Roman Polanski
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- Réalisation
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Détails
| Autre nom | Rajmund Roman Thierry Polański |
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Nationalités |
| Famille | |
| Filmographie | 11 films |
| Récompenses | 11 nominations et 6 victoires |
Biographie
Roman Polanski, de son nom complet Rajmund Roman Thierry Polański, est né le 18 août 1933 à Paris, mais il grandit en Pologne, où sa famille retourne peu après sa naissance. Réalisateur, scénariste, acteur et producteur franco-polonais, Roman Polanski est l’une des figures les plus controversées et influentes du cinéma contemporain.
Il est aussi l’un des rares réalisateurs à avoir connu un succès critique et commercial sur plusieurs continents, avec une œuvre marquée par la tension psychologique, l’isolement et le malaise.
À la fois adulé pour son génie cinématographique et vivement critiqué pour son passé judiciaire, Roman Polanski incarne cette dualité permanente entre admiration artistique et polémique morale.
Une enfance marquée par les blessures de l’Histoire
Le parcours de Roman Polanski est profondément marqué par la tragédie. Né dans une famille juive en Europe dans les années 30, il survit à la Seconde Guerre mondiale en échappant au ghetto de Cracovie, tandis que sa mère meurt à Auschwitz. Cette expérience de la guerre, de la peur et de la perte le hantera durablement, et s’invitera indirectement dans plusieurs de ses films, notamment Le Pianiste (2002), œuvre très personnelle inspirée de l’autobiographie de Władysław Szpilman.
Ces événements précoces forgent un imaginaire dense, souvent sombre, où le danger guette en silence et où l’innocence est sans cesse menacée.
Un cinéaste international au style inimitable
Roman Polanski débute dans le court-métrage en Pologne avant de réaliser Le Couteau dans l’eau (1962), premier long-métrage qui le propulse sur la scène internationale. Il s’impose rapidement comme un metteur en scène au style visuel affûté, jouant avec les codes du suspense, du fantastique et du huis clos.
À partir des années 60, il tourne dans plusieurs pays, notamment en Grande-Bretagne, avec Répulsion (1965), et aux États-Unis, où il réalise des classiques comme Rosemary’s Baby (1968), thriller psychologique devenu culte, et Chinatown (1974), avec Jack Nicholson, qui reste encore aujourd’hui l’un des sommets du film noir moderne.
Son cinéma se distingue par une atmosphère pesante, un goût prononcé pour l’ambiguïté morale et une mise en scène rigoureuse. Roman Polanski aime enfermer ses personnages, tant physiquement que psychologiquement, les poussant dans leurs retranchements. Le danger vient rarement de l’extérieur ; il rôde, tapi dans l’ombre, souvent à l’intérieur des êtres.
Des récompenses prestigieuses malgré les controverses
Malgré les polémiques qui l’entourent, Roman Polanski a reçu de nombreuses distinctions : un Oscar du meilleur réalisateur pour Le Pianiste (2003), plusieurs Césars, un Ours d'argent, une Palme d'or, un Lion d'argent, entre autres. Le Pianiste, en particulier, est souvent cité comme l'un de ses chefs-d'œuvre, salué pour sa sobriété, son humanité, et son intensité dramatique.
Il est également l’auteur de films très variés, du théâtre filmé avec La Jeune Fille et la Mort (1994) à la comédie grinçante avec Carnage (2011), adaptation d’une pièce de Yasmina Reza, en passant par La Neuvième Porte (1999) et Ghost Writer (2010), où l’intrigue politique et le trouble existentiel s’entrelacent.
Un réalisateur en exil permanent
Depuis 1978, Roman Polanski ne peut plus revenir aux États-Unis, suite à des poursuites judiciaires dans une affaire d'agression sexuelle sur mineure. Cette affaire, pour laquelle il a plaidé coupable à l’époque, continue d’alimenter de vifs débats. Certains rappellent qu’il a fui la justice, d’autres évoquent la complexité d’un dossier ancien, juridiquement et moralement délicat. Quoi qu’il en soit, cette page sombre de sa vie pèse lourdement sur la réception de son œuvre, et divise profondément le public, la critique et l’industrie du cinéma.
Cette situation a renforcé son image d’artiste en marge, poursuivant son travail à distance, principalement en France et en Europe, où il continue de tourner malgré les tensions.
Une œuvre dense, marquée par l’enfermement et la paranoïa
L’univers de Roman Polanski se caractérise par des motifs récurrents : la folie, l’enfermement, l’obsession, la perte de contrôle. De Locataire (1976) à Ghost Writer, en passant par Répulsion ou Rosemary’s Baby, il explore des thématiques psychologiques lourdes, souvent en huis clos, comme pour mieux révéler l’état intérieur de ses personnages.
Le style est précis, parfois chirurgical, avec un travail constant sur les angles de caméra, les décors oppressants, les silences et les sons. Roman Polanski est un artisan minutieux, à la recherche de tension dramatique plus que de spectaculaire.
Filmographie
11 sur 11 films