Vithaya Pansringarm
- Casting
Détails
| Autre nom | วิทยา ปานศรีงาม |
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Nationalité |
| Filmographie | 6 films |
Biographie
Vithaya Pansringarm, né le 11 septembre 1959 à Bangkok, en Thaïlande, est un acteur thaïlandais qui s’est fait connaître sur la scène internationale par son regard perçant, son calme troublant et sa capacité à incarner des personnages à la fois spirituels et terrifiants.
Bien que sa carrière au cinéma ait commencé relativement tard, Vithaya Pansringarm s’est rapidement imposé dans des rôles marquants, souvent dans des récits sombres où la frontière entre le bien et le mal est volontairement floue. Avec sa présence énigmatique et son jeu minimaliste mais puissant, il est devenu une figure singulière du cinéma asiatique contemporain, notamment à travers des collaborations remarquées avec des réalisateurs occidentaux.
Une trajectoire artistique atypique
Avant de devenir acteur, Vithaya Pansringarm mène une vie bien différente. Il étudie l’art graphique aux États-Unis, au New York Institute of Technology, et mène une carrière dans le design et les arts visuels. Il est aussi ceinture noire de kendo, un art martial japonais qu’il pratique à un niveau avancé, un détail qui n’est pas anodin, tant la discipline, la gestuelle et la rigueur de cette pratique semblent nourrir son jeu d’acteur.
Ce n’est qu’à partir de la cinquantaine qu’il se lance pleinement dans le cinéma, un tournant tardif mais significatif. Et lorsqu’il apparaît à l’écran, c’est comme s’il y avait toujours été : ses personnages semblent nés avec lui, portés par une gravité tranquille qui capte immédiatement l’attention.
Only God Forgives : la révélation internationale
Le rôle qui propulse Vithaya Pansringarm sur la scène internationale est celui du mystérieux policier justicier dans Only God Forgives (2013), film stylisé et ultra-violent de Nicolas Winding Refn, aux côtés de Ryan Gosling. Il y incarne Chang, un officier impassible, surnommé « l’ange de la vengeance », qui tranche littéralement, et moralement, entre justice divine et loi humaine.
Sa performance glaçante, presque muette, mais extraordinairement intense, fait sensation. Avec une poignée de répliques et un regard perçant, Vithaya Pansringarm imprime sa présence à chaque plan. Sa manière de bouger, de punir, de se tenir, évoque plus un moine-guerrier qu’un simple flic. Le film, très clivant, reçoit un accueil contrasté à Cannes, mais sa prestation reste unanimement saluée.
Ce rôle devient emblématique : Vithaya Pansringarm incarne le calme absolu, la discipline quasi mystique et une forme de violence transcendée par la morale. Une figure presque biblique, à la croisée du mythe et du polar.
Un acteur fidèle au cinéma thaïlandais indépendant
Si Only God Forgives a fait connaître Vithaya Pansringarm hors de Thaïlande, il n’en oublie pas pour autant son ancrage local. Il joue dans plusieurs films thaïlandais d’auteur ou de genre, dont The Last Executioner (2014), où il tient le rôle principal inspiré d’un véritable bourreau thaïlandais reconverti au bouddhisme. Le film explore les contradictions morales d’un homme entre karma, devoir et rédemption, un rôle taillé sur mesure pour l’acteur, qui reçoit pour cette performance le prix du meilleur acteur au Shanghai International Film Festival.
Il tourne également dans Patriotism (court-métrage), By the Time It Gets Dark de Anocha Suwichakornpong, ou encore Mechanic: Resurrection, où il croise Jason Statham, preuve de sa capacité à alterner entre cinéma indépendant et productions internationales musclées, sans perdre son identité.
Une aura spirituelle au service du jeu
L’un des éléments qui distinguent Vithaya Pansringarm de nombreux autres acteurs, c’est cette impression constante de maîtrise intérieure. Son jeu ne repose ni sur l’intensité émotionnelle démonstrative ni sur les effets faciles, mais sur une forme de concentration presque méditative. Il incarne des personnages qui parlent peu, agissent lentement, mais dont chaque geste semble chargé de sens.
Ce style très particulier, presque zen, donne à ses rôles une dimension spirituelle, voire philosophique. On sent chez lui une réflexion sur la justice, la violence, le bien et le mal, qui dépasse le cadre du scénario.
Une figure discrète mais respectée
Malgré sa reconnaissance internationale, Vithaya Pansringarm reste un homme discret, peu présent dans les médias ou sur les réseaux. Il continue à évoluer entre plusieurs mondes, le cinéma local, les projets internationaux, les arts martiaux, avec humilité et constance.
Il est aussi impliqué dans la scène artistique thaïlandaise au sens large, notamment en tant que président de l’Association thaïlandaise de kendo, ce qui en dit long sur sa fidélité à certaines valeurs : rigueur, transmission, respect.
Une présence magnétique, un cinéma à hauteur d’âme
Vithaya Pansringarm fait partie de ces acteurs qui n’ont pas besoin de longue filmographie pour imposer leur empreinte. Avec peu de mots et beaucoup de maîtrise, il est devenu une figure symbolique du cinéma thaïlandais, et au-delà, un acteur reconnaissable instantanément, même dans les rôles les plus secondaires.
Son visage inspire le mystère, sa voix le respect, et ses personnages invitent toujours à aller au-delà des apparences. Dans une industrie où l’intensité se mesure souvent au volume, Vithaya Pansringarm prouve que le silence peut parfois être l’arme la plus puissante.