Tómas Lemarquis
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Tómas Lemarquis est né le 3 août 1977 à Reykjavík, en Islande. Son nom est peut-être moins familier du grand public que celui des grandes stars hollywoodiennes, mais son visage, lui, est inoubliable. Chauve, regard perçant, traits presque sculptés dans la glace, il dégage une aura singulière, presque intemporelle, qui lui a valu d’être souvent choisi pour des rôles atypiques, mystérieux ou marginalement puissants.
Il est le fils d’un père français, Gérard Lemarquis, professeur de littérature, et d’une mère islandaise. Ce métissage culturel se retrouve dans son parcours comme dans sa manière d’aborder son métier : à la fois cérébral, poétique et viscéralement libre. Il parle d’ailleurs couramment plusieurs langues, dont l'islandais, le français, l’allemand et l’anglais, ce qui lui a ouvert les portes de nombreuses productions européennes et internationales.
Une formation entre l’Islande et la France, pour une carrière nomade
Tómas Lemarquis a commencé ses études de théâtre en Islande avant de rejoindre la prestigieuse CNSAD (Conservatoire national supérieur d’art dramatique) à Paris. C’est là qu’il affine son approche du jeu, dans une tradition théâtrale plus structurée, plus exigeante, mais sans jamais renier sa singularité. Très vite, il comprend que son apparence physique et sa sensibilité artistique ne le destineront pas aux rôles conventionnels. Tant mieux : il n’a jamais cherché à l’être.
Sa percée internationale a lieu avec le film Nói albínói, réalisé par Dagur Kári en 2003. Il y incarne un adolescent introverti, marginalisé dans un village reculé d’Islande, coincé entre un quotidien glacial et des rêves d’ailleurs. Ce rôle emblématique, presque fantomatique, le révèle au public comme un acteur capable de dégager une émotion brute, tout en laissant flotter un voile de mystère. On le compare alors à un être venu d’un autre monde, et il faut avouer que le qualificatif n’est pas tout à fait exagéré.
Une filmographie cosmopolite, souvent à la frontière du fantastique
Après Nói albínói, Tómas Lemarquis ne rentre pas dans le rang. Il enchaîne des projets très variés, souvent dans des registres sombres ou énigmatiques. Il tourne en Allemagne, en France, en Autriche, et même à Hollywood, apparaissant dans des films comme Snowpiercer de Bong Joon-ho ou X-Men: Apocalypse, où il interprète le mutant Caliban. Sa présence à l’écran, même dans des seconds rôles, capte toujours l’attention : on ne le regarde pas simplement, on l’observe, comme une énigme en mouvement.
Ce goût pour l’étrangeté ne tient pas qu’à son physique. Tómas Lemarquis choisit des projets qui questionnent, qui dérangent parfois, mais toujours avec un certain raffinement. Il évite les facilités narratives, privilégie les univers décalés, les personnages en marge, souvent confrontés à des dilemmes moraux ou existentiels. Sa carrière ressemble ainsi à un voyage artistique plus qu’à une course au succès.
Un acteur aussi discret que profondément ancré dans l’art
Dans la vie comme à l’écran, Tómas Lemarquis cultive une certaine discrétion. Il n’est pas de ceux qui remplissent les pages des magazines people. Il préfère la retraite artistique aux projecteurs tapageurs, et garde un lien fort avec l’Islande, qu’il considère comme un refuge créatif, presque spirituel. Il médite, lit beaucoup, et évoque souvent sa vision du monde avec une sensibilité qui rappelle davantage un poète qu’un acteur mainstream.
Il s’intéresse aussi à l’art contemporain, à la philosophie orientale, à la musique expérimentale. Autant d’influences qui nourrissent sa manière d’habiter un rôle. Il ne "joue" pas un personnage au sens classique ; il incarne, il canalise, il transpose. C’est sans doute ce qui donne cette étrangeté à ses performances : l’impression qu’il se connecte à quelque chose de plus large, presque métaphysique.
Tómas Lemarquis n’est pas un acteur qu’on classe facilement. Il ne suit pas les sentiers battus du cinéma commercial, mais tisse sa propre voie, exigeante, énigmatique, souvent fascinante. Un artisan de l’invisible, dirait-on, qui préfère les rôles troublants aux feux de la rampe.
Et si son nom ne figure pas en lettres capitales sur les affiches, son image, elle, continue de hanter les spectateurs longtemps après la fin du film. Ce n’est pas si mal, comme forme d’éternité.