Viola Davis
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 24 films |
| Récompenses | 8 nominations et 2 victoires |
Biographie
Viola Davis est née le 11 août 1965 à Saint Matthews, en Caroline du Sud (États-Unis), dans une famille modeste. Américaine, elle a grandi principalement à Central Falls, dans le Rhode Island, un État qui marquera profondément sa trajectoire personnelle et artistique. Comédienne de théâtre, actrice de cinéma et de télévision, elle fait partie d’un cercle très restreint : celui des artistes ayant remporté un Oscar, un Emmy, un Tony et même un Grammy, ce qu’on appelle communément un EGOT. Une prouesse rare dans l’histoire du divertissement.
Une enfance marquée par l’adversité, et le théâtre comme refuge
Loin des strass et des tapis rouges, Viola Davis connaît une enfance difficile. La pauvreté, les logements insalubres, les humiliations racistes... Rien ne lui est épargné. Elle évoquera plus tard ces souvenirs douloureux avec une franchise bouleversante, notamment dans son autobiographie Finding Me. Très jeune, elle comprend que la comédie peut être bien plus qu’un métier : un moyen de survie, d’expression, d’émancipation.
Elle étudie à la Rhode Island College, puis poursuit sa formation à la Juilliard School, l’une des écoles d’art dramatique les plus exigeantes des États-Unis. Dès ses débuts, elle choisit des rôles intenses, profonds, souvent porteurs de conflits humains universels. Le ton est donné : Viola Davis ne sera pas une actrice de surface.
Le théâtre, un terrain d’excellence et de reconnaissance
C’est sur scène que Viola Davis forge son style. Sa voix, sa présence physique, son intensité émotionnelle lui valent une reconnaissance immédiate. Elle remporte son premier Tony Award en 2001 pour King Hedley II, puis un second en 2010 pour son interprétation bouleversante dans Fences de August Wilson. Sur les planches, elle excelle dans l’art du monologue tendu, du silence chargé de sens, du regard qui en dit long.
Le théâtre lui offre une liberté rare, loin des stéréotypes imposés aux actrices noires dans le cinéma américain. Une liberté qu’elle défendra ensuite avec une constance remarquable.
Une percée au cinéma, portée par des rôles puissants
Après plusieurs apparitions dans des seconds rôles marquants (Traffic, Solaris, Doute), c’est en 2011 que Viola Davis attire l’attention du grand public avec son rôle dans La Couleur des sentiments (The Help). Son interprétation d’Aibileen, une domestique dans l’Amérique ségrégationniste des années 60, lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Un rôle émouvant, mais pas sans controverse : l’actrice elle-même exprimera plus tard des réserves sur le point de vue adopté par le film.
En 2016, elle retrouve Fences, cette fois sur grand écran, face à Denzel Washington. Une performance saluée par la critique, qui lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Cette victoire fait d’elle la première femme noire à avoir remporté un Tony, un Emmy et un Oscar. Oui, ça commence à faire beaucoup de premières fois, et ce n’est pas un hasard.
La télévision et le rôle culte d’Annalise Keating
Si Viola Davis s’impose dans les salles obscures, c’est aussi sur le petit écran qu’elle marque durablement les esprits. Dans How to Get Away with Murder, elle campe Annalise Keating, avocate brillante et instable, aussi redoutée que vulnérable. Un rôle intense, riche en contradictions, qui lui permet de devenir la première actrice afro-américaine à remporter un Emmy Award dans la catégorie meilleure actrice dans une série dramatique.
Là encore, elle casse les codes : pas de stéréotype, pas d’image lisse, mais un personnage complexe, parfois dérangeant, toujours profondément humain. Viola Davis démontre qu’une femme noire peut porter une série, avec audace, sans concessions.
Un parcours entre cohérence artistique et engagement militant
Au fil des années, Viola Davis s’impose comme une voix qui compte à Hollywood. Elle dénonce publiquement les inégalités salariales, les rôles caricaturaux proposés aux actrices noires, et s’engage pour une meilleure représentation des minorités à l’écran. Elle cofonde JuVee Productions, une société de production centrée sur des histoires souvent invisibilisées, avec un mot d’ordre : montrer la complexité et la diversité des expériences afro-américaines.
Son engagement dépasse d’ailleurs le monde du cinéma. Elle soutient activement des initiatives contre la pauvreté et la faim infantile aux États-Unis. Sans faire de bruit, mais avec une détermination qui ne faiblit jamais.
Viola Davis, ou l’art de jouer sans détour
Dans ses rôles comme dans sa vie, Viola Davis évite la facilité. Elle privilégie les personnages marqués par l’épreuve, les récits qui remuent, les œuvres qui questionnent. De Ma Rainey's Black Bottom à Widows, de The Woman King à G20, elle incarne des figures puissantes, jamais idéalisées, toujours ancrées dans une réalité sociale forte.
Ce qui frappe chez Viola Davis, c’est ce mélange rare de maîtrise technique et d’authenticité brute. Elle joue avec les nerfs, les silences, les ruptures. Et ça fonctionne. Depuis longtemps, elle n’a plus rien à prouver, mais elle continue de surprendre.