Shirley MacLaine
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 9 films |
| Récompenses | 16 nominations et 4 victoires |
Biographie
Shirley MacLaine, née Shirley MacLean Beaty le 24 avril 1934 à Richmond, en Virginie (États-Unis), est une actrice, danseuse, auteure et figure spirituelle iconoclaste du cinéma américain.
Oscillant entre classicisme hollywoodien et excentricité assumée, Shirley MacLaine incarne une rare combinaison de talent, de ténacité et d’indépendance. Elle a traversé les décennies avec une aisance qui force le respect, jouant aussi bien la comédie légère que les rôles dramatiques complexes, tout en explorant des chemins de vie pour le moins atypiques.
Récompensée par un Oscar, plusieurs Golden Globes, un César d'honneur et une palme d’or pour l’ensemble de sa carrière, Shirley MacLaine est sans conteste l’une des grandes dames du cinéma hollywoodien… avec, en prime, une touche d’imprévisibilité qui la rend difficile à classer.
Une entrée en scène sur les pointes… avant de marcher vers les projecteurs
Avant d’embrasser une carrière d’actrice, Shirley MacLaine se destine d’abord à la danse. Elle débute très jeune comme ballerine, puis intègre Broadway où elle est repérée presque par accident : elle remplace au pied levé une danseuse blessée dans la comédie musicale The Pajama Game… et ce soir-là, un producteur hollywoodien se trouve dans la salle. Il lui propose un contrat. La machine est lancée.
Sa première apparition remarquée au cinéma se fait dans The Trouble with Harry (Mais qui a tué Harry ?, 1955), une comédie noire signée Alfred Hitchcock. D’entrée de jeu, Shirley MacLaine y affiche ce qui fera sa marque : un naturel désarmant, une fraîcheur vive, un regard pétillant mais capable d’introspection. Un mélange unique de candeur et de gravité, souvent au service de personnages féminins complexes.
L’âge d’or du cinéma et l’affirmation d’un style
Dans les années 1960, Shirley MacLaine devient une star à part entière. Elle enchaîne les rôles dans des films qui marient légèreté et profondeur, notamment avec The Apartment (La Garçonnière, 1960) de Billy Wilder, chef-d’œuvre du cinéma américain, où elle incarne Fran Kubelik, une jeune femme moderne, piégée dans une relation toxique. Sa performance, à la fois tendre et désabusée, reste aujourd’hui encore l’un des sommets de sa carrière.
Elle retrouve Billy Wilder dans Irma la Douce (1963), aux côtés de Jack Lemmon, avec qui elle partage une alchimie rare. Mais Shirley MacLaine ne se contente pas de faire rire ou d’émouvoir : elle choisit aussi des rôles féminins forts, non conventionnels, dans des films comme Sweet Charity, Two for the Seesaw ou The Children's Hour.
Son jeu, souvent subtil, jamais surjoué, fait d’elle une actrice capable de passer de la comédie musicale au drame psychologique sans jamais perdre en crédibilité. Elle défie les stéréotypes féminins de son époque, incarne des femmes indépendantes, parfois tourmentées, souvent lucides, et toujours vivantes.
Reconnaissance tardive mais éclatante : un Oscar et bien plus
Bien qu’elle soit régulièrement nommée aux Oscars dès les années 1960, ce n’est qu’en 1984 qu’elle reçoit enfin la précieuse statuette, pour Terms of Endearment (Tendres Passions), dans le rôle de la mère protectrice et émotive d’une femme atteinte d’un cancer. Le film, poignant sans sombrer dans le pathos, repose en grande partie sur la performance de Shirley MacLaine, à la fois bouleversante et terriblement humaine.
Elle prouve à cette occasion qu’elle n’est pas seulement une actrice des années dorées du cinéma américain, mais bien une artiste capable de se réinventer, de grandir avec ses rôles, et de continuer à surprendre.
Et ce n’est pas un hasard si elle continue d’enchaîner les rôles bien après cet Oscar : Steel Magnolias, Postcards from the Edge, In Her Shoes, ou encore Bernie aux côtés de Jack Black, démontrent une fois de plus sa capacité à exister pleinement à l’écran, peu importe la décennie.
Une personnalité hors-normes, entre ésotérisme et franc-parler
Difficile de parler de Shirley MacLaine sans évoquer son penchant assumé pour la spiritualité et les expériences paranormales. Elle a écrit plusieurs ouvrages autobiographiques où elle relate ses croyances en la réincarnation, ses expériences mystiques et ses voyages introspectifs. Ces livres, dont Out on a Limb (En quête de lumière), ont rencontré un succès aussi curieux qu’enthousiaste, faisant d’elle une figure spirituelle à part entière dans les années 1980.
Évidemment, cette facette de sa personnalité a souvent été moquée ou caricaturée. Mais loin de s’en offusquer, Shirley MacLaine a toujours défendu sa liberté de penser et de croire, avec une indépendance d’esprit qui force l’admiration.
Connue pour son franc-parler, elle n’a jamais mâché ses mots sur l’industrie du cinéma, les hommes de pouvoir, ou les discriminations à l’encontre des femmes à Hollywood. Une pionnière, là aussi, qui n’a pas attendu que ce soit à la mode pour dire ce qu’elle pensait.