un noble polonais, une idylle mal perçue des deux familles.

    1962 1h59 Scénario

  • La Flèche et le Flambeau
    Tout public

    Lombardie, XIIe siècle. Dardo, un héros à la Robin des Bois, est accompagné de ses loyaux compagnons. Ensemble, ils installent leur quartiers dans les ruines d’une église et préparent une insurrection contre le tyrannique comte Ulrich, qui retient prisonnier le fils de Dardo.

    1950 1h30 Scénariste

Récompenses

4

nominations

3

victoires

  1. 1

    1979

  2. 1

    1974

  3. 2

    1970