Sergi López

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 15 films
Récompenses 4 nominations et 0 victoire

Biographie

Sergi López, né le 22 décembre 1965 à Vilanova i la Geltrú, en Catalogne (Espagne), est un acteur espagnol à la carrière singulière, nourrie aussi bien par le cinéma d’auteur européen que par des films plus populaires, aussi à l’aise dans le rire que dans la menace, dans le quotidien que dans l’étrange. Acteur caméléon, il a su imposer une présence immédiatement reconnaissable, faite de naturel brut, de chaleur méditerranéenne et d’une intensité souvent imprévisible.

Polyglotte, ayant mené une grande partie de sa carrière en France, Sergi López incarne un cinéma transfrontalier, libre et décomplexé, toujours centré sur l’humain, même dans ses zones les plus troubles.

Une formation atypique, entre Catalogne et clown

Sergi López débute sur les planches, d’abord en Catalogne, puis à l’école Jacques Lecoq à Paris, où il se forme aux arts du mime, du mouvement, du clown et du théâtre corporel. Cette base influence profondément son jeu : expressif, intuitif, organique, souvent très physique sans être démonstratif. Il commence par jouer en catalan, puis en espagnol, en français, et même en anglais, sans jamais perdre son accent ni sa singularité, qu’il assume pleinement.

Son style n’est pas celui de la composition transformiste, mais du vécu incarné, presque instinctif. Il ne "joue pas un rôle", il l’habite, le traverse, le rend crédible même dans les situations les plus extrêmes.

L’émergence dans le cinéma français

C’est en France que sa carrière cinématographique décolle. Révélé dans les années 1990 par des films comme Western de Manuel Poirier — qui lui vaut le prix d’interprétation à Cannes en 1997 — il s’impose comme un acteur à la fois rugueux et attendrissant, capable de donner au moindre dialogue un parfum de sincérité brute. Il devient rapidement une figure du cinéma d’auteur français, où il enchaîne les rôles d’hommes ordinaires, de pères dépassés, de marginaux attachants ou de compagnons instables.

Il tourne avec des cinéastes comme François Ozon, Cedric Klapisch, Agnès Jaoui, et accepte avec la même générosité les grands rôles et les apparitions plus discrètes, toujours porté par l’envie de défendre des personnages profondément humains.

La noirceur incarnée avec une douceur troublante

Si Sergi López peut être drôle, tendre, ou désarmant de simplicité, il est aussi capable d’incarner le mal avec une intensité glaçante. Dans Le Labyrinthe de Pan (2006), de Guillermo del Toro, il incarne le capitaine Vidal, un officier franquiste d’une violence impitoyable. Ce rôle marque un tournant international : sa cruauté méthodique, dépourvue d’exagération, le rend terrifiant. Il ne cabotine jamais : il installe la menace dans la banalité, dans le silence, dans le geste apparemment anodin.

Ce contraste entre son humanité palpable et la noirceur de ses personnages devient l’une de ses signatures les plus troublantes. Il ne joue pas les méchants caricaturaux, mais les hommes qui choisissent, un jour, de ne plus douter.

Un acteur libre, ancré et engagé

Sergi López a toujours privilégié une carrière hors des circuits formatés, en restant fidèle à un certain artisanat du métier. Il continue à jouer au théâtre, souvent en catalan, en parallèle du cinéma. Il défend la diversité des langues et des cultures à l’écran, sans militantisme tapageur mais avec une fidélité tranquille à ses racines. Son parcours témoigne d’un goût pour les récits hybrides, entre chronique sociale et conte philosophique, où le drame côtoie l’humour, parfois dans une même scène.

Il n’a jamais cherché à devenir une star internationale, et pourtant, il est l’un des rares acteurs européens à pouvoir passer du cinéma d’auteur à un film fantastique primé aux Oscars, avec une fluidité naturelle.

Sergi López, c’est le réalisme incarné sans artifice, le regard chaleureux même dans la brutalité, le rire qui peut virer à la menace en une seconde. Un acteur rare, qui fait confiance aux récits sincères, aux dialogues bien écrits et aux silences habités. Et surtout, à cette capacité simple mais précieuse : être vrai, même sous les masques les plus sombres.

Filmographie

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