Tatsuya Nakadai

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Détails

Autre nom 中代達矢
Âge
Nationalité
Filmographie 3 films

Biographie

Tatsuya Nakadai, né le 13 décembre 1932 à Tokyo et décédé le 8 novembre 2025, était l’un des plus grands acteurs japonais du XXe siècle, à la carrière d’une richesse exceptionnelle. Acteur fétiche d’Akira Kurosawa, Masaki Kobayashi ou encore Kihachi Okamoto, Tatsuya Nakadai s’est imposé dès les années 1950 comme un interprète intense, élégant et caméléon, capable d’incarner aussi bien des samouraïs stoïques que des figures modernes rongées par le doute, la violence ou l’absurdité du monde. Sa filmographie, qui traverse toutes les grandes périodes du cinéma japonais d’après-guerre, est un panorama vivant de l’histoire cinématographique japonaise, dans lequel Tatsuya Nakadai occupe une place centrale aux côtés d’acteurs comme Toshiro Mifune ou Chishû Ryû.

Un début de carrière inattendu dans le Japon d’après-guerre

La trajectoire de Tatsuya Nakadai débute un peu par hasard : vendeur dans un magasin, il est repéré en 1953 par un assistant de production alors qu’il n’a reçu aucune formation formelle. Il entre alors dans le milieu du théâtre et du cinéma par la petite porte, mais ses traits expressifs, son regard perçant et sa présence physique subtile attirent vite l’attention.

Son premier rôle à l’écran, bien qu’anecdotique, se trouve dans Les Sept Samouraïs (1954) d’Akira Kurosawa, un détail ironique, puisque le film deviendra un classique planétaire, et que Nakadai deviendra lui-même un acteur majeur du cinéma de samouraï, sans avoir de rôle significatif dans ce film-là.

Mais tout s'accélère quand Masaki Kobayashi lui offre le rôle principal dans la trilogie La Condition humaine (1959–1961), une fresque épique sur les atrocités de la guerre, le totalitarisme et les dilemmes moraux. Cette trilogie révèle Tatsuya Nakadai comme un acteur dramatique d’exception, capable d’incarner la complexité d’un homme ordinaire confronté à des choix impossibles.

L’acteur de tous les grands maîtres japonais

Au fil des décennies, Tatsuya Nakadai devient l’un des rares acteurs à travailler avec tous les grands réalisateurs japonais de l’après-guerre : Akira Kurosawa, Masaki Kobayashi, Hiroshi Teshigahara, Kihachi Okamoto, Kon Ichikawa, Mikio Naruse, Hideo Gosha, et d’autres encore. Cette diversité de collaborations témoigne d’une souplesse rare, mais aussi d’une profondeur de jeu qui séduit les cinéastes les plus exigeants.

Avec Kobayashi, il tourne plusieurs œuvres majeures, dont Harakiri (1962), film brutal, épuré, glaçant, dans lequel il incarne un rônin confronté à l’hypocrisie du code samouraï. Il y est d’une intensité remarquable, pleine de fureur contenue.

Avec Kurosawa, il brille dans Kagemusha (1980) et surtout dans Ran (1985), où il tient le rôle central du seigneur Hidetora, personnage inspiré du roi Lear. Ce rôle, à la fois grandiose et tragique, demande une gamme émotionnelle immense, et Tatsuya Nakadai y livre une performance magistrale, entre déclin physique, folie et autorité brisée.

Chez Teshigahara, dans La Femme des sables ou Le Visage d’un autre, il explore des rôles plus modernes, souvent psychologiques, mettant en scène des hommes perdus dans leur identité. Ce sont des œuvres avant-gardistes où Nakadai montre qu’il n’est pas seulement un acteur d’époque, mais aussi un interprète de l’aliénation contemporaine.

Un style de jeu unique, entre classicisme et modernité

Ce qui distingue Tatsuya Nakadai, c’est sa capacité à passer d’un registre à l’autre avec fluidité. Il peut jouer un guerrier stoïque au sabre précis dans un jidaigeki (film d’époque) le lundi, puis incarner un cadre paranoïaque dans un drame moderne le vendredi.

Son jeu est intensément physique : posture, regard, respiration, tout chez lui est mesuré, contrôlé, mais jamais figé. Il joue souvent la tension intérieure, le conflit moral, la chute. Même dans le silence, il impose une force.

Contrairement à Toshiro Mifune, souvent plus explosif, Nakadai est plus intériorisé, plus cérébral, ce qui donne à ses rôles une profondeur différente, parfois plus mélancolique, parfois plus ambiguë. Il n’a pas toujours le rôle du héros. Il peut être l’homme torturé, le traître, le déchu. Mais il est toujours fascinant, toujours humain.

Son œuvre, dense et variée, est un véritable panorama du cinéma japonais d’après-guerre, et son nom est désormais indissociable de certaines des œuvres les plus marquantes du 20e siècle.

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