Rufus
- Casting
Détails
| Autre nom | Jacques Narcy |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 14 films |
Biographie
Le nom Rufus, utilisé comme pseudonyme, cache en réalité une figure bien connue du cinéma et du théâtre français. Né Jacques Narcy le 19 décembre 1942 à Riom, dans le Puy-de-Dôme, Rufus est un acteur au style inclassable, qui a construit une carrière entre cinéma d’auteur, théâtre engagé et rôles excentriques. Reconnaissable à son visage émacié, son regard malicieux et sa voix traînante, il fait partie de ces acteurs dont la simple présence suffit à créer un décalage, un trouble ou une émotion inattendue.
Un autodidacte tombé dans l’art dramatique… presque par accident
Avant de devenir acteur, Rufus suit une formation... de médecin. Il commence même une carrière dans ce domaine, sans toutefois y trouver l’épanouissement attendu. Le théâtre, qui l’attire depuis toujours, devient progressivement une voie alternative. Il bifurque donc vers la scène, puis vers l’écran, avec un goût certain pour les rôles atypiques, les récits marginaux et les auteurs à contre-courant.
Il se fait d’abord connaître dans les années 1970 et 1980, en apparaissant dans des productions indépendantes ou des pièces de théâtre en marge du circuit classique. Très vite, Rufus se forge une réputation de comédien inclassable, aimant incarner des personnages lunaires, naïfs, parfois un peu fêlés… mais jamais caricaturaux.
Une reconnaissance élargie avec Amélie Poulain
Le grand public le découvre ou le redécouvre en 2001 dans le film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, où Rufus incarne Raphaël Poulain, le père de l’héroïne jouée par Audrey Tautou. Dans ce rôle d’homme reclus, maniaque et maladroitement affectueux, il donne une profondeur inattendue à un personnage secondaire, en équilibre entre humour et mélancolie.
Ce film culte, réalisé par Jean-Pierre Jeunet, propulse Rufus dans une nouvelle sphère de notoriété, même si l’acteur, fidèle à son tempérament discret, continue de privilégier des projets à taille humaine, au théâtre comme au cinéma.
Une filmographie variée, entre réalisateurs singuliers et univers à part
Au fil de sa carrière, Rufus a tourné avec de nombreux cinéastes aux univers marqués, comme Coline Serreau, Bertrand Blier, Jean-Pierre Jeunet, Michael Haneke ou encore Jean-Pierre Mocky. Il aime les films qui bousculent les formats, les dialogues un peu absurdes, les récits non linéaires. Il excelle dans les personnages à la marge, les anti-héros modestes, les figures absurdes mais profondément humaines.
Il apparaît aussi régulièrement à la télévision, dans des téléfilms, séries, et productions pour Arte, toujours avec cette même aura singulière, à la fois fantaisiste et touchante. Son style de jeu, très incarné, ne cherche jamais la performance ou l’effet, mais repose plutôt sur une forme de vérité douce, parfois désarmante.
Un homme de théâtre autant qu’un homme d’image
En parallèle de sa carrière à l’écran, Rufus n’a jamais cessé de fréquenter les planches. Il a joué des textes contemporains, des pièces politiques, des monologues décalés… avec la même rigueur artisanale et la même liberté d’interprétation. Le théâtre reste pour lui un espace de recherche, d’échange, d’expression plus intime.
Il a également écrit et mis en scène, prouvant qu’il ne se considère pas uniquement comme un interprète, mais aussi comme un acteur-auteur, soucieux de transmettre un regard sur le monde, souvent poétique, parfois grinçant, jamais formaté.
Un acteur atypique, libre et profondément humain
Rufus, avec son nom unique et son parcours singulier, incarne une autre idée du métier d’acteur : celle où le jeu ne sert pas à briller, mais à créer des ponts avec le public, à incarner des êtres réels, cassés, doux, silencieux ou en colère, mais toujours crédibles.
Jamais starisé, souvent reconnu, parfois oublié puis redécouvert, Rufus est un acteur-passeur, dont la filmographie hétéroclite témoigne d’un amour constant pour les récits marginaux et les figures non héroïques. Il fait partie de ces artistes qui semblent toujours un peu à côté… et c’est justement là qu’ils trouvent leur vraie place.