Serge Gainsbourg

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Biographie

Serge Gainsbourg, né le 2 avril 1928 à Paris et mort le 2 mars 1991 dans la même ville, est un auteur-compositeur-interprète, musicien, acteur, scénariste, écrivain et réalisateur français. Il a également pratiqué la peinture et composé de nombreuses musiques pour le cinéma.

L’enfance parisienne et la formation artistique de Serge Gainsbourg

Fils de Joseph Ginsburg, pianiste, et d’Olga Besman, chanteuse mezzo-soprano, Serge Gainsbourg grandit à Paris avec ses sœurs Jacqueline et Liliane, sa jumelle. Ses parents, issus de familles juives originaires de l’ancien Empire russe, s’étaient établis en France en 1921. La famille Ginsburg obtient la nationalité française le 9 juin 1932. Son père lui enseigne le piano classique et l’emmène dans les établissements où il se produit.

Sous l’Occupation allemande, Serge Gainsbourg porte l’étoile jaune et vit sous une fausse identité. La famille quitte Paris et se réfugie notamment en Haute-Vienne. Pensionnaire à Saint-Léonard-de-Noblat sous le nom de Lucien Guimbard, il échappe à une descente de la Gestapo dans son établissement en passant une nuit caché dans une forêt.

Après la Libération, Serge Gainsbourg reprend sa scolarité au lycée Condorcet, qu’il quitte avant le baccalauréat. Il étudie ensuite la peinture aux Beaux-Arts et à l’Académie de Montmartre, où André Lhote et Fernand Léger comptent parmi ses professeurs. À l’Académie, il rencontre en 1947 Élisabeth Levitsky, qu’il épouse le 3 novembre 1951.

Comment Lucien Ginsburg devient-il Serge Gainsbourg ?

Le piano fournit à Serge Gainsbourg ses premiers emplois réguliers dans les cabarets et les établissements nocturnes. Il accompagne des chanteurs, joue dans des bars et commence à écrire ses propres chansons. Avant d’adopter définitivement son nom de scène, il utilise les pseudonymes Julien Gris et Julien Grix. Le prénom Serge rappelle ses origines russes, tandis que le patronyme Gainsbourg remplace officiellement Ginsburg dans sa carrière artistique.

Michèle Arnaud interprète ses premières compositions et l’encourage à les chanter lui-même. Serge Gainsbourg publie en 1958 son premier album, Du chant à la une !…, réalisé avec l’arrangeur Alain Goraguer. La chanson Le Poinçonneur des Lilas appartient à ce premier répertoire enregistré. L’Académie Charles-Cros lui décerne son Grand Prix pour cet album.

La collaboration avec Alain Goraguer se poursuit sur plusieurs disques. En 1963, Serge Gainsbourg se produit au théâtre des Capucines avec le guitariste Elek Bacsik et le contrebassiste Michel Gaudry. Leur travail commun donne naissance à Gainsbourg Confidentiel, album de jazz vendu à environ 1 500 exemplaires lors de sa sortie.

Serge Gainsbourg, auteur pour d’autres interprètes

L’écriture destinée à d’autres artistes occupe une place importante dans l’activité de Serge Gainsbourg. Juliette Gréco enregistre plusieurs de ses chansons, dont La Javanaise, écrite en 1962. Il compose également pour Petula Clark, Isabelle Aubret et Michèle Arnaud, avec laquelle ses débuts discographiques restent étroitement liés.

À partir de 1964, Serge Gainsbourg écrit pour France Gall. Poupée de cire, poupée de son, interprétée par la chanteuse pour le Luxembourg, remporte le Concours Eurovision de la chanson le 20 mars 1965 à Naples. Il lui confie ensuite Les Sucettes, chanson construite sur un double sens sexuel que France Gall déclare ne pas avoir compris au moment de l’enregistrement.

Brigitte Bardot enregistre avec Serge Gainsbourg Bonnie and Clyde. Il écrit également pour elle Initials B.B. et la première version de Je t’aime… moi non plus. Cette dernière chanson paraît en 1969 dans une nouvelle interprétation avec Jane Birkin. Le disque atteint la première place des ventes au Royaume-Uni et entre dans le classement américain Billboard Hot 100.

