Samuel Hadida
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Détails
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| Filmographie | 18 films |
Biographie
Samuel Hadida est né le 17 décembre 1953 à Casablanca, au Maroc, et s’est éteint le 26 novembre 2018 à Los Angeles, aux États-Unis. Producteur de cinéma et distributeur, il est l’un des rares noms du paysage cinématographique français à avoir réussi à s'imposer aussi bien en Europe qu’à Hollywood, en gardant un pied dans le cinéma de genre, un autre dans le film d’auteur, et parfois les deux dans le même projet. Son goût assumé pour les univers stylisés, les récits violents ou fantastiques, et son flair pour repérer des talents visionnaires ont fait de Samuel Hadida un artisan à part, souvent en marge du système français traditionnel.
Metropolitan FilmExport : l’empire discret de la distribution
Avec son frère Victor, Samuel Hadida fonde Metropolitan FilmExport, l’une des sociétés de distribution indépendantes les plus influentes en France. Elle s’est illustrée dès les années 1980 et 1990 en important des films américains qui peinaient à trouver preneur chez les distributeurs classiques. Grâce à Samuel Hadida, le public français découvre sur grand écran des œuvres de David Cronenberg, John Woo, Quentin Tarantino, ou encore Robert Rodriguez.
La stratégie de Hadida est simple mais redoutablement efficace : miser sur le genre et l’identité forte, même dans des films à petit budget, pour construire un catalogue qui parle à la fois aux amateurs et au grand public.
Une carrière de producteur guidée par la passion du genre
En parallèle de la distribution, Samuel Hadida se lance très tôt dans la production. Son premier grand coup est le soutien apporté à Christophe Gans, dont il devient le producteur régulier. Ensemble, ils livrent des films visuellement marqués, comme Crying Freeman (1995), adaptation d’un manga japonais, ou surtout Le Pacte des Loups (2001), mélange unique de film d’époque, d’action et de créatures fantastiques, avec Vincent Cassel, Monica Bellucci et Mark Dacascos.
Ce film devient un succès énorme en France et à l’international, prouvant qu’il est possible de faire un cinéma de genre ambitieux dans l’hexagone sans passer par le filtre des productions purement auteuristes.
Resident Evil, Silent Hill : Hadida au cœur des adaptations vidéoludiques
Samuel Hadida fait partie des producteurs qui ont compris très tôt le potentiel cinématographique des jeux vidéo. Il participe à la coproduction des films Resident Evil aux côtés de Jeremy Bolt et Paul W. S. Anderson, et surtout produit les adaptations de Silent Hill, réalisées par Christophe Gans (2006) puis M. J. Bassett (2012).
Ces films, bien qu'accueillis de manière inégale par la critique, montrent une volonté de respecter l’univers visuel et l’ambiance des jeux originaux, quitte à prendre des libertés narratives. Samuel Hadida ne cherche pas à "faire propre", il veut faire fidèle et marquant — et dans une industrie souvent frileuse, c’est une démarche qui le distingue.
Un producteur au service des visions atypiques
Au fil des années, Samuel Hadida continue à produire des projets atypiques, comme Solomon Kane (2009), adaptation sombre d’un héros de pulp fiction, ou encore Gainsbourg : Vie héroïque (2010), biopic stylisé de Joann Sfar sur le célèbre chanteur français, qui remporte un César.
Il est aussi à l’origine de la coproduction du film True Romance (1993), écrit par Quentin Tarantino et réalisé par Tony Scott, preuve supplémentaire de son flair pour les projets marqués par une forte personnalité artistique.
Une influence durable dans le cinéma de genre européen
Même après sa disparition en 2018, l’empreinte de Samuel Hadida reste visible. Il a contribué à faire exister un cinéma de genre européen ambitieux, à ouvrir des passerelles entre la France et Hollywood, et à produire des œuvres risquées à contre-courant des tendances du marché. Peu de producteurs français peuvent se targuer d’avoir participé à la fois à l’importation de Kill Bill, à la production de Silent Hill et à la diffusion de Donnie Darko.
Discret, mais audacieux, Samuel Hadida fait partie de ces figures du cinéma dont le travail a davantage touché les spectateurs que les médias. Mais sans lui, le paysage du genre, en France comme à l’étranger, n’aurait sans doute pas eu la même gueule.