Terry Richards
- Casting
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 5 films |
Biographie
Terry Richards, né le 2 novembre 1932 à Walworth, dans le sud de Londres (Royaume-Uni), et décédé le 14 juin 2014, est un cascadeur et acteur britannique dont le nom est peut-être inconnu du grand public, mais dont la silhouette a traversé des décennies de cinéma d’action.
Il fait partie de ces figures de l’ombre qui donnent corps aux grandes scènes sans prononcer un mot, mais sans qui les héros ne seraient pas aussi héroïques. Le plus ironique ? Le moment le plus célèbre de sa carrière est aussi le plus bref : abattu en un seul coup de revolver par Indiana Jones, sans même avoir le temps d’utiliser son immense sabre. Une séquence culte, un accident de tournage... et une immortalisation inattendue.
Un ancien militaire passé maître des scènes d’action
Avant de devenir l’un des cascadeurs les plus demandés du Royaume-Uni, Terry Richards a servi dans l’armée britannique, notamment au sein de la Welsh Guards, ce qui lui confère une rigueur physique et une discipline précieuse dans le métier très exigeant des cascades.
Il entre dans l’univers du cinéma dans les années 1950, à une époque où les cascadeurs sont encore vus comme de simples exécutants, sans les protections modernes ni la reconnaissance actuelle. Terry Richards, avec son gabarit imposant (près d’1m90), sa maîtrise des armes et son aisance physique, se fait rapidement une place parmi les professionnels du métier.
Il collabore avec les plus grands noms de l’époque, tout en restant, comme le veut la tradition des cascadeurs, à l’arrière-plan, doublant les stars ou jouant les méchants à abattre.
Une carrière discrète mais omniprésente dans les grands films d’action
On ne compte plus les films dans lesquels Terry Richards est apparu. Il a participé à plus de 100 productions, parmi lesquelles Star Wars, James Bond, The Wild Geese, The Dirty Dozen, Robin Hood: Prince of Thieves, Zulu, ou encore Highlander.
Il a doublé ou combattu à l’écran des icônes comme Sean Connery, Roger Moore, Christopher Lee ou Harrison Ford. Et souvent, c’était lui qui tombait, sautait, explosait ou se faisait assommer. Un acteur au corps engagé, littéralement.
Il est l’un des rares cascadeurs à avoir travaillé sur neuf films de la saga James Bond, incarnant à chaque fois des adversaires différents, souvent éliminés dans l’élégance virile propre à l’agent 007. Une forme de constance dans la défaite... mais avec style.
La scène culte d’Indiana Jones, ou l’art d’être coupé... pour l’éternité
C’est en 1981, dans Indiana Jones and the Raiders of the Lost Ark, que Terry Richards devient (sans le savoir) une légende du second plan. Il incarne le redoutable épéiste du Caire, vêtu de noir, sabre menaçant à la main, qui provoque Indiana Jones dans une scène censée être un long duel chorégraphié.
Mais ce jour-là, Harrison Ford est malade, victime d’une intoxication alimentaire, et incapable de jouer la scène telle qu’elle était prévue. Spielberg improvise alors un gag visuel : au lieu de se battre, Indiana sort son revolver et abat d’un seul coup l’ennemi gesticulant.
Résultat : un plan culte, devenu un des moments les plus repris de la saga, et une apparition de Terry Richards passée à la postérité… précisément parce qu’elle fut abrégée.
Un homme de l’ombre respecté par toute l’industrie
En dehors des plateaux, Terry Richards était connu pour sa fiabilité, son calme et son professionnalisme. Dans un métier dangereux, où la précision est vitale, il a su s’imposer comme une référence. Il a également été membre fondateur de la Stunt Register britannique, une organisation visant à encadrer le métier de cascadeur au Royaume-Uni.
S’il ne courait pas après la célébrité, il n’était pas indifférent à la reconnaissance. Et avec le recul, son nom est désormais associé à une époque du cinéma d’action plus physique, plus brut, mais incroyablement marquante.
Terry Richards, le méchant parfait qu’on adorait voir perdre
Terry Richards n’a jamais eu le rôle principal, ni même les honneurs des génériques en haut de l’affiche. Mais il a été ce visage familier de l’adversaire coriace, cet homme de main trop sûr de lui, ce cascadeur invisible et essentiel.
Il appartient à cette catégorie de professionnels du cinéma dont le métier est de tomber avec panache, de se relever sans plainte, et de recommencer jusqu’à ce que la prise soit parfaite. Et si son apparition la plus célèbre a duré moins de dix secondes, Terry Richards a passé des décennies à faire vivre les scènes que le public n’oublie jamais.
Un géant discret, tombé mille fois... pour que le spectacle tienne debout.