Simon Boswell
- Sons
Détails
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| Filmographie | 7 films |
Biographie
Simon Boswell, né le 15 octobre 1956 à Londres, au Royaume-Uni, est un compositeur et musicien britannique reconnu pour ses bandes originales singulières, souvent liées au cinéma de genre, notamment l’horreur, la science-fiction et le thriller psychédélique.
Avec une approche musicale audacieuse, entre électronique, rock, ambient et orchestrations plus classiques, Simon Boswell a signé certaines des bandes originales les plus inventives et atmosphériques du cinéma européen et indépendant depuis les années 1980. Il n’est pas le plus connu du grand public, mais pour les amateurs de films dérangeants, étranges ou cultes, Simon Boswell est une référence à part entière. Et sa musique, souvent entêtante, en est la preuve sonore.
Des débuts dans le rock à la composition de film
Avant de se faire un nom dans le monde du cinéma, Simon Boswell commence par une carrière dans la musique rock et new wave. Guitariste et producteur, il travaille avec divers groupes dans les années 1980, période durant laquelle il expérimente aussi les synthétiseurs analogiques, les boîtes à rythmes et l’enregistrement multipiste. Ce goût pour le mélange des sons va marquer l’ensemble de sa carrière.
C’est un heureux accident, comme souvent dans les grandes trajectoires, qui l’amène au cinéma : il est recruté pour travailler sur la bande originale d’un film italien et y découvre un monde artistique où sa liberté sonore peut s’exprimer pleinement. À partir de là, il s’oriente résolument vers la musique de film, avec une prédilection pour les récits sombres, absurdes ou hallucinés.
Giallo, horreur, surréalisme : un complice des cinéastes iconoclastes
Simon Boswell se fait remarquer dans les années 1980 et 1990 grâce à ses collaborations avec plusieurs réalisateurs européens emblématiques du cinéma de genre. Il travaille notamment avec Dario Argento, Lamberto Bava, Clive Barker, Richard Stanley et Alejandro Jodorowsky. Rien que ça.
Dans Demons 2 (1986) de Bava, il combine guitare électrique et nappes synthétiques pour créer une ambiance aussi agressive que stylisée. Dans Phenomena (avec Dario Argento), il ajoute une dimension psychédélique à l’horreur visuelle. Mais c’est dans Santa Sangre (1989), chef-d'œuvre baroque de Jodorowsky, qu’il livre l’une de ses œuvres les plus marquantes, à la croisée de l’opéra morbide, de la musique rituelle et de la ballade pop désenchantée.
Ce qui rend son travail si singulier, c’est sa capacité à épouser le style de chaque cinéaste tout en conservant sa propre identité sonore. Il ne cherche pas à effacer l’image, mais à l’amplifier, à la faire vibrer. Chez lui, la musique ne souligne pas l’émotion : elle en crée de nouvelles couches, parfois dérangeantes, souvent fascinantes.
Une esthétique sonore libre, entre analogique et organique
Contrairement à d'autres compositeurs plus académiques, Simon Boswell préfère souvent l’expérimentation à la partition stricte. Il bricole, superpose, mélange des instruments traditionnels à des sons électroniques lo-fi, utilise la voix humaine comme texture, et n’hésite pas à brouiller les repères. Son travail s’inscrit dans une tradition plus rock et artisanale, héritée de ses débuts sur scène, que dans une école classique de composition orchestrale.
Il est aussi influencé par la musique industrielle, le trip-hop, la techno, mais ne se laisse jamais enfermer dans un seul style. Cela lui permet de rester actif dans des projets très différents, parfois même à la frontière de l’installation sonore ou du documentaire expérimental.
Il a également fondé le groupe The AND, et continue à se produire sur scène, en solo ou en collaboration, souvent en lien avec le monde du cinéma.