Tom Waits
- Casting
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 11 films |
| Récompense | 1 nomination et 0 victoire |
Biographie
Tom Waits est né le 7 décembre 1949 à Pomona, en Californie, aux États-Unis. Son nom complet est Thomas Alan Waits. S’il fallait lui coller une étiquette, ce serait peine perdue : Tom Waits est à la fois chanteur, compositeur, acteur, poète, bricoleur sonore et conteur de l’étrange.
Depuis ses débuts dans les années 1970, il a construit une œuvre qui semble toujours en décalage avec les modes, mais dont l’empreinte est partout, surtout chez ceux qui aiment les choses un peu cabossées.
Avec sa voix rocailleuse, ses textes qui sentent le whisky et les rues humides, ses personnages de paumés magnifiques et ses arrangements souvent improbables, Tom Waits a su bâtir un univers unique. On pourrait le croire sorti d’un vieux roman de Charles Bukowski, ou d’un bar à demi réel au fond d’un rêve américain qui s’est mal terminé. Et pourtant, rien n’est laissé au hasard chez lui.
Premiers pas dans le brouillard poétique
Les débuts de Tom Waits remontent au début des années 1970. Il fréquente les clubs de Los Angeles, traîne du côté de la scène folk, jazz et beat, avec un goût prononcé pour les atmosphères nocturnes et les récits à la première personne. Son premier album, Closing Time (1973), révèle une sensibilité déjà singulière, quelque part entre ballade mélancolique et croquis de fin de nuit. Il ne ressemble pas encore à l’ogre de foire sonore qu’il deviendra, mais la poésie est déjà là.
Pendant la décennie suivante, il affine un style de plus en plus narratif, parfois jazzy, parfois cabaret, toujours peuplé de perdants magnifiques. Les albums The Heart of Saturday Night, Small Change ou Blue Valentine installent sa légende d’auteur-compositeur à part. À cette époque, Tom Waits est souvent comparé à un croisement entre Bob Dylan et Charles Bukowski, avec un piano en plus et un cigare au coin de la bouche.
Virage expérimental et transformation artistique
Le grand tournant se produit au début des années 1980, lorsqu’il rencontre Kathleen Brennan, qui deviendra sa femme, muse et collaboratrice musicale. C’est elle qui l’encourage à rompre avec les formats traditionnels et à explorer un son plus brut, plus théâtral, presque surréaliste. Ensemble, ils co-écrivent des albums qui deviennent des jalons dans la musique alternative : Swordfishtrombones (1983), Rain Dogs (1985), Frank’s Wild Years (1987).
À ce moment-là, Tom Waits abandonne les ballades jazzy pour des instruments faits maison, des percussions métalliques, des sons d’usine, des rythmes brinquebalants. Il crée un univers sonore baroque, parfois dissonant, toujours habité. Le tout est traversé par des personnages à la frontière entre le réel et le grotesque, quelque part entre le cirque et le cauchemar tendre. C’est un virage qui aurait pu le marginaliser. Il devient au contraire une référence incontournable de la musique expérimentale.
Un acteur insaisissable, fidèle à son esprit d’outsider
Parallèlement à sa carrière musicale, Tom Waits se fait régulièrement acteur, avec un style qui colle à son image : à l’écart des projecteurs, mais toujours marquant. Il tourne sous la direction de Francis Ford Coppola, Jim Jarmusch, Robert Altman, Terry Gilliam, ou encore The Coen Brothers. Ses rôles ne sont jamais conventionnels : un DJ nocturne dans Down by Law, un vagabond philosophique dans The Fisher King, un pistolero étrange dans The Ballad of Buster Scruggs.
Il ne cherche jamais à “jouer”, au sens hollywoodien du terme. Il est, tout simplement. Et c’est ce qui le rend crédible. Son physique, sa voix, son regard fatigué, tout contribue à cette aura de personnage échappé d’un monde parallèle, où le bizarre est normal et la poésie une forme de survie.
Un poète du désordre, toujours insaisissable
Tom Waits ne donne presque jamais d’interviews. Il cultive la rareté, fuit les plateaux télé, et préfère laisser ses chansons parler pour lui. Il n’a jamais vraiment cherché la célébrité, ce qui explique sans doute pourquoi elle lui colle à la peau. Son influence est immense, de Nick Cave à Radiohead, de PJ Harvey à Scarlett Johansson (qui lui a même dédié un album entier de reprises).
Il a reçu une nomination aux Oscars pour une chanson coécrite avec Kathleen Brennan, et a été introduit au Rock and Roll Hall of Fame en 2011. Mais là encore, il accepte les honneurs avec détachement, presque à reculons, comme s’il n’avait jamais voulu être là — mais qu’il était venu quand même, par curiosité.
Son œuvre ne suit aucune ligne droite. Elle est faite de ruelles, de ruines, de réinventions constantes. Même ses albums les plus récents, comme Real Gone ou Bad as Me, continuent de surprendre, de dérouter, de faire vibrer un coin de l’âme qu’on pensait éteint.