Vincenzo Natali
- Réalisation
- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Vincenzo Natali, né le 6 janvier 1969 à Détroit, dans le Michigan, est un réalisateur, scénariste et storyboarder canadien, connu pour ses œuvres mêlant science-fiction, suspense psychologique et expérimentation narrative. Il détient la double nationalité américaine et canadienne, ayant grandi à Toronto, où il a aussi entamé sa carrière dans l’animation avant de passer à la réalisation.
Si son nom évoque immédiatement des récits labyrinthiques, confinés, et souvent vertigineux sur le plan mental, ce n’est pas un hasard. Dès ses débuts, Vincenzo Natali a imposé une signature visuelle et thématique singulière, dans la lignée de cinéastes comme David Cronenberg, Terry Gilliam ou encore Darren Aronofsky, avec cette obsession de l’esprit humain pris au piège, parfois dans une pièce, parfois dans une cellule, parfois dans son propre corps.
Cube, le film culte qui a lancé sa carrière
Tout commence en 1997 avec Cube, un film à petit budget qui devient instantanément un classique de la science-fiction indépendante. Le concept est simple, presque mathématique : un groupe de personnes se réveille dans un labyrinthe de pièces cubiques piégées, sans savoir comment ni pourquoi ils sont là. Ce qui aurait pu n’être qu’un jeu de massacre devient sous la direction de Vincenzo Natali une métaphore vertigineuse sur l’absurdité du système, la paranoïa et la logique froide qui broie l’individu.
Tourné avec des moyens limités (un seul décor, réutilisé avec des variations de lumière), Cube impressionne par sa maîtrise formelle et son climat anxiogène. Le film inspire plusieurs suites (auxquelles Vincenzo Natali ne participe pas directement) et conserve encore aujourd’hui un statut culte dans le cercle des amateurs de SF intelligente.
Explorateur de la frontière entre l’humain et l’inhumain
Après Cube, Vincenzo Natali poursuit dans la veine de la science-fiction conceptuelle. Il réalise Cypher en 2002, un thriller d’espionnage futuriste paranoïaque, puis Nothing en 2003, une comédie existentielle absurde où deux amis se retrouvent seuls dans un monde totalement vidé de matière, réduit au néant. Oui, littéralement : du blanc partout, et des dialogues grinçants.
Mais c’est en 2009 qu’il retrouve une certaine visibilité avec Splice, film de science-fiction hybride où il met en scène un couple de scientifiques (incarné par Adrien Brody et Sarah Polley) qui créent une forme de vie génétiquement modifiée, à la fois fascinante et inquiétante. Le film, mi-Frankenstein, mi-psychanalyse biologique, divise autant qu’il intrigue, mais il confirme le goût du réalisateur pour les récits où la frontière entre nature et création, humain et monstrueux, se brouille jusqu’au malaise.
Une trajectoire discrète mais influente dans les séries
À partir des années 2010, Vincenzo Natali s’oriente davantage vers la réalisation télévisuelle, un terrain de jeu idéal pour ses expérimentations visuelles et narratives. Il réalise des épisodes de séries ambitieuses comme Hannibal, Westworld, American Gods, The Strain, ou encore Locke & Key, souvent sur les segments les plus esthétiques ou conceptuellement osés.
Dans ces projets, il ne se contente pas de “faire le job” : il apporte une vraie vision de metteur en scène, avec des cadres sophistiqués, une attention particulière au rythme, et une constante recherche d’ambiguïté. On le sent toujours attiré par ce qui se joue derrière les apparences : l’identité, la mémoire, le pouvoir de l’imaginaire.
Fidèle à ses obsessions, même sur Netflix
En 2019, Vincenzo Natali adapte pour Netflix la nouvelle In the Tall Grass de Stephen King et Joe Hill, un récit où des personnages se retrouvent piégés dans un champ de hautes herbes... apparemment sans issue. Le film reprend certains motifs chers au réalisateur : l’enfermement, la désorientation, le temps qui se dilate, les liens familiaux déformés par l’environnement.
Ce n’est pas son film le plus acclamé, mais il montre que Vincenzo Natali continue de creuser les mêmes sillons, avec une fidélité qui force le respect. Il n’a pas cherché à devenir une star du cinéma hollywoodien, préférant s’ancrer dans un cinéma (et une télévision) d’auteur de genre, souvent exigeant, parfois austère, mais toujours pensé.
Filmographie
3 sur 3 films