Ticky Holgado

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Détails

Autre nom Joseph Holgado
Âge
Nationalité
Filmographie 11 films

Biographie

Ticky Holgado, né Joseph Holgado le 24 juin 1944 à Toulouse (France), s’est éteint le 22 janvier 2004 à Paris, à l’âge de 59 ans. Son visage, son accent chantant du sud-ouest et sa présence à la fois fantasque et attendrissante en ont fait une figure incontournable du cinéma français des années 1990.

Ticky Holgado, ce n’était pas une star au sens traditionnel du terme, mais un de ces comédiens qu’on reconnaît immédiatement, qu’on aime instinctivement, et dont la disparition laisse un vide bien réel dans le paysage du septième art hexagonal. Avant d’apparaître sur les écrans, Ticky Holgado a eu mille vies, ou presque. Il fut musicien, agent d’artistes, roadie pour Claude François, homme de l’ombre dans l’univers du spectacle, avant de finalement se tourner vers ce qui allait devenir son terrain d’expression le plus naturel : le cinéma.

Des débuts discrets, une montée progressive

C’est au tournant des années 1980 que Ticky Holgado entame sa carrière d’acteur, d’abord dans de petits rôles, souvent anecdotiques, mais toujours habités. Son physique singulier, petit, le regard vif, le cheveu en bataille, et sa gouaille naturelle en font rapidement un personnage à part. Il n’a pas besoin d’en faire trop : un mot bien placé, une attitude un peu décalée, et le personnage existe immédiatement.

C’est dans les années 1990 qu’il explose vraiment aux yeux du grand public, grâce à sa collaboration avec Gérard Jugnot dans Une époque formidable... (1991). Dans ce film, Ticky Holgado campe un SDF au grand cœur, entre humour tendre et mélancolie crue. Son interprétation lui vaut une nomination au César du meilleur second rôle masculin, et confirme qu’il est bien plus qu’un simple amuseur.

Une signature dans le cinéma français des années 90

De là, les rôles s’enchaînent, souvent dans des comédies, mais pas seulement. Il devient l’un des visages fétiches du duo Jean-Pierre Jeunet / Marc Caro, qui l’intègrent à leur univers étrange et poétique. On le retrouve dans Delicatessen (1991), La Cité des enfants perdus (1995), et plus tard, dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001), où il incarne Lucien, un personnage doux et maladroit, dans un monde un peu trop dur pour lui.

Ticky Holgado, c’est aussi l’art de s’imposer en quelques scènes, sans jamais écraser ses partenaires. Il a souvent été le comparse, le confident, l’ami fidèle ou l’élément comique d’un récit plus sérieux, mais il le faisait avec une telle justesse qu’il parvenait toujours à capter l’attention.

Sa filmographie regorge de pépites où il apporte cette chaleur humaine unique : Le bonheur est dans le pré, Le petit Poucet, Le Jaguar, Gazon maudit, ou encore Monsieur Batignole. Il tournait avec des réalisateurs aux styles très différents, et s’intégrait partout avec la même sincérité.

Un comédien de la marge, mais jamais marginal

Ce qui rend Ticky Holgado si attachant, c’est probablement ce mélange entre dérision, tendresse et gravité. Il n’était pas là pour faire rire à tout prix, même si l’humour faisait partie de son ADN. Il savait aussi évoquer la solitude, l’échec, les blessures de la vie. Beaucoup de ses personnages étaient cabossés, mais dignes. Il aimait les anti-héros, les rêveurs, les paumés qu’on regarde d’abord avec condescendance, mais qu’on finit toujours par aimer.

Jamais dans la compétition, jamais dans l’ego, Ticky Holgado était un artisan de son art. Il arrivait sur un tournage pour faire son travail, sans prétention. Et pourtant, il laissait systématiquement une empreinte.

Une fin de vie marquée par la maladie… et le courage

Atteint d’un cancer du poumon, Ticky Holgado s’est battu pendant plusieurs années contre la maladie. Il a continué à jouer malgré la fatigue, luttant avec dignité, sans chercher à cacher sa fragilité. Son dernier rôle notable, dans Les clefs de bagnole (2003), est un clin d’œil à sa propre image, entre autodérision et adieu voilé.

Peu avant sa mort, il a adressé un message public contre le tabac, publié dans Le Parisien, où il évoquait sa maladie avec une franchise rare. Ce témoignage a marqué les esprits, tant il était touchant de voir cet acteur si pudique, si peu enclin à se mettre en avant, livrer une parole aussi personnelle.

Il s’est éteint en janvier 2004, laissant derrière lui une filmographie dense, une popularité sincère, et une immense affection du public.

Ticky Holgado, ou l’art d’être essentiel sans le revendiquer

Aujourd’hui encore, Ticky Holgado fait partie de ces visages qu’on ne peut pas oublier. Il n’a jamais cherché la reconnaissance à tout prix, n’a jamais surjoué son personnage, mais il a su trouver sa place dans le cœur du public. Il était ce genre de comédien qui rend un film plus vivant, plus humain, simplement par sa présence.

Avec son accent chantant, sa manière de parler un peu décalée, sa petite silhouette nerveuse et son regard pétillant, Ticky Holgado a incarné un cinéma populaire sincère, généreux, parfois maladroit, mais profondément humain.

Et c’est sans doute pour ça qu’il reste, encore aujourd’hui, l’un des seconds rôles les plus aimés du cinéma français. Parce que parfois, il suffit d’un pas de côté pour occuper toute la scène.

Filmographie

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