Serge Riaboukine
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 9 films |
Biographie
Serge Riaboukine est né le 29 décembre 1957 à Garches, dans les Hauts-de-Seine, d’origine russe par son père. Il fait partie de ces comédiens français au visage immédiatement reconnaissable, au charisme brut, et à la présence imposante, capable de jouer aussi bien les voyous glaçants que les hommes ordinaires cabossés par la vie. Jamais dans la démonstration gratuite, Serge Riaboukine impose une intensité particulière, entre rugosité et sensibilité rentrée, ce qui fait de lui une figure incontournable du cinéma français depuis les années 90.
Des débuts discrets à une reconnaissance progressive
Formé au conservatoire national supérieur d’art dramatique, Serge Riaboukine commence sa carrière dans les années 80. Il arpente d’abord les planches, puis enchaîne les seconds rôles au cinéma et à la télévision. Pendant un temps, il reste dans l’ombre, accumulant des rôles sans forcément attirer l’attention du grand public. Mais ses prestations marquent, par leur densité silencieuse, leur authenticité, et cette capacité à s’effacer tout en laissant une empreinte forte.
C’est au tournant des années 90 que Serge Riaboukine commence à se faire un vrai nom dans le cinéma français, notamment grâce à des collaborations avec Bertrand Tavernier, Dominik Moll, ou encore Cédric Klapisch. Il devient peu à peu un acteur de confiance, que l’on appelle pour incarner des figures à la marge, des types un peu rugueux, souvent ambivalents, mais profondément humains.
Harry, un ami qui vous veut du bien : le rôle charnière
Le vrai basculement a lieu en 2000, lorsqu’il joue dans Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll, un thriller psychologique salué par la critique. Dans ce film, Serge Riaboukine incarne Michel, le frère du héros, un rôle secondaire mais mémorable par sa densité. Il y impose sa présence physique et émotionnelle, tout en nuance, et contribue à faire de ce film un modèle du genre, entre malaise et tension familiale.
Ce type de rôle, à la frontière entre menace et fraternité, deviendra l’une de ses marques de fabrique. On le retrouvera souvent dans des personnages intimidants mais faillibles, parfois violents, parfois touchants, et souvent les deux à la fois.
Entre comédie sociale et films noirs
La filmographie de Serge Riaboukine est marquée par une grande diversité de genres, tout en conservant une cohérence d’ensemble : il joue des êtres cabossés, confrontés à la marge, aux choix difficiles, aux environnements hostiles. Il peut aussi bien camper un chef de gang paumé, un ouvrier désabusé, qu’un père silencieux, un policier à bout, ou un amoureux maladroit.
Dans Malabar Princess, il montre un visage plus tendre, aux côtés de Jacques Villeret. Dans Les Lyonnais d’Olivier Marchal, il revient à un registre plus dur, dans l’univers du grand banditisme. Il participe aussi à des projets plus intimistes ou sociaux, comme Le Couperet ou L’Ennemi public n°1, qui illustrent à quel point Serge Riaboukine peut s’adapter sans jamais se trahir.
On le retrouve également dans Louise Wimmer, Je ne suis pas un salaud, ou La fille au bracelet, des films où il donne corps à une masculinité fatiguée, moins flamboyante, mais plus réelle.
Une voix grave, un regard inquiet, un style sans apprêt
Ce qui distingue Serge Riaboukine, au-delà de ses choix de rôles, c’est une façon unique d’habiter l’image. Il n’a jamais eu besoin d’en faire trop. Sa voix grave et traînante, son regard inquiet, et sa posture un peu voûtée disent souvent bien plus que des dialogues. Il apporte de l’épaisseur à des personnages qui, joués par d’autres, pourraient passer pour des stéréotypes.
C’est cette humanité rugueuse qu’il insuffle à chacun de ses rôles qui fait de lui un acteur si précieux dans le paysage français : pas un "héros" au sens classique, mais un homme vrai, complexe, que l’on comprend même lorsqu’il agit mal.