Taika Waititi
- Casting
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 8 films |
| Récompenses | 4 nominations et 2 victoires |
Biographie
Taika Waititi, né Taika David Cohen le 16 août 1975 à Wellington, en Nouvelle-Zélande, est l’un des créateurs les plus singuliers du cinéma contemporain.
Réalisateur, scénariste, acteur, producteur et occasionnellement peintre ou musicien, il a imposé un ton immédiatement reconnaissable, mêlant humour absurde, tendresse inattendue, et une touche de surréalisme poétique.
D’origine māorie par son père et juive par sa mère, Taika Waititi est le produit d’un métissage culturel qu’il revendique pleinement — et qu’il injecte dans son œuvre avec esprit, autodérision et une vraie volonté de casser les codes, sans pour autant négliger l’émotion ou la portée politique. Il s’amuse, oui. Mais il a des choses à dire.
Premiers pas en Nouvelle-Zélande : humour lo-fi et famille dysfonctionnelle
Avant de conquérir Hollywood à coups de marteau divin, Taika Waititi commence par faire rire chez lui, en Nouvelle-Zélande, avec des courts métrages bricolés, pleins de charme, et un sens inné du timing comique. Son court Two Cars, One Night (2003) est nommé aux Oscars, ce qui attire très tôt l’attention du monde du cinéma international — mais sans lui faire perdre sa nonchalance.
Il enchaîne avec Eagle vs Shark (2007), une comédie romantique socialement maladroite et esthétiquement DIY, qui impose d’emblée son style : personnages marginaux, esthétiques décalées, dialogues à contretemps, le tout sur fond de mélancolie légère.
Mais c’est avec Boy (2010) qu’il franchit un cap : un portrait d’enfance doux-amer, où il incarne lui-même un père immature face à un fils idéaliste. Le film devient le plus gros succès local du box-office néo-zélandais à l’époque, et ancre définitivement son ton : comique sans cynisme, drôle mais pas moqueur, profondément ancré dans l’univers néo-zélandais rural.
What We Do in the Shadows : vampires, flatmates et humour absurde
En 2014, Waititi co-réalise avec Jemaine Clement What We Do in the Shadows, faux documentaire sur des vampires colocataires à Wellington. Le pitch est absurde, mais la réalisation est d’une efficacité redoutable. Le film devient rapidement culte, tant pour ses gags millimétrés que pour sa tendresse envers des créatures habituellement effrayantes.
C’est là l’un de ses grands talents : rendre attachants des personnages grotesques, marginaux ou mythologiques, en leur injectant une dose d’humanité inattendue. Le succès du film donnera naissance à une série télévisée à part entière, toujours dans le même ton.
Hunt for the Wilderpeople : fugue en forêt et duo improbable
En 2016, Hunt for the Wilderpeople confirme le virage émotionnel amorcé par Boy. On y suit un ado rebelle et un vieil homme bourru perdus dans le bush néo-zélandais, dans un road trip qui mêle chasse à l’homme, humour absurde et émotion sincère. Le film devient un succès mondial, plébiscité par le public et les festivals pour sa fraîcheur et son humanité.
Taika Waititi y prouve qu’il peut mener une vraie narration tout en gardant son grain de folie intact, un équilibre qu’il affinera encore davantage par la suite.
Thor: Ragnarok : le blockbuster selon Taika
En 2017, Marvel Studios lui confie la réalisation de Thor: Ragnarok, troisième opus de la saga du dieu nordique. Une décision audacieuse — et payante. Là où les deux premiers films s’étaient pris au sérieux, Taika Waititi injecte une dose massive d’humour, de couleur et d’autodérision, transformant Thor en héros décalé et attachant.
Le film est un carton, et repositionne Thor comme l’un des personnages les plus appréciés du MCU. Waititi y ajoute sa patte visuelle vive, son sens du non-sens maîtrisé, et même sa propre voix (il joue Korg, le colosse pacifique en pierres volcaniques, devenu un favori des fans). Il reviendra d’ailleurs pour Thor: Love and Thunder (2022), dans un style encore plus rock et chaotique… parfois critiqué, mais toujours audacieux.
Jojo Rabbit : satire, enfance et discours humaniste
En 2019, Jojo Rabbit marque un tournant plus risqué : une comédie satirique sur un enfant allemand dont le meilleur ami imaginaire est… Adolf Hitler (joué par Waititi lui-même). Sur le papier, on pourrait craindre le pire. Et pourtant, le film trouve un équilibre fragile mais puissant entre rire et émotion, moquerie et empathie.
Taika Waititi y rappelle que l’humour peut être une arme politique, une manière de désamorcer les extrêmes sans les banaliser. Le film obtient l’Oscar du meilleur scénario adapté et reçoit un accueil critique majoritairement positif, même si certains y voient une forme d’humour un peu trop poli pour un sujet aussi grave. Reste que l’audace est là — et le regard humaniste aussi.
Un style bien à lui : couleur, musique, absurdité, tendresse
Le style Taika Waititi, c’est un mélange de kitsch assumé, d’humour décalé et d’émotion inattendue. Il aime les personnages brisés mais drôles, les situations absurdes rendues touchantes, les ruptures de ton, les inserts visuels barrés, et surtout la musique pop utilisée comme moteur narratif.
Il peut faire rire avec trois mots murmurés à contretemps, ou vous tirer une larme sans changer de ton. C’est ce mélange unique, cette capacité à faire cohabiter la blague et la douleur, le ridicule et la beauté, qui le rend si reconnaissable — et si aimé.
Taika Waititi : créateur libre, conteur tendre et drôle jusqu’à l’os
Taika Waititi, c’est le trublion tendre du cinéma mondial, l’artiste qui ne veut pas choisir entre le divertissement et le message, entre l’absurde et le poignant. Il incarne une nouvelle génération de réalisateurs qui racontent autrement, sans se prendre au sérieux, mais sans jamais prendre leur public pour des idiots.
Et surtout, il est la preuve vivante qu’on peut venir d’un petit pays du bout du monde, raconter des histoires locales… et toucher un public global, en restant profondément soi-même.
Il n’essaie pas de ressembler à Hollywood. Il le tord, le peint, le moque — et le fait rire avec lui.
Filmographie
8 sur 8 films