Stuart Cornfeld
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 17 films |
Biographie
Stuart Cornfeld est né le 15 novembre 1952 à Los Angeles, aux États-Unis, et il s’est éteint le 26 juin 2020, dans la même ville. Producteur de cinéma américain, il reste principalement connu pour son partenariat de longue date avec Ben Stiller, mais aussi pour sa capacité à détecter les projets un peu étranges, souvent décalés, mais diablement efficaces. Derrière ses lunettes et son allure discrète, Stuart Cornfeld cachait une créativité atypique et un flair certain pour les films qui sortent du moule hollywoodien.
Une formation ancrée dans le cinéma d’auteur… avec une touche d’absurde
Avant de s’imposer à Hollywood, Stuart Cornfeld a étudié à la UCLA School of Theater, Film and Television, où il se forme à la production. C’est à cette période qu’il croise le chemin de Anne Bancroft, qui l’introduit auprès de Mel Brooks. Et quand on connaît l’univers de Brooks, mélange d’humour satirique et de pastiche volontairement excessif, on comprend tout de suite que Stuart Cornfeld allait lui aussi développer un goût très personnel pour le mélange des genres, entre le comique absurde et la critique sociale bien sentie.
Ce début de carrière marque le ton de la suite : Stuart Cornfeld ne produit pas pour faire du bruit ou remplir des salles à tout prix, mais pour proposer des œuvres inattendues, où l’originalité prend le pas sur la formule toute faite.
Red Hour Films : la complicité avec Ben Stiller
C’est dans les années 2000 que Stuart Cornfeld devient un nom qui circule régulièrement à Hollywood, notamment grâce à Red Hour Films, la société de production qu’il cofonde avec Ben Stiller. Ce duo un peu improbable entre l’acteur-réalisateur aux mimiques cultes et le producteur au style discret fonctionne étonnamment bien. Ensemble, ils développent une série de projets audacieux, souvent centrés sur des antihéros ou des univers franchement décalés.
Parmi les productions les plus emblématiques de cette période, on trouve Zoolander (2001), DodgeBall: A True Underdog Story (2004), Tropic Thunder (2008), ou encore Blades of Glory (2007). Des films qui, sous couvert de comédie parfois potache, abordent des thèmes aussi divers que l’absurdité du monde de la mode, les dérives du sport spectacle ou le narcissisme d’Hollywood. Et il faut bien le dire, sans Stuart Cornfeld en coulisses, plusieurs de ces projets n’auraient probablement jamais vu le jour.
Avec Tropic Thunder, en particulier, le duo atteint un pic de satire corrosive, en parodiant les films de guerre et les travers des acteurs mégalos. Stuart Cornfeld, fidèle à son approche, ne cherche pas à lisser le propos ou à éviter la controverse. Il préfère miser sur l’intelligence du spectateur et sur l’impact culturel durable d’un film, plutôt que sur sa capacité à éviter les vagues.
Un producteur discret mais influent dans le paysage comique américain
Stuart Cornfeld n’a jamais été le genre de producteur que l’on voit en première ligne dans les médias ou sur les tapis rouges. Pourtant, son influence dans le cinéma comique américain est indéniable. Il est de ceux qui préfèrent pousser les talents en avant plutôt que de s’attribuer les lauriers. Il a accompagné la carrière de Ben Stiller, bien sûr, mais aussi contribué à faire émerger des projets portés par des voix originales, souvent à contre-courant des tendances dominantes.
Son style de production était aussi atypique que les films qu’il soutenait. Il privilégiait la collaboration, l’échange d’idées, la prise de risque. Il n’hésitait pas à s’impliquer dans l’écriture, à affiner un scénario ou à suggérer des choix artistiques audacieux. C’était un artisan du cinéma, au sens le plus noble, avec un goût marqué pour l’expérimentation sous couvert de divertissement.
Une silhouette reconnaissable, une légende en coulisses
Avec sa moustache, ses cheveux frisés et son regard pétillant d’ironie, Stuart Cornfeld avait une silhouette singulière, presque de personnage de film. Il ne s’en est d’ailleurs pas caché : il a lui-même fait des apparitions devant la caméra, notamment dans Fast Times at Ridgemont High (1982), en incarnant un étudiant plutôt maladroit. Et plus tard, il servira même d’inspiration pour le personnage de Les Grossman (interprété par Tom Cruise) dans Tropic Thunder… ce qui en dit long sur son aura en coulisses, et sur la manière dont il influençait, parfois en secret, l’univers de ses collaborateurs.
Si son nom n’est pas aussi connu du grand public que ceux des réalisateurs ou des stars qu’il a aidés à briller, Stuart Cornfeld reste une figure respectée et admirée dans le monde du cinéma. Sa mort en 2020 a suscité de nombreux hommages, souvent marqués par une affection sincère et un respect profond. Pas pour un homme de pouvoir, mais pour un passionné de cinéma qui savait flairer l’originalité là où d’autres ne voyaient que du risque.
Un producteur, donc, comme on en croise peu, et dont l’humour grinçant, l’œil aiguisé et la fidélité à ses collaborateurs ont laissé une empreinte bien réelle, même si elle reste en grande partie invisible à l’écran.
Filmographie
17 sur 17 films