Tahar Rahim
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Tahar Rahim, né le 4 juillet 1981 à Belfort, en France, est un acteur français dont la carrière témoigne d’un rare mélange de rigueur, de sensibilité et d’audace. Issu d’une famille d’origine algérienne, il grandit dans l’est de la France, loin des projecteurs, mais nourrit très tôt un attrait pour le jeu d’acteur.
Ce qui commence par une passion modeste deviendra une ascension remarquable, jusqu’à l’imposer comme l’un des comédiens français les plus respectés de sa génération, aussi bien dans l’Hexagone qu’à l’international. Avant de devenir un visage familier du cinéma, Tahar Rahim passe par un parcours assez classique pour qui n’a pas de réseau dans le milieu : études de cinéma à Strasbourg, puis école de théâtre à Paris, stages, petits rôles… Une progression sans raccourci. Ce n’est qu’en 2009 que sa carrière prend un virage décisif, grâce à une rencontre déterminante.
Un prophète, ou comment Tahar Rahim est devenu incontournable
C’est Jacques Audiard qui offre à Tahar Rahim son premier grand rôle, et pas n’importe lequel : celui de Malik El Djebena, un jeune homme illettré qui découvre l’univers carcéral et y apprend à survivre, dans Un prophète. Ce film, présenté à Cannes en 2009, est un véritable coup de tonnerre dans le paysage cinématographique français. Et le rôle de Tahar Rahim y est pour beaucoup.
Sa performance est d’une justesse rare, tout en intériorité et en tension. On suit l’évolution du personnage de l’intérieur, comme si chaque regard, chaque silence, chaque hésitation était habité. Le film connaît un succès critique majeur, remporte le Grand Prix du Jury à Cannes, puis le César du meilleur film. Quant à Tahar Rahim, il décroche à la fois le César du meilleur acteur et celui du meilleur espoir masculin, un doublé rarissime qui consacre un talent brut et immédiat.
Dès lors, son nom circule bien au-delà des frontières françaises.
Une carrière exigeante, entre France et international
Plutôt que de capitaliser immédiatement sur ce succès pour enchaîner les rôles grand public, Tahar Rahim choisit la voie de la sélectivité. Il tourne dans des films d’auteur, collabore avec des réalisateurs exigeants, refuse d’être catalogué. Il enchaîne ainsi avec Les hommes libres, Love and Bruises, puis Le passé d’Asghar Farhadi, un drame intense présenté à Cannes, qui lui permet de confirmer sa capacité à s’effacer totalement derrière ses personnages.
Très vite, Tahar Rahim attire aussi l’attention au-delà du cinéma francophone. Il tourne en anglais, notamment dans The Eagle ou encore Mary Magdalene, mais c’est dans The Looming Tower (une série HBO) qu’il démontre qu’il peut incarner des rôles complexes dans des productions anglo-saxonnes sans perdre en authenticité. Et en 2021, il impressionne dans The Mauritanian, face à Jodie Foster et Benedict Cumberbatch, où il incarne Mohamedou Ould Slahi, un Mauritanien détenu à Guantánamo sans inculpation pendant 14 ans. Là encore, la performance est viscérale, nuancée, et saluée par une nomination aux Golden Globes dans la catégorie meilleur acteur.
Un acteur de transformation, au service du personnage
Ce qui caractérise le jeu de Tahar Rahim, c’est cette disparition au profit du rôle. Il ne cherche jamais à briller par excès, mais par immersion. Chaque personnage semble le transformer physiquement, psychologiquement, parfois même linguistiquement. Il a ainsi joué en arabe, en anglais, en persan, en mandarin, selon les projets. Une forme de métamorphose constante qui témoigne de son engagement artistique.
Son regard intense, souvent grave, est devenu une sorte de signature. Mais Tahar Rahim ne se limite pas à un type de rôle. Il a prouvé, notamment dans Don Juan ou dans la série The Serpent (où il joue un tueur en série manipulateur et glacial), qu’il pouvait surprendre, déranger, charmer, effrayer… parfois tout cela à la fois.