Thomasin McKenzie
- Casting
Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Thomasin McKenzie, née le 26 juillet 2000 à Wellington, en Nouvelle-Zélande, est une actrice révélée par des rôles subtils, puissants et toujours ancrés dans une profonde sensibilité.
Issue d’une famille très ancrée dans le monde artistique (sa mère, Miranda Harcourt, est actrice et coach d’acteurs, et sa grand-mère, Kate Harcourt, est une figure majeure du théâtre néo-zélandais), Thomasin McKenzie a baigné très tôt dans l’univers de la scène et du jeu.
Mais malgré cet héritage, rien n’a été précipité dans son parcours. Elle débute doucement, avec des rôles à la télévision néo-zélandaise et dans quelques courts-métrages, avant de se faire remarquer dans des productions locales. Très vite, son regard intense, sa diction posée et son jeu tout en intériorité attirent l’attention bien au-delà des frontières de son pays natal.
Et comme souvent avec les talents venus de Nouvelle-Zélande, c’est à l’international que le vrai tournant se produit.
Leave No Trace : un rôle fondateur et une reconnaissance critique
La révélation mondiale de Thomasin McKenzie arrive en 2018 avec Leave No Trace, film indépendant réalisé par Debra Granik. Elle y incarne Tom, une adolescente vivant à la marge de la société avec son père vétéran, interprété par Ben Foster. Le film, minimaliste, sans effets de manche, repose presque entièrement sur la relation entre ces deux personnages, et c’est la performance de Thomasin McKenzie qui attire l’attention des critiques.
Son jeu, d’une rare justesse, capte parfaitement les tensions silencieuses d’une jeune fille en quête d’un équilibre entre loyauté familiale et besoin d’émancipation. Sans jamais surjouer l’émotion, elle incarne avec une précision troublante la transition entre l’enfance et l’autonomie. Le film devient un succès critique, et Thomasin McKenzie est propulsée comme l’un des visages prometteurs du cinéma d’auteur.
Ce rôle fondateur devient une sorte de manifeste de son approche du jeu : intériorité, sobriété, mais puissance émotionnelle indéniable.
Une filmographie à contre-courant des parcours classiques
Loin de céder à la facilité après ce succès initial, Thomasin McKenzie fait des choix de carrière audacieux, souvent ancrés dans des univers denses, exigeants et profondément humains. Elle apparaît dans Jojo Rabbit (2019), la comédie dramatique satirique de Taika Waititi, où elle joue Elsa, une jeune fille juive cachée dans les murs d’une maison nazie. Le film, à l’humour noir assumé, est aussi une parabole sur l’innocence confrontée à l’idéologie. Et une fois de plus, Thomasin McKenzie y insuffle une douceur grave, une résistance tranquille.
On la retrouve ensuite dans True History of the Kelly Gang (2020), aux côtés de George MacKay, puis dans The King (Netflix), où elle incarne la princesse Catherine de Valois, un rôle plus court mais qui lui permet de faire entendre une autre voix féminine, dans un monde largement dominé par les figures masculines de pouvoir.
Ses choix détonnent par leur cohérence : elle privilégie les récits intimes, les personnages ambigus, les atmosphères complexes, et évite soigneusement les films purement commerciaux. Ce n’est pas une actrice qui cherche la visibilité à tout prix, mais la densité dramatique.
Last Night in Soho : virage stylisé sous la direction d’Edgar Wright
En 2021, Thomasin McKenzie change légèrement de registre avec Last Night in Soho, thriller psychologique à l’esthétique rétro signé Edgar Wright. Elle y incarne Eloise, une étudiante en mode à Londres, qui vit des visions obsédantes d’un passé mystérieux lié à une jeune femme des années 1960. Le film, entre rêve et cauchemar, se joue des frontières du réel et permet à Thomasin McKenzie de naviguer dans un registre plus stylisé, presque onirique.
Son interprétation y est encore une fois saluée, notamment pour sa capacité à incarner la fragilité sans jamais la réduire à de la passivité. Dans ce récit de hantise psychologique et de violence sous-jacente, elle reste l’ancrage émotionnel du spectateur. Et si le film divise sur le plan critique, la performance de Thomasin McKenzie fait l’unanimité.