Shekhar Kapur

  • Réalisation

Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 3 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Shekhar Kapur est né le 6 décembre 1945 à Lahore (alors en Inde britannique, aujourd’hui au Pakistan), dans une famille originaire du Pendjab. Réalisateur, producteur, acteur, et esprit résolument curieux, Shekhar Kapur s’est imposé comme une figure majeure du cinéma indien... tout en s’aventurant avec succès dans les sphères du cinéma international.

Rare exemple de cinéaste capable de naviguer entre Bollywood et Hollywood sans sacrifier son identité artistique, il incarne cette génération de créateurs à la fois enracinés dans leur culture et tournés vers le monde. Avant de plonger dans le cinéma, il a étudié l’économie à Londres et a brièvement travaillé comme consultant... un début de carrière qu’il décrit lui-même avec une certaine ironie. Rapidement, l’appel du cinéma prend le dessus. Et pas uniquement comme réalisateur : Shekhar Kapur commence aussi comme acteur à la télévision et au cinéma, avant de passer de l’autre côté de la caméra.

Bandit Queen : un film-choc qui bouscule l’Inde

C’est en 1994 que Shekhar Kapur secoue le paysage cinématographique indien (et au-delà) avec Bandit Queen, un biopic intense sur Phoolan Devi, une femme issue des castes inférieures, devenue hors-la-loi après avoir subi de multiples violences. Le film, sans compromis, sans édulcoration, plonge dans les recoins sombres de la société indienne : patriarcat, oppression de caste, violence systémique.

Bandit Queen est sélectionné à Cannes, acclamé par la critique, et interdit temporairement en Inde, un signe que Shekhar Kapur touche un nerf sensible. Le film reste à ce jour une œuvre-clé du cinéma indien contemporain, autant pour sa portée sociale que pour sa puissance cinématographique. Et surtout, il marque une rupture nette avec les codes du Bollywood classique.

Les Elizabeth : un tournant royal vers l’international

En 1998, Shekhar Kapur fait un virage étonnant avec Elizabeth, un drame historique centré sur Élisabeth Ire d’Angleterre, avec Cate Blanchett dans le rôle-titre. Le film est un immense succès critique et commercial, propulsant l’actrice australienne sur le devant de la scène, et confirmant la capacité de Shekhar Kapur à manier les grandes fresques avec une réelle sensibilité visuelle et narrative.

Son approche du film d’époque est très personnelle : au-delà des costumes et des intrigues de cour, il injecte dans Elizabeth une tension dramatique presque existentielle. Ce n’est pas un récit figé mais une épopée intérieure, centrée sur une femme tiraillée entre pouvoir, solitude et sacrifice. Une suite, Elizabeth: The Golden Age, sort en 2007. Plus romanesque, plus flamboyante, elle divise davantage, mais permet à Shekhar Kapur de prolonger sa réflexion sur le pouvoir féminin, thème central de son œuvre.

Un cinéaste aux projets souvent complexes

Le parcours de Shekhar Kapur est aussi marqué par plusieurs projets avortés ou inachevés. Il a longtemps été annoncé à la réalisation du film Paani, un thriller écologique futuriste sur les pénuries d’eau, produit un temps par Yash Raj Films. Malgré des années de développement, le projet est resté en suspens, preuve que la vision ambitieuse de Shekhar Kapur ne s’adapte pas toujours aux contraintes de l’industrie.

Il a également été lié à diverses productions internationales, y compris un biopic de Bruce Lee et même un projet autour de Cléopâtre. Ces chantiers inaboutis nourrissent une forme de légende autour de lui : celle d’un cinéaste rêveur, parfois trop en avance sur son temps, parfois freiné par les réalités financières.

Une œuvre entre spiritualité, identité et quête de sens

Ce qui traverse toute la carrière de Shekhar Kapur, c’est une forme de quête existentielle, souvent traduite en images puissantes, symboliques, voire mystiques. Il s’intéresse aux figures de rupture : des femmes qui prennent le pouvoir, des marginaux, des révolutionnaires, des êtres en déséquilibre entre deux mondes. Ce n’est sans doute pas un hasard s’il se dit influencé autant par la philosophie orientale que par le cinéma occidental.

Ses films, même quand ils traitent de faits historiques ou de récits réels, sont empreints d’une certaine poésie visuelle, presque méditative. Il y a chez lui un goût pour la transcendance, le rapport au destin, le poids du choix. Ce n’est pas un cinéaste prolifique, mais chacun de ses projets semble porté par une vraie réflexion sur la condition humaine.

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