Tsui Hark
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- Réalisation
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Détails
| Autres noms | 徐克 Tsui Man-Kong |
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Nationalité |
| Filmographie | 8 films |
Biographie
Tsui Hark, né le 15 février 1950 à Saïgon (aujourd'hui Hô Chi Minh-Ville, Vietnam), est un réalisateur, producteur et scénariste hongkongais qui a littéralement redéfini les contours du cinéma d'action asiatique. Considéré comme l’un des pionniers de la nouvelle vague hongkongaise dans les années 1980, Tsui Hark a imposé un style visuel audacieux, un rythme narratif frénétique et une manière bien à lui de mêler la tradition chinoise aux exigences du spectacle moderne.
Un parcours atypique entre exil, politique et cinéma
Né dans une famille chinoise au Vietnam, Tsui Hark quitte le pays pour Hong Kong à l’âge de 13 ans, avant de poursuivre ses études aux États-Unis, notamment à l’Université du Texas à Austin, puis à New York, où il baigne dans le cinéma expérimental, les mouvements politiques et l’effervescence artistique de l’époque. Cette immersion dans la contre-culture américaine marque profondément sa vision du cinéma.
De retour à Hong Kong dans les années 1970, Tsui Hark commence sa carrière dans la télévision, avant de se tourner vers le cinéma avec une ambition claire : secouer les conventions du film d’arts martiaux et redéfinir les standards esthétiques du genre.
La révolution visuelle et narrative des années 1980
Avec The Butterfly Murders (1979), son tout premier film, Tsui Hark annonce la couleur : une mise en scène inventive, un univers mystérieux, et une volonté de rompre avec les codes classiques. Mais c’est avec Zu: Warriors from the Magic Mountain (1983) qu’il frappe fort. Cette fresque fantastique et surnaturelle, influencée à la fois par le wu xia pian traditionnel et les effets spéciaux à la Star Wars, transforme la perception du cinéma d’action chinois.
Ce film marque également le début d’un style très personnel, souvent qualifié de baroque, où l’image explose, où le montage s’emballe, et où l’imaginaire dépasse souvent la logique. Si certains spectateurs sont déconcertés, beaucoup y voient une libération du langage cinématographique cantonnais.
Avec la création de sa société de production Film Workshop, Tsui Hark passe rapidement du statut de réalisateur visionnaire à celui de producteur-clef. Il produit plusieurs des plus grands succès du cinéma hongkongais des années 80 et 90, dont les premiers volets de A Chinese Ghost Story, réalisés par Ching Siu-tung, et The Killer, signé John Woo, autre figure de proue de l’époque.
La saga Il était une fois en Chine : un tournant historique
C’est en 1991 que Tsui Hark entame la saga Once Upon a Time in China (titre original : Wong Fei-hung), avec Jet Li dans le rôle principal. Le personnage de Wong Fei-hung, héros martial patriote, devient sous sa direction un symbole moderne d’identité chinoise. La mise en scène est nerveuse, les chorégraphies spectaculaires, et l’histoire mêle action, drame et enjeux historiques.
Le succès est immense, et le film relance la carrière de Jet Li tout en consolidant la place de Tsui Hark comme architecte d’un nouveau cinéma nationaliste et populaire. La saga compte plusieurs suites, toutes réalisées ou supervisées par lui, avec un mélange caractéristique de spectacle visuel, portée politique et théâtralité assumée.
Une parenthèse hollywoodienne et un retour mouvementé
Séduit par le potentiel d’un cinéma transfrontalier, Tsui Hark tente l’aventure américaine à la fin des années 1990, en réalisant deux films avec Jean-Claude Van Damme : Double Team (1997) et Knock Off (1998). Disons-le sans détour : le résultat est, au mieux, inégal. Entre incompréhension culturelle et contraintes hollywoodiennes, Tsui Hark peine à imposer sa vision, pourtant bien rodée à Hong Kong.
Ce détour américain ne nuit pas à sa réputation, mais il souligne que son style exubérant et très libre est peut-être mieux adapté aux structures asiatiques. De retour en Chine, il reprend les commandes de ses projets, avec une volonté renouvelée de moderniser le cinéma historique chinois.
Des années 2010 aux fresques numériques
Plus récemment, Tsui Hark s’est illustré avec des films mêlant grand spectacle et technologie de pointe, comme Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame (2010), qui donne naissance à une nouvelle saga. Ces films combinent enquête, arts martiaux, effets numériques et mythologie chinoise. Malgré une certaine complexité narrative, le succès est au rendez-vous.
On retrouve toujours chez lui cette obsession du mouvement, de la surenchère graphique, et d’un récit toujours plus labyrinthique. Les amateurs adorent, les critiques parfois moins, mais une chose est sûre : un film de Tsui Hark, on le reconnaît entre mille.
Une figure-clé du patrimoine cinématographique chinois
Avec une carrière qui s’étend sur plus de quarante ans, Tsui Hark a contribué à façonner le cinéma hongkongais dans ce qu’il a de plus inventif, de plus énergique, parfois même de plus fou. Il a lancé des carrières, transformé des genres, et influencé plusieurs générations de réalisateurs, en Asie comme en Occident.
À la fois expérimental et grand public, provocateur et patriote, Tsui Hark est un paradoxe ambulant, mais c’est précisément cette dualité qui fait de lui une figure aussi fascinante. Il ne fait jamais dans la demi-mesure. Chez lui, le cinéma est un art total, qui doit capter l’œil, secouer les nerfs et parfois même donner le tournis.
Qu’on aime ou qu’on résiste à son style, difficile de nier l’impact immense de Tsui Hark sur le paysage du cinéma asiatique contemporain. Un démiurge de la caméra, aussi à l’aise dans les câbles de ses scènes d’action que dans les méandres de l’histoire chinoise.
Filmographie
8 sur 8 films