Volker Bertelmann
- Sons
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 9 films |
| Récompenses | 4 nominations et 2 victoires |
Biographie
Volker Bertelmann, né le 11 octobre 1966 à Kreuztal, en Allemagne de l’Ouest, est un compositeur et musicien allemand, connu également sous son nom de scène Hauschka. Son style singulier, souvent basé sur le piano préparé, lui a permis de bâtir un pont entre la musique expérimentale contemporaine et le cinéma international. À la fois discret et incontournable, Volker Bertelmann est l’un de ces créateurs dont le travail s’infiltre subtilement dans l’imaginaire collectif, en particulier grâce à ses musiques de films.
Les débuts d’un musicien aux curiosités multiples
Avant de devenir compositeur de musique de film, Volker Bertelmann s’est aventuré sur des terrains musicaux très variés. Il commence le piano dès l’enfance, avec une formation classique, mais son intérêt pour l’expérimentation l’éloigne rapidement des sentiers traditionnels. Il se tourne vers les synthétiseurs, puis vers le hip-hop et l’électro dans les années 1990, multipliant les projets musicaux et les collaborations.
C’est dans les années 2000 que naît Hauschka, son alias artistique pour ses travaux solo autour du piano préparé. Il modifie littéralement l’instrument en y insérant des objets (morceaux de bois, gommes, pinces) afin d’en transformer le son. Ce procédé donne naissance à des textures sonores organiques, surprenantes, presque mécaniques, qui deviendront sa signature. Cette approche inclassable attire peu à peu l’attention des réalisateurs en quête de musiques non conventionnelles.
Une transition naturelle vers la musique de film
L’univers de Volker Bertelmann, à la fois intimiste et exploratoire, s’est avéré parfaitement compatible avec le langage cinématographique. Il commence à composer pour le cinéma dans les années 2010, d’abord sur des projets indépendants, avant de gagner en visibilité avec des films à plus large audience.
Un tournant majeur dans sa carrière se produit avec la bande originale du film Lion (2016), co-signée avec Dustin O’Halloran. Le duo est nommé à l’Oscar de la meilleure musique de film et remporte plusieurs prix pour cette composition à la fois émotive, épurée et profondément narrative. Ce succès propulse Volker Bertelmann dans une autre dimension, celle des compositeurs reconnus sur la scène internationale.
L’empreinte sonore de Volker Bertelmann dans le cinéma contemporain
Ce qui distingue Volker Bertelmann, c’est sa capacité à créer des ambiances émotionnelles fortes sans jamais recourir à l’esbroufe orchestrale. Il sait faire parler le silence, jouer avec les résonances et les matières, construire des tensions ou des mélancolies qui collent aux images sans les dominer. Son travail repose souvent sur une forme de retenue, de dépouillement, qui donne au récit une profondeur inhabituelle.
En 2022, il compose la bande originale du film À l’Ouest, rien de nouveau (Im Westen nichts Neues), adaptation allemande du célèbre roman pacifiste, réalisée par Edward Berger. La musique y tient un rôle essentiel, avec des nappes sonores sombres, un thème principal martelé par trois notes saturées, presque oppressantes. Ce travail puissant lui vaut l’Oscar de la meilleure musique de film en 2023, consacrant sa place parmi les grands compositeurs de cinéma contemporains.
Une approche musicale libre et artisanale
Malgré sa reconnaissance grandissante, Volker Bertelmann reste fidèle à une méthode artisanale, voire expérimentale, de la composition. Il continue de produire des albums sous le nom de Hauschka, mêlant musique néo-classique, ambient, électronique, et improvisation. L’idée de surprise, d’instabilité même, reste au cœur de sa démarche. Il ne cherche jamais à faire "joli", mais à produire un impact sensoriel et émotionnel.
Son goût pour les instruments préparés, les textures atypiques, les rythmes cassés ou les mélodies incomplètes, s’intègre dans une conception du son comme langage émotionnel brut. Pour Volker Bertelmann, la musique ne doit pas seulement accompagner l’image, elle doit la questionner, la prolonger, ou parfois la contredire. C’est ce qui donne à ses bandes originales une vraie densité artistique.