Sven Nykvist

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 6 films
Récompenses 7 nominations et 4 victoires

Biographie

Sven Nykvist, né le 3 décembre 1922 à Moheda, en Suède, et décédé le 20 septembre 2006 à Stockholm, est considéré comme l’un des plus grands directeurs de la photographie du XXe siècle.

Collaborateur emblématique d’Ingmar Bergman, mais aussi de cinéastes internationaux comme Woody Allen ou Andrei Tarkovski, Sven Nykvist a marqué l’histoire du cinéma par sa lumière douce, épurée, et profondément expressive. Pas de flamboyance gratuite ni d’effets ostentatoires chez lui : sa caméra respire, observe, capte l’intime. Un style visuel à contre-courant des excès techniques, devenu une référence absolue pour les amateurs de photographie cinématographique.

Une formation scandinave et un art du naturel

Issu d’une famille de missionnaires, Sven Nykvist étudie à l'école de photographie de Stockholm et débute sa carrière au sein du studio Sandrews, où il apprend les rouages du métier dans les années 1940. Il travaille sur plusieurs films suédois avant de croiser la route d’Ingmar Bergman, avec qui il commence à collaborer dans les années 1950.

C’est toutefois dans les années 1960 que cette collaboration artistique exceptionnelle se consolide. À partir de À travers le miroir (1961), il devient le chef opérateur attitré de Bergman, succédant à Gunnar Fischer. Ensemble, ils forment un duo créatif mythique qui repoussera les limites de la mise en scène émotionnelle par l’image.

La marque de fabrique de Sven Nykvist : une lumière naturelle, souvent douce, parfois crue, mais toujours au service des visages, des silences et des tensions intérieures. Il joue avec les ombres comme d’autres avec les mots, sans jamais surcharger l’image. Chez lui, la simplicité devient une forme d’élégance.

Le visage comme paysage émotionnel

Dans les films de Bergman, la caméra de Sven Nykvist scrute l’humain, souvent en très gros plan. Il n’éclaire pas un décor, mais une âme en crise. Ses images captent les moindres frémissements du doute, de la souffrance ou de la foi. Persona (1966) reste l’exemple le plus célèbre de cette recherche : un noir et blanc saisissant, des visages coupés, fusionnés, déconstruits. On pourrait presque parler de photographie existentielle.

Dans Lumière d’hiver, Scènes de la vie conjugale, Sonate d’automne ou Fanny et Alexandre, chaque plan porte une émotion retenue, chaque ombre semble raconter quelque chose de l’invisible. Et si Sven Nykvist est si respecté par ses pairs, c’est aussi pour cette capacité à servir l’histoire en s’effaçant derrière elle.

Une reconnaissance internationale et deux Oscars

Son talent dépasse très vite les frontières suédoises. Il reçoit l’Oscar de la meilleure photographie pour Cries and Whispers (Cris et chuchotements, 1973), un chef-d’œuvre visuel marqué par l’usage poignant du rouge, puis un second pour Fanny et Alexandre (1982), fresque lumineuse sur l’enfance, la famille et le théâtre.

Dans les années 1980 et 1990, Sven Nykvist est invité par plusieurs grands noms du cinéma international. Il travaille avec Woody Allen sur Another Woman et Crimes and Misdemeanors, apportant à New York cette lumière scandinave si particulière. Il collabore aussi avec Andrei Tarkovski pour Le Sacrifice (1986), où son usage du clair-obscur renforce la portée mystique du film.

On le retrouve également aux côtés de Louis Malle, Roman Polanski (The Tenant), Philip Kaufman (The Unbearable Lightness of Being), ou encore Lasse Hallström, avec qui il clôt sa carrière sur What’s Eating Gilbert Grape (1993), film au réalisme sensible.

Une approche humaniste de l’image

Loin du clinquant hollywoodien, Sven Nykvist privilégiait l’intime. Sa photographie évitait les surcharges visuelles, les excès de filtre ou les compositions spectaculaires inutiles. Il cherchait toujours à saisir la vérité d’un instant, le poids d’un regard, la lumière d’un souvenir.

Son approche influencera durablement des générations de chefs opérateurs qui, encore aujourd’hui, citent son nom comme une référence ultime. Emmanuel Lubezki, Roger Deakins, ou encore Gordon Willis ont tous évoqué l’héritage de Nykvist, souvent avec admiration.

Un héritage en clair-obscur

Atteint d’une forme de démence dans les dernières années de sa vie, Sven Nykvist s’éloigne progressivement du cinéma à la fin des années 1990. Il s’éteint en 2006, laissant derrière lui une œuvre cohérente, puissante, et silencieuse. Rien de tapageur, tout dans la nuance.

Aujourd’hui, son nom reste indissociable d’un cinéma de la lumière intérieure, qui ne cherche pas à impressionner mais à ressentir. Il a montré que la photographie n’est pas une simple affaire de technique, mais un véritable langage émotionnel.

En somme, Sven Nykvist n’éclairait pas simplement des scènes. Il éclairait des vérités humaines.

Filmographie

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