Steven Zaillian
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 15 films |
| Récompenses | 10 nominations et 2 victoires |
Biographie
Steven Zaillian, né le 30 janvier 1953 à Fresno, en Californie (États-Unis), est un scénariste, réalisateur et producteur américain, considéré comme l’un des plus discrets mais aussi des plus respectés de sa génération.
Il est surtout connu pour son travail d’écriture sur des films majeurs du cinéma contemporain, souvent basés sur des faits réels, des figures historiques ou des récits complexes, et où la profondeur psychologique est aussi importante que l’intrigue.
Fils d’un chef opérateur arméno-américain, Steven Zaillian a d’abord commencé sa carrière dans le montage, un passage qui influence encore aujourd’hui son sens du rythme et de la structure. C’est pourtant par la plume qu’il va durablement marquer Hollywood. Il n’a jamais cherché les projecteurs, préférant s’impliquer longuement, parfois durant plusieurs années, dans l’élaboration de scénarios denses, équilibrés et profondément humains.
La Liste de Schindler : un Oscar et une reconnaissance internationale
Le grand tournant dans la carrière de Steven Zaillian, c’est évidemment Schindler’s List (La Liste de Schindler), sorti en 1993 et réalisé par Steven Spielberg. Adapté du roman de Thomas Keneally, ce drame historique retrace le parcours d’Oskar Schindler, industriel allemand devenu sauveur de centaines de Juifs pendant la Shoah. Le scénario de Steven Zaillian y est d’une sobriété bouleversante, refusant le pathos gratuit pour mieux laisser parler la puissance du récit.
Ce travail lui vaut un Oscar du meilleur scénario adapté, un Golden Globe, un BAFTA, et surtout une place définitive parmi les scénaristes les plus talentueux d’Hollywood. Ce n’est pas seulement l’exactitude historique qui impressionne ici, mais la capacité à incarner une époque à travers des personnages ambivalents, humains, déchirés entre intérêt personnel et conscience morale.
Mais Steven Zaillian ne s’est jamais reposé sur cette réussite éclatante. Loin de chercher à reproduire la formule, il s’est lancé dans des projets toujours différents, où chaque mot semble pesé, chaque dialogue pensé pour servir la narration sans jamais la surcharger.
De Gangs of New York à Moneyball : l’art d’adapter le réel
Le cinéma de Steven Zaillian, même lorsqu’il est écrit pour d'autres réalisateurs, porte toujours cette empreinte particulière : celle d’un scénariste qui s’efface derrière son sujet sans jamais perdre sa voix. Avec Gangs of New York, réalisé par Martin Scorsese, il explore les tensions fondatrices de l’Amérique urbaine, entre immigration, violence et émergence d’une nation. Le scénario, réécrit plusieurs fois sur une longue période, est le fruit d’un travail de fond qui reflète bien la patience et la rigueur de Steven Zaillian.
On retrouve ce même souci du détail dans Moneyball (Le Stratège), qu’il coécrit avec Aaron Sorkin, et qui parvient à rendre passionnante une histoire de statistiques et de recrutement dans le baseball. Là encore, la force du récit ne repose pas sur l’action mais sur les enjeux internes des personnages, leur solitude, leurs prises de risques, leur envie de renverser un système figé. Le film, avec Brad Pitt dans le rôle principal, devient un succès critique et commercial inattendu, et démontre une fois de plus que Steven Zaillian sait faire vibrer le réel.
Il s’est également illustré dans The Girl with the Dragon Tattoo (version de David Fincher, 2011), où il adapte avec rigueur et tension le best-seller de Stieg Larsson. Ce thriller, aussi sombre que stylisé, prouve qu’il peut aussi naviguer dans des genres plus tendus, sans jamais sacrifier la qualité d’écriture.
Réalisateur discret, mais ambitieux
Même si Steven Zaillian est avant tout connu pour ses scénarios, il est aussi passé à la réalisation à plusieurs reprises. Son premier film, Searching for Bobby Fischer (1993), portrait d’un jeune prodige des échecs, est salué pour sa délicatesse et sa sensibilité. Là encore, ce n’est pas tant la compétition qui importe que le développement intérieur du protagoniste. Ce film, souvent considéré comme mineur dans sa carrière, révèle pourtant une constante chez Steven Zaillian : une fascination pour les figures marginales, en lutte avec leur environnement ou leur propre identité.
Il poursuit avec A Civil Action (1998), avec John Travolta, puis All the King’s Men (2006), une relecture politique ambitieuse mais au succès mitigé. Ces expériences derrière la caméra montrent un style visuel mesuré, sans effets excessifs, au service du récit avant tout. Il n’a jamais cherché à devenir un réalisateur à part entière, mais ses films confirment son intérêt pour les histoires d’intégrité, de choix moraux complexes et de conflits internes.
The Night Of et le passage à la série
Plus récemment, Steven Zaillian a démontré son talent dans le format sériel, avec The Night Of (2016), série HBO qu’il coécrit, réalise en partie et produit. Cette mini-série policière, à la fois enquête judiciaire et drame psychologique, explore le système pénal américain à travers le destin d’un jeune homme accusé de meurtre. Lent, minutieux, étouffant parfois, le récit repose sur une écriture précise, où rien n’est laissé au hasard.
La série est saluée pour sa complexité narrative, sa profondeur sociale et ses performances d’acteurs (notamment Riz Ahmed et John Turturro). Encore une fois, Steven Zaillian privilégie l’ambiguïté morale, les zones grises, et les conséquences intimes d’un fait divers sur les individus impliqués.
Filmographie
15 sur 15 films