Tsai Chin
- Casting
Détails
| Autre nom | 周采芹 |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 8 films |
Biographie
Tsai Chin, née le 30 septembre 1936 à Shanghai, Chine, est une actrice, chanteuse et enseignante sino-britannique dont la carrière traverse plus de six décennies, couvrant aussi bien le théâtre londonien, le cinéma hollywoodien, que les films d’auteur chinois. Elle est l’une des premières artistes chinoises à s’être imposée sur la scène occidentale sans renier ses origines, avec un parcours où se croisent Shakespeare, James Bond, comédie musicale, et cinéma indépendant. Une véritable pionnière des échanges culturels Est-Ouest, encore active aujourd’hui malgré les années.
Une jeunesse à Shanghai, un père acteur célèbre
Tsai Chin naît dans une famille très marquée par le théâtre. Son père, Zhou Xinfang, est une légende de l’opéra de Pékin, considéré comme l’un des plus grands maîtres du genre. Elle grandit dans un environnement artistique riche mais aussi dans une Chine en transition, marquée par la guerre, le colonialisme, puis la révolution.
Dans les années 1950, elle quitte la Chine pour étudier l’art dramatique à Londres, devenant l'une des premières femmes chinoises admises à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA). À une époque où les rôles asiatiques à l’écran sont rares, et souvent caricaturaux —, elle décide de construire une carrière en défiant les stéréotypes.
Pionnière sur scène et à l’écran en Occident
Dans les années 1960, Tsai Chin devient célèbre en Grande-Bretagne grâce à son rôle principal dans la comédie musicale The World of Suzie Wong, qui la rend célèbre dans le West End. Bien qu’aujourd’hui critiquée pour son exotisme, l’œuvre reste à l’époque l’un des rares rôles principaux accordés à une femme asiatique sur une grande scène occidentale.
Elle poursuit avec Shakespeare, jouant notamment Juliette, Lady Macbeth, et Cleopatra, devenant la première actrice asiatique à incarner ces personnages sur une scène britannique. Cette performance d’actrice classique dans un corps « non conforme » (selon les critères de l’époque) ouvre la voie à toute une génération.
Elle apparaît également dans deux films de James Bond : You Only Live Twice (1967), dans un rôle très secondaire, puis plus tard dans Casino Royale (2006), cette fois dans un tout autre registre. On la voit aussi dans The Joy Luck Club (1993), Memoirs of a Geisha (2005), Red Corner, ou encore Now You See Me 2. À chaque fois, elle donne corps à des personnages chinois marqués par le destin, mêlant tradition, douleur et sagesse.
Une actrice qui jongle entre les cultures
Ce qui rend le parcours de Tsai Chin si singulier, c’est qu’elle a toujours su naviguer entre plusieurs mondes : celui du théâtre britannique classique, celui du cinéma américain, et celui, plus intime, du cinéma chinois ou sino-américain. Sa voix, son regard, sa présence, traduisent une forme de dignité tranquille, souvent utilisée pour incarner des figures de mères, de guides, ou de survivantes.
Elle a aussi joué dans Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings (2021), preuve que même à plus de 80 ans, Tsai Chin reste une actrice recherchée, surtout lorsqu’il s’agit de représenter la mémoire et l’héritage culturel dans les récits contemporains.
Une pédagogue respectée et une mémoire vivante
En parallèle de sa carrière d’actrice, Tsai Chin a enseigné l’art dramatique, notamment aux États-Unis, où elle a formé de nombreux comédiens. Elle est également autrice, avec une autobiographie intitulée Daughter of Shanghai, dans laquelle elle retrace son parcours, entre traditions familiales, exil, et obstacles professionnels.
Son rôle dans la culture ne se limite pas à ses performances : elle est un pont vivant entre les cultures, entre les générations, entre deux visions du monde. Et c’est peut-être là sa plus grande force.