Takashige Ichise
- Production
- Écriture
Détails
| Autre nom | 一瀬 隆重 |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 14 films |
Biographie
Takashige Ichise, né en 1957 à Ōita, au Japon, est un producteur de cinéma dont le nom est intimement lié à la renaissance du cinéma d’horreur japonais à la fin des années 1990 et au début des années 2000. S’il ne monte pas sur scène et ne passe pas devant la caméra, Takashige Ichise tire les ficelles depuis les coulisses avec une efficacité redoutable, souvent dans l’ombre, un peu à l’image des créatures qu’il aime tant faire surgir à l’écran.
Il commence sa carrière dans la production télévisuelle avant de s’orienter vers le cinéma, où il trouve rapidement son créneau : des films ancrés dans le quotidien mais traversés par l’étrange, le non-dit et une forme de peur sourde. Dans un pays où le surnaturel fait partie intégrante de l’imaginaire collectif, Takashige Ichise comprend très vite que l’horreur n’a pas besoin de cris pour être efficace. Il suffit parfois d’un couloir vide, d’un reflet ou d’un chuchotement.
Le cercle de l’effroi : l’empreinte de Ring
C’est avec Ring (1998), réalisé par Hideo Nakata, que Takashige Ichise impose définitivement son nom dans l’industrie. Adapté du roman de Kôji Suzuki, le film devient un phénomène culturel au Japon et un véritable catalyseur à l’international. Takashige Ichise, qui en assure la production, saisit pleinement le potentiel du projet. Ce n’est pas simplement un film d’horreur, c’est un mythe moderne, une malédiction virale dans un monde de VHS, à l’époque, le concept avait encore quelque chose de high-tech.
Le succès est tel que Takashige Ichise devient l’un des artisans majeurs de ce que l’on appellera le J-Horror, un courant identifiable par son atmosphère lente, sa mise en scène glacée, et ses fantômes aux longs cheveux noirs qui rampent plutôt qu’ils ne bondissent. Autant dire que le style se reconnaît dès les premières secondes, et il doit beaucoup à sa vision.
Ju-on, Dark Water et l’expansion d’un genre
Dans la foulée de Ring, Takashige Ichise continue de creuser le sillon du surnaturel avec une série de projets devenus cultes. Il produit Ju-on: The Grudge de Takashi Shimizu, un autre pilier du genre, ainsi que Dark Water, toujours avec Hideo Nakata. À chaque fois, il pousse pour une mise en scène atmosphérique, une écriture basée sur l’ambiguïté et une horreur plus psychologique que sanglante.
Mais ce n’est pas tout. Visionnaire sur le plan commercial, Takashige Ichise participe activement à l’exportation du J-Horror vers les États-Unis. Il supervise notamment les remakes américains de The Ring et The Grudge, des adaptations qui connaissent elles aussi un succès important, même si souvent critiquées pour avoir lissé l’étrangeté propre à l’original. En coulisses, Takashige Ichise s’assure que l’esprit de ses productions d’origine ne se perde pas totalement dans le grand bain hollywoodien.
Une carrière à l’écart des projecteurs, mais au cœur du genre
Au fil des années, Takashige Ichise diversifie ses productions, explorant des genres voisins du fantastique et du thriller. Mais son nom reste associé à l’horreur, un genre qu’il n’a jamais considéré comme mineur. Pour lui, c’est un espace d’expression culturelle, parfois sociale, toujours sensorielle. Il ne produit pas des films d’horreur pour faire peur gratuitement, mais pour activer quelque chose de plus profond, cette peur ancienne que même l’ère numérique n’a pas réussi à dissiper.
Discret, peu médiatisé, Takashige Ichise n’en reste pas moins un pilier du cinéma de genre japonais moderne. À l’instar de ses films, il n’a pas besoin de faire beaucoup de bruit pour marquer durablement les esprits. Son influence se retrouve aussi bien dans le style visuel que dans la structure narrative de nombreux films sortis bien au-delà du Japon. Une preuve que, parfois, les producteurs savent aussi écrire l’histoire… à leur manière, tout en tension et en silence.
Filmographie
14 sur 14 films