Ryūichi Sakamoto

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Détails

Autre nom 坂本 龍
Âge
Nationalité
Filmographie 8 films
Récompenses 4 nominations et 2 victoires

Biographie

Ryūichi Sakamoto, né le 17 janvier 1952 à Tokyo, au Japon, et décédé le 28 mars 2023, est considéré comme l’un des musiciens et compositeurs les plus influents de la fin du XXᵉ siècle. Pianiste, producteur, artiste expérimental, militant écologiste et figure majeure de la musique électronique, Ryūichi Sakamoto a traversé les frontières entre pop, classique et ambient avec une élégance rare. Son œuvre, profondément humaniste, mêle rigueur japonaise, curiosité occidentale et une sensibilité quasi spirituelle pour le son.

Les débuts : un musicien à la croisée des cultures

Issu d’une famille intellectuelle — son père, éditeur, a publié de grands auteurs japonais —, Ryūichi Sakamoto montre très tôt une fascination pour la musique. Il étudie à la Tokyo University of the Arts, où il se forme à la composition et à l’orchestration. Très influencé par Claude Debussy, qu’il décrira comme “le premier compositeur oriental déguisé en Européen”, il développe une approche sonore à la fois harmonieuse et aventureuse.

À la fin des années 1970, il rejoint le Yellow Magic Orchestra (YMO) aux côtés de Haruomi Hosono et Yukihiro Takahashi. Ce groupe pionnier, souvent qualifié de “Kraftwerk japonais”, révolutionne la musique électronique. Leurs compositions, où se mêlent synthétiseurs, rythmes programmés et humour technologique, préfigurent la pop électronique moderne. Des artistes comme Daft Punk, Aphex Twin ou Depeche Mode reconnaîtront plus tard leur influence.

Avec YMO, Ryūichi Sakamoto devient une star internationale. Mais dès cette époque, il s’intéresse déjà à la frontière entre la machine et l’émotion, entre l’humain et l’artifice, un thème qu’il n’abandonnera jamais.

Une carrière solo entre expérimentation et émotion pure

Dès le début des années 1980, Ryuichi Sakamoto se lance dans une carrière solo foisonnante. Son album B-2 Unit (1980) marque une étape majeure dans l’électro expérimentale, avec des titres avant-gardistes comme Riot in Lagos, souvent cités comme des précurseurs de la techno et du hip-hop électronique.

Mais Sakamoto n’est pas un simple technicien du son : il est avant tout un mélodiste. Son travail, même lorsqu’il utilise des synthés froids, garde une chaleur humaine, une nostalgie palpable. Des œuvres comme Merry Christmas, Mr. Lawrence (1983) ou Beauty (1989) en témoignent : derrière la précision du compositeur se cache toujours une âme romantique.

Il aime collaborer : David Sylvian, Iggy Pop, Brian Wilson, Caetano Veloso, Alva Noto… autant d’artistes venus d’horizons très différents avec lesquels Ryūichi Sakamoto tisse des ponts sonores, entre l’intime et le planétaire.

Le cinéma : une autre façon de composer le monde

La notoriété mondiale de Ryuichi Sakamoto explose avec sa carrière de compositeur de musiques de films. En 1983, il signe la bande originale de Merry Christmas, Mr. Lawrence, de Nagisa Oshima, dans lequel il joue aussi aux côtés de David Bowie. Le thème principal, à la fois simple et bouleversant, devient un classique instantané.

Quatre ans plus tard, il remporte l’Oscar de la meilleure musique pour Le Dernier Empereur de Bernardo Bertolucci, un chef-d’œuvre orchestral alliant influences asiatiques et souffle épique occidental. Il collaborera à nouveau avec Bertolucci sur Un thé au Sahara et Little Buddha, confirmant son statut de compositeur capable d’unir lyrisme et rigueur.

Ses musiques ne se contentent pas d’accompagner les images : elles racontent ce que les mots taisent. Dans The Sheltering Sky, la solitude se transforme en harmonie. Dans The Revenant, coécrit avec Alva Noto, la nature devient un chœur silencieux. À travers ces collaborations, Ryūichi Sakamoto impose un style unique, à la fois méditatif, sensuel et universel.

Un humaniste face au monde et au temps

Artiste engagé, Ryuichi Sakamoto n’a jamais séparé l’art de la conscience. Après le séisme et la catastrophe de Fukushima en 2011, il s’investit dans la lutte contre le nucléaire et la défense de l’environnement. Il a souvent répété que la musique devait "rendre le monde plus supportable". Ses œuvres tardives, comme async (2017), en sont une illustration saisissante : compositions minimalistes, sons de la nature, silences habités… une méditation sur la finitude et la mémoire.

Même après avoir été diagnostiqué d’un cancer, Ryūichi Sakamoto continue à composer, enregistrer, jouer. Ses derniers albums, empreints d’une sérénité mélancolique, portent un regard apaisé sur la vie et le temps. Dans son documentaire Coda (2017), on le voit créer au milieu du silence, comme s’il écoutait encore battre le cœur du monde.

L’héritage d’un maître des émotions

Le parcours de Ryūichi Sakamoto défie les catégories : pop star, compositeur classique, pionnier électronique, activiste, poète sonore. Il a montré qu’il était possible d’unir les contraires — la technologie et la nature, la raison et l’émotion, l’Orient et l’Occident — sans jamais les opposer.

Sa musique, qu’elle soit jouée au piano ou générée par ordinateur, garde toujours cette humanité rare, cette impression d’écoute du monde. Ryūichi Sakamoto n’était pas seulement un compositeur : il était un passeur d’émotions, un chercheur d’harmonie dans le chaos.

Et, quelque part, on se dit que même le silence, depuis, a un peu de lui.

Filmographie

8 sur 8 films

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