Sacha Baron Cohen

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 14 films
Récompenses 3 nominations et 0 victoire

Biographie

Sacha Baron Cohen, de son nom complet Sacha Noam Baron Cohen, est né le 13 octobre 1971 à Londres, au Royaume-Uni. Acteur, humoriste, scénariste, producteur, parfois même chanteur et homme politique... mais surtout maître absolu de la satire déguisée, Sacha Baron Cohen a imposé un style d’humour aussi provocateur qu’intelligent, à la frontière du documentaire et du délire total. Il ne joue pas des personnages, il les incarne dans la réalité. Il infiltre le monde réel pour le tendre comme un miroir déformant. Et dans ce miroir, on rit. Souvent. Mais on grimace aussi. Et parfois, on se demande si ce qu’on regarde est encore de la comédie… ou un désastre sociologique en direct.

Une formation classique, pour des usages très peu classiques

Avant de piéger des politiciens ou de danser en string fluo, Sacha Baron Cohen passe par un parcours académique prestigieux. Il étudie l’histoire à Cambridge, où il se produit aussi sur scène dans des spectacles comiques. Il suit une formation à Paris avec le célèbre instructeur de théâtre Philippe Gaulier, connu pour son approche du jeu clownesque et de l’absurde — une influence essentielle dans la gestuelle et le contrôle du rythme comique de Baron Cohen.

Ce mélange de formation intellectuelle et de goût pour le grotesque est déjà un indice : on est loin du comique simple ou paresseux. Derrière le ridicule assumé, il y a une mécanique d’une précision redoutable.

Ali G, premier costume, premier choc culturel

Le premier personnage à vraiment révéler Sacha Baron Cohen au grand public, c’est Ali G. Un pseudo-gangsta blanc de banlieue londonienne qui s’exprime en verlan approximatif et en jargon hip-hop caricatural. Créé dans les années 90 sur Channel 4, le personnage devient culte grâce à des interviews complètement absurdes mais menées au premier degré, face à de vraies personnalités politiques ou médiatiques. La gêne est permanente. Les invités ne savent pas s’ils doivent expliquer, s’indigner, ou simplement fuir.

Ali G lui offre un film (Ali G Indahouse, 2002), une audience internationale, et surtout une méthode : faire parler les puissants ou les aveugles en les piégeant eux-mêmes. Le clown n’est pas bête, il vous tend juste un micro.

Borat, satire mondiale et choc planétaire

En 2006, Sacha Baron Cohen pousse sa méthode à son extrême avec Borat Sagdiyev, journaliste fictif venu du Kazakhstan, raciste, sexiste, antisémite, totalement hors-sol, mais toujours accueilli avec le sourire. Le film Borat: Cultural Learnings of America for Make Benefit Glorious Nation of Kazakhstan devient un phénomène mondial.

Derrière l’accent grotesque et le maillot de bain échancré se cache une critique acérée de l’Amérique post-11 septembre, de l’ignorance, du nationalisme, et des hypocrisies culturelles. Tourné dans des conditions semi-documentaires, avec de vraies interactions filmées à l’insu des participants, le film franchit de nombreuses lignes… mais expose aussi ce que certains disent quand ils pensent être entre eux.

La suite, Borat Subsequent Moviefilm (2020), sort en pleine pandémie et s’attaque frontalement au climat politique américain, à la désinformation, au sexisme, à la conspiration. Et une fois encore, ce n’est pas juste un film comique, c’est un acte politique déguisé en farce.

Brüno, The Dictator, Who Is America? : satire à haut risque

Avec Brüno (2009), Sacha Baron Cohen explore le monde de la mode et de la célébrité sous les traits d’un reporter autrichien homosexuel aussi vaniteux qu’inconscient. Le film pousse plus loin encore les limites du malaise, notamment autour de la sexualité, des stéréotypes et de la masculinité toxique. Là encore, tout le monde n’en sort pas indemne.

Dans The Dictator (2012), il abandonne le style semi-documentaire pour une comédie plus traditionnelle… mais toujours aussi acide. Son personnage de général Aladeen, inspiré des tyrans modernes, mélange humour absurde et critique des régimes autoritaires avec une insolence intacte.

Avec la série Who Is America? (2018), Sacha Baron Cohen revient à son terrain favori : piéger l’Amérique réelle. Déguisé en experts farfelus, activistes imaginaires ou anciens soldats reconvertis, il pousse ses invités à révéler le fond de leurs pensées, parfois de manière stupéfiante. La série est féroce, parfois très dure, mais elle révèle une vérité brute sous la comédie.

Un acteur dramatique trop sous-estimé ?

Derrière le déguisement et la provocation, Sacha Baron Cohen est aussi un acteur capable de performances dramatiques puissantes. Dans The Trial of the Chicago 7 (2020), il incarne Abbie Hoffman avec justesse, énergie et gravité. Il est nommé à l’Oscar du meilleur second rôle pour cette performance, preuve qu’il est bien plus qu’un provocateur déguisé.

Il a d’ailleurs toujours revendiqué son ambition artistique, même s’il utilise des armes peu conventionnelles. L’humour n’est pas un masque : c’est une stratégie. Et quand il joue un rôle sérieux, il ne change pas de ton — il révèle juste une autre facette du même regard.

Une voix qui dépasse le divertissement

Au fil des années, Sacha Baron Cohen est devenu un acteur engagé sur le plan politique et social. Il prend la parole publiquement contre les dérives des réseaux sociaux, l’antisémitisme, les plateformes de désinformation. Il le fait sans maquillage, sans accent, sans sketch. Mais toujours avec cette capacité à viser juste.

Il utilise aussi sa notoriété pour soutenir des causes humanitaires et éducatives, parfois en marge de l’industrie du divertissement. Et contrairement à beaucoup, il ne semble pas intéressé par la popularité pour elle-même : il cherche l’impact.

Un humour dangereux… et nécessaire

Sacha Baron Cohen est de ces artistes qui divisent, dérangent, choquent — mais qui posent les bonnes questions. Son humour est un scalpel, pas une caresse. Il ne cherche pas à détendre, mais à révéler ce qui se passe quand les masques tombent.

Il est aussi l’un des rares humoristes à avoir réussi à transformer l’inconfort en outil d’analyse. Ce qu’il montre n’est pas ce qu’il invente — c’est ce que les autres révèlent. Et c’est peut-être là que se cache son génie : dans cette capacité à faire rire... puis réfléchir, souvent à froid.

Alors oui, il a porté un mankini vert fluo. Mais derrière le tissu tendu, il y avait déjà un esprit affûté.

Filmographie

14 sur 14 films

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