Tarsem Singh

  • Réalisation

Détails

Autre nom Tarsem Singh Dhandwar
Âge
Nationalités
Filmographie 3 films

Biographie

Tarsem Singh est un réalisateur, scénariste et producteur indo-américain, né le 26 mai 1961 à Jalandhar, dans l'État du Pendjab (Inde). Installé ensuite aux États-Unis, il s’impose d’abord dans les années 90 comme un réalisateur de clips et de publicités visuellement spectaculaires, avant de signer quelques longs-métrages qui marquent par leur audace esthétique. Souvent associé à un cinéma où l’image prime presque sur la narration, Tarsem Singh divise autant qu’il fascine. Mais s’il y a bien une chose qu’on ne peut pas lui reprocher, c’est de faire dans le banal.

Des débuts flamboyants dans le clip et la publicité

Avant de faire du cinéma, Tarsem Singh fait ses armes dans un autre terrain d’expression très visuel : le clip musical. En 1991, il signe la réalisation du clip Losing My Religion pour R.E.M., une œuvre immédiatement remarquée pour son esthétique inspirée de la peinture classique, des références religieuses et une mise en scène très chorégraphiée. Le clip devient culte, obtient de multiples récompenses et installe Tarsem Singh comme un nom incontournable dans le domaine.

Dans la foulée, il devient un réalisateur très prisé dans le monde de la publicité. Son style est reconnaissable entre mille : ralentis, décors majestueux, compositions symétriques et recours à des lieux exotiques ou insolites. Parmi ses travaux les plus célèbres, on peut citer une publicité pour Nike filmée dans un temple indien, ou encore une campagne pour Pepsi mettant en scène des gladiateurs pop (avec Beyoncé et Britney Spears, entre autres). Ces projets lui offrent une liberté artistique rare et préfigurent son approche du long-métrage : une vision baroque, sophistiquée, souvent à la limite du surréalisme.

The Cell : un premier film entre horreur psychologique et débauche visuelle

En 2000, Tarsem Singh fait ses débuts au cinéma avec The Cell, un thriller psychologique porté par Jennifer Lopez dans un registre plus sombre qu’à l’accoutumée. L’histoire, centrée sur une psychologue explorant l’esprit d’un tueur en série via une technologie de projection mentale, sert de prétexte à une série de visions hallucinatoires, oniriques, parfois dérangeantes.

Si le scénario reste classique, c’est la mise en scène qui fait date. Tarsem Singh transforme l’inconscient en tableau mouvant, entre art gothique, performance visuelle et esthétique quasi religieuse. Le film est reçu de façon mitigée à sa sortie, mais il gagne au fil des années une place dans la liste des œuvres « visuellement inclassables ». C’est aussi le début d’une réputation qui ne le quittera plus : celle d’un cinéaste de l’image, parfois au détriment du récit.

The Fall : un projet personnel, esthétique radicale et culte en devenir

En 2006, Tarsem Singh revient avec The Fall, sans doute son film le plus personnel et le plus emblématique. Tourné sur plus de 4 ans dans plus de 20 pays, financé en grande partie par ses propres fonds, ce projet atypique raconte l’histoire d’un cascadeur blessé et d’une petite fille hospitalisée, liés par un conte imaginaire qu’il lui raconte.

Là encore, l’histoire sert de trame à une exploration visuelle exceptionnelle : costumes extravagants, paysages naturels hallucinants, architecture impossible à dater… tout est pensé pour émerveiller l’œil. Le film ne trouve pas vraiment son public en salle, mais il est adoré par un cercle de fans fidèles et souvent cité dans les listes de "films les plus beaux jamais tournés".

Avec The Fall, Tarsem Singh confirme ce qui fait sa signature : un goût immodéré pour le visuel spectaculaire, une forme de mélancolie douce dans la narration, et une croyance assez rare que le cinéma peut être aussi proche de la peinture que du théâtre.

Des incursions plus commerciales entre mythe et conte

La suite de la carrière de Tarsem Singh le voit s’orienter vers des projets plus conventionnels, parfois produits par les grands studios. En 2011, il réalise Immortals, une relecture brutale et stylisée de la mythologie grecque, portée par Henry Cavill. Très inspiré visuellement par la peinture de la Renaissance et le style d’300, le film divise, mais s’impose comme un spectacle visuellement assumé.

L’année suivante, changement radical de registre avec Mirror Mirror, adaptation décalée de Blanche-Neige, avec Julia Roberts en méchante reine. Moins sombre que ses précédents projets, plus grand public, le film lui permet d’explorer une veine plus théâtrale et colorée, avec un style qui frôle parfois le kitsch assumé. Si l’accueil critique reste tiède, on y retrouve sa fascination pour les costumes, les décors presque irréels, et une mise en scène très chorégraphiée.

En 2015, il s’attaque à la science-fiction avec Self/less, un thriller sur le transfert d’identité entre corps, interprété par Ben Kingsley et Ryan Reynolds. Ici, son style visuel est nettement plus contenu, et le film reste relativement anonyme dans sa filmographie. C’est probablement son projet le plus "classique", mais aussi le moins représentatif de sa sensibilité artistique.

Un cinéaste rare, plus admiré que prolifique

Depuis ses débuts, Tarsem Singh reste un réalisateur discret, qui privilégie les projets à forte composante visuelle, quitte à se faire rare sur le plan cinématographique. Il continue néanmoins à travailler régulièrement dans la publicité et les clips, là où il bénéficie d’une liberté plus immédiate, sans les contraintes d’un long tournage ou de la logique des studios.

Il ne tourne pas souvent, mais chaque nouveau film ou projet signé Tarsem Singh est attendu par les amateurs d’esthétique cinématographique pure, ceux pour qui la mise en scène est une fin en soi. On pourrait dire qu’il appartient à cette catégorie rare de réalisateurs pour qui l’image est toujours première, au risque parfois de laisser le spectateur se débrouiller avec le sens.

Filmographie

  • Ajouté le
  • Modifié le