Virginia Gregg
- Casting
Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Virginia Lee Gregg, née le 6 mars 1916 à Harrisburg (Illinois, États-Unis) et morte le 15 septembre 1986 à Encino (Californie), est une actrice américaine qui a traversé plus de quatre décennies de cinéma, de radio et de télévision. Si son nom ne résonne pas immédiatement pour le grand public, ses rôles, sa voix et sa présence, eux, ont marqué des générations de spectateurs. Et si vous avez frissonné devant Psychose, c’est (en partie) grâce à elle.
L’un de ses talents les plus impressionnants ? Être aussi crédible en mère possessive invisible qu’en infirmière compatissante ou en voisine suspicieuse. Une actrice aux multiples visages, souvent dans l’ombre, mais toujours là où il fallait.
Une carrière née dans le son avant l’image
Avant d’apparaître sur les écrans, Virginia Gregg a commencé sa carrière dans l’univers de la radio, un média dans lequel elle a excellé grâce à une voix souple, expressive, capable de jouer aussi bien la douceur que la tension. Dans les années 1940 et 1950, elle devient une habituée de séries radiophoniques très populaires, comme Dragnet, Yours Truly, Johnny Dollar ou Gunsmoke.
À une époque où la radio était l’un des piliers de la culture populaire américaine, Virginia Gregg s’impose comme une valeur sûre. Elle est souvent sollicitée pour incarner plusieurs rôles dans le même programme, grâce à sa capacité à moduler son jeu vocal avec une précision presque chirurgicale.
Une actrice de télévision omniprésente
Dès les années 1950, elle fait la transition vers la télévision, et là encore, sa régularité impressionne. On la retrouve dans des dizaines de séries phares de l’époque, parfois dans des rôles récurrents, souvent en “guest” de prestige.
Elle apparaît ainsi dans Perry Mason, Dragnet (la version télé cette fois), Gunsmoke, The Twilight Zone, Alfred Hitchcock Presents, The Rockford Files, ou encore Have Gun – Will Travel. Elle joue aussi bien des infirmières, des gouvernantes que des femmes mystérieuses ou sarcastiques. Elle est partout, souvent sans être identifiée, mais toujours juste.
Un peu comme une doublure de l’âme américaine dans ses heures sombres et ses petits drames du quotidien.
Le rôle invisible mais inoubliable dans Psychose
C’est sans doute là que le nom de Virginia Gregg mérite le plus de sortir de l’ombre. Car si Psychose (1960) est avant tout associé à Anthony Perkins, Janet Leigh et Alfred Hitchcock, la fameuse voix de "Mother", glaçante et déformée, n’est pas celle de Perkins… mais bien celle de Virginia Gregg (ainsi que deux autres actrices, mais c’est sa voix qui domine dans les scènes les plus mémorables).
Elle prête à cette figure invisible une présence redoutable. Et ce n’est pas tout : Virginia Gregg reprendra la voix de la mère de Norman Bates dans Psycho II (1983) et Psycho III (1986), devenant une constante, une sorte de fantôme auditif de la saga. Une performance unique en son genre : marquer le public sans jamais apparaître à l’écran.
Une carrière modeste, mais une maîtrise incontestable
Virginia Gregg ne fut jamais en haut de l’affiche, mais elle a cumulé plus de 200 rôles à la télévision et au cinéma. Elle était de ces comédiennes qu’Hollywood appelait pour sauver une scène, crédibiliser un dialogue ou apporter de la gravité en un regard.
Elle tourne aux côtés des plus grands, dans des films comme Love Is a Many-Splendored Thing ou Operation Petticoat, et continue à travailler sans relâche jusqu’à sa mort en 1986. Et même après, puisque sa voix fut utilisée une dernière fois, à titre posthume, dans les bonus d’une édition spéciale de Psycho.
Si elle ne figure pas souvent dans les livres d’histoire du cinéma, elle est pourtant l’un des piliers silencieux de cette époque où le jeu d’acteur passait aussi par les non-dits, les ombres et les silences.
Une présence rare, une voix mémorable
Virginia Gregg n’était pas une star hollywoodienne, ni une icône médiatique. Mais elle était une actrice accomplie, précise, profondément professionnelle. Son visage a traversé l’âge d’or de la télévision américaine, et sa voix, elle, est entrée dans la mémoire collective par une porte dérobée, celle de la peur, du doute et du malaise.
Finalement, elle est un peu comme son personnage dans Psychose : on ne la voit pas toujours, mais on n’oublie jamais qu’elle est là.