Simon Beaufoy
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 6 films |
| Récompenses | 8 nominations et 2 victoires |
Biographie
Simon Beaufoy, né le 26 décembre 1966 à Keighley, dans le Yorkshire (Angleterre), est un scénariste britannique dont le nom n’est peut-être pas toujours sur les affiches, mais dont les histoires ont marqué des millions de spectateurs à travers le monde. Derrière son allure discrète, il cache une plume affûtée et un sens du récit profondément humain. Si son nom ne vous dit rien immédiatement, quelques titres suffisent à réactiver la mémoire collective : The Full Monty, Slumdog Millionaire, 127 Hours. Pas mal pour un "invisible" du grand écran.
Des débuts au service du réalisme social britannique
Avant de rafler des prix internationaux, Simon Beaufoy se fait connaître avec The Full Monty en 1997. Cette comédie dramatique sur des ouvriers au chômage décidant de monter un spectacle de strip-tease amateur devient un phénomène culturel. Le film, ancré dans une Angleterre post-industrielle en crise, allie humour, tendresse et critique sociale avec une finesse rare. Ce n’est pas un hasard si le scénario est nommé aux Oscars et remporte un BAFTA.
Avec ce film, Simon Beaufoy s’impose comme un scénariste capable de capturer l’essence d’une époque, d’un lieu, et surtout, des émotions humaines les plus simples. Il y a chez lui une volonté de rester proche des gens, de leurs contradictions, de leurs espoirs, sans jamais tomber dans le mépris ou la caricature.
Le coup d’éclat mondial : Slumdog Millionaire et la consécration
Si The Full Monty l’a révélé, c’est bien Slumdog Millionaire qui propulse Simon Beaufoy dans une autre galaxie. Sorti en 2008 et réalisé par Danny Boyle, le film retrace l’ascension improbable d’un jeune Indien issu des bidonvilles de Mumbai, participant à la version locale de Qui veut gagner des millions ?.
Le scénario, inspiré du roman Q and A de Vikas Swarup, est retravaillé en profondeur par Simon Beaufoy, qui y injecte son sens du rythme, son attention aux détails, et cette capacité à faire dialoguer les petits hasards de la vie avec les grandes destinées. Résultat : huit Oscars, dont celui du meilleur scénario adapté pour Simon Beaufoy.
C’est aussi là qu’on découvre son goût pour les récits ancrés dans des contextes sociaux forts, qu’il s’agisse de la pauvreté urbaine ou des injustices systémiques. Un scénariste engagé, sans slogans ni bannières, mais dont le stylo fait parfois plus de bruit qu’un mégaphone.
Un scénariste fidèle, mais toujours en mouvement
Après Slumdog Millionaire, Simon Beaufoy retrouve Danny Boyle pour 127 Hours, le film coup de poing racontant l’histoire vraie d’Aron Ralston, un alpiniste piégé sous un rocher dans l’Utah. Là encore, le défi est immense : écrire un scénario captivant avec un personnage principal seul, immobilisé, pendant la quasi-totalité du film. Et pourtant, ça fonctionne. Intensément.
Ce partenariat avec Danny Boyle est plus qu’un duo de travail, c’est une complicité artistique. On le retrouve aussi sur le projet de Steve Jobs à ses débuts, même si le scénario final sera repris par Aaron Sorkin. Quoi qu’il en soit, Simon Beaufoy continue de cultiver un équilibre rare : celui d’un scénariste grand public capable de rester subtil.
Par ailleurs, il s’aventure aussi du côté de la télévision avec des projets comme The Full Monty version série, ou encore Trust, qui revient sur l’enlèvement du petit-fils de John Paul Getty. Là encore, le goût de Simon Beaufoy pour les histoires vraies, les tragédies humaines et les portraits sans fard est omniprésent.
Un homme de l’ombre qui laisse une trace
Simon Beaufoy n’a jamais cherché la lumière. Il préfère de loin laisser parler ses personnages. Il n’est pas du genre à se répandre en interviews ou à jouer les stars du tapis rouge. Et pourtant, derrière plusieurs grands films de ces dernières décennies, c’est bien lui qui écrit, structure, donne de l’âme.
Son style, souvent réaliste, parfois lyrique, toujours humain, continue de faire mouche. Il s’inscrit dans la lignée des scénaristes britanniques qui n’oublient jamais d’où viennent leurs personnages ni pourquoi ils se battent.
Et au fond, c’est peut-être ça, la vraie signature de Simon Beaufoy : raconter l’extraordinaire chez les gens ordinaires, avec tendresse, intensité… et un brin d’humour so british, quand le contexte le permet.