Le travail de Serge Gainsbourg avec Jane Birkin se poursuit au-delà de leurs enregistrements en duo. Il écrit et réalise pour elle l’album Baby Alone in Babylone, publié en 1983. En 1982, il cosigne avec Alain Bashung les chansons de l’album Play blessures. Il enregistre également Vieille Canaille avec Eddy Mitchell en 1986.

L’écriture musicale et les références de Serge Gainsbourg

Les textes de Serge Gainsbourg reposent fréquemment sur les jeux de mots, les allitérations et les doubles sens. La littérature nourrit directement plusieurs chansons. Je suis venu te dire que je m’en vais, publiée en 1973, reprend des vers de la Chanson d’automne de Paul Verlaine.

La musique classique fournit aussi des thèmes à Serge Gainsbourg. Initials B.B. utilise un motif de la Symphonie no 9, dite « Du Nouveau Monde », d’Antonín Dvořák. Jane B. s’appuie sur le Prélude en mi mineur de Frédéric Chopin. Ces emprunts concernent des œuvres appartenant au domaine public.

En 1964, l’album Gainsbourg Percussions reprend sans autorisation plusieurs compositions de Babatunde Olatunji. Le musicien nigérian obtient gain de cause en justice. Les ayants droit d’Aram Khatchatourian engagent également une procédure concernant la chanson Charlotte for Ever, fondée sur un Andantino pour piano encore protégé.

L’album concept Histoire de Melody Nelson, enregistré avec Jane Birkin et arrangé principalement par Jean-Claude Vannier, paraît en 1971. En 1979, Serge Gainsbourg enregistre Aux armes et cætera en Jamaïque avec notamment Sly Dunbar et Robbie Shakespeare. Sa version reggae de La Marseillaise provoque une polémique et entraîne l’annulation d’un concert à Strasbourg en janvier 1980 après des menaces de parachutistes. Sur place, il chante a cappella le texte original de l’hymne national.

Serge Gainsbourg comme cinéaste et compositeur pour l’image

Le cinéma emploie Serge Gainsbourg comme acteur, auteur de musiques et réalisateur. Sa filmographie d’interprète commence à la fin des années 1950. Il compose plus de quarante bandes originales, parmi lesquelles celle du film Le Pacha, réalisé par Georges Lautner en 1968, qui contient la chanson Requiem pour un con.

En 1976, Serge Gainsbourg réalise son premier long métrage, Je t’aime moi non plus, avec Jane Birkin et Joe Dallesandro. Il tourne ensuite Équateur, présenté en compétition au Festival de Cannes en 1983. Charlotte for Ever, sorti en 1986, réunit Serge Gainsbourg et sa fille Charlotte Gainsbourg devant la caméra. Son dernier long métrage, Stan the Flasher, paraît en 1990 avec Claude Berri dans le rôle principal.

Le travail de Serge Gainsbourg pour l’image comprend aussi la réalisation de vidéoclips. En 1986, il met notamment en scène le clip de Tes yeux noirs pour Indochine. Son activité audiovisuelle accompagne ainsi plusieurs chansons écrites pour ses propres albums ou pour d’autres interprètes.

Vie familiale et rue de Verneuil

Après son divorce d’avec Élisabeth Levitsky en 1957, Serge Gainsbourg épouse Françoise-Antoinette Pancrazzi en 1964. Le couple a deux enfants, Natacha et Paul. Leur divorce est prononcé en 1966.

La relation de Serge Gainsbourg avec Jane Birkin commence à la fin des années 1960, après leur rencontre pendant le tournage de Slogan. Leur fille Charlotte Gainsbourg naît à Londres le 21 juillet 1971. Jane Birkin quitte leur domicile en 1980, tandis que leur collaboration artistique se poursuit plusieurs années.

Avec Caroline von Paulus, dite Bambou, Serge Gainsbourg a un fils, Lucien, surnommé Lulu, né en 1986. Il avait acheté en 1969 la maison du 5 bis, rue de Verneuil, dans le 7e arrondissement de Paris. Il y meurt le 2 mars 1991, à l’âge de 62 ans, à la suite d’une crise cardiaque. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse.

Filmographie

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