Stanislas Merhar
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Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Stanislas Merhar, né le 23 janvier 1971 à Paris, est un acteur français qui s’est imposé, dès ses débuts, comme une figure à part dans le cinéma d’auteur. Avec son physique éthéré, ses silences chargés de tension et une manière très particulière de fuir les évidences, il a souvent incarné des personnages à la fois fascinants et insaisissables.
Rare dans les médias, peu enclin aux jeux de la célébrité, Stanislas Merhar s’est toujours tenu à l’écart du tapage, préférant les rôles troubles et les récits exigeants. Son allure fragile, presque spectrale, cache une intensité intérieure qui s’exprime dans des regards, des silences, des fuites, mais rarement dans la démonstration. Il incarne souvent des figures d’obsession, d’ennui, de désir ou de retrait, dans un cinéma français où l’économie du geste peut dire bien plus que de longues tirades.
Une révélation immédiate dans le cinéma d’auteur
Stanislas Merhar ne passe pas par les écoles classiques d’art dramatique. D’origine franco-slovène, il suit d’abord une formation de pianiste, avant d’être repéré par Anne Fontaine, qui lui offre son premier rôle au cinéma dans Nettoyage à sec en 1997. Il y incarne un jeune homme provocant et ambigu, au cœur d’un triangle amoureux trouble. Le film séduit la critique, et la performance magnétique de Stanislas Merhar lui vaut le César du Meilleur espoir masculin en 1998. Une entrée en matière fulgurante, mais tout sauf tapageuse.
Ce rôle lance une carrière tournée quasi exclusivement vers le cinéma d’auteur, qu’il s’agisse de réalisateurs français ou internationaux. Il ne cherche pas la popularité à tout prix. Il cherche, et trouve, des rôles à la hauteur de son exigence artistique.
Le goût des rôles énigmatiques et des films exigeants
Le cinéma de Stanislas Merhar est peuplé de personnages repliés, détachés, souvent opaques. On le retrouve dans La Captive (2000) de Chantal Akerman, adaptation très libre de La Prisonnière de Proust. Il y incarne un homme jaloux, voyeur, incapable de vivre l’amour autrement que par le contrôle, une performance glaçante et fascinante, parfaitement en phase avec le style minimaliste et rigoureux d’Akerman.
Il poursuit ensuite avec Adolphe (2002) de Benoît Jacquot, autre rôle d’homme jeune et distant, face à Isabelle Adjani. Là encore, il incarne un personnage qui semble fuir le monde tout en attirant les regards, prisonnier de son indécision.
Avec le temps, Stanislas Merhar s’impose comme un acteur de la fuite, du désengagement, des passions qui échouent à se dire. Et ce jeu, tout en demi-teintes, séduit les plus grands noms du cinéma d’auteur : Jacques Doillon, Raúl Ruiz, Nina Companeez, ou encore Philippe Garrel le dirigent dans des rôles souvent exigeants, où la psychologie prime sur l’action.
Une relation particulière à l’image et à la parole
Ce qui frappe chez Stanislas Merhar, c’est sa manière d’habiter le silence. Il parle peu, dans ses films comme dans la vie. Son phrasé est lent, détaché, parfois presque monocorde, mais cette neutralité apparente cache une tension profonde. Il capte l’attention non par le volume, mais par le troublant décalage qu’il impose à l’écran.
Il a aussi travaillé à la télévision, dans des œuvres marquantes comme La Dame aux camélias ou Bel Ami, où il retrouve des personnages littéraires tourmentés, souvent jeunes et séduisants, mais incapables d’assumer les désirs qu’ils suscitent ou qu’ils éprouvent. On retrouve chez lui une forme de fragilité masculine, rare dans le paysage du cinéma français.
Un parcours à l’écart des modes
Stanislas Merhar n’a jamais cherché à devenir une figure publique. Il apparaît rarement dans les médias, ne court pas après les rôles populaires, et ne semble pas intéressé par la célébrité. Ce retrait, loin d’être une posture, est une constance dans sa carrière. Il choisit ses projets avec parcimonie, préférant l’ombre à la lumière, les marges aux projecteurs.
Il fait partie de ces acteurs inclassables, qu’on ne peut réduire à un archétype. Ni jeune premier, ni anti-héros, ni véritable outsider, Stanislas Merhar habite un entre-deux permanent, celui de la tension intérieure et de l’émotion contenue